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Cette page sert surtout à situer Hito Steyerl dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Cinéaste, artiste et essayiste allemande née à Munich en 1966, Hito Steyerl a fait de la circulation des images numériques son terrain d’enquête.
Hito Steyerl naît le 1er janvier 1966 à Munich.
Cette page sert surtout à situer Hito Steyerl dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Hito Steyerl naît le 1er janvier 1966 à Munich. Sa formation est celle d’une cinéaste doublée d’une théoricienne: elle étudie l’image en mouvement au Japon, puis à l’école supérieure de télévision et de cinéma de Munich, avant de soutenir un doctorat de philosophie à l’Académie des beaux-arts de Vienne. Elle cite parmi ses influences le cinéaste Harun Farocki et, plus directement encore, l’historien du cinéma Helmut Färber, son ancien professeur. Cette double appartenance — le plateau et le texte — explique que son œuvre circule sans rupture entre salles de projection, revues et musées.
Steyerl vient du documentaire, et c’est de l’intérieur qu’elle en éprouve les limites. Le Centre Pompidou décrit une pratique « issue de l’univers du documentaire, cinéma-vérité par excellence » qui cherche le point où la représentation confine à l’abstraction: dans « Red Alert » (2007), la couleur rouge saturée sert à la fois de citation du monochrome de Rodtchenko et de signal d’alerte contemporain. À partir des années 2010, ses films quittent l’écran unique pour devenir des dispositifs: échafaudages, panneaux LED, bandeaux de texte défilant, rétroprojections, salles conçues comme des architectures à traverser.
En novembre 2009, la revue e-flux journal publie « In Defense of the Poor Image », l’essai qui a le plus largement diffusé sa pensée. Steyerl y prend la défense des fichiers dégradés, compressés, recadrés, réencodés au fil de leurs partages — ces copies de mauvaise qualité que le cinéma d’auteur méprise et qui sont pourtant, écrit-elle, la forme réelle sous laquelle les images voyagent aujourd’hui. Le texte fait de la résolution une question politique: ce qui circule vite est pauvre, ce qui reste net reste confiné. Son écriture théorique est indissociable de son travail plastique, chaque œuvre prolongeant une hypothèse d’essai.
Steyerl participe à Manifesta 5 en 2004, puis aux biennales de Shanghai (2008), de Gwangju et de Taipei (2010). En 2007, son film « Lovely Andrea » est présenté à la documenta 12 de Cassel. En 2015, « Factory of the Sun » est montré au pavillon allemand de la 56e Biennale de Venise; l’œuvre raconte l’histoire de travailleurs dont les mouvements, captés en studio de motion capture, sont convertis en lumière artificielle. Le MOCA de Los Angeles en présente la première américaine en 2016. En 2019, l’Akademie der Künste de Berlin lui décerne le prix Käthe-Kollwitz, saluant une artiste dont l’intérêt porte sur les médias, la technologie et la diffusion des images.
Ses travaux les plus récents déplacent l’enquête vers ce qui alimente les machines. À la Serpentine North Gallery, « Power Plants » (11 avril – 6 mai 2019) partait du principe que « le courant est la condition nécessaire de toute technologie numérique » et jouait de tous les sens du mot power: électricité, plantes, réseaux d’autorité. « Mechanical Kurds » (2025), installation vidéo HD de treize minutes, emprunte son titre au Turc mécanique — l’automate joueur d’échecs du XVIIIe siècle qui dissimulait un opérateur humain, puis la plateforme de micro-tâches qu’Amazon a baptisée de ce nom.
L’enseignement occupe une place structurante dans son parcours. Professeure d’art des nouveaux médias à l’Université des arts de Berlin, elle y cofonde avec Vera Tollmann et Boaz Levin le Research Center for Proxy Politics, un laboratoire consacré aux formes de délégation et de représentation par procuration dans les réseaux. Depuis 2024, elle est professeure de médias numériques actuels à l’Académie des beaux-arts de Munich, la ville où elle est née. Ses conférences et séminaires font partie intégrante de l’œuvre: plusieurs de ses vidéos empruntent d’ailleurs la forme du cours ou du tutoriel.
Médiums: installation vidéo multicanale, vidéo HD monobande, sculpture-écran (échafaudage et panneaux LED), réalité augmentée, essai écrit et conférence.
Techniques: montage d’archives et d’images trouvées, images de synthèse et animation 3D, motion capture, rétroprojection sur écran intelligent, bandeaux de texte LED défilant, images génératives produites par intelligence artificielle.
Motifs récurrents: circulation et dégradation des images numériques, surveillance et visibilité, micro-travail et économie des plateformes, intelligence artificielle et automatisation, énergie, ressources et infrastructures, musée, architecture et transparence institutionnelle.
Du 19 mai au 5 juillet 2021, le Centre Pompidou présente « Hito Steyerl. I will survive. Espaces physiques et virtuels », menée avec le K21 de Düsseldorf. C’est la première exposition de cette ampleur consacrée à l’artiste en France et en Allemagne. Déployée dans toute la Galerie 2 et confiée à Marcella Lista et Florian Ebner, elle réunit une sélection rétrospective de pièces majeures autour d’une production nouvelle, « SocialSim », et s’accompagne de deux publications. Le point de départ du projet est l’architecture même du bâtiment: un dispositif transparent et fonctionnel, inauguré quarante ans plus tôt pour tenir ensemble les missions patrimoniales du musée et le projet démocratique d’un centre de ressources ouvert à tous.
