Exposition Paris

Exposition Joan Miró

Fils d’un orfèvre barcelonais, Joan Miró (1893-1983) arrive à Paris en 1920 et y invente, entre l’atelier de la rue Blomet et les nuits surréalistes, un alphabet de signes — étoile, oiseau, œil, échelle — qui allait devenir l’une des écritures les plus reconnaissables du XXe siècle.

Qui est Joan Miró ?

Joan Miró i Ferrà naît le 20 avril 1893 au passatge del Crèdit, à Barcelone, dans une famille d’artisans: son père Miquel Miró i Adzerias est orfèvre et horloger, sa mère Dolors Ferrà i Oromí est fille d’ébéniste.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Joan Miró dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Barcelone, le commerce et la peinture

Joan Miró i Ferrà naît le 20 avril 1893 au passatge del Crèdit, à Barcelone, dans une famille d’artisans: son père Miquel Miró i Adzerias est orfèvre et horloger, sa mère Dolors Ferrà i Oromí est fille d’ébéniste. Inscrit à l’Escola de Comerç en 1907 pour satisfaire son père, il suit en parallèle les cours de La Llotja auprès de Modest Urgell et Josep Pascó. Employé comme commis aux écritures dans une droguerie barcelonaise en 1910, il s’y épuise, contracte la typhoïde et convalesce au mas que ses parents viennent d’acheter à Mont-roig. En 1912 il tranche: ce sera la peinture, à l’école de Francesc Galí, où il se lie à Joan Prats et à E. C. Ricart.

Rue Blomet, la fabrique d’un langage

Miró fait le voyage de Paris pour la première fois en 1920 et rend visite à Picasso. De 1921 à 1925 il occupe, pendant les mois d’hiver, l’atelier de Pablo Gargallo au 45 rue Blomet, passant le reste de l’année à Mont-roig. Son voisin de palier est André Masson: par lui il rencontre Michel Leiris, Robert Desnos, Paul Éluard, Georges Limbour, Raymond Queneau, Max Jacob. C’est dans ce couloir d’ateliers que se prépare le surréalisme, et c’est là qu’André Breton découvre son travail en 1925, l’année de sa première exposition personnelle à la Galerie Pierre. Entre-temps, à Mont-roig, il a peint Terre labourée, Paysage catalan (Le Chasseur) et Pastorale, bascule décisive de son art.

Les années parisiennes de la guerre d’Espagne

En 1926, Miró s’installe au 22 rue Tourlaque, dans la Cité des Fusains, avec pour voisins Max Ernst et Hans Arp; Diaghilev leur commande décors et costumes de Roméo et Juliette pour les Ballets russes. Marié à Pilar Juncosa en 1929, il vit un temps rue François Mouton. Lorsque la guerre civile éclate en 1936 alors qu’il est de passage à Paris, il choisit de ne pas rentrer: sa femme et sa fille le rejoignent, la famille reste en France jusqu’en 1940. En 1937, installé boulevard Auguste Blanqui, il dessine d’après le modèle vivant à l’Académie de la Grande Chaumière et peint Le Faucheur, immense mural pour le pavillon de la République espagnole conçu par Josep Lluís Sert à l’Exposition internationale de Paris.

Les Constellations et le retour aux îles

À l’été 1939, Miró quitte Paris et loue une maison à Varengeville-sur-Mer, en Normandie. En janvier 1940 il y entame une suite de vingt-trois gouaches poursuivie à Palma de Majorque puis achevée à Mont-roig en septembre 1941: les Constellations, ciels grouillants de signes exécutés dans un format modeste alors que la guerre s’étend. Le bombardement allemand de la Normandie fin mai 1940 le décide à repasser la frontière; la famille s’établit à Palma. Un an plus tard, le Museum of Modern Art de New York lui consacre sa première grande rétrospective, organisée par James Johnson Sweeney.

Céramique, gravure et commandes monumentales

Après-guerre, Miró élargit radicalement ses moyens. Il revient régulièrement à Paris travailler la lithographie chez Mourlot et la gravure à l’atelier Lacourière, expose chez Aimé Maeght à partir de 1948, et engage à partir de 1954 avec le céramiste Josep Llorens Artigas une collaboration qui produira plus de deux cents pièces en deux ans. De cette alliance naissent les deux murs de céramique dévoilés en 1958 au siège de l’UNESCO à Paris, puis le mur de Harvard et celui du Guggenheim de New York. En 1956 il quitte définitivement Barcelone pour Palma, où Josep Lluís Sert lui construit l’atelier qu’il attendait depuis toujours; les sculptures monumentales en bronze suivront à partir de 1966.

