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Cette page sert surtout à situer Jean-Michel Othoniel dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né le 27 janvier 1964 à Saint-Étienne, Jean-Michel Othoniel vit et travaille à Paris.
Jean-Michel Othoniel sort de l’école des Beaux-arts de Cergy-Pontoise en 1988.
Cette page sert surtout à situer Jean-Michel Othoniel dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Jean-Michel Othoniel sort de l’école des Beaux-arts de Cergy-Pontoise en 1988. Au début des années 1990, il travaille des matériaux aux propriétés réversibles — cire, soufre, phosphore — dont la fragilité et la capacité à se transformer fondent tout son vocabulaire ultérieur. Ces pièces sont présentées dès 1992 par Jan Hoet à la documenta de Cassel, entrée précoce dans le circuit international. Dès 1991, un long séjour à Hong Kong, où il installe un atelier éphémère sur le toit du musée d’art contemporain pour préparer l’exposition « Too French », inaugure le goût du voyage comme méthode de travail.
L’introduction du verre en 1993 marque le véritable tournant de son travail. Othoniel collabore avec les artisans de Murano et explore un matériau qui mêle force et vulnérabilité, éclat et transparence. La délicatesse du verre et la subtilité de ses couleurs servent un projet formulé sans détour par l’artiste: poétiser et réenchanter le monde. En 1994, il participe à l’exposition « Féminin/Masculin » au Centre Georges Pompidou, où il montre des œuvres en soufre et l’installation-performance My Beautiful Closet, mettant en scène des danseurs filmés dans l’obscurité d’un placard.
Pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 1996, Othoniel commence à faire dialoguer ses œuvres avec le paysage. Il suspend des colliers géants aux arbres des jardins de la Villa Médicis, puis à ceux du jardin vénitien de la Collection Peggy Guggenheim en 1997, enfin à l’Alhambra et au Generalife de Grenade en 1999. Ces pièces, décrites par l’artiste comme des sortes de fruits défendus, s’intègrent aux feuillages en excroissances organiques qui absorbent l’ombre et diffractent la lumière: la sculpture cesse d’occuper un socle pour habiter un lieu.
En 2000, Othoniel répond à sa première commande publique et transforme, un siècle après Hector Guimard, la station de métro parisienne Palais-Royal – Musée du Louvre en Kiosque des Noctambules: une double couronne de verre et d’aluminium abrite un banc destiné aux rencontres fortuites dans la ville endormie. Sa création se partage dès lors entre lieux publics et espaces muséaux. En 2003, l’exposition « Crystal Palace », présentée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris du 31 octobre 2003 au 11 janvier 2004, fait naître à Venise et au Centre international du Verre de Marseille (Cirva) des formes soufflées tenant du bijou, de l’architecture et de l’objet érotique.
En 2011, le Centre Pompidou consacre à l’artiste la rétrospective « My Way », qui circule ensuite à Séoul, Tokyo, Macao et au Brooklyn Museum de New York. En 2015, à l’issue d’un concours international, il réaménage avec le paysagiste Louis Benech le bosquet du Théâtre d’Eau des jardins du château de Versailles: Les Belles Danses, trois sculptures-fontaines en verre doré inspirées des chorégraphies du maître à danser de Louis XIV, Raoul-Auger Feuillet, constituent la première œuvre pérenne commandée à un artiste contemporain dans ce domaine. Suivent, pour le nouveau Musée national du Qatar de Jean Nouvel, 114 sculptures-fontaines dont les jets évoquent la calligraphie arabe, puis en 2019 La Rose du Louvre.
lu le 14 novembre 2018 lAcadmie des beaux-arts dans la section sculpture, au fauteuil V et la succession dEugne Dodeigne, Othoniel accompagne depuis janvier 2019 les missions de soutien la cration de linstitution, dont il dirige la Villa Dufraine. Lautomne 2021 le voit investir la totalit du Petit Palais et de son jardin. En 2026, son activit reste largement hors de Paris: Diary of Happiness la Fondation Boghossian de Bruxelles, Poetic Living lInstituto Bardi de So Paulo, Dazzling Trilogy lEspace Louis Vuitton de Pkin et le retour de son Petit Thtre de Peau dne au muse Hbre de Rochefort.
