Exposition Paris

Exposition Laure Prouvost

Née en 1978 à Croix, dans le Nord, Laure Prouvost fabrique des environnements où le film ne se regarde pas: il se traverse. Tapisseries, verres, objets ramassés, odeurs et voix off s’agencent en récits qui trébuchent volontairement d’une langue à l’autre.

Qui est Laure Prouvost ?

Laure Prouvost naît en 1978 à Croix, commune limitrophe de Roubaix, et passe par l’institut Saint-Luc de Tournai, en Belgique, après son baccalauréat.

Repères biographiques

Née en 1978 à Croix, dans le Nord, Laure Prouvost fabrique des environnements où le film ne se regarde pas: il se traverse.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Laure Prouvost dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Du Nord à Londres, par l’atelier de John Latham

Laure Prouvost naît en 1978 à Croix, