Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Isaac Julien dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Isaac Julien, né à Londres en 1960, construit depuis les années 1980 une œuvre qui ne tient ni tout à fait du cinéma ni tout à fait de l’exposition: des installations filmiques déployées sur plusieurs écrans, où la danse, la photographie, la musique et l’architecture se répondent d’une projection à l’autre.
Isaac Julien naît à Londres en 1960 dans une famille venue de Sainte-Lucie.
Cette page sert surtout à situer Isaac Julien dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Isaac Julien naît à Londres en 1960 dans une famille venue de Sainte-Lucie. Il se forme au cinéma et aux arts plastiques à la Saint Martin’s School of Art, d’où il sort diplômé en Fine Art Film and Vidéo, et participe très tôt à l’aventure des collectifs qui, dans le Londres des années 1980, cherchent à faire exister une culture cinématographique noire indépendante — production, diffusion et constitution d’un public. C’est de cette matrice collective, et non d’une carrière de galerie, que sort son travail: elle explique la place centrale qu’y garderont l’archive, le montage et la parole théorique.
En 1989, Julien réalise « Looking for Langston », drame documentaire en noir et blanc consacré au poète Langston Hughes et à la Renaissance de Harlem. Le film, qui lui vaut selon son propre studio un statut d’œuvre culte, est entré dans la collection de la Tate, où il est répertorié sous la date de 1989 et le numéro d’inventaire T16016. Trente ans après sa réalisation, il a été montré au niveau principal de la Tate Britain à l’occasion de son acquisition. Sa présence dans une collection publique nationale a fait passer une œuvre née dans le cinéma indépendant du côté du patrimoine muséal.
Au tournant des années 2000, Julien déplace son travail vers l’installation: « Vagabondia » (2000) puis « Paradise Omeros » (2002), toutes deux conservées par la Tate, se regardent debout, dans un espace où la durée du film compose avec la circulation du visiteur. Les musées de San Francisco décrivent une pratique de vidéo-installations multicanales immersives construite sur vingt-cinq ans, où le récit visuel poétique sert à examiner le pouvoir, la politique et l’expérience personnelle au prisme de la race, de la classe, du genre et de la sexualité.
Le travail récent de Julien procède par enquête d’archive. « Once Again… (Statues Never Die) », installation immersive à cinq écrans, est né de recherches menées dans les archives de la Barnes Foundation et met en regard le collectionneur Albert C. Barnes et le philosophe Alain Locke, figure fondatrice de la Renaissance de Harlem, autour de la place des objets africains dans les musées occidentaux. La même méthode gouverne « Lessons of the Hour », consacré à Frederick Douglass, dont la Tate conserve une version datée de 2019.
Julien a enseigné en Allemagne comme professeur de media art à Karlsruhe et occupé la chaire de Global Art de l’University of the Arts London, avant de rejoindre en 2018 l’université de Californie à Santa Cruz comme distinguished professor of the arts, où il codirige un laboratoire consacré à l’image en mouvement avec Mark Nash. Élu à la Royal Academy, lauréat du Charles Wollaston Award 2017 puis du Kaiserring de Goslar en 2022, il a été anobli la même année. La Tate Britain lui a consacré du 26 avril au 20 août 2023 sa première grande exposition personnelle au Royaume-Uni, « What Freedom Is to Me ».
Médiums: installation filmique multi-écrans, film de cinéma (long et court métrage), vidéo monocanal, photographie.
Techniques: projection synchronisée sur plusieurs écrans de grandes dimensions, de plain-pied avec le spectateur, montage croisant trames documentaires et fictionnelles, recherche en archives institutionnelles comme matériau premier, bande-son sans parole portant la dramaturgie, collaboration avec chorégraphes, danseurs et théoriciens.
Motifs récurrents: identités noires et diasporiques, désir et identité gay, créolisation et métissage, mémoire de la Renaissance de Harlem, circulation des personnes entre continents, place des objets africains dans les musées occidentaux, pouvoir, classe et représentation.
Le lien parisien d’Isaac Julien passe par le Centre Pompidou, qui lui a consacré une exposition personnelle du 25 mai au 15 août 2005, avec un vernissage le 24 mai. Le Musée national d’art moderne y présentait des œuvres récentes, dont une production nouvelle réalisée spécialement pour la manifestation, accompagnée d’un programme thématique de films et de vidéos mis en relation avec l’exposition « Africa Remix » alors à l’affiche. Le studio de l’artiste inscrit lui aussi le Centre Georges Pompidou, Paris (2005), parmi ses lieux d’exposition antérieurs.
