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Cette page sert surtout à situer Kehinde Wiley dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Kehinde Wiley, né en 1977 à Los Angeles, est un peintre et sculpteur américain qui installe des modèles noirs et afro-descendants, souvent recrutés dans la rue, dans les compositions du portrait aristocratique européen.
Kehinde Wiley naît en 1977 à Los Angeles, dans le quartier de South Central.
Cette page sert surtout à situer Kehinde Wiley dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Kehinde Wiley naît en 1977 à Los Angeles, dans le quartier de South Central. Sa mère, qui l’élève, l’inscrit très tôt à des cours d’art et l’emmène régulièrement au musée: c’est là qu’il découvre la peinture à l’huile des maîtrès européens des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, matrice de toute son œuvre future. Son père est nigérian, sa mère afro-américaine. À onze ans, Wiley est sélectionné avec son frère jumeau pour un bref séjour d’étude dans un conservatoire artistique situé près de Léningrad, en URSS, où se fixe son intérêt pour le portrait.
Wiley obtient un master of fine arts à la Yale School of Art en 2001 — l’université lui décernera un doctorat honoris causa en beaux-arts en 2024. La même année 2001, il devient artiste en résidence au Studio Museum in Harlem, où il reste jusqu’en 2002: c’est là que se met en place sa formule, des figures noires peintes à la manière des maîtrès anciens sur des fonds ornementaux saturés. Le musée conserve de cette période « Conspicuous Fraud Series #1 (Eminence) », daté de 2001.
À partir de 2006, Wiley déploie « The World Stage », un cycle qui le conduit à recruter ses modèles dans les rues de villes du monde entier et à les inscrire dans des compositions empruntées à l’histoire de l’art locale ou européenne. C’est ce cycle qui l’amène pour la première fois en galerie à Paris: la galerie Daniel Templon présente du 27 octobre au 22 décembre 2012 « The World Stage: France, 1880-1960 », un projet inédit né d’un périple du Maroc au Cameroun. Templon reste depuis son interlocuteur parisien.
En 2017, Wiley est choisi pour peindre le portrait officiel du président Barack Obama destiné à la National Portrait Gallery de la Smithsonian Institution. L’huile sur toile, achevée en 2018, mesure environ sept pieds de haut sur près de cinq pieds de large: le quarante-quatrième président y est assis sur une chaise d’acajou poli, visage et mains traités de façon photoréaliste, tandis que le feuillage et les fleurs du fond restent plats, comme un papier peint dont quelques feuilles débordent sur le fauteuil et sur le modèle.
Depuis 2008, la série DOWN retourne le portrait monumental: inspirée du « Christ mort au tombeau » de Hans Holbein et des figures de guerriers tombés, elle montre des corps noirs allongés au sol, entre violence, douleur et extase. En 2019, Wiley pousse la logique jusqu’à la statuaire publique avec « Rumors of War », bronze équestre de vingt-sept pieds installé de façon permanente devant le Virginia Museum of Fine Arts à Richmond. La même année, il fonde à Dakar Black Rock Senegal, programme de résidence pluridisciplinaire né, dit-il, d’un besoin d’engager un rapport personnel avec l’Afrique découverte lors d’une escale en 1997.
En juin 2024, plusieurs musées américains — en Floride, dans le Minnesota et dans le Nebraska — reportent des expositions consacrées à Wiley après une série d’accusations d’agression sexuelle visant l’artiste. Le Joslyn Art Museum d’Omaha, qui devait présenter à sa réouverture un ensemble de peintures nouvelles répondant à ses collections, retire l’exposition de sa programmation et déclare qu’elle « ne sera pas présentée en 2024 ». Ce contexte de réception fait aujourd’hui partie du dossier de l’artiste et doit être signalé à toute programmation.
Médiums: peinture à l’huile sur toile, vitrail, sculpture en bronze, vidéo.
Techniques: casting de rue: recrutement de modèles anonymes croisés dans l’espace public, reprise littérale de compositions empruntées aux maîtrès anciens européens, fonds décoratifs ornementaux plats venant mordre sur la figure, traitement photoréaliste du visage et des mains contrastant avec l’aplat du fond, vitrail monumental présenté sur structure hexagonale (Petit Palais, 2016), statuaire équestre en bronze à l’échelle monumentale.
Motifs récurrents: représentation du corps noir dans la peinture d’histoire européenne, mise en scène du pouvoir et du prestige, iconographie religieuse chrétienne (Christ, Vierge), violence contemporaine et figures tombées, diaspora africaine et rapport personnel au continent.
Du 20 octobre 2016 au 15 janvier 2017, le Petit Palais présente « Lamentation », que le musée annonce comme la première exposition personnelle en France de Kehinde Wiley. Dix œuvres monumentales inédites, vitraux et peintures, sont installées au cœur des collections permanentes: six vitraux sur une structure hexagonale dans la Galerie des Grands formats, accompagnés de peintures monumentales dans une des salles des collections du XIXe siècle au rez-de-chaussée. Wiley y prolonge son exploration de l’iconographie religieuse en convoquant le Christ et, pour la première fois, la figure de la Vierge. L’entrée était libre.
