Exposition Paris

Exposition Helmut Newton

Né à Berlin en 1920 sous le nom de Helmut Neustädter, formé à quinze ans chez la photographe Yva à Berlin-Charlottenburg puis contraint de fuir l’Allemagne nazie en 1938, Helmut Newton a fait de Paris son atelier pendant vingt ans: installé rue Aubriot dans le Marais à partir de 1961, il y signe à plein temps les pages du Vogue français et impose une photographie de mode où le décor urbain, la nuit et la mise en scène comptent autant que le vêtement.

Qui est Helmut Newton ?

Helmut Newton naît à Berlin en 1920 sous le nom de Helmut Neustädter et grandit entre Berlin-Schöneberg, Berlin-Halensee et Berlin-Grunewald.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Helmut Newton dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Berlin, l’apprentissage chez Yva et la fuite de 1938

Helmut Newton naît à Berlin en 1920 sous le nom de Helmut Neustädter et grandit entre Berlin-Schöneberg, Berlin-Halensee et Berlin-Grunewald. De 1936 à 1938, il fait son apprentissage à Berlin-Charlottenburg auprès d’Yva — Else Simon, née Neuländer —, photographe de portrait, de nu et de mode dont il reprendra plus tard les trois mêmes genres. En 1938, menacé comme juif, il quitte Berlin par un train de la gare du Zoo en direction de Trieste, emportant deux appareils, et trouve un premier emploi au Singapore Straits Times. Il arrive en Australie en 1940, sert cinq ans dans l’armée australienne et obtient la nationalité australienne en 1946.

Melbourne, Londres et le retour à Paris en 1961

En 1947, il rencontre l’actrice June Brunell, qui pose comme modèle pour lui; ils se marient l’année suivante. En 1956, un long voyage européen lui vaut à Londres un contrat d’un an avec le Vogue britannique, qu’il rompt au bout de onze mois; il passe par Paris avant de rentrer à Melbourne, où il signe avec le Vogue australien. En 1961, il revient s’installer à Paris, prend un appartement rue Aubriot dans le quartier du Marais et obtient un poste à plein temps au Vogue français, tout en continuant des commandes éditoriales pour le Vogue britannique et pour Queen. Entre 1964 et 1966 s’ajoutent des séries pour le Elle français.

Les années Vogue France et la naissance d’un style

En 1966, Newton renouvelle son contrat avec le Vogue français sous la nouvelle rédactrice en chef Francine Crescent: c’est la période où s’installe sa manière, faite de scènes nocturnes en extérieur, de personnages féminins souverains et d’une tension permanente entre élégance et provocation. Un infarctus le frappe à New York en 1971 et le contraint à une convalescence. Sa notoriété commerciale précède ses expositions: la première exposition personnelle n’a lieu qu’en 1975, à la Nikon Gallery de Paris, et son premier livre de photographies, White Women, publié en français sous le titre Femmes secrètes, paraît en 1976.

Livres, portfolios et consécration institutionnelle

À partir de la fin des années 1970, l’œuvre de Newton se déploie autant par le livre que par le magazine: Sleepless Nights / Nuits blanches en 1978, Big Nudes publié à Paris aux Éditions du Regard en 1981, World Without Men en 1984, la même année que le portfolio Private Property, puis Portraits en 1987. Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris publie en 1984 le catalogue Helmut Newton. Mode et Portraits, et le Centre National de la Photographie lui consacre un Photo Poche en 1986. En 1990 lui est décerné le Grand Prix national de la photographie, et le ministère français de la Culture le fait Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1996.

Monaco, la fondation berlinoise et la mort à Los Angeles

En 1981, Helmut et June Newton quittent Paris pour Monaco et prennent l’habitude de passer les mois d’hiver à Los Angeles. Une grande rétrospective marque ses quatre-vingts ans à la Neue Nationalgalerie de Berlin en 2000, avant de circuler notamment à Londres, New York, Tokyo, Moscou et Prague. En octobre 2003, quelques mois avant sa mort, il crée la Helmut Newton Foundation, vouée à la conservation et à la présentation de son œuvre et de celle de sa femme, sur la base d’un accord avec la Stiftung Preußischer Kulturbesitz. Il meurt en 2004 à Los Angeles, à quatre-vingt-trois ans, après avoir perdu le contrôle de sa voiture; la fondation ouvre peu après.

La pratique en bref

Médiums: Photographie argentique noir et blanc, Tirage gélatino-argentique, Polaroid, Photographie couleur pour la presse magazine, Livre de photographies et portfolio.

Techniques: Prise de vue nocturne en extérieur à la lumière disponible, Mise en scène narrative avec figurants et accessoires, Tirages de très grand format (polyptyques muraux), Tirages de travail et polaroids conservés comme états de l’œuvre.

Motifs récurrents: Mode et haute couture, Nu féminin, Portrait de personnalités, Érotisme et fétichisme, Ville nocturne, Pouvoir et rapports de domination.

Vingt ans rue Aubriot, dans le Marais

Le lien de Newton avec Paris n’est pas une escale: c’est une adresse de travail tenue vingt ans. Revenu de Melbourne en 1961, il prend un appartement rue Aubriot, dans le quartier du Marais, et n’en repart qu’en 1981 pour Monaco. C’est de cette rue que vient le titre de l’une de ses images les plus reprises, Rue Aubriot, Paris, tirage gélatino-argentique daté de 1975 conservé par le University of Michigan Museum of Art, où deux femmes posent dans la rue, l’une nue, l’autre vêtue du smoking d’Yves Saint Laurent; la photographie a paru dans le Vogue français la même année.

