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Cette page sert surtout à situer Ingres dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Montauban en 1780 et mort à Paris en 1867, Jean-Auguste-Dominique Ingres a passé sa vie à défendre un classicisme rigoureux face au romantisme de Delacroix, tout en signant les nus les plus troublants de son siècle.
Le musée du Louvre enregistre Ingres comme né à Montauban en 1780 et mort à Paris en 1867, rattaché à l’école française.
Cette page sert surtout à situer Ingres dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Le musée du Louvre enregistre Ingres comme né à Montauban en 1780 et mort à Paris en 1867, rattaché à l’école française. La National Gallery de Londres précise qu’il accède à la notoriété nationale comme élève de Jacques-Louis David et comme étudiant à l’École des beaux-arts de Paris, et qu’il remporte en 1801 une bourse pour Rome qu’il ne rejoint qu’en 1806 — un report dû en partie à l’accueil défavorable que lui réserve le Salon parisien. C’est précisément à ce Salon parisien qu’il expose en 1806 le portrait de Mademoiselle Caroline Rivière, fille de Philibert Rivière, aujourd’hui accroché salle 702 du Louvre.
Deux tableaux majeurs du Louvre portent la mention d’un même statut administratif: « Envoi à Paris de pensionnaire de l’Académie de France à Rome, 1808 ». Ce sont « Œdipe explique l’énigme du sphinx » (1,89 × 1,44 m) et « La baigneuse, dite Baigneuse de Valpinçon » (1,46 × 0,975 m), tous deux peints en 1808 durant son séjour romain. La National Gallery souligne que c’est sous l’influence de l’art italien, et de Raphaël en particulier, qu’Ingres maîtrise le portrait, et qu’il peint alors de petits tableaux tirés de textes littéraires, de l’histoire de France ou de la vie des artistes, vendus à la couronne française.
« Roger délivrant Angélique », épisode du Roland furieux de l’Arioste, avait été commandé en 1817 pour prendre place en dessus-de-porte dans la salle du Trône du château de Versailles; le tableau, daté de 1819, est aujourd’hui salle 701 du Louvre. Vient ensuite la commande décisive: « Homère déifié », dit « L’apothéose d’Homère », toile de 3,86 × 5,12 mètrès commandée avec ses voussures pour 20 000 francs l’ensemble entre le 19 mars 1825 et le 9 août 1826, destinée à décorer un plafond du « musée Charles X » au Louvre — les actuelles salles égyptiennes. Signée « Ingres Ping bat » et datée 1827, elle fut présentée aux Salons de 1827 et de 1833, déposée en 1855, puis remplacée in situ par une copie exécutée par les frères Balze et Michel Dumas.
La National Gallery rappelle qu’Ingres se voulait peintre d’histoire — le sommet de la hiérarchie académique — et tenait le portrait pour un genre moins important, alors qu’il doit aujourd’hui sa célébrité à des toiles comme « Madame Moitessier ». Ce portrait, commandé en 1844 pour célébrer le mariage de Marie Clotilde-Inès de Foucauld avec le négociant Sigisbert Moitessier, lui demanda douze ans de travail et plusieurs remaniements majeurs avant d’être achevé en 1856. Le Louvre conserve de son côté le « Louis-François Bertin, dit Bertin l’Aîné », peint en 1832, exposé au Salon de 1833 et acquis en 1897 des descendants du modèle, fondateur du Journal des Débats; le Metropolitan Museum détient « Madame Jacques-Louis Leblanc » (1823) et la « Princesse de Broglie » (1851-1853).
Le château de Chantilly, qui lui a consacré en 2023 l’exposition « Ingres, l’artiste et ses princes », décrit un peintre inclassable et souvent visionnaire, dont l’apparent classicisme recouvre une originalité et une recherche de la perfection. Le musée Condé y montrait comment, avec l’avènement de la monarchie de Juillet (1830-1848), Ingres trouve dans la famille d’Orléans un soutien de poids lui permettant de réaliser certains de ses plus grands chefs-d’œuvre, et comment le prince des artistes devient l’artiste des princes. L’exposition réunissait tableaux et dessins commandés ou collectionnés par les princes d’Orléans, aux côtés de leurs études et de leurs variantes, pour donner à comprendre un travail perfectionniste et méthodique.
L’ultime chef-d’œuvre d’Ingres a une histoire matérielle mouvementée que documente sa notice au Louvre: peint en 1859 sous une forme rectangulaire, le tableau est mis en tondo puis terminé en 1862, et signé « J. Ingres Pinxt MDCCCLXII Aetatis LXXXII ». Entré dans la collection du prince Napoléon dès 1859, il est échangé en 1860 contre l’autoportrait du peintre aujourd’hui conservé à Chantilly, repéré dans l’atelier en 1864, puis acquis par Khalil Bey, ambassadeur de Turquie à Paris. Après la vente Khalil Bey des 16-18 janvier 1868 et plusieurs collections privées, il entre au Louvre en 1911 par don de la Société des Amis du Louvre, avec la participation de M. David-Weill. Sa composition circulaire d’1,08 m de diamètre est aujourd’hui présentée salle 940.
