Exposition Paris

Exposition Kapwani Kiwanga

Anthropologue de formation devenue artiste, Kapwani Kiwanga (née en 1978 à Hamilton, en Ontario) vit et travaille à Paris depuis le milieu des années 2000.

Qui est Kapwani Kiwanga ?

Kapwani Kiwanga naît en 1978 à Hamilton, en Ontario, et grandit à Brantford, où elle suit enfant des cours à la galerie Glenhyrst. Elle étudie ensuite l’anthropologie et la religion comparée à l’université McGill, à Montréal.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Kapwani Kiwanga dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De Brantford à McGill: l’anthropologie avant l’art

Kapwani Kiwanga naît en 1978 à Hamilton, en Ontario, et grandit à Brantford, où elle suit enfant des cours à la galerie Glenhyrst. Elle étudie ensuite l’anthropologie et la religion comparée à l’université McGill, à Montréal. Cette formation en sciences sociales précède entièrement son passage aux arts visuels et continue d’en organiser la méthode: dépouillement de fonds documentaires, protocole d’enquête, position assumée de chercheuse. Avant de s’installer en France, elle travaille au Royaume-Uni comme documentariste pour la télévision.

Paris, 2005: le programme «  La Seine » et Le Fresnoy

Kiwanga s’installe en France en 2005 et intègre le programme de recherche «  La Seine » de l’École des beaux-arts de Paris, destiné à des artistes déjà diplômés qui développent un projet personnel au sein d’un collectif de travail. Elle poursuit ensuite sa formation au Fresnoy, studio national des arts contemporains. Ce double passage explique la place que tiennent chez elle l’image en mouvement et le dispositif de projection, à côté de la sculpture et de l’installation. Elle a depuis fait de Paris sa base de travail durable.

Afrogalactica: la conférence comme forme plastique

Amorcé en 2011, le cycle Afrogalactica réunit des performances où Kiwanga endosse le rôle d’une anthropologue venue du futur, chargée de raconter l’histoire d’États-Unis d’Afrique fondés en 2058. Elle emprunte au format universitaire son autorité et son sérieux pour y loger une fiction spéculative faite de collages d’extraits de films, de clips et de documents. Le Centre Pompidou présente cette performance à Paris le 6 novembre 2013, en ouverture du cycle «  Mille ans d’histoire non-linéaire ».

Flowers for Africa, du Sénégal au prix Marcel Duchamp

Le projet Flowers for Africa naît en 2013 d’une résidence au Sénégal, pendant laquelle Kiwanga dépouille des archives consacrées aux indépendances africaines. Elle y repère la récurrence des compositions florales posées sur les tables de négociation et les estrades officielles. Chaque œuvre de la série est un protocole: le détenteur doit reconstituer le bouquet d’après l’image d’archive, aussi fidèlement que possible, en acceptant la part d’interprétation. Les fleurs fanent pendant l’exposition. C’est ce travail qu’elle présente en 2020 au prix Marcel Duchamp, dont elle est lauréate.

Une reconnaissance internationale à partir de 2018

L’année 2018 marque un tournant: Kiwanga reçoit le prix Sobey pour les arts, doté de 100 000 dollars canadiens, ainsi que le Frieze Artist Award à New York. Suivent une exposition personnelle au MIT List Visual Arts Center en 2019, le Zurich Art Prize en 2022, une bourse de la Fondation Guggenheim en arts plastiques en 2023, puis la représentation du Canada à la 60e Biennale de Venise en 2024. Elle est également nommée pour le prix Joan Miró 2025. Elle est représentée par la Galerie Poggi à Paris.

La pratique en bref

Médiums: installation, sculpture, performance, vidéo, son, peinture murale, photographie.

Techniques: protocole de réactivation confié au détenteur de l’œuvre, recherche en archives visuelles et documentaires, performance-conférence, composition florale périssable, traitement pictural de la surface architecturale.

Motifs récurrents: mémoire des indépendances africaines et de la décolonisation, asymétries de pouvoir et géopolitique contemporaine, afrofuturisme et fiction spéculative, architectures de contrainte (prisons, hôpitaux, écoles), fabrique du savoir et autorité du discours scientifique, diaspora africaine.

Une carrière construite depuis Paris

Paris n’est pas une étape dans le parcours de Kapwani Kiwanga: c’est son lieu de travail. Arrivée en France en 2005 pour le programme «  La Seine » de l’École des beaux-arts de Paris, elle y est restée. Sa fiche d’artiste indique qu’elle vit et travaille à Paris, aujourd’hui en partage avec Berlin, et elle y est représentée par la Galerie Poggi. C’est aussi depuis la France qu’elle a été distinguée par le prix Marcel Duchamp, décerné par l’ADIAF et associé au Centre Pompidou, en 2020.

Jeu de Paume, 2014: la première exposition personnelle

Du 3 juin au 21 septembre 2014, le Jeu de Paume présente «  Kapwani Kiwanga. Maji Maji », septième volet du programme Satellite, sur une proposition de Nataša Petrešin-Bachelez. L’installation part de la révolte Maji Maji, soulèvement de populations d’Afrique orientale contre l’administration coloniale allemande entre 1905 et 1907, et de la croyance dans une eau sacrée censée protéger les combattants. C’est la première exposition personnelle de l’artiste, et elle a lieu à Paris.

