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Cette page sert surtout à situer John Akomfrah dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né au Ghana en 1957 et arrivé à Londres en 1966, John Akomfrah a fait de l’archive un matériau de sculpture.
John Akomfrah naît au Ghana en 1957, l’année même où le pays accède à l’indépendance. Son père est assassiné dans un contexte politique troublé, et l’enfant quitte le Ghana pour s’installer à Londres avec sa mère en 1966.
Cette page sert surtout à situer John Akomfrah dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
John Akomfrah naît au Ghana en 1957, l’année même où le pays accède à l’indépendance. Son père est assassiné dans un contexte politique troublé, et l’enfant quitte le Ghana pour s’installer à Londres avec sa mère en 1966. Cette biographie d’exil précoce n’est pas un décor: elle fournit la matrice de toute l’œuvre à venir, où le récit officiel britannique est systématiquement confronté aux vies déplacées qu’il a produites. Le Centre Pompidou souligne que son travail déconstruit l’histoire de l’immigration et du colonialisme, « en particulier dans l’Angleterre qui l’a vu grandir ».
En 1982, fraîchement diplômé en sociologie et au cœur des années Thatcher, Akomfrah fonde à Londres le Black Audio Film Collective avec six autres artistes et penseurs, parmi lesquels Lina Gopaul et David Lawson, ses collaborateurs encore aujourd’hui. La création de Channel 4 ouvre alors un espace à une production audiovisuelle indépendante. Le groupe travaille plusieurs années sur la façon dont les médias dominants représentent les questions de classe et de race, et expérimente notamment avec « Signs of Empire » (1984), installation sur cassette entrée depuis dans la collection du Musée national d’art moderne.
En 1986, le Black Audio Film Collective réalise « Handsworth Songs », documentaire consacré aux violences urbaines survenues l’année précédente à Handsworth (Birmingham) et à Londres. Le film mêle images des émeutes, photographies fixes, matériaux tournés et actualités montrant les immigrants de la Grande-Bretagne d’après-guerre. Réalisé pour la série « Britain: The Lie of the Land » de Channel 4, il remporte le prix John Grierson du meilleur documentaire décerné par le British Film Institute et fixe le style visuel stratifié qui reste la signature d’Akomfrah.
Le collectif se dissout en 1998; Akomfrah poursuit son travail au sein de Smoking Dogs Films, studio d’artiste londonien qu’il a fondé avec les producteurs Lina Gopaul et David Lawson — le studio date sa création de 1997, le Centre Pompidou de 1998 — et que rejoint en 2011 le producteur Ashitey Akomfrah. C’est là que se construit son cycle sur le sociologue d’origine jamaïcaine Stuart Hall, son mentor: l’installation à trois écrans « The Unfinished Conversation » (2012), entrée dans la collection de la Tate, puis le film « The Stuart Hall Project » (2013), rythmé par les compositions de Miles Davis.
À partir de 2015, Akomfrah élargit son enquête au vivant et au climat. « Vertigo Sea » (2015), installation à trois écrans, confronte la cruauté de l’industrie baleinière aux traversées océaniques des migrants. « Purple » (2017), commande du Barbican pour la galerie The Curve, est une installation vidéo à six canaux sur le changement climatique, l’extinction animale, la mémoire de la glace et l’océan de plastique, montée à partir de centaines d’heures d’archives. La même année, il reçoit le prix Artes Mundi; il est fait chevalier pour services rendus aux arts dans les New Year Honours 2023.
En 2024, Akomfrah représente la Grande-Bretagne à la 60e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise avec « Listening All Night to the Rain ». Le titre vient de la poésie de Su Dongpo, écrivain et artiste chinois du XIe siècle, sur le caractère transitoire de la vie durant un exil politique. Organisée en mouvements de type chansons appelés « cantos », l’exposition réunit huit installations multimédias et sonores imbriquées en un seul environnement immersif, réparties dans huit salles du pavillon britannique, et raconte les diasporas migrantes en Grande-Bretagne.
Médiums: installation vidéo multi-écrans, film documentaire, essai filmique, vidéo HD couleur et noir et blanc, son multicanal (surround 7.1 et 15.1).
Techniques: montage d’archives audiovisuelles et de films trouvés, juxtaposition de sources hétérogènes sur plusieurs écrans simultanés, reconstitutions symboliques mises en scène par l’artiste, composition sonore et musicale comme structure narrative, insertion de photographies fixes et de bandes d’actualités.
Motifs récurrents: mémoire, postcolonialisme, diasporas migrantes, représentation médiatique de la race et de la classe, changement climatique et extinction du vivant, temporalité et esthétique de l’archive.
Le lien parisien le plus solide n’est pas une exposition mais une acquisition: « Signs of Empire », installation sur cassette réalisée en 1984 par le Black Audio Film Collective, a rejoint la collection du Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou. Cette entrée fait d’Akomfrah l’un des rares représentants du cinéma expérimental noir britannique des années 1980 dans une collection publique française, à un moment où le Centre Pompidou lui-même reconnaît que son œuvre reste « encore trop peu connue en France ».