Médiums: verre soufflé de Murano, soufre, cire, aluminium, encre sur feuille d’or, dessin, photographie, installation in situ.
Techniques: soufflage du verre avec les artisans de Murano, perles de verre assemblées en colliers et rivières autoportants, verre doré et miroité pour les sculptures-fontaines, verre soufflé réalisé à Venise et au Centre international du Verre de Marseille (Cirva), peinture à l’encre sur feuille d’or, installation-performance filmée.
Motifs récurrents: réenchantement et poétisation du monde, reflet, narcissisme et théorie des reflets, métamorphose, sublimation et transmutation des matériaux, érotisme et interrogation des limites du genre, le voyage comme méthode de création, dialogue avec les jardins et l’architecture historique.
Le lien d’Othoniel avec Paris se lit d’abord dans la rue. En 2000, sa première commande publique aboutit au Kiosque des Noctambules, qui coiffe l’accès de la station Palais-Royal – Musée du Louvre: une double couronne de verre et d’aluminium, posée un siècle après les édicules d’Hector Guimard, abrite un banc pensé pour les rencontres fortuites de la ville endormie. L’œuvre est en accès libre et se visite sans billet, ce qui en fait le point d’entrée le plus simple pour découvrir son travail à Paris.
Trois institutions parisiennes conservent des pices de lartiste. Le muse du Louvre a accept en octobre 2019 la donation de La Rose du Louvre, six peintures lencre sur feuille dor cres pour les trente ans de la Pyramide, inscrites sous le numro RFML.HL.2020.10.6 au Service de lHistoire du Louvre. Le Centre Pompidou conserve Le Petit Thtre de Peau dne, cr en 2004. Le Muse dart moderne de la Ville de Paris a pour sa part acquis la grande Rivire Blanche, premier collier autoportant n de lexposition Contrepoint au Louvre.
Du 2 mars au 23 mai 2011, le Centre Pompidou réunit spécialement sa Galerie du Musée et sa Galerie d’art graphique pour « My Way », traversée rétrospective de quatre-vingts œuvres retraçant le parcours de l’artiste depuis 1987. Dix ans plus tard, du 28 septembre 2021 au 9 janvier 2022, le Petit Palais lui confie la totalité du musée et de son jardin pour « Le Théorème de Narcisse »: plus de soixante-dix œuvres nouvelles, exposition gratuite et sans réservation, soutenue par la galerie Perrotin et mécénée par Christian Dior Parfums.
L’artiste indique vivre et travailler à Paris, tandis que l’adresse de contact d’Othoniel Studio est située à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, juste au-delà du périphérique. La cartographie des partenaires publiée par le studio dit aussi son ancrage local: sa galerie parisienne, Perrotin, est installée rue de Turenne dans le Marais, et ses interlocuteurs institutionnels réguliers sont le Centre Pompidou et le Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Aucune source consultée ne documente d’atelier ouvert au public.