Une fondation de son vivant

Plutôt qu’un musée posthume, Miró voulut un centre vivant. La Fundació Joan Miró - Centre d’Estudis d’Art Contemporani est constituée juridiquement à Barcelone en 1972 et confiée à l’architecte Josep Lluís Sert; elle ouvre au public en 1975 et est inaugurée officiellement en 1976 avec une exposition de dessins donnés par l’artiste. Miró y transfère une part considérable de son œuvre et de ses archives. Parallèlement il multiplie les interventions dans l’espace public: le pavage céramique du Pla de l’Os sur la Rambla en 1976, les tapisseries avec Josep Royo, les grands bronzes. Il meurt à Palma de Majorque en 1983.

La pratique en bref

Médiums: peinture à l’huile sur toile, gouache et aquarelle sur papier, céramique, bronze, lithographie, eau-forte et pointe sèche, tapisserie, décors et costumes de scène.

Techniques: grattage et frottage du fond de toile pour faire surgir la forme, collage-objet et assemblage (à partir de 1928), gravure et pointe sèche apprises auprès de Marcoussis, tirées chez Roger Lacourière et à l’Atelier 17 de Stanley W. Hayter, lithographie en couleur aux ateliers Mourlot, céramique de grand feu en collaboration avec Josep Llorens Artigas.

Motifs récurrents: le mas de Mont-roig et la vie paysanne catalane, le ciel nocturne: étoiles, constellations, croissants de lune, l’oiseau et la femme comme figures récurrentes, le signe et l’écriture poétique, à la frontière de l’abstraction et de la figuration, l’échelle de l’évasion et le rêve, le bleu comme couleur mentale.

Les adresses parisiennes de Miró

Paris n’est pas pour Miró une étape mais une seconde base, occupée par intermittence pendant vingt ans. De 1921 à 1925 il travaille au 45 rue Blomet, dans l’atelier prêté par le sculpteur Pablo Gargallo, où il vit également à partir de 1922; en 1926 il s’installe au 22 rue Tourlaque, dans la Cité des Fusains, aux côtés de Max Ernst et de Hans Arp. Après son mariage avec Pilar Juncosa en 1929, le couple s’établit rue François Mouton. En 1937, retenu en France par la guerre d’Espagne, il vit et travaille boulevard Auguste Blanqui et fréquente les séances de modèle vivant de l’Académie de la Grande Chaumière.

Les galeries et les expositions parisiennes

La carrière parisienne de Miró se lit à travers ses marchands. Sa première exposition personnelle à Paris a lieu en 1921 à la Galerie La Licorne, organisée par le Barcelonais Josep Dalmau, avec une préface de Maurice Raynal au catalogue. En 1925, la Galerie Pierre l’accueille, l’année même où André Breton découvre son atelier. Il participe en 1947 à l’exposition internationale du surréalisme montée par Breton et Duchamp à la Galerie Maeght, qui devient dès 1948 sa galerie parisienne et fait d’Aimé Maeght son représentant en France. En 1962, le Musée national d’art moderne lui consacre une rétrospective.

Les ateliers d’estampe et le métier

Paris a aussi été pour Miró un atelier technique. Dès 1938 il grave des eaux-fortes et des pointes sèches avec Louis Marcoussis et les fait tirer chez Roger Lacourière et chez Stanley William Hayter. À partir de 1949, bien qu’installé en Espagne, il multiplie les séjours parisiens pour travailler la lithographie aux ateliers Mourlot et la gravure à l’Atelier Lacourière: c’est de ces allers-retours que naît une œuvre imprimée considérable, indissociable de son goût pour le livre illustré et la poésie.

Miró dans le paysage parisien aujourd’hui

Trois traces majeures subsistent à Paris et alentour. Les deux murs de céramique conçus avec Josep Llorens Artigas et dévoilés en 1958 au siège de l’UNESCO, place de Fontenoy, valurent à Miró le Guggenheim International Award; l’UNESCO les compte parmi les œuvres monumentales que les plus grands artistes de l’époque créèrent pour son siège. Le Musée national d’art moderne conserve le triptyque Bleu I, II, III de 1961, ainsi qu’un ensemble d’œuvres graphiques et d’objets. Enfin, le quartier de La Défense accueille depuis 1976 l’ensemble sculptural monumental Deux personnages fantastiques.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou - Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve le triptyque Bleu I, II, III (1961) et un ensemble d’œuvres de Miró; lui a consacré une rétrospective en 1962. Le bâtiment de Beaubourg est fermé depuis l’automne 2025 pour une rénovation dont la réouverture est annoncée en 2030.

Siège de l’UNESCO, place de Fontenoy (Paris) — Abrite les deux murs de céramique du Soleil et de la Lune réalisés avec Josep Llorens Artigas et dévoilés en 1958.

