Exposition Paris

Exposition Hervé Di Rosa

Peintre né à Sète en 1959, Hervé Di Rosa a fait irruption dans l’art français au début des années 1980 avec la Figuration libre, une peinture nourrie de bande dessinée, de rock et de culture populaire.

Qui est Hervé Di Rosa ?

Hervé Di Rosa naît le 17 décembre 1959 à Sète, dans l’Hérault.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Hervé Di Rosa dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Sète, la bande dessinée et l’École des arts décoratifs

Hervé Di Rosa naît le 17 décembre 1959 à Sète, dans l’Hérault. Attiré très tôt par le dessin et la lecture de bandes dessinées, il rejoint l’École nationale supérieure des arts décoratifs, à Paris, où il se destine d’abord au cinéma d’animation et découvre l’histoire de l’art. Il vend ses premières peintures dès 1979 et, à tout juste vingt ans, expose déjà à Paris, à Amsterdam et à New York.

1981: «  Finir en beauté » et le baptême de la Figuration libre

En 1981, Di Rosa participe à l’exposition «  Finir en beauté », organisée rue Fondary par le critique d’art Bernard Lamarche-Vadel, aux côtés de Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas et Catherine Viollet. C’est Ben Vautier qui trouve un nom à ce groupe et lui donne sa définition la plus citée: «  figuration libre: 30 % de provocation anti-culturelle, 30 % de libre figuration, 30 % d’art brut et 10 % de folie ». Une série d’expositions personnelles suit, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne.

New York, le punk et une peinture «  dé-sublimatrice »

Lauréat de la fondation Médicis en 1983, il réside deux ans à New York, où son travail est montré par les galeries Barbara Gladstone et Tony Shafrazi. Le commissaire Michel Gauthier souligne que Di Rosa n’a jamais lu sa peinture des années 1980 comme un simple retour à la figuration: héritier du mouvement punk, il l’envisage comme un geste dé-sublimateur, la peinture figurative étant aux beaux-arts ce que le rock est à la musique, dans une filiation qui va de Dada à CoBrA en passant par Jean Dubuffet.

Autour du monde: confier ses images aux artisans

À partir de 1989 selon la notice de l’Académie des beaux-arts, Di Rosa engage le projet «  Autour du monde » et séjourne successivement dans dix-neuf pays pour produire avec des artisans locaux: tempera sur bois à la feuille d’or dans la tradition des peintres d’icônes à Sofia, tissus appliqués à Porto-Novo, laques incrustées de nacre et de coquille d’œuf chez les maîtrès vietnamiens de Binh Duong, peintures sur peau à Addis-Abeba, panneaux d’enseigne à Kumasi, tableaux de perles avec les artisans zoulous de Durban, sculptures fondues à Foumban.

L’art modeste et la fondation du MIAM à Sète

Collectionneur de bandes dessinées, de magazines pulp, de disques et de figurines articulées, Di Rosa forge la notion d’«  art modeste » pour désigner les productions esthétiques qui se déploient à l’écart du système des beaux-arts. En 2000, il crée dans sa ville natale, avec Bernard Belluc, le Musée international des arts modestes, qui rassemble ces collections et les fait dialoguer avec l’art contemporain.

Académie des beaux-arts et controverse publique

Le 23 novembre 2022, Hervé Di Rosa est élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil IV de la section de peinture, où il succède à Jean Cortot. Cette consécration intervient après la controverse d’avril 2019: une tribune puis une pétition de Mame-Fatou Niang et Julien Suaudeau réclament le retrait de sa toile de l’Assemblée nationale, jugée dégradante dans sa représentation des personnes noires, l’artiste répondant vivement à ces accusations de racisme.

La pratique en bref

Médiums: acrylique sur toile, tempera sur bois à la feuille d’or, laque incrustée de nacre et de coquille d’œuf, tissu appliqué, peinture sur peau d’agneau ou de zébu, glycérophtalique sur panneau de bois, sculpture en bronze et laiton, lithographie et estampe, objets et collections d’art modeste.

Techniques: peinture d’enseigne (Kumasi, Mexique), peinture d’icône a tempera (Sofia), laque vietnamienne (Binh Duong), tissus appliqués des couturiers des rois d’Abomey (Porto-Novo), perles de verre et de plastique tressées (Durban), fresque, fonte et menuiserie bamoun (Foumban).

Motifs récurrents: culture populaire, bande dessinée et figures de science-fiction, art modeste et objets du quotidien, circulation mondiale des savoir-faire artisanaux, refus de la hiérarchie entre grand art et productions populaires, rock et héritage punk, mémoire de l’abolition de l’esclavage.

Un Sétois formé et révélé à Paris

C’est à Paris que Di Rosa se forme, à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, où il partage un atelier avec d’autres étudiants, parmi lesquels François Boisrond et Robert Combas, et fonde avec ce dernier et Ketty Brindel la revue Bato. C’est également à Paris qu’il est exposé pour la première fois en groupe de façon décisive, en 1981, dans «  Finir en beauté », montée rue Fondary par Bernard Lamarche-Vadel: l’exposition d’où sortira l’étiquette de Figuration libre.

La toile du palais Bourbon et la controverse de 2019

Une toile de Di Rosa consacrée à l’abolition de l’esclavage par le pouvoir législatif est exposée à l’Assemblée nationale depuis 1991: deux visages y regardent une chaîne se briser sous la date de 1794. En avril 2019, Mame-Fatou Niang et Julien Suaudeau publient une tribune et lancent une pétition pour en réclamer le retrait, dénonçant une banalisation du racisme dans la représentation des visages noirs; l’artiste réagit vivement et se défend de toute intention raciste.