Station de métro Palais-Royal – Musée du Louvre (Kiosque des Noctambules) (Paris) — Œuvre pérenne en accès libre, première commande publique de l’artiste, 2000
Musée du Louvre (Paris) — La Rose du Louvre, donation entrée dans les collections en 2019; notice indiquant une présentation salle 105, aile Richelieu, niveau -1
Centre Pompidou (Paris) Rtrospective My Way du 2 mars au 23 mai 2011; conserve Le Petit Thtre de Peau dne (2004)
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — « Le Théorème de Narcisse », du 28 septembre 2021 au 9 janvier 2022, dans tout le musée et son jardin
Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — Exposition « Crystal Palace », du 31 octobre 2003 au 11 janvier 2004, boulevard Raspail
Château de Versailles, bosquet du Théâtre d’Eau (Versailles) — Les Belles Danses, 2015, trois sculptures-fontaines pérennes réalisées avec le paysagiste Louis Benech
1964-01-27 — Naissance de Jean-Michel Othoniel à Saint-Étienne
1988 — Sortie de l’école des Beaux-arts de Cergy-Pontoise
1992 — Œuvres en cire et en soufre présentées par Jan Hoet à la documenta de Cassel
1993 — Adoption du verre, qui devient le matériau signature de son travail
1996 — Pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, premiers colliers suspendus aux arbres
2000 — Première commande publique: le Kiosque des Noctambules, station Palais-Royal – Musée du Louvre
2003-10-31 — Ouverture de « Crystal Palace » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
2011-03-02 — Ouverture de la rétrospective « My Way » au Centre Pompidou, quatre-vingts œuvres
2015 — Les Belles Danses inaugurées au bosquet du Théâtre d’Eau du château de Versailles
2018-11-14 — Élection à l’Académie des beaux-arts, section sculpture, fauteuil V
2019-05-25 — Présentation de La Rose du Louvre dans la cour Puget du musée du Louvre
2019-10-11 — Annonce de l’entrée de La Rose du Louvre dans les collections du Louvre par donation
2021-09-28 — Ouverture du « Théorème de Narcisse » au Petit Palais, musée et jardin investis
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Jean-Michel Othoniel à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Deux points d'accès permanents existent. Le Kiosque des Noctambules, double couronne de verre et d'aluminium réalisée en 2000, coiffe l'accès de la station de métro Palais-Royal – Musée du Louvre et se voit librement depuis la rue. Au musée du Louvre, la notice de collection de La Rose du Louvre indique une présentation salle 105, aile Richelieu, niveau -1.
Du 28 septembre 2021 au 9 janvier 2022, l'artiste a investi la totalité du Petit Palais et de son jardin avec plus de soixante-dix œuvres nouvelles. Il y déployait sa fiction d'un homme-fleur qui, en se reflétant, reflète le monde autour de lui : rivières de briques bleues, Lotus, Couronne de la Nuit, Nœuds sauvages et Precious Stonewall. L'exposition était gratuite et sans réservation.
Le verre entre dans son travail en 1993, un an après la documenta de Cassel, et supplante le soufre et la cire de ses débuts. Sa biographie officielle explique qu'en collaborant avec les artisans de Murano il explore un matériau mêlant force et vulnérabilité, dont la délicatesse et la subtilité chromatique servent son projet déclaré : poétiser et réenchanter le monde.
La Rose du Louvre, six peintures inédites à l'encre sur feuilles d'or créées pour les trente ans de la Pyramide et présentées dans la cour Puget à partir du 25 mai 2019. Le musée a annoncé le 11 octobre 2019 leur entrée par donation dans ses collections ; elles sont inventoriées RFML.HL.2020.10.6 au Service de l'Histoire du Louvre. L'artiste s'était inspiré de la rose peinte par Rubens dans Le Mariage de Marie de Médicis et d'Henri IV.
Oui. Il a été élu le 14 novembre 2018 dans la section sculpture, au fauteuil V, succédant à Eugène Dodeigne. Depuis janvier 2019, il participe aux missions de défense, de promotion et de soutien à la création portées par l'Académie, dont il dirige la résidence de la Villa Dufraine.
En 2015, à l'issue d'un concours international, il réaménage avec le paysagiste Louis Benech le bosquet du Théâtre d'Eau. Il y installe Les Belles Danses, trois sculptures-fontaines en verre doré inspirées des chorégraphies du maître à danser de Louis XIV, Raoul-Auger Feuillet. C'est la première œuvre pérenne commandée à un artiste contemporain sur ce domaine.