Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Haegue Yang dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née en 1971 à Séoul et partagée depuis des décennies entre Berlin et la capitale coréenne, Haegue Yang assemble des stores vénitiens, des clochettes nickelées, de la paille synthétique et des objets d’entretien domestique en installations qui se traversent, se regardent et s’entendent.
Fille d’un père journaliste et d’une mère écrivaine engagés dans les mouvements démocratiques sud-coréens, Haegue Yang étudie les beaux-arts à l’université nationale de Séoul avant de gagner l’Allemagne en 1994.
Cette page sert surtout à situer Haegue Yang dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Fille d’un père journaliste et d’une mère écrivaine engagés dans les mouvements démocratiques sud-coréens, Haegue Yang étudie les beaux-arts à l’université nationale de Séoul avant de gagner l’Allemagne en 1994. Elle y poursuit sa formation à la Städelschule de Francfort, dont elle sort Meisterschülerin en 1999. Ce double ancrage ne se résorbe jamais: elle continue d’entretenir des ateliers à Séoul et à Berlin, et cette itinérance constante devient elle-même un sujet de travail.
Le store vénitien s’impose à partir des années 2000 comme le matériau signature de l’artiste. Suspendu, incliné, motorisé, coloré, il sert à la fois de cloison et de filtre: la Galerie Chantal Crousel souligne dès 2012 son « caractère ambivalent d’obstruer ou de permettre la vue ». Yang en tire des familles entières de pièces — les Chandeliers suspendus au plafond, les Dress Vehicles mobiles — où la lamelle industrielle devient une peau capable de découper l’espace sans jamais le fermer tout à fait.
Du 7 juin au 22 novembre 2009, Haegue Yang occupe seule le pavillon coréen de la 53e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise avec « Condensation », sous le commissariat d’Eungie Joo. Le projet, porté par l’Arts Council Korea qui administre le pavillon depuis 1995, réunit trois commandes nouvelles en sculpture, vidéo et installation. Cette exposition fait entrer son vocabulaire d’objets ménagers détournés dans le circuit des grandes manifestations internationales.
À partir de 2015, la série « The Intermediates » tresse de la paille synthétique sur des armatures pour produire des créatures hybrides qui évoquent effigies rituelles et artisanats populaires, tout en restant faites d’un matériau industriel qui ne pourrit pas. Le registre sonore prend le relais avec les sculptures recouvertes de clochettes, montées sur roulettes et mises en mouvement par des performeurs: au MoMA en 2019, ce cliquetis renvoie explicitement à l’usage des clochettes dans les rites chamaniques.
En 2018, la Gesellschaft für Moderne Kunst lui décerne le prix Wolfgang Hahn; le Museum Ludwig de Cologne accompagne la distinction d’une première rétrospective, « ETA 1994–2018 », du 18 avril au 12 août 2018, avec plus de cent vingt œuvres sur plus de 1 500 mètrès carrés, dans un commissariat de Yilmaz Dziewior. Six ans plus tard, la Hayward Gallery de Londres lui consacre du 9 octobre 2024 au 5 janvier 2025 sa première grande rétrospective britannique, « Leap Year ».
Depuis le semestre d’hiver 2017, Haegue Yang enseigne l’art libre à la Städelschule de Francfort, l’école qui l’avait formée vingt ans plus tôt, où elle succède à Michael Krebber. Sa pratique reste largement fondée sur la commande in situ: elle répond à l’architecture du lieu et aux matériaux collectés sur place, du Forum du Centre Pompidou en 2016 à la commande du Public Art Fund réalisée en 2026 pour un terminal de l’aéroport J.F.K. à New York.
Médiums: installation à grande échelle, sculpture, collage sur papier, essai vidéo, papier peint, son, performance.
Techniques: assemblage et suspension de stores vénitiens sur structures d’aluminium thermolaqué, tressage de paille artificielle sur armature, revêtement de sculptures par des peaux de clochettes nickelées ou cuivrées, montage sur roulettes pour activation par des performeurs, collage d’emballages et de doublures d’enveloppes de quincaillerie, peinture à la laque, éclairage scénique et tubes à LED intégrés.
Motifs récurrents: itinérance et vie entre deux villes, détournement de l’objet domestique, folklore, chamanisme et redéfinition du païen, héritage et limites du modernisme, histoires politiques dissidentes, perception sensorielle: lumière, son, chaleur, odeur, abstraction géométrique.
Du 6 juillet au 5 septembre 2016, le Centre Pompidou installe dans son Forum -1 « Lingering Nous », œuvre conçue pour le lieu et déployée sur la hauteur de trois niveaux. Environ 166 stores vénitiens irisés, rose et vert, y sont accrochés selon des angles variés, dont beaucoup en diagonale. Quatre essais vidéo présentés au niveau -1, parmi lesquels « Vidéo Trilogy » (2004-2006) et « Doubles and Halves – Events with Nameless Neighbors » (2009), donnent la parole à une installation par ailleurs silencieuse.
L’installation a rejoint la collection du Musée national d’art moderne par achat en 2017, sous le numéro d’inventaire AM 2017-400, dans le secteur Arts plastiques – création contemporaine et prospective. La notice décrit quatre modules de stores vénitiens montés sur une structure de suspension en aluminium thermolaqué, câble d’acier et tubes à LED, pour 911 × 966 × 1086 centimètrès. La pièce est aujourd’hui présentée hors de Paris, au Centre Pompidou Málaga, dans « To Open Eyes: Miradas de Artista », du 3 juillet 2025 au 18 janvier 2027.