Médiums: Huile sur toile, Mine de plomb sur papier vélin, Peinture de plafond et décor commandé.
Techniques: Reprise longue et remaniements successifs d’une même toile — « Madame Moitessier » demande douze ans et plusieurs révisions majeures, Changement de format en cours d’exécution — « Le Bain turc », rectangulaire en 1859, est mis en tondo et achevé en 1862, Travail par études et variantes préparatoires autour d’une même composition, Portrait dessiné à la mine de plomb, signé et dédicacé au graphite.
Motifs récurrents: Le nu féminin, de la baigneuse à l’odalisque, L’Orient rêvé et ses scènes d’évasion, Le portrait de la bourgeoisie et de l’aristocratie du XIXe siècle, La peinture d’histoire et le sujet littéraire (l’Arioste, Homère), L’hommage à l’Antiquité et à Raphaël, Le mythe grec (Œdipe et le sphinx).
Le lien d’Ingres avec Paris se lit d’abord dans la topographie du Louvre. Le musée a baptisé la salle 940 de l’aile Sully, niveau 2, « Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) »: y sont accrochés « Le bain turc », le portrait de Bertin l’Aîné et la « Baigneuse de Valpinçon ». Trois autres toiles majeures — « La Grande Odalisque », « Œdipe explique l’énigme du sphinx » et « Mademoiselle Caroline Rivière » — occupent la salle 702 de l’aile Denon, dite salle Daru et consacrée au néoclassicisme, tandis que « Roger délivrant Angélique » est présenté salle 701. Le moteur de recherche des collections du Louvre recense 264 œuvres rattachées à son nom.
Toute la carrière d’Ingres se joue devant le public parisien du Salon, dont les notices du Louvre gardent la trace année par année: Salon de 1806 pour « Mademoiselle Caroline Rivière », Salon de 1819 pour « La Grande Odalisque », Salon de 1827 pour « L’apothéose d’Homère » et pour un « Œdipe » retouché juste avant, Salon de 1833 pour le portrait de Bertin. Le Louvre conserve d’ailleurs le tableau de François-Joseph Heim qui figure « Charles X distribuant des récompenses aux artistes exposants du salon de 1824 au Louvre, le 15 janvier 1825 »: à cette époque, le Salon se tenait dans le palais même où les toiles d’Ingres sont aujourd’hui exposées.
L’entrée d’Ingres au Louvre s’échelonne sur plus de quarante ans, et chaque mode d’acquisition est consigné: legs en 1870 pour « Mademoiselle Caroline Rivière », legs en 1878 pour « Œdipe explique l’énigme du sphinx », achat en 1879 pour la « Baigneuse de Valpinçon », achat en 1897 pour le portrait de Bertin l’Aîné auprès des descendants du modèle, achat en 1899 pour « La Grande Odalisque ». « Le bain turc », lui, arrive en 1911 par don de la Société des Amis du Louvre avec la participation de M. David-Weill, après être passé entre les mains de Khalil Bey, ambassadeur de Turquie à Paris, et avoir été dispersé lors d’une vente parisienne des 16 au 18 janvier 1868.
La notice d’autorité du musée du Louvre situe la mort d’Ingres à Paris en 1867, cinquante ans après sa première grande commande d’État et cinq ans après l’achèvement du « Bain turc ». Wikidata, utilisé ici comme source de référence et non comme notice principale, précise la date du 14 janvier 1867 et indique le cimetière du Père-Lachaise comme lieu d’inhumation. Le peintre qui avait quitté Montauban pour l’atelier de David et l’École des beaux-arts de Paris a donc achevé à Paris un parcours de près de soixante-dix ans, dont le Louvre conserve aujourd’hui l’essentiel des jalons.
Musée du Louvre (Paris) — Conserve l’essentiel de l’œuvre peint et dessiné d’Ingres; la salle 940 de l’aile Sully porte son nom, la salle 702 (Daru, néoclassicisme) et la salle 701 en présentent d’autres toiles majeures.
Musée Condé, château de Chantilly (Chantilly) — Conserve l’autoportrait du peintre, obtenu en 1860 par échange contre « Le Bain turc », et lui a consacré en 2023 l’exposition « Ingres, l’artiste et ses princes ».
National Gallery (Londres) — Présente « Madame Moitessier » (NG4821) et « Angelica saved by Ruggiero » en salle 38.
Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve plusieurs portraits d’Ingres, dont « Madame Jacques-Louis Leblanc » (1823) et la « Princesse de Broglie » (1851-1853).
1780-08-29 — Naissance à Montauban; le Louvre enregistre l’année et la ville, Wikidata la date exacte.
1801 — Élève de Jacques-Louis David et de l’École des beaux-arts de Paris, il remporte une bourse pour Rome.
1806 — Salon de Paris: il expose « Mademoiselle Caroline Rivière » avant de rejoindre enfin Rome.
1808 — Envois à Paris de pensionnaire de l’Académie de France à Rome: « Œdipe » et la « Baigneuse de Valpinçon ».
1814 — Il peint « La Grande Odalisque » pour Caroline Murat, reine de Naples.
1817 — Commande de « Roger délivrant Angélique » comme dessus-de-porte de la salle du Trône à Versailles.
1819 — Salon de Paris: « La Grande Odalisque » y est présentée; « Roger délivrant Angélique » est daté de la même année.
1825 — Le 19 mars, commande de « L’apothéose d’Homère » et de ses voussures pour 20 000 francs, destinées au musée Charles X.
1827 — « L’apothéose d’Homère » est signée et datée, puis présentée au Salon; « Œdipe » y est retouché et exposé.
1832 — Portrait peint et portrait dessiné de Louis-François Bertin, fondateur du Journal des Débats.
1844 — Commande du portrait de Madame Moitessier, qu’Ingres accepte après avoir rencontré le modèle.
1855 — Le plafond du musée Charles X est déposé et remplacé par une copie des frères Balze et de Michel Dumas.
1856 — Achèvement de « Madame Moitessier », douze ans après la commande initiale.
1862 — « Le bain turc », commencé rectangulaire en 1859, est mis en tondo et achevé à l’âge de 82 ans.
1867-01-14 — Mort à Paris; inhumation au cimetière du Père-Lachaise selon Wikidata.
1911 — « Le bain turc » entre au Louvre par don de la Société des Amis du Louvre.




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Ingres à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Au musée du Louvre, qui rattache 264 œuvres à son nom dans son moteur de collections. La salle 940 de l'aile Sully, intitulée « Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) », réunit « Le bain turc », la « Baigneuse de Valpinçon » et le portrait de Bertin l'Aîné. La salle 702 de l'aile Denon présente « La Grande Odalisque », « Œdipe explique l'énigme du sphinx » et « Mademoiselle Caroline Rivière » ; « Roger délivrant Angélique » est en salle 701.
Parce que le musée y a regroupé plusieurs de ses toiles capitales : la fiche de localisation du « Bain turc », de la « Baigneuse de Valpinçon » et du portrait de Bertin indique toutes trois « Sully, [Peint] Salle 940 — Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) », au niveau 2 de l'aile Sully. Cette salle nominative reflète la place que le Louvre accorde à un peintre dont il conserve la plus grande partie de l'œuvre peint.
Par un don de la Société des Amis du Louvre en 1911, avec la participation de M. David-Weill. Avant cela, le tableau appartint au prince Napoléon à partir de 1859, fut échangé en 1860 contre l'autoportrait du peintre aujourd'hui à Chantilly, repéré dans l'atelier d'Ingres en 1864, acquis par Khalil Bey, ambassadeur de Turquie à Paris, puis dispersé à la vente Khalil Bey des 16-18 janvier 1868 avant de passer dans les collections Say et Broglie.
Oui. La National Gallery de Londres indique que le portrait fut commandé en 1844 pour célébrer le mariage, deux ans plus tôt, de Marie Clotilde-Inès de Foucauld avec le riche négociant Sigisbert Moitessier, et qu'il fallut douze ans à Ingres pour l'achever, en 1856. La toile connut plusieurs remaniements majeurs : une fille du modèle, Catherine, devait d'abord y figurer avant d'en être retirée.
Elle vient du peintre lui-même. La National Gallery de Londres rappelle qu'Ingres était un violoniste accompli qui aurait pu faire carrière comme musicien, et que l'expression française « violon d'Ingres » désigne depuis lors le fait d'avoir une seconde corde à son arc — un talent ou une passion menés en parallèle de son métier principal.
Pour le Louvre lui-même. Cette toile de 3,86 × 5,12 mètrès fut commandée avec ses voussures pour 20 000 francs l'ensemble, entre le 19 mars 1825 et le 9 août 1826, afin de décorer un plafond du « musée Charles X » — les actuelles salles égyptiennes. Signée et datée 1827, présentée aux Salons de 1827 et 1833, elle fut déposée en 1855 et remplacée sur place par une copie des frères Balze et de Michel Dumas.