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Cette page sert surtout à situer Isa Genzken dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née en 1948 à Bad Oldesloe et installée à Berlin, Isa Genzken a passé un demi-siècle à déplacer les frontières de la sculpture: ellipsoïdes en bois calculés par ordinateur, colonnes de béton brut, fenêtrès et miroirs, puis assemblages saturés d’objets de consommation, de photographies et de matériaux de chantier.
Isa Genzken étudie la peinture à la Hochschule für bildende Künste de Hambourg de 1969 à 1971, poursuit à la Hochschule für bildende Künste de Berlin, puis rejoint l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf, où elle travaille auprès de Gerhard Richter.
Cette page sert surtout à situer Isa Genzken dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Isa Genzken étudie la peinture à la Hochschule für bildende Künste de Hambourg de 1969 à 1971, poursuit à la Hochschule für bildende Künste de Berlin, puis rejoint l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf, où elle travaille auprès de Gerhard Richter. Parallèlement, de 1973 à 1975, elle suit un cursus de philosophie et d’histoire de l’art à l’université de Cologne. Ce double appui — atelier et théorie — explique la rigueur conceptuelle de ses premières séries. Dès 1977 elle enseigne à Düsseldorf, avant d’être professeure invitée à Berlin en 1990 puis à la Städelschule de Francfort-sur-le-Main en 1991.
L’œuvre précoce à laquelle le Kunstmuseum Basel a consacré une exposition du 5 septembre 2020 au 24 janvier 2021, sous le commissariat de Søren Grammel, réunit sculptures, sorties d’imprimante d’ordinateur, longues séries de dessins, photographies et films réalisés entre ses années d’étudiante à Düsseldorf et 1983. Ce que l’on prend d’abord pour des exercices d’abstraction géométrique s’y révèle chargé de récits privés, de relations et de désirs. Le Museum of Modern Art conserve de cette période le « Rot-gelb-schwarzes Doppelellipsoid “Zwilling” » de 1982, ainsi que « Parallelograms » (1975) et « TRI-STAR » (1979).
La reconnaissance internationale passe par les grands rendez-vous périodiques: trois participations à la documenta de Cassel en 1982, 1992 et 2002, trois éditions des Skulptur Projekte de Münster en 1987, 1997 et 2007, et cinq passages par la Biennale de Venise en 1982, 1993, 2003, 2007 et 2015. En 2007, elle occupe seule le pavillon allemand de Venise, où elle représente son pays. Le musée Städel rappelle qu’elle avait reçu dès 1980 le prix d’art de Berlin, bien avant que ces plateformes ne fassent d’elle une référence pour les générations suivantes.
Le Museum of Modern Art de New York lui consacre une rétrospective de novembre 2013 à mars 2014, accompagnée d’un catalogue de 334 pages signé Sabine Breitwieser et Laura Hoptman; le Stedelijk Museum d’Amsterdam prend le relais de novembre 2015 à mars 2016. En 2017, la ville de Goslar lui remet le Kaiserring, avec une exposition personnelle au Mönchehaus Museum; en 2019, le Nasher Sculpture Center de Dallas lui décerne son prix annuel, réservé aux artistes vivants dont l’œuvre a eu un impact extraordinaire sur la compréhension de la sculpture.
Depuis les années 2000, la pratique de Genzken repose sur l’assemblage: matériaux du quotidien, objets d’usage, produits de luxe, photographies et fragments de texte y sont confrontés avec une désinvolture calculée. Den Frie Udstillingsbygning, à Copenhague, décrivait ainsi en 2026 des œuvres fonctionnant comme des sismographes qui enregistrent les déplacements culturels de leur époque, où le punk croise le chic dans un regard à la fois critique et amoureux de la culture commerciale. Sa sculpture « Vollmond », haute de seize mètrès, s’est dressée près d’un an devant le bâtiment.
Médiums: sculpture, installation, assemblage, photographie, film, collage, dessin, peinture, livre d’artiste.
Techniques: bois façonné d’après des calculs informatiques, coulage et moulage du béton laissé irrégulier, résine époxy et plâtre, montage de matériaux de chantier et d’objets manufacturés, usage du miroir et des films adhésifs réfléchissants, sorties d’imprimante d’ordinateur intégrées à l’œuvre.
Motifs récurrents: architecture moderniste et reconstruction urbaine, culture matérielle et marchandise, rapport du corps à l’échelle sculpturale, médias et images de presse, biographie et intimité dissimulées sous la géométrie.
Du 29 août au 10 octobre 2020, la galerie David Zwirner présente « Isa Genzken: Paris New York » dans son espace parisien du 108, rue Vieille du Temple. La galerie précise qu’il s’agit de la cinquième exposition personnelle de l’artiste chez elle et de sa première exposition personnelle à Paris depuis 2010; l’accrochage, consacré à des œuvres récentes, coïncide alors avec la présentation de son œuvre précoce au Kunstmuseum Basel. L’ouverture s’est faite avec une jauge limitée, conformément aux consignes sanitaires alors en vigueur dans la capitale.