Le Centre Pompidou, une donation et une rétrospective

Du 28 février au 26 août 2024, le Centre Pompidou consacre à l’artiste l’exposition «  Hervé Di Rosa, le passe-mondes », présentée au niveau 4 du Musée, dans la Galerie d’art graphique. Organisée autour d’œuvres entrées dans la collection nationale à la faveur d’une importante donation et confiée au commissaire Michel Gauthier, elle réunit une trentaine de pièces: peintures de la période Figuration libre, objets d’art modeste et travaux récents.

Institut de France, Marais et proche banlieue

Paris est aussi le lieu de sa reconnaissance officielle: élu à l’Académie des beaux-arts en novembre 2022, il occupe le fauteuil IV de la section de peinture. La capitale avait accueilli l’hiver 2016-2017 l’anthologie de ses collections d’arts modestes présentée à La Maison rouge. Aux portes de Paris, à Saint-Ouen, les «  Gardiens du Noun » — quatre colonnes de bronze et de laiton installées rue Rosa-Parks en 2009 — ont été fortement dégradés, comme l’a constaté la presse locale en 2025.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou (Paris) — Exposition monographique «  Hervé Di Rosa, le passe-mondes » du 28 février au 26 août 2024, autour d’une importante donation entrée dans la collection.

Assemblée nationale (palais Bourbon) (Paris) — Toile sur l’abolition de l’esclavage exposée depuis 1991, au cœur de la controverse d’avril 2019.

Musée international des arts modestes (MIAM) (Sète) — Musée cofondé par l’artiste avec Bernard Belluc en 2000, consacré aux arts modestes.

Musée du quai Branly - Jacques Chirac (Paris) — Installation «  Modestes tropiques » présentée en 2014 (information de niveau encyclopédique, page institutionnelle d’origine désormais inaccessible).

Repères chronologiques

1959-12-17 — Naissance d’Hervé Di Rosa à Sète, dans l’Hérault.

1979 — Élève des Arts décoratifs à Paris, il vend ses premières peintures.

1981 — Participation à «  Finir en beauté », rue Fondary: Ben Vautier baptise la Figuration libre.

1983 — Lauréat de la fondation Médicis, il s’installe deux ans à New York.

1991 — Sa toile sur l’abolition de l’esclavage de 1794 est exposée à l’Assemblée nationale.

2000 — Fondation à Sète, avec Bernard Belluc, du Musée international des arts modestes.

2009 — Installation des «  Gardiens du Noun » dans l’espace public à Saint-Ouen.

2019-04 — Tribune et pétition de Mame-Fatou Niang et Julien Suaudeau réclamant le retrait de sa toile.

2022-11-23 — Élection à l’Académie des beaux-arts, fauteuil IV de la section de peinture.

2024-02-28 — Ouverture au Centre Pompidou de l’exposition «  Hervé Di Rosa, le passe-mondes ».

2025 — La presse constate la dégradation des «  Gardiens du Noun » à Saint-Ouen.

Hervé Di Rosa & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Hervé Di Rosa à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Hervé Di Rosa ?

Peintre français né le 17 décembre 1959 à Sète, formé à l'École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris, il est l'une des figures fondatrices de la Figuration libre, l'inventeur de la notion d'art modeste et, depuis 2022, membre de l'Académie des beaux-arts.

Quel rôle a-t-il joué dans la Figuration libre ?

En 1981, il figure dans « Finir en beauté », exposition montée rue Fondary par Bernard Lamarche-Vadel avec Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas et Catherine Viollet. C'est à ce groupe que Ben Vautier donne le nom de « figuration libre », formule qu'il chiffre en provocation anti-culturelle, libre figuration, art brut et folie.

Qu'appelle-t-il l'« art modeste » ?

Le terme désigne l'immense pan de production esthétique qui se déploie hors du système des beaux-arts : bandes dessinées, magazines pulp, disques, figurines articulées, objets du quotidien. Di Rosa le collectionne depuis les années 1980 et lui a consacré un musée à Sète en 2000, ouvert avec Bernard Belluc.

En quoi consiste le projet « Autour du monde » ?

Il s'agit de confier ses images aux savoir-faire d'artisans rencontrés dans dix-neuf pays : icônes a tempera à Sofia, tissus appliqués à Porto-Novo, laques à Binh Duong, peintures sur peau à Addis-Abeba, panneaux d'enseigne à Kumasi, perles zouloues à Durban, sculptures fondues à Foumban, lithographies à La Havane.

Pourquoi sa toile de l'Assemblée nationale a-t-elle fait polémique ?

Exposée au palais Bourbon depuis 1991, elle montre deux visages regardant une chaîne se briser sous la date de 1794, symbole de l'abolition de l'esclavage votée par le pouvoir législatif. En avril 2019, Mame-Fatou Niang et Julien Suaudeau ont demandé son retrait par tribune et pétition ; l'artiste a répondu publiquement à ces accusations.

Où voir ses œuvres à Paris et en Île-de-France ?

Le Centre Pompidou conserve des pièces entrées par donation, présentées lors de l'exposition « le passe-mondes » en 2024 ; une toile est visible à l'Assemblée nationale depuis 1991. Dans l'espace public de Saint-Ouen, les « Gardiens du Noun », quatre colonnes de bronze et de laiton installées en 2009, ont été fortement dégradés.