Sa première exposition en France s’est tenue du 18 octobre au 7 décembre 2012 à la Galerie Chantal Crousel, 10 rue Charlot, dans l’espace dit de La Douane: intitulée « Ajar », elle réunissait exclusivement des sculptures, trois Chandeliers suspendus et deux Dress Vehicles mobiles. La galerie parisienne représente l’artiste depuis lors. En amont de la commande du Centre Pompidou, la Galerie des Galeries, espace d’art du groupe Galeries Lafayette, l’avait invitée dans l’exposition collective « La Tyrannie des Objets », du 16 octobre 2013 au 4 janvier 2014.
Le lien parisien ne se limite pas aux salles d’exposition. Le 20 octobre 2022, les Beaux-Arts de Paris ont accueilli Haegue Yang dans le cadre du cycle « Penser le présent », séance en accès libre consacrée à sa manière de concevoir des installations in situ intégrant l’architecture du lieu et les matériaux collectés autour de lui. Cette invitation prolonge son activité d’enseignante, exercée depuis 2017 à la Städelschule de Francfort.
Centre Pompidou (Paris) — Commanditaire de « Lingering Nous » en 2016 et détenteur de l’œuvre depuis son achat en 2017 (inv. AM 2017-400). Le bâtiment de Beaubourg est fermé pour rénovation depuis l’automne 2025 et doit rouvrir en 2030.
Galerie Chantal Crousel (Paris) — Galerie qui représente l’artiste à Paris, 10 rue Charlot; a présenté sa première exposition personnelle en France, « Ajar », en 2012.
Galerie des Galeries (Paris) — Espace d’art du groupe Galeries Lafayette, qui l’a invitée dans l’exposition collective « La Tyrannie des Objets » (2013-2014).
Beaux-Arts de Paris (Paris) — École qui l’a reçue le 20 octobre 2022 pour une séance publique du cycle « Penser le présent ».
Centre Pompidou Málaga (Málaga) — Lieu où « Lingering Nous » est présentée dans « To Open Eyes: Miradas de Artista » du 3 juillet 2025 au 18 janvier 2027.
Atelier Calder (Saché) — Résidence française où elle a travaillé de juin à septembre 2015 et produit deux « meubles sculptures ».
1971 — Naissance à Séoul, en Corée du Sud, dans une famille engagée dans les mouvements démocratiques.
1994 — Fin de ses études de beaux-arts à Séoul et départ pour l’Allemagne, point de départ d’une carrière itinérante.
1999 — Sort Meisterschülerin de la Städelschule de Francfort, où elle enseignera vingt ans plus tard.
2009-06-07 — Ouverture de « Condensation » au pavillon coréen de la 53e Biennale de Venise, commissariat d’Eungie Joo.
2012-10-18 — « Ajar » à la Galerie Chantal Crousel, sa première exposition personnelle en France.
2015 — Résidence à l’Atelier Calder, à Saché, de juin à septembre, où naissent deux « meubles sculptures ».
2016-07-06 — Ouverture de « Lingering Nous » dans le Forum -1 du Centre Pompidou, à Paris.
2017 — Achat de « Lingering Nous » par le Musée national d’art moderne et nomination comme professeure à la Städelschule.
2018-04-18 — Prix Wolfgang Hahn et ouverture de la rétrospective « ETA 1994–2018 » au Museum Ludwig de Cologne.
2019-10-21 — Inauguration de « Handles », commande du MoMA pour l’atrium Marron, à New York.
2022-10-20 — Séance publique « Penser le présent avec Haegue Yang » aux Beaux-Arts de Paris.
2024-10-09 — Ouverture de « Leap Year », sa première grande rétrospective britannique, à la Hayward Gallery de Londres.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Haegue Yang à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Née en 1971 à Séoul, Haegue Yang est une artiste sud-coréenne qui vit et travaille entre Berlin et Séoul. Elle conçoit des installations mêlant sculpture, vidéo et photographie, pensées pour le lieu qui les accueille et intégrant son architecture comme les matériaux collectés alentour.
Le store est chez elle un matériau et une idée : lamelle industrielle banale, il devient paroi mobile, capable d'obstruer ou de laisser voir selon son inclinaison. La galerie qui la représente à Paris relevait déjà cette ambivalence en 2012, à propos des Chandeliers suspendus et des Dress Vehicles.
C'est une série commencée en 2015 : des créatures tressées en paille artificielle, montées sur armature, qui évoquent effigies rituelles et artisanats populaires. Le matériau synthétique ressemble à la paille sans en avoir l'odeur ni la fragilité, ce qui installe un écart volontaire entre tradition invoquée et fabrication industrielle.
Les clochettes forment la peau de sculptures montées sur roulettes que des performeurs déplacent : le mouvement produit un cliquetis discret. Dans l'installation « Handles », commandée par le MoMA en 2019, cet usage renvoie notamment aux clochettes des rites chamaniques, tout en faisant de la manipulation un geste public.
Le Centre Pompidou lui a commandé « Lingering Nous », installation de quelque 166 stores vénitiens irisés présentée dans le Forum du 6 juillet au 5 septembre 2016, puis l'a acquise en 2017 sous le numéro d'inventaire AM 2017-400. L'œuvre appartient donc aujourd'hui à la collection du Musée national d'art moderne.
Elle a reçu en 2018 le prix Wolfgang Hahn décerné par la Gesellschaft für Moderne Kunst du Museum Ludwig de Cologne, accompagné de sa première rétrospective, puis en 2022 le 13e prix Benesse à la Biennale de Singapour. Elle est par ailleurs professeure à la Städelschule de Francfort depuis 2017.