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Cette page sert surtout à situer Hervé Télémaque dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Port-au-Prince en 1937 et mort à Ivry-sur-Seine en 2022, Hervé Télémaque quitte Haïti pour New York en 1957, y étudie à l’Art Students League, puis gagne Paris en 1961.
Hervé Télémaque naît le 5 novembre 1937 à Port-au-Prince.
Cette page sert surtout à situer Hervé Télémaque dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Hervé Télémaque naît le 5 novembre 1937 à Port-au-Prince. Le dictionnaire Le Delarge situe un passage à l’École des Roches, en Normandie, en 1953-1954, avant le départ pour les États-Unis: la France est donc entrée dans sa biographie bien avant qu’il ne s’y installe. En 1957, il quitte Haïti pour New York, où commence réellement sa formation de peintre.
De 1957 à 1960, il suit l’enseignement de Julian Levi à l’Art Students League. Il s’y nourrit de l’expressionnisme abstrait alors dominant et d’un surréalisme relu par les Américains, sous l’influence marquée d’Arshile Gorky. Dès 1959, « Sirène » signale son besoin d’ancrage dans le réel: le titre renvoie aux sirènes des bateaux entendues depuis sa chambre de Brooklyn Heights.
Il gagne la France en 1961 et s’installe à Paris, où il fréquente le groupe surréaliste sans y adhérer et rencontre André Breton. C’est là qu’il croise Eduardo Arroyo, né la même année que lui, l’un fuyant le franquisme, l’autre revenant de New York. En 1964, Gérald Gassiot-Talabot les réunit avec Klasen, Monory, Rancillac et Fahlström dans « Mythologies quotidiennes ».
Adepte de la « ligne claire », Télémaque construit des tableaux à forte teneur autobiographique où objets de consommation et culture populaire produisent, selon le Cnap, de « réjouissants courts-circuits visuels ». De 1968 à 1970, il cesse pourtant complètement de peindre pour ne réaliser que des assemblages d’objets, dans lesquels la canne blanche, emblème de la cécité, tient le premier rôle.
Revenu à la peinture, il aborde pour la première fois le collage et en renouvelle profondément les usages. Les années 1990 sont celles de grands dessins au fusain et de reliefs en bois de récupération recouverts de marc de café. Les années 2000 marquent un retour aux sources africaines, avec des allusions à la négritude et des commentaires plus directs sur l’actualité politique française.
En 2015, le musée national d’Art moderne consacre à Hervé Télémaque une rétrospective de soixante-quinze peintures, sculptures et dessins au Centre Pompidou, où sont notamment montrés « Toussaint Louverture à New York » et « Histoire sexuelle », tous deux de 1960. Il meurt le 10 novembre 2022, à l’âge de 85 ans, à Ivry-sur-Seine.
Médiums: peinture acrylique sur toile, huile sur toile, assemblage d’objets, collage, dessin au fusain, reliefs en bois de récupération, sérigraphie.
Techniques: « ligne claire » empruntée à la bande dessinée, peinture sur support mixte associant toile et bois, assemblage d’objets manufacturés, recouvrement au marc de café mêlé aux pigments, découpe élaborée de formes sombres au fusain.
Motifs récurrents: exil haïtien et mémoire de l’esclavage, anticolonialisme et négritude, société de consommation et imagerie publicitaire, culture populaire et bande dessinée, cécité et canne blanche, sexualité et autobiographie, rapports entre image et langage.
Paris n’est pas un décor dans la trajectoire de Télémaque: c’est le lieu où il devient le peintre qu’on connaît. Arrivé en 1961 après trois années new-yorkaises, il s’y rapproche du groupe surréaliste et rencontre André Breton, puis y croise Eduardo Arroyo au début des années 1960. C’est dans ce milieu parisien que s’invente, en 1964, l’exposition « Mythologies quotidiennes ».
Son ancrage marchand parisien porte une adresse précise: la galerie Louis Carré & Cie, ouverte en 1938 et toujours en activité au 10, avenue de Messine, dans le 8e arrondissement. Hervé Télémaque figure parmi les artistes défendus par cette maison, qui lui a consacré une exposition personnelle en 2011 — l’occasion, alors, d’ouvrir aux journalistes son atelier de la région parisienne.