Avant ce rendez-vous, le nom de Genzken apparaît à Paris dans des expositions collectives: « Fresh Hell — carte blanche à Adam McEwen » au Palais de Tokyo, du 20 octobre 2010 au 16 janvier 2011; « Echoes », au Centre culturel suisse, du 28 janvier au 10 avril 2011; « Une femme est une femme », à la Galerie de Multiples, du 25 juin au 30 août 2011; puis « ReCycle », à la Galerie Chantal Crousel, du 10 mars au 21 avril 2018, autour du principe d’assemblage et du recyclage d’objets. Aucune œuvre de l’artiste n’a en revanche été trouvée dans les collections des musées de la Ville de Paris.
David Zwirner Paris (Paris) — Galerie qui représente l’artiste depuis 2004 et qui lui a consacré une exposition personnelle parisienne en 2020, au 108 rue Vieille du Temple.
Palais de Tokyo (Paris) — A présenté une œuvre de l’artiste dans l’exposition collective « Fresh Hell — carte blanche à Adam McEwen », du 20 octobre 2010 au 16 janvier 2011.
Galerie Chantal Crousel (Paris) — A inclus l’artiste dans l’exposition collective « ReCycle » consacrée à l’assemblage et au recyclage d’objets, du 10 mars au 21 avril 2018.
The Museum of Modern Art (New York) — Conserve dix-huit œuvres de l’artiste en ligne et lui a consacré une rétrospective en 2013-2014.
Städel Museum (Francfort-sur-le-Main) — Conserve « Wind I (David) » (2009) et « Fenster » et publie une notice biographique de l’artiste.
1948-11-27 — Naissance d’Isa Genzken à Bad Oldesloe, dans le nord de l’Allemagne.
1969-1971 — Études de peinture à la Hochschule für bildende Künste de Hambourg.
1973-1977 — Études à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf, auprès de Gerhard Richter.
1980 — Obtention du prix d’art de Berlin, première distinction publique majeure.
1982 — Première participation à la documenta de Cassel et mariage avec Gerhard Richter.
2002 — Prix Wolfgang Hahn du Musée Ludwig de Cologne et troisième documenta.
2007 — Représente l’Allemagne au pavillon allemand de la 52e Biennale de Venise.
2013 — Ouverture de la rétrospective que lui consacre le Museum of Modern Art de New York.
2019 — Reçoit le prix Nasher du Nasher Sculpture Center de Dallas, dédié à la sculpture.
2020-08-29 — Ouverture de « Paris New York » chez David Zwirner Paris, rue Vieille du Temple.
2020-09-05 — Le Kunstmuseum Basel ouvre une exposition sur son œuvre de 1973 à 1983.
2026-02-06 — Ouverture de « World Receiver » à Den Frie Udstillingsbygning, Copenhague.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Isa Genzken à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Aucune exposition d'Isa Genzken n'est actuellement à l'affiche à Paris. Sa présence parisienne documentée reste ponctuelle : une exposition personnelle chez David Zwirner en 2020 et quelques participations collectives, du Palais de Tokyo à la Galerie Chantal Crousel. En revanche, ses œuvres sont conservées par le Museum of Modern Art de New York et le musée Städel de Francfort.
En 2007, elle occupe le pavillon allemand de la Biennale de Venise, une désignation qui vient couronner une trajectoire déjà marquée par cinq participations vénitiennes (1982, 1993, 2003, 2007 et 2015) et par trois éditions de la documenta de Cassel, en 1982, 1992 et 2002.
Isa Genzken travaille auprès de Gerhard Richter à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf dans les années 1970, puis l'épouse en 1982 ; ils se séparent en 1993. Cette relation, souvent mise en avant, ne résume pas sa formation : elle a aussi étudié à Hambourg et à Berlin, et suivi la philosophie et l'histoire de l'art à l'université de Cologne entre 1973 et 1975.
Ce sont de longues formes en bois effilées, mises au point à partir de calculs informatiques, qui constituent le cœur de son œuvre précoce. Le Kunstmuseum Basel les a réunies en 2020-2021 avec des sorties d'imprimante, des séries de dessins, des photographies et des films, en montrant que ces exercices apparemment abstraits sont chargés de récits personnels.
Elle privilégie le béton laissé irrégulier, le plâtre, le bois, la résine époxy, les échantillons de matériaux de construction et les objets résiduels du quotidien, auxquels s'ajoutent la photographie puis le miroir. Ses assemblages récents intègrent aussi bombes de peinture, panneaux d'aluminium, films adhésifs et produits de consommation courante.
Elle obtient le prix d'art de Berlin dès 1980, le prix Wolfgang Hahn du Musée Ludwig de Cologne en 2002, le Kaiserring de la ville de Goslar en 2017 — accompagné d'une exposition personnelle au Mönchehaus Museum — puis le prix Nasher en 2019, décerné à Dallas à un artiste vivant pour son impact sur la compréhension de la sculpture.