En avril 2024, quelques jours avant l’ouverture de son pavillon vénitien, John Akomfrah est l’invité du Centre Pompidou dans le cadre du séminaire « Comment vivre maintenant », qui se tient du 25 au 28 avril 2024; l’artiste y est attendu le samedi 27 avril. Trois de ses films, tous inédits en France, y sont présentés, dont « The Stuart Hall Project », projeté le 26 avril 2024 de 21 h 30 à 23 h 30. C’est la première exposition publique parisienne d’ampleur de son cinéma.
En 2020, « Purple » (2017) ouvre la section consacrée à l’Anthropocène et à l’usage des ressources naturelles dans l’exposition collective « Notre monde brûle », conçue par le Palais de Tokyo en collaboration avec le Mathaf et présentée du 21 février au 13 septembre 2020. Par ailleurs, John Akomfrah figure dans la collection de Lafayette Anticipations — Fondation Galeries Lafayette, 9 rue du Plâtre, dans le 4e arrondissement, qui lui consacre une notice d’artiste dans sa collection.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Détient « Signs of Empire » (1984) dans sa collection; a présenté trois films inédits en France en avril 2024 dans le cadre du séminaire « Comment vivre maintenant ».
Palais de Tokyo (Paris) — A montré « Purple » (2017) dans l’exposition collective « Notre monde brûle », 21 février – 13 septembre 2020.
Lafayette Anticipations — Fondation Galeries Lafayette (Paris) — Consacre à l’artiste une notice au sein de sa collection.
Barbican Centre, The Curve (Londres) — Commanditaire et lieu de création de « Purple », 6 octobre 2017 – 7 janvier 2018.
Pavillon britannique, Biennale de Venise (Venise) — Lieu de « Listening All Night to the Rain », 60e Exposition internationale d’art, 2024.
1957 — Naissance de John Akomfrah au Ghana.
1966 — Après l’assassinat de son père, il s’installe à Londres avec sa mère.
1982 — Diplômé en sociologie, il fonde à Londres le Black Audio Film Collective avec six autres artistes et penseurs.
1984 — « Signs of Empire », installation sur cassette entrée depuis dans la collection du Musée national d’art moderne.
1986 — « Handsworth Songs » remporte le prix John Grierson du meilleur documentaire du British Film Institute.
1997 — Fondation à Londres du studio Smoking Dogs Films avec Lina Gopaul et David Lawson.
2012 — « The Unfinished Conversation », installation à trois écrans consacrée à Stuart Hall, rejoint la collection de la Tate.
2015 — Première de « Vertigo Sea », installation à trois écrans sur l’industrie baleinière et les traversées migratoires.
2017-10-06 — Ouverture de « Purple » dans la galerie The Curve du Barbican, à Londres, jusqu’au 7 janvier 2018.
2017 — Lauréat du prix Artes Mundi, l’année de la création de « Purple ».
2020-02-21 — « Purple » ouvre la section Anthropocène de « Notre monde brûle » au Palais de Tokyo, jusqu’au 13 septembre 2020.
2023 — Fait chevalier pour services rendus aux arts dans les New Year Honours.
2024-04-26 — Projection de « The Stuart Hall Project » au Centre Pompidou dans le séminaire « Comment vivre maintenant ».
2024 — Représente la Grande-Bretagne à la 60e Biennale de Venise avec « Listening All Night to the Rain ».
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier John Akomfrah à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que le montage sur un seul écran impose une hiérarchie que son travail refuse. En superposant archives, films trouvés et reconstitutions qu'il met lui-même en scène, il décrit son pavillon vénitien comme « un collage, où tout est mélangé ou relié d'une manière ou d'une autre » : les images se contredisent d'un écran à l'autre plutôt que de s'enchaîner.
Stuart Hall, penseur d'origine jamaïcaine des études culturelles britanniques mort en 2014, est le mentor revendiqué d'Akomfrah dès « Handsworth Songs ». L'artiste lui a consacré deux œuvres : l'installation à trois écrans « The Unfinished Conversation » (2012), entrée dans la collection de la Tate, et le film « The Stuart Hall Project » (2013), rythmé par les compositions de Miles Davis.
Un groupe fondé à Londres en 1982 par John Akomfrah et six autres artistes et penseurs pluridisciplinaires, dont Lina Gopaul et David Lawson. Il travaillait sur la représentation des questions de classe et de race par les médias dominants britanniques. Il s'est dissous en 1998, après avoir produit « Signs of Empire » (1984) et « Handsworth Songs » (1986).
Oui : « Signs of Empire », installation sur cassette réalisée en 1984 par le Black Audio Film Collective, a intégré la collection du Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou. Sa présentation dépend toutefois des accrochages et de la programmation ; l'institution elle-même relève que l'œuvre d'Akomfrah reste peu connue en France.
« Listening All Night to the Rain », son projet le plus ambitieux : huit installations multimédias et sonores imbriquées, réparties dans huit salles, formant un environnement immersif consacré aux diasporas migrantes en Grande-Bretagne. Le titre vient de la poésie de Su Dongpo, écrivain chinois du XIe siècle exilé politique, et l'ensemble est organisé en mouvements appelés « cantos ».
Parce qu'il a été fait chevalier pour services rendus aux arts dans les New Year Honours de 2023. La Tate le désigne aujourd'hui sous le nom de « Sir John Akomfrah CBE ». Il avait auparavant reçu le prix Artes Mundi en 2017, l'année de la création de « Purple » au Barbican.