Le Vogue français comme atelier

Paris est aussi le lieu de sa commande principale. Newton y occupe un poste à plein temps au Vogue français dès 1961, y renouvelle son contrat en 1966 sous la direction de Francine Crescent, et travaille en parallèle pour le Elle français entre 1964 et 1966. Le studio parisien du magazine entre lui-même dans l’œuvre: la Maison européenne de la photographie conserve un Autoportrait avec June et les modèles réalisé au Studio Vogue à Paris en 1981, ainsi qu’un portrait d’Yves Saint Laurent fait à Paris en 1975 pour Vogue France.

Expositions et collections parisiennes

Sa carrière d’exposition commence à Paris: sa première exposition personnelle a lieu en 1975 à la Nikon Gallery. Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris publie en 1984 le catalogue Helmut Newton. Mode et Portraits, et l’Espace photographique de Paris présente Helmut Newton: nouvelles images du 5 novembre 1988 au 29 janvier 1989, manifestation organisée par Paris audiovisuel. La Maison européenne de la photographie, qui a collaboré durablement avec le photographe et avec sa femme, conserve aujourd’hui 123 tirages originaux, dont le portfolio Private Property offert par Alice Springs en 2013.

La rétrospective du Grand Palais en 2012

Il faut attendre 2012 pour qu’une rétrospective lui soit consacrée en France, huit ans après sa mort et alors qu’il y avait créé une part majeure de son œuvre. Les Galeries nationales du Grand Palais l’accueillent du 24 mars au 17 juin 2012 dans la galerie sud-est, avec plus de deux cents images, presque exclusivement des tirages originaux ou vintage: polaroids, tirages de travail et œuvres monumentales. L’accrochage était complété par un extrait du film Helmut by June, réalisé par June Newton, sa femme pendant soixante ans et photographe elle-même.

Où voir ses œuvres

Maison européenne de la photographie (Paris) — Conserve 123 tirages originaux d’Helmut Newton, dont le portfolio Private Property offert par Alice Springs en 2013 et le polyptyque Sie Kommen, Naked & Dressed, Paris, 1981.

Galeries nationales du Grand Palais (Paris) — Ont présenté du 24 mars au 17 juin 2012, dans la galerie sud-est, la première rétrospective française consacrée au photographe.

Museum für Fotografie — Helmut Newton Foundation (Berlin) — Siège de la fondation créée par Newton en octobre 2003; les Big Nudes sont installées dans le hall du musée.

Repères chronologiques

1920 — Naissance à Berlin sous le nom de Helmut Neustädter.

1936-1938 — Apprentissage auprès de la photographe Yva à Berlin-Charlottenburg.

1938 — Fuite de Berlin en train depuis la gare du Zoo, en direction de Trieste.

1961 — Retour à Paris, appartement rue Aubriot et poste à plein temps au Vogue français.

1975 — Première exposition personnelle, à la Nikon Gallery de Paris.

1976 — Parution de son premier livre, White Women / Femmes secrètes.

1981 — Départ de Paris pour Monaco; parution de Big Nudes aux Éditions du Regard.

1988-1989 — Exposition Helmut Newton: nouvelles images à l’Espace photographique de Paris.

1990 — Attribution du Grand Prix national de la photographie en France.

2003 — Création de la Helmut Newton Foundation à Berlin, en octobre.

2004 — Mort à Los Angeles à quatre-vingt-trois ans, après un accident de voiture.

2012 — Première rétrospective française, aux Galeries nationales du Grand Palais.

Helmut Newton & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Helmut Newton à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Helmut Newton est-il considéré comme un photographe parisien ?

Parce qu'il a vécu et travaillé à Paris pendant vingt ans : revenu de Melbourne en 1961, il s'installe rue Aubriot dans le Marais et occupe un poste à plein temps au Vogue français, jusqu'à son départ pour Monaco en 1981.

Que montre la photographie « Rue Aubriot, Paris » ?

Ce tirage gélatino-argentique de 1975, conservé au University of Michigan Museum of Art, montre deux femmes posant dans une rue parisienne : l'une nue, l'autre portant le smoking d'Yves Saint Laurent. L'image a paru dans le Vogue français en 1975.

Où voir des tirages d'Helmut Newton à Paris ?

À la Maison européenne de la photographie, qui a entretenu une relation suivie avec le photographe et avec sa femme Alice Springs, et qui conserve 123 tirages originaux, dont le portfolio Private Property offert par Alice Springs en 2013.

Helmut Newton a-t-il été exposé au Grand Palais ?

Oui : les Galeries nationales du Grand Palais lui ont consacré du 24 mars au 17 juin 2012 la première rétrospective organisée en France, réunissant plus de deux cents images dans la galerie sud-est, complétées par un extrait du film Helmut by June.

Qui était Yva, la formatrice d'Helmut Newton ?

Yva, de son nom Else Simon née Neuländer, était une photographe de portrait, de nu et de mode installée à Berlin-Charlottenburg. Newton fut son apprenti de 1936 à 1938 et reprit plus tard ces trois mêmes genres dans son propre travail.

Qui était Alice Springs, la femme d'Helmut Newton ?

Alice Springs est le nom d'artiste de June Newton, née June Brunell, rencontrée en 1947 et épousée l'année suivante. Sa carrière de photographe commence à Paris en 1970, quand elle remplace son mari malade pour une publicité de cigarettes.