Le lien parisien ne se limite pas à une exposition temporaire: le Musée national d’art moderne conserve « Red Alert » (2007) et « This is the Future » (2019). La première est une pièce où le rouge saturé fonctionne comme citation du triptyque monochrome de Rodtchenko et comme signal d’alarme. La seconde est une installation en trois dimensions associant une vidéo HD couleur rétroprojetée sur un écran intelligent à des structures d’échafaudage en inox, des panneaux LED de 3,9 mm, une boucle vidéo multicanale et des panneaux de texte lumineux. Ces deux entrées inscrivent durablement l’artiste dans une collection publique française.
Du 11 avril au 21 septembre 2025, le Jeu de Paume consacre l’exposition « Le monde selon l’IA » aux œuvres réalisées depuis 2016 qui interrogent l’expérience du monde au prisme de l’intelligence artificielle, en distinguant l’IA analytique — vision artificielle, reconnaissance faciale — de l’IA générative. Hito Steyerl figure parmi les artistes réunis par ce projet conçu par Antonio Somaini pour les salles de la place de la Concorde, puis repris hors les murs. L’institution parisienne devient ainsi, après le Centre Pompidou, le second point d’ancrage de son travail dans la ville.
Centre Pompidou (Paris) — a présenté « I Will Survive » du 19 mai au 5 juillet 2021 et conserve deux œuvres de l’artiste dans la collection du Musée national d’art moderne
Jeu de Paume (Paris) — a réuni l’artiste dans « Le monde selon l’IA », du 11 avril au 21 septembre 2025
Villa Arson (Nice) — a présenté « Mechanical Kurds » du 20 février au 31 mai 2026
Serpentine North Gallery (Londres) — a produit et présenté « Power Plants » du 11 avril au 6 mai 2019
Akademie der Künste (Berlin) — lui a décerné le prix Käthe-Kollwitz 2019, accompagné d’une exposition
1966 — Naissance à Munich, le 1er janvier; elle vit et travaille aujourd’hui à Berlin
2004 — Participation à Manifesta 5, biennale européenne d’art contemporain
2007 — Le film « Lovely Andrea » est présenté à la documenta 12, à Cassel
2009-11 — Publication de l’essai « In Defense of the Poor Image » dans e-flux journal n° 10
2015 — « Factory of the Sun » est montré au pavillon allemand de la 56e Biennale de Venise
2016 — Première présentation américaine de « Factory of the Sun » au MOCA de Los Angeles
2019 — Prix Käthe-Kollwitz de l’Akademie der Künste de Berlin, doté de 12 000 euros
2019 — « Power Plants » à la Serpentine North Gallery de Londres, du 11 avril au 6 mai
2021 — Rétrospective « I Will Survive » au Centre Pompidou, du 19 mai au 5 juillet
2025 — Présente dans « Le monde selon l’IA » au Jeu de Paume, du 11 avril au 21 septembre
2026 — « Mechanical Kurds » à la Villa Arson, à Nice, du 20 février au 31 mai
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Hito Steyerl à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
C'est une cinéaste, artiste et essayiste allemande née à Munich en 1966 et installée à Berlin. Formée au Japon, à Munich puis docteure en philosophie à Vienne, elle travaille sur les médias, la technologie et la circulation mondiale des images, entre installations vidéo, écrits théoriques et enseignement.
Dans « In Defense of the Poor Image », publié par e-flux journal en novembre 2009, elle nomme ainsi les fichiers dégradés par la compression, le recadrage et le réencodage successifs qu'imposent les partages en ligne. Loin de les mépriser, elle y voit la forme réelle sous laquelle les images voyagent, et fait de la résolution une question politique.
Le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, conserve deux de ses pièces : « Red Alert » (2007) et l'installation « This is the Future » (2019). Comme toute œuvre de collection, leur présentation dépend de la programmation des salles ; elles ne sont donc pas visibles en permanence.
Oui. « Hito Steyerl. I will survive. Espaces physiques et virtuels » s'est tenue au Centre Pompidou du 19 mai au 5 juillet 2021, en collaboration avec le K21 de Düsseldorf. Il s'agissait de la première exposition d'une telle ampleur consacrée à l'artiste en France comme en Allemagne.
Cette installation immersive de 2015, montrée au pavillon allemand de la Biennale de Venise, suit des travailleurs dont les mouvements forcés dans un studio de capture de mouvement sont transformés en lumière solaire artificielle. Elle passe du reportage au jeu vidéo pour interroger ce qui reste possible en matière de résistance collective sous surveillance permanente.
Il renvoie au Turc mécanique : d'abord l'automate joueur d'échecs du XVIIIe siècle qui semblait jouer seul alors qu'un opérateur humain y était caché, puis la plateforme de micro-tâches qu'Amazon a baptisée de ce nom au début des années 2000. Cette installation vidéo HD de treize minutes date de 2025.