Du 13 septembre 2022 au 8 janvier 2023, le musée d’Orsay expose dans sa nef trois œuvres monumentales de Wiley, prolongement de l’exposition organisée à la Fondazione Giorgio Cini pendant la 59e Biennale de Venise: la peinture « Femme piquée par un serpent (Mamadou Gueye) » et deux sculptures récentes, « An Archeology of Silence » et « The Young Tarantine ». Christophe Leribault, alors président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, expliquait vouloir montrer ces œuvres comme un prolongement des collections du musée, qui ont nourri l’artiste et dont il propose une relecture.
Du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024, la Galerie Jardin du musée du quai Branly - Jacques Chirac accueille « Dédale du pouvoir », série inédite de portraits de chefs d’État africains à laquelle Wiley travaillait confidentiellement depuis 2012, après avoir parcouru le continent pendant dix ans. Le commissariat est assuré par Sarah Ligner, conservatrice du patrimoine responsable de l’unité patrimoniale Mondialisation historique et contemporaine, en dialogue avec l’artiste, la scénographie étant confiée à l’Atelier Maciej Fiszer; l’exposition est organisée en partenariat avec la galerie Templon, qui l’avait déjà montré à Paris en 2012.
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — A présenté « Lamentation », exposition personnelle de vitraux et peintures, du 20 octobre 2016 au 15 janvier 2017.
Musée d’Orsay (Paris) — A exposé trois œuvres monumentales de l’artiste dans sa nef du 13 septembre 2022 au 8 janvier 2023.
Musée du quai Branly - Jacques Chirac (Paris) — A présenté « Dédale du pouvoir » en Galerie Jardin du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024.
Galerie Templon (Paris) — Galerie parisienne de l’artiste: exposition « The World Stage: France, 1880-1960 » en 2012, puis partenaire de l’exposition du quai Branly en 2023.
1977 — Naissance de Kehinde Wiley à Los Angeles, dans le quartier de South Central.
2001 — Master of fine arts à la Yale School of Art, puis entrée en résidence au Studio Museum in Harlem (2001-2002).
2005 — Peinture de « Napoleon Leading the Army over the Alps », d’après le portrait équestre de Jacques-Louis David, aujourd’hui au Brooklyn Museum.
2012-10-27 — Ouverture à Paris, chez Daniel Templon, de « The World Stage: France, 1880-1960 », jusqu’au 22 décembre 2012.
2016-10-20 — Ouverture de « Lamentation » au Petit Palais, exposition de vitraux et peintures présentée jusqu’au 15 janvier 2017.
2018 — Achèvement du portrait officiel de Barack Obama pour la National Portrait Gallery de la Smithsonian Institution.
2019 — Installation permanente du bronze « Rumors of War » devant le Virginia Museum of Fine Arts et fondation de Black Rock Senegal à Dakar.
2022-09-13 — Le musée d’Orsay expose trois œuvres monumentales de Wiley dans sa nef, jusqu’au 8 janvier 2023.
2023-09-26 — Ouverture de « Dédale du pouvoir » en Galerie Jardin du musée du quai Branly - Jacques Chirac, jusqu’au 14 janvier 2024.
2024 — Yale décerne à Wiley un doctorat honoris causa; en juin, des musées américains reportent ses expositions après des accusations d’agression sexuelle.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Kehinde Wiley à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Aucune exposition consacrée à Kehinde Wiley n'est à l'affiche à Paris à la date de vérification du 1er août 2026. Les trois rendez-vous parisiens documentés sont passés : le Petit Palais en 2016-2017, le musée d'Orsay en 2022-2023 et le musée du quai Branly - Jacques Chirac en 2023-2024.
Présentée du 20 octobre 2016 au 15 janvier 2017 en entrée libre, « Lamentation » réunissait dix œuvres monumentales inédites : six vitraux disposés sur une structure hexagonale dans la Galerie des Grands formats et des peintures monumentales installées dans une salle des collections du XIXe siècle, au rez-de-chaussée du musée.
Dans le prolongement de l'exposition vénitienne de 2022 à la Fondazione Giorgio Cini, Orsay a montré dans sa nef une peinture et deux sculptures issues de la série DOWN. Christophe Leribault y voyait une relecture des collections mêmes du musée, dont Wiley se nourrit, et un message actuel sur la violence de la société contemporaine.
Une série inédite de portraits de chefs d'État africains, engagée confidentiellement en 2012 après l'élection de Barack Obama et nourrie de dix ans de voyages sur le continent. Chaque composition rejoue les codes du portrait aristocratique, royal et militaire européen des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles pour dire la vision qu'un dirigeant a de lui-même.
Oui. Commandé en 2017 et achevé en 2018, ce portrait à l'huile sur toile appartient à la National Portrait Gallery de la Smithsonian Institution. Obama y est assis sur une chaise d'acajou, le visage et les mains photoréalistes se détachant d'un fond végétal traité en aplats, à la manière d'un papier peint.
Ses modèles sont pour l'essentiel des personnes noires ou métisses rencontrées lors de castings de rue, puis inscrites dans des compositions empruntées aux maîtrès anciens européens. Le cycle « The World Stage », engagé en 2006, a systématisé cette méthode ville par ville, de l'Afrique du Nord à l'Afrique centrale pour son volet français de 2012.