Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Hiroshi Sugimoto dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Hiroshi Sugimoto, né en 1948 à Tokyo, photographie moins des sujets que des durées.
Né à Tokyo en 1948, Hiroshi Sugimoto manipule très tôt le matériel photographique: selon la notice du Praemium Imperiale, il utilisait déjà un appareil Mamiya 6 au collège et avait aménagé une chambre noire chez lui pour y apprendre le développement et le tirage.
Cette page sert surtout à situer Hiroshi Sugimoto dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Tokyo en 1948, Hiroshi Sugimoto manipule très tôt le matériel photographique: selon la notice du Praemium Imperiale, il utilisait déjà un appareil Mamiya 6 au collège et avait aménagé une chambre noire chez lui pour y apprendre le développement et le tirage. Après avoir été diplômé de la St. Paul’s University de Tokyo, il part aux États-Unis étudier la photographie à l’Art Center College of Design de Los Angeles. Cette formation d’atelier explique la place centrale que tiendront ensuite chez lui la chambre grand format, la maîtrise du temps de pose et la qualité du tirage argentique.
D’après le J. Paul Getty Museum, c’est après son installation à New York en 1974 que Sugimoto découvre les grands dioramas animaliers de l’American Museum of Natural History et commence peu après à en isoler des scènes à la chambre. En supprimant du cadre tout appareil didactique — cartels, vitrines, dispositif de salle — il restitue à ces décors leur pouvoir d’illusion: l’image ressemble à un instant saisi par un photographe animalier, alors que la scène est immobile depuis des décennies. Polar Bear, daté de 1976 et conservé au Metropolitan Museum of Art, appartient à ce premier ensemble.
Deux séries fondent sa notoriété internationale à partir de la seconde moitié des années 1970. Dans Theaters, il photographie l’intérieur de vieilles salles de cinéma américaines en laissant l’obturateur ouvert pendant toute la projection: la somme des images ne laisse qu’un écran d’un blanc spectral, qui éclaire l’architecture alentour. Dans Seascapes, il ramène les océans du monde à une composition constante, ciel et eau séparés par la ligne d’horizon; le Metropolitan Museum of Art conserve ainsi Boden Sea, Uttwil et Ligurian Sea, Saviore, toutes deux de 1993. La notoriété de cette série a dépassé le champ de l’art, l’une de ces marines ayant servi de pochette de disque au groupe irlandais U2.
Dans les années 1990, rapporte le SFMOMA, Sugimoto entreprend une série de grands formats volontairement flous consacrés aux icônes bâties du XXe siècle, parmi lesquelles l’Empire State Building et la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier: les édifices y restent immédiatement identifiables tout en perdant leur netteté descriptive. Le Metropolitan Museum of Art conserve dans cet ensemble un World Trade Center daté de 1997. Le même déplacement du regard vaut pour Étant donné: Le Grand Verre, où il photographie non plus des bâtiments mais des modèles scientifiques du XIXe siècle conservés au musée de l’Université de Tokyo.
L’œuvre de Sugimoto déborde depuis longtemps la photographie. Il cofonde avec l’architecte Tomoyuki Sakakida le New Material Research Laboratory, dont les réalisations architecturales ont fait l’objet d’un ouvrage, Old is New. Il a créé à Odawara, face au Pacifique, l’Enoura Observatory de la Odawara Art Foundation, un ensemble bâti et paysager ouvert à la visite sur réservation, qu’il relie explicitement à son plus ancien souvenir d’enfance: la mer aperçue depuis le train, et l’horizon qui lui fit prendre conscience d’exister. Il a également signé la réhabilitation du jardin de sculptures du Hirshhorn Museum et dispose d’un espace permanent, Time Corridors, sur le Benesse Art Site Naoshima.
Médiums: photographie argentique noir et blanc à la chambre grand format, tirage gélatino-argentique, tirage argentique viré, sculpture en verre optique associée à du film noir et blanc, architecture et aménagement paysager, scénographie d’exposition.
Techniques: pose extrêmement longue (l’obturateur reste ouvert la durée entière d’une projection de film), mise au point volontairement décalée pour produire une image floue et pourtant identifiable, suppression du contexte muséographique dans le cadrage d’un diorama, reprise photographique de négatifs photographiques anciens, composition fixe reconduite d’une image à l’autre (ligne d’horizon centrale des Seascapes).
Motifs récurrents: le temps et sa durée mesurable, l’histoire et la fabrique de sa représentation, l’illusion et le simulacre muséal, l’origine et la mémoire géologique, les rapports entre art, science et religion.
C’est à Paris, au 261 boulevard Raspail, que Sugimoto choisit de montrer pour la première fois sa série la plus récente d’alors. Du 13 novembre 2004 au 27 février 2005, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Étant donné: Le Grand Verre, soit dix-neuf tirages noir et blanc de grand format installés au rez-de-chaussée dans une mise en scène conçue par l’artiste lui-même — l’ensemble complet, quarante-quatre photographies, n’existant alors que dans le catalogue. Selon la Fondation, l’artiste avait retenu ce lieu pour son architecture de verre, en résonance avec un titre emprunté à Marcel Duchamp, dont le SFMOMA rappelle qu’il compte parmi ses influences précoces.