La réception française a retenu de ce passage parisien une lecture très glissantienne de l’œuvre: la critique de Paris Art décrit un cinéma déconstruit et remixé, transformé en vecteur de créolisation du monde, et détaille le dispositif — plusieurs écrans de grandes dimensions juxtaposés ou face à face, de plain-pied avec les spectateurs, une bande-son sans parole qui imprime sa dramaturgie. Elle relève l’ubiquité du « Fantôme créole », qui fait alterner la lumière du sud subsaharien et celle du grand nord polaire, entre la place des Cinéastes à Ouagadougou et l’immensité bleutée des glaces.
Centre Pompidou (Paris) — Exposition personnelle du 25 mai au 15 août 2005, en lien avec le programme « Africa Remix ».
Tate Britain (Londres) — Rétrospective « What Freedom Is to Me », 26 avril – 20 août 2023, première grande exposition de l’artiste au Royaume-Uni.
de Young museum (Fine Arts Museums of San Francisco) (San Francisco) — « Isaac Julien: I Dream a World », 12 avril – 13 juillet 2025, dix installations vidéo majeures réalisées entre 1999 et 2022.
1960 — Naissance à Londres, dans une famille originaire de Sainte-Lucie.
1989 — Réalisation de « Looking for Langston », drame documentaire sur Langston Hughes et la Renaissance de Harlem.
1991 — « Young Soul Rebels », premier long métrage, primé à la Semaine de la critique du Festival de Cannes.
2000 — « Vagabondia », installation aujourd’hui conservée par la Tate sous le numéro T11943.
2002 — « Paradise Omeros », entrée depuis dans la collection de la Tate sous le numéro T16054.
2005 — Exposition personnelle au Centre Pompidou, à Paris, du 25 mai au 15 août.
2019 — « Lessons of the Hour », consacré à Frederick Douglass, référencé par la Tate à cette date.
2022 — Anoblissement dans la liste des honneurs britanniques et Kaiserring de Goslar la même année.
2023 — Rétrospective « What Freedom Is to Me » à la Tate Britain, du 26 avril au 20 août.
2025 — « Isaac Julien: I Dream a World » au de Young, San Francisco, du 12 avril au 13 juillet.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Isaac Julien à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Ses œuvres se déploient sur plusieurs écrans de grandes dimensions, juxtaposés ou disposés face à face et placés de plain-pied avec les spectateurs, qui circulent dans la salle : la durée cinématographique compose avec le déplacement du visiteur, et la bande-son, souvent sans parole, porte seule la tension dramatique.
Oui : le Centre Pompidou lui a consacré une exposition personnelle du 25 mai au 15 août 2005, dans laquelle le Musée national d'art moderne présentait des œuvres récentes dont une production réalisée spécialement, ainsi qu'un programme de films et de vidéos lié à l'exposition « Africa Remix ».
Ce drame documentaire de 1989 consacré au poète Langston Hughes et à la Renaissance de Harlem a valu à Julien, selon son propre studio, un statut d'œuvre culte ; la Tate l'a acquis et l'a montré au niveau principal de la Tate Britain, faisant entrer un film né du cinéma indépendant dans une collection nationale.
Le premier long métrage d'Isaac Julien, sorti en 1991, a remporté le prix de la Semaine de la critique au Festival de Cannes, distinction que le studio de l'artiste met en avant comme le second temps fort de sa reconnaissance, après « Looking for Langston ».
Cette installation immersive à cinq écrans, née de recherches menées dans les archives de la Barnes Foundation, met en regard le collectionneur Albert C. Barnes et le philosophe Alain Locke, dit « père de la Renaissance de Harlem », autour de la manière dont l'Occident a collectionné et exposé la culture matérielle africaine.
La Tate conserve plusieurs de ses pièces, parmi lesquelles « Looking for Langston » (1989), « Vagabondia » (2000), « Paradise Omeros » (2002) et « Lessons of the Hour » (2019) ; ces œuvres figurent à son catalogue en ligne sous son nom d'artiste, Sir Isaac Julien CBE RA.