La consécration parisienne vient en 2015, quand le musée national d’Art moderne lui offre au Centre Pompidou une rétrospective de soixante-quinze peintures, sculptures et dessins. À l’échelle du Grand Paris, le MAC VAL, à Vitry-sur-Seine, conserve « Tableau engagé » (1967), acrylique sur toile et bois montrée dans son accrochage de collection « L’œil vérité ».
Centre Pompidou — musée national d’Art moderne (Paris) — A consacré à l’artiste une rétrospective de soixante-quinze œuvres en 2015; le bâtiment est aujourd’hui fermé au public pour travaux, le site institutionnel annonçant « De 2025 à 2030, retrouvez-nous ici ».
MAC VAL — Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine) — Conserve « Tableau engagé » (1967) dans sa collection et l’a présenté dans l’accrochage « L’œil vérité ».
Galerie Louis Carré & Cie (Paris) — Galerie parisienne qui compte l’artiste parmi les siens et lui a consacré une exposition personnelle en 2011, au 10, avenue de Messine (8e).
The Museum of Modern Art (New York) — Conserve cinq œuvres consultables en ligne, dont « No Title (The Ugly American) » (1962/64).
1937-11-05 — Naissance d’Hervé Télémaque à Port-au-Prince, en Haïti.
1953-1954 — Séjour à l’École des Roches, en Normandie, premier contact durable avec la France.
1957-1960 — Études à l’Art Students League de New York auprès du peintre Julian Levi.
1959 — Peinture « Sirène », inspirée des sirènes de bateaux entendues depuis Brooklyn Heights.
1961 — Installation à Paris, fréquentation du groupe surréaliste et rencontre d’André Breton.
1964 — Participation à « Mythologies quotidiennes », exposition réunie par Gérald Gassiot-Talabot.
1967 — « Tableau engagé », acrylique sur toile et bois, aujourd’hui dans la collection du MAC VAL.
1968-1970 — Arrêt complet de la peinture au profit d’assemblages d’objets dominés par la canne blanche.
1985 — Naturalisation française de l’artiste, vingt-quatre ans après son arrivée à Paris.
2015 — Rétrospective de soixante-quinze œuvres au musée national d’Art moderne, Centre Pompidou.
2022-11-10 — Mort de l’artiste à Ivry-sur-Seine, à l’âge de 85 ans.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Hervé Télémaque à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Un peintre et sculpteur né le 5 novembre 1937 à Port-au-Prince et mort le 10 novembre 2022 à Ivry-sur-Seine, à 85 ans. Installé à Paris depuis 1961, naturalisé français en 1985, il compte parmi les figures majeures de la Figuration narrative.
Il quitte Haïti pour New York en 1957 et y étudie jusqu'en 1960 à l'Art Students League. Le dictionnaire Le Delarge indique qu'il « fuit le racisme » lorsqu'il s'installe à Paris en 1961 ; il y arrive après trois années américaines, quand Eduardo Arroyo, lui, fuyait l'Espagne franquiste.
Le Cnap souligne que, de 1968 à 1970, l'artiste cesse de peindre pour ne réaliser que des assemblages d'objets où la canne blanche, emblème de la cécité, « joue un grand rôle ». Elle traverse aussi ses compositions peintes, aux côtés des chaussures de sport et des tentes de camping.
Conservée au MoMA et peinte en 1962/64 à l'huile sur deux panneaux, l'œuvre associe une Vénus antique, Toussaint Louverture — meneur de la révolte contre l'esclavage à Haïti dans les années 1790 — et Fidel Castro ; les mots inscrits en haut à gauche proviennent d'« Ubu roi » d'Alfred Jarry.
Le MAC VAL, à Vitry-sur-Seine, conserve « Tableau engagé » (1967), acrylique sur toile et bois de 60,5 × 140,2 × 4,6 cm, montrée dans son accrochage de collection « L'œil vérité ». Le Centre Pompidou, qui lui avait consacré une rétrospective en 2015, est fermé pour travaux jusqu'en 2030.
La rétrospective que le musée national d'Art moderne lui consacre en 2015 au Centre Pompidou : soixante-quinze peintures, sculptures et dessins, avec des pièces new-yorkaises comme « Toussaint Louverture à New York » et « Histoire sexuelle », toutes deux de 1960.