Musée national Picasso-Paris (Paris) — Conserve l’Autoportrait de Miró peint en 1919, prêté au Grand Palais pour l’exposition Miró de 2018.

Quartier de La Défense (Puteaux / Courbevoie) — Accueille l’ensemble sculptural monumental Deux personnages fantastiques (1976).

Fondation Maeght (Saint-Paul-de-Vence) — Labyrinthe Miró conçu avec Josep Lluís Sert, réalisé entre 1964 et 1973, avec sculptures et céramiques; rétrospective Miró en 1968.

Fundació Joan Miró (Barcelone) — Fondation créée par l’artiste de son vivant, ouverte au public en 1975 et inaugurée officiellement en 1976; conserve son fonds et ses archives.

Musée d’art Hyacinthe Rigaud (Perpignan) — Présente l’exposition «  Joan Miró — Majorque, l’atelier des rêves » du 27 juin au 31 décembre 2026: seule grande exposition Miró en France repérée à la date de vérification, hors Paris.

Repères chronologiques

1893 — Naissance de Joan Miró i Ferrà le 20 avril au passatge del Crèdit, à Barcelone

1912 — Il décide de se consacrer entièrement à la peinture et entre à l’école d’art de Francesc Galí

1920 — Premier voyage à Paris; il rend visite à Pablo Picasso

1921-1925 — Il travaille à Paris dans l’atelier de Pablo Gargallo, 45 rue Blomet, et expose à la Galerie La Licorne

1925 — André Breton découvre son travail rue Blomet; première exposition personnelle à la Galerie Pierre, Paris

1937 — Il peint Le Faucheur pour le pavillon de la République espagnole à l’Exposition internationale de Paris

1940-1941 — Série des Constellations, commencée à Varengeville-sur-Mer et achevée à Mont-roig

1941 — Première grande rétrospective au Museum of Modern Art de New York, par James Johnson Sweeney

1948 — Première exposition personnelle à la Galerie Maeght; Aimé Maeght devient son représentant en France

1958 — Dévoilement des deux murs de céramique pour l’UNESCO à Paris; Guggenheim International Award

1961 — Achèvement du triptyque Bleu I, II, III, aujourd’hui au Musée national d’art moderne

1962 — Rétrospective Miró au Musée national d’art moderne, à Paris

1976 — Inauguration officielle de la Fundació Joan Miró à Barcelone et installation de Deux personnages fantastiques à La Défense

1983 — Mort de Joan Miró à Palma de Majorque

Joan Miró & Paris

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Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Où Joan Miró habitait-il à Paris ?

Miró a occupé plusieurs adresses parisiennes : l'atelier de Pablo Gargallo au 45 rue Blomet de 1921 à 1925, puis le 22 rue Tourlaque dans la Cité des Fusains à partir de 1926, un appartement rue François Mouton après son mariage en 1929, et enfin le boulevard Auguste Blanqui en 1937.

Comment Miró a-t-il rencontré les surréalistes ?

Par le voisinage. Installé rue Blomet, il devient l'ami d'André Masson, son voisin de palier, qui lui fait connaître Michel Leiris, Robert Desnos, Paul Éluard, Georges Limbour ou Raymond Queneau. André Breton découvre son travail lors d'une visite à l'atelier de la rue Blomet en 1925.

Que sont les Constellations de Miró ?

Une série de vingt-trois gouaches commencée en janvier 1940 à Varengeville-sur-Mer, en Normandie, poursuivie à Palma de Majorque et achevée à Mont-roig en septembre 1941. Ces petits formats saturés de signes, d'astres et d'oiseaux ont été exécutés dans le contexte de la guerre et de la fuite.

Peut-on voir des œuvres de Miró à Paris ?

Oui. Les deux murs de céramique du Soleil et de la Lune sont au siège de l'UNESCO depuis 1958, le triptyque Bleu I, II, III appartient au Musée national d'art moderne, le musée national Picasso-Paris conserve son Autoportrait de 1919, et l'ensemble sculptural Deux personnages fantastiques se dresse à La Défense depuis 1976.

Miró était-il seulement peintre ?

Non : le Centre Pompidou le décrit comme peintre, sculpteur, céramiste et graveur. Il a produit plus de deux cents céramiques avec Josep Llorens Artigas dès 1954, ses premiers bronzes monumentaux en 1966, des tapisseries avec Josep Royo, ainsi que des décors et costumes pour les Ballets russes en 1926.

Pourquoi Miró a-t-il créé une fondation de son vivant ?

Il voulait un centre d'études d'art contemporain, pas un mausolée. La Fundació Joan Miró - Centre d'Estudis d'Art Contemporani est constituée juridiquement à Barcelone en 1972, son bâtiment est confié à Josep Lluís Sert, elle ouvre au public en 1975 et est inaugurée officiellement en 1976.