Vingt ans après la Fondation Cartier, Sugimoto revient à Paris pour un face-à-face avec Alberto Giacometti. Son propre site recense Giacometti/Sugimoto: Staged à l’Institut Giacometti en 2024; l’agenda spécialisé Le Japon à Paris en donne les dates, du 5 avril au 23 juin 2024, et en décrit le dispositif: une scène de théâtre nô reconstruite pour l’occasion, autour de laquelle dialoguent une sélection de sculptures de Giacometti et des photographies et films de Sugimoto, complétés par des performances et des conférences.
Entre ces deux jalons institutionnels, Paris reste un point d’ancrage régulier de son calendrier d’expositions. La liste d’expositions personnelles publiée sur son site officiel mentionne Surface Tension à la Marian Goodman Gallery de Paris en 2017, puis Theory of Colour dans la même galerie parisienne en 2021. Sa page d’actualité signale par ailleurs sa participation à l’exposition collective Fragment de Ville à la Galleria Continua de Paris, du 22 janvier au 21 mars 2026, ce qui fait de la capitale l’une des villes européennes où son travail est le plus fréquemment montré.
Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — A présenté l’exposition personnelle Étant donné: Le Grand Verre du 13 novembre 2004 au 27 février 2005, au 261 boulevard Raspail, dans une scénographie conçue par l’artiste.
Institut Giacometti (Paris) — A accueilli en 2024 l’exposition Giacometti/Sugimoto, organisée autour d’une scène de nô reconstruite, du 5 avril au 23 juin 2024.
Musée Soulages (Rodez) — Présente l’exposition monographique Hiroshi Sugimoto. Reprendre la mélodie, du 11 avril au 13 septembre 2026, avec huit séries couvrant cinq décennies.
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve plusieurs de ses œuvres, dont Polar Bear (1976), Boden Sea, Uttwil (1993), World Trade Center (1997) et Five Elements: Sea of Japan, Hokkaido, 1986 (2011).
Enoura Observatory, Odawara Art Foundation (Odawara) — Ensemble bâti et paysager conçu par l’artiste, ouvert à la visite sur réservation préalable.
1948 — Naissance à Tokyo, dans le Japon d’après-guerre.
1974 — Installation à New York et découverte des dioramas de l’American Museum of Natural History.
1976 — Polar Bear, jalon de la série Dioramas, aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art.
1993 — Boden Sea, Uttwil et Ligurian Sea, Saviore, deux Seascapes acquises par le Metropolitan en 1994.
1997 — World Trade Center, image de la série Architecture entrée au Metropolitan en 2002.
2001-10-20 — Remise du prix Hasselblad à Göteborg, assortie d’une exposition au Hasselblad Center.
2004-11-13 — Ouverture d’Étant donné: Le Grand Verre à la Fondation Cartier, à Paris, jusqu’au 27 février 2005.
2006-02-16 — Exposition Hiroshi Sugimoto au Hirshhorn Museum de Washington, jusqu’au 14 mai 2006.
2014-02-04 — Hiroshi Sugimoto: Past Tense au Getty Center de Los Angeles, jusqu’au 8 juin 2014.
2024-04-05 — Giacometti/Sugimoto à l’Institut Giacometti, à Paris, jusqu’au 23 juin 2024.
2026-04-11 — Ouverture de Reprendre la mélodie au musée Soulages de Rodez, jusqu’au 13 septembre 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Hiroshi Sugimoto à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'il laisse l'obturateur ouvert pendant toute la durée de la projection. La totalité des images du film s'additionne alors sur un seul négatif et ne laisse qu'un rectangle lumineux uniforme, dont la clarté suffit à révéler l'architecture de la salle.
Sugimoto photographie les décors animaliers de muséums, découverts à l'American Museum of Natural History de New York, en excluant du cadre tout élément muséographique. Le résultat imite une scène prise sur le vif, alors que les animaux tiennent la pose depuis toujours.
Ce sont des photographies d'objets scientifiques du XIXe siècle conservés au musée de l'Université de Tokyo : modèles stéréométriques en plâtre servant à visualiser des fonctions trigonométriques, courbes et formes mécaniques. La série complète compte quarante-quatre images, dix-neuf furent exposées.
Oui, à plusieurs reprises : à la Fondation Cartier pour l'art contemporain en 2004-2005, à l'Institut Giacometti au printemps 2024, ainsi qu'à la Marian Goodman Gallery de Paris en 2017 et en 2021 selon la liste d'expositions publiée sur son site officiel.
Non. Il a cofondé avec Tomoyuki Sakakida le New Material Research Laboratory, voué à l'architecture, conçu l'Enoura Observatory de la Odawara Art Foundation et signé la refonte du jardin de sculptures du Hirshhorn Museum, en plus de scénographier ses propres expositions.
Il a reçu le prix Hasselblad, remis le 20 octobre 2001 à Göteborg par la princesse Lilian, doté de 500 000 couronnes suédoises et accompagné d'une exposition au Hasselblad Center. Il figure également parmi les lauréats du Praemium Imperiale.