Le Centre Pompidou, de la performance de 2013 à Hors Pistes 2023

Le Centre Pompidou a accompagné l’artiste sur une décennie. Le 6 novembre 2013, il ouvre le cycle «  Mille ans d’histoire non-linéaire », proposé par Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós, avec la séance «  Afrofuturisme, fictions spéculatives et histoires du futur » et une performance de Kiwanga. Dix ans plus tard, du 20 janvier au 26 février 2023, elle figure parmi les artistes de la 18e édition du festival Hors Pistes, «  Voir la guerre et faire la paix ».

KADIST, une collection parisienne qui la conserve

La fondation KADIST, présente à Paris et à San Francisco, conserve deux œuvres de Kapwani Kiwanga datées de 2017: «  Flowers for Africa: Namibia » et «  Linear Painting #5 – Saint-Laurent-du-Maroni prison (Guiana) ». La seconde relève de la série des Linear Paintings, qui transpose l’enquête de l’artiste sur les architectures disciplinaires — écoles, prisons, hôpitaux, établissements psychiatriques — en une ligne noire tracée à 160 centimètrès du sol sur tout le périmètre de la salle.

Où voir ses œuvres

Jeu de Paume (Paris) — Première exposition personnelle de l’artiste, «  Maji Maji » (Satellite 7), du 3 juin au 21 septembre 2014.

Centre Pompidou (Paris) — Performance dans «  Mille ans d’histoire non-linéaire » le 6 novembre 2013, puis participation au festival Hors Pistes en 2023; lauréate du prix Marcel Duchamp 2020.

KADIST (Paris) — Fondation dont la collection conserve deux œuvres de l’artiste datées de 2017.

Galerie Poggi (Paris) — Galerie qui représente l’artiste en France.

MIT List Visual Arts Center (Cambridge (Massachusetts)) — Exposition personnelle «  Safe Passage », du 8 février au 21 avril 2019, Hayden Gallery.

Repères chronologiques

1978 — Naissance à Hamilton, en Ontario; elle grandit ensuite à Brantford.

2005 — Installation en France et entrée au programme de recherche «  La Seine » de l’École des beaux-arts de Paris.

2011 — Début du cycle de performances Afrogalactica, fiction spéculative afrofuturiste.

2013-11-06 — Performance au Centre Pompidou dans le cycle «  Mille ans d’histoire non-linéaire », séance consacrée à l’afrofuturisme.

2013 — Lancement de Flowers for Africa à partir d’archives consultées en résidence au Sénégal.

2014 — Première exposition personnelle: «  Maji Maji », Satellite 7 au Jeu de Paume, du 3 juin au 21 septembre.

2017 — Réalisation des Linear Paintings, issues de son enquête sur les architectures disciplinaires.

2018 — Prix Sobey pour les arts, doté de 100 000 dollars canadiens, et Frieze Artist Award à New York.

2019 — Exposition personnelle «  Safe Passage » au MIT List Visual Arts Center, du 8 février au 21 avril.

2020 — Lauréate du prix Marcel Duchamp avec le projet Flowers for Africa.

2023 — Bourse de la Fondation Guggenheim en arts plastiques; participation au festival Hors Pistes du Centre Pompidou.

2024 — Représente le Canada à la 60e Biennale d’art de Venise.

Kapwani Kiwanga & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Kapwani Kiwanga à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Kapwani Kiwanga a-t-elle reçu le prix Marcel Duchamp en 2020 ?

Elle a été distinguée en 2020, à 42 ans, pour le projet Flowers for Africa, commencé en 2013 lors d'une résidence au Sénégal. En reconstituant les bouquets photographiés lors des cérémonies d'indépendance africaines, elle interroge la fabrication de la mémoire officielle et la fragilité de ses signes.

Comment fonctionne concrètement une œuvre de la série Flowers for Africa ?

Chaque pièce est un protocole écrit, non un objet : l'artiste énumère les composants du bouquet d'archive et demande à celui qui expose l'œuvre de le recomposer aussi fidèlement que possible. Les fleurs, vivantes, fanent pendant la durée de l'exposition, ce qui rattache la série à la tradition des vanités.

Qu'est-ce qu'Afrogalactica ?

C'est un cycle de performances entamé en 2011 dans lequel Kiwanga se met en scène en anthropologue venue du futur pour relater l'histoire d'États-Unis d'Afrique créés en 2058. La forme empruntée est celle de la conférence universitaire, nourrie de collages d'extraits de films, de clips musicaux et de documents.

Que sont les Linear Paintings de Kapwani Kiwanga ?

Cette série de 2017 découle de son enquête sur les architectures disciplinaires : écoles, prisons, hôpitaux, établissements psychiatriques. Présentées ensemble, les toiles s'alignent sur une ligne noire tracée à 160 centimètrès du sol, hauteur en deçà de laquelle les normes d'hygiène européennes prescrivaient de laver les murs.

Peut-on voir des œuvres de Kapwani Kiwanga à Paris ?

La fondation KADIST, implantée à Paris et à San Francisco, conserve deux de ses œuvres de 2017, « Flowers for Africa: Namibia » et « Linear Painting #5 – Saint-Laurent-du-Maroni prison (Guiana) ». Leur présentation dépend toutefois de la programmation : la collection n'est pas exposée en permanence.

Kapwani Kiwanga a-t-elle représenté un pays à la Biennale de Venise ?

Oui : elle a représenté le Canada à la 60e Biennale d'art de Venise, en 2024. Cette participation s'ajoute à une série de distinctions internationales — prix Sobey et Frieze Artist Award en 2018, Zurich Art Prize en 2022, bourse Guggenheim en 2023, nomination au prix Joan Miró en 2025.