Exposition Paris

Exposition Jean-Marc Bustamante

Né à Toulouse le 4 juin 1952, Jean-Marc Bustamante construit depuis la fin des années 1970 une œuvre qui refuse de choisir entre photographie, sculpture, peinture, dessin et installation.

Qui est Jean-Marc Bustamante ?

Jean-Marc Bustamante naît à Toulouse le 4 juin 1952.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Jean-Marc Bustamante dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De l’économie à la chambre photographique

Jean-Marc Bustamante naît à Toulouse le 4 juin 1952. Avant l’art, il commence des études d’économie, puis se forme à la photographie auprès de Denis Brihat, praticien de la nature morte, avant de devenir au milieu des années 1970 l’assistant de William Klein, dont l’atelier parisien lui donne une expérience directe de l’image imprimée et du cinéma documentaire. L’Académie des beaux-arts le décrit comme un artiste autodidacte, qui engage son travail personnel à partir de 1977, une fois cette période d’assistanat achevée.

Les «  Tableaux » de 1978: une photographie qui se regarde comme un mur

En 1978, Bustamante réalise ses premières «  peintures photographiques »: de grands tirages couleur montrant des maisons et des immeubles des périphéries urbaines, notamment autour de Barcelone. Ces images sont vides de personnages et frontales; l’artiste dit avoir voulu «  fixer un mouvement lent, celui de la terre, mais aussi celui de la décivilisation ». Le Metropolitan Museum of Art conserve l’un de ces états sous le titre «  Tableau (T30.78) », daté de 1978 et tiré en 2000, un tirage par blanchiment de colorant argentique. Le format et l’accrochage, empruntés à la peinture, imposent d’emblée l’ambiguïté qui traversera toute l’œuvre.

BazileBustamante, puis le plexiglas des «  Lumières »

De 1983 à 1987, Bustamante travaille avec le sculpteur Bernard Bazile sous la signature commune BazileBustamante: ensemble ils produisent meubles et objets, en réaction à la dématérialisation de l’objet dans l’art conceptuel. La collaboration close, il engage la série des «  Lumières » (1987-1993): il rephotographie des images en noir et blanc tirées de revues d’architecture des années 1930 et 1960, puis les sérigraphie sur plexiglas transparent, si bien que le mur et la lumière ambiante entrent dans l’image. Le Metropolitan Museum of Art conserve «  Lumière » (1991), sérigraphie sur résine acrylique.

Venise 2003 et la consécration internationale

Bustamante participe aux documenta VIII, IX et X de Cassel, en 1987, 1992 et 1997, puis à la Biennale de São Paulo en 1994. En 2003, il représente la France à la 50e Biennale de Venise avec «  Le Pavillon des Amazones », conçu comme une «  chapelle païenne »: pour la première fois des personnages entrent dans ses photographies, associés à des peintures et à des dessins abstraits sur plexiglas. La même année s’ouvre la série des «  Panoramas », grands dessins à l’encre agrandis sur plexiglas qui rejouent le rapport de l’objet au mur qui le porte.

Bregenz 2006: métal, verre, encre colorée

En 2006, le Kunsthaus Bregenz consacre à Bustamante l’exposition «  -beautifuldays- », du 29 janvier au 19 mars, conçue avec l’artiste et présentée comme la première où il concentre son propos sur des œuvres en métal, plexiglas, verre et encre colorée. Le musée souligne que depuis 1987 ses sculptures, reliefs et installations traitent le même sujet que ses photographies: des paysages et des lieux en état de transition, marqués par les chantiers, les fossés ou les clôtures. Au rez-de-chaussée, une sculpture-table de six mètrès de côté, «  Constellation » (2006), organise le parcours entre œuvres murales et œuvres au sol.

Enseigner, diriger, puis fonder un lieu

Professeur à la Rijksakademie d’Amsterdam, à la Kunstakademie de Munich puis à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il enseigne depuis 1996, Bustamante en devient directeur en 2015; son mandat s’achève en 2018. Élu à l’Académie des beaux-arts le 7 décembre 2016, il y est installé sous la Coupole le 23 mai 2018. En juillet 2026, il ouvre à Arles le Fonds Bustamante, dans l’ancienne église Sainte-Croix: un lieu d’exposition, de masterclasses et de conservation de ses archives, qu’il justifie par «  un souci d’indépendance ».

La pratique en bref

Médiums: photographie couleur grand format, sérigraphie sur plexiglas, sculpture, peinture, dessin à l’encre, installation, verre et métal.

Techniques: tirage couleur de grand format présenté frontalement comme un tableau, rephotographie de documents imprimés puis sérigraphie sur plexiglas transparent, dessin à l’encre agrandi et reporté sur plexiglas, assemblage d’œuvres murales et d’œuvres au sol organisant la circulation du regard.

Motifs récurrents: lisières urbaines et paysages en transition, transparence, reflet et rôle du mur porteur, effacement de la frontière entre photographie, peinture et sculpture, conditions de perception et présence physique de l’œuvre, architecture moderne relue à travers ses reproductions imprimées.

Paris, atelier de formation puis ville de travail

C’est à Paris que Bustamante entre réellement dans le métier: au milieu des années 1970, il devient l’assistant du photographe et cinéaste William Klein, installé dans la capitale, avant de lancer son travail personnel en 1977. La galerie Thaddaeus Ropac, qui le représente et dont les espaces parisiens se répartissent entre le Marais et Pantin, indique qu’il vit et travaille à Paris. La ville reste donc, un demi-siècle après ses débuts, la base d’une œuvre pourtant nourrie de périphéries et de paysages non parisiens.

Les Beaux-Arts de Paris, de l’atelier de professeur à la direction

Bustamante enseigne à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris depuis 1996, avant d’en prendre la direction en 2015. Son mandat, marqué par la célébration des deux cents ans de l’établissement puis par une contestation interne, n’est pas prolongé au-delà de 2018. Cette séquence fait de lui l’un des rares artistes contemporains à avoir dirigé la plus ancienne école d’art parisienne tout en continuant à exposer, ce qui donne à sa fiche un double statut: créateur et responsable d’institution.

Quai de Conti: le fauteuil de Zao Wou-Ki

Le 7 décembre 2016, Jean-Marc Bustamante est élu à l’Académie des beaux-arts, section Peinture, au fauteuil précédemment occupé par Zao Wou-Ki; il est installé sous la Coupole de l’Institut de France le 23 mai 2018. L’Académie, dont le siège est situé quai de Conti dans le 6e arrondissement, le présente en 2026 comme l’un de ses vice-présidents. Ce siège académique constitue l’ancrage parisien le mieux documenté de son parcours, indépendamment de toute exposition en cours.

Où voir ses œuvres

Académie des beaux-arts (Paris) — Institution dont l’artiste est membre depuis son élection du 7 décembre 2016, section Peinture, et vice-président en 2026.

Beaux-Arts de Paris (École nationale supérieure des beaux-arts) (Paris) — École où il enseigne depuis 1996 et dont il a été directeur à partir de 2015.

Galerie Thaddaeus Ropac (Paris) — Galerie qui le représente; ses espaces parisiens du Marais et de Pantin ne présentaient aucune exposition personnelle de l’artiste au 2 août 2026.

Fonds Bustamante, ancienne église Sainte-Croix (Arles) — Lieu créé à son initiative, ouvert en juillet 2026, avec l’exposition inaugurale «  En Miroirs » du 9 juillet au 30 octobre 2026.

The Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve plusieurs de ses œuvres photographiques, dont «  Tableau (T30.78) » et «  Lumière ».

Repères chronologiques

1952-06-04 — Naissance de Jean-Marc Bustamante à Toulouse.

1978 — Premières «  peintures photographiques » de grand format montrant les lisières urbaines.

1983-1987 — Collaboration avec Bernard Bazile sous la signature BazileBustamante.

1987-1993 — Série des «  Lumières », images d’architecture sérigraphiées sur plexiglas transparent.

1987 — Participation à la documenta VIII de Cassel, suivie des documenta IX et X.

1994 — Participation à la Biennale de São Paulo.

1996 — Début de son enseignement à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

2003 — Représente la France à la 50e Biennale de Venise avec «  Le Pavillon des Amazones ».

2006-01-29 — Ouverture de l’exposition «  -beautifuldays- » au Kunsthaus Bregenz, jusqu’au 19 mars.

2015 — Prend la direction de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

2016-12-07 — Élu à l’Académie des beaux-arts, section Peinture, au fauteuil de Zao Wou-Ki.

2018-05-23 — Installation sous la Coupole de l’Institut de France, quai de Conti.

2026-07-09 — Ouverture à Arles du Fonds Bustamante avec l’exposition «  En Miroirs ».

Jean-Marc Bustamante & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Jean-Marc Bustamante à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Jean-Marc Bustamante appelle-t-il « Tableaux » des photographies ?

Parce que ces images de 1978, tirées en grand format et en couleur, sont conçues pour être vues frontalement comme de la peinture : vues de maisons et d'immeubles en périphérie urbaine, vidées de personnages, destinées selon l'artiste à « fixer un mouvement lent, celui de la terre, mais aussi celui de la décivilisation ». Le Metropolitan Museum of Art en conserve un exemplaire sous le titre « Tableau (T30.78) ».

Qu'est-ce que la série des « Lumières » et comment est-elle fabriquée ?

Réalisée entre 1987 et 1993, la série part d'images en noir et blanc empruntées à des revues d'architecture des années 1930 et 1960 : Bustamante les rephotographie puis les sérigraphie sur plexiglas transparent, de sorte que le mur, la lumière et le reflet participent à l'image finale. Le Metropolitan Museum of Art conserve « Lumière » (1991), sérigraphie sur résine acrylique.

Qui étaient BazileBustamante ?

C'est la signature commune adoptée entre 1983 et 1987 par Jean-Marc Bustamante et le sculpteur Bernard Bazile. Ensemble ils produisent meubles et objets, en réaction assumée à la dématérialisation de l'objet dans l'art conceptuel. Cette parenthèse à deux, close en 1987, précède directement l'invention de ses propres dispositifs sur plexiglas.

Qu'a-t-il présenté au pavillon français de la Biennale de Venise en 2003 ?

Il y a conçu « Le Pavillon des Amazones », décrit comme une « chapelle païenne » associant portraits photographiques, peintures et dessins abstraits sur plexiglas. C'est la première fois que des personnages apparaissent dans ses photographies. Il représentait la France à la 50e Biennale, à laquelle le site officiel du Fonds Bustamante et sa galerie font tous deux référence.

Jean-Marc Bustamante a-t-il dirigé les Beaux-Arts de Paris ?

Oui. Professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris depuis 1996, il en devient directeur en 2015 ; le mandat prend fin en 2018 après une contestation interne relayée par la presse. Il avait auparavant enseigné à la Rijksakademie d'Amsterdam et à la Kunstakademie de Munich.

Qu'est-ce que le Fonds Bustamante ouvert à Arles en 2026 ?

C'est un lieu d'art contemporain créé à l'initiative de l'artiste dans l'ancienne église Sainte-Croix, au cœur du quartier de la Roquette à Arles, restauré sur un projet de l'architecte Charles Zana. Il associe expositions, masterclasses et rencontres ; l'exposition inaugurale, « En Miroirs », se tient du 9 juillet au 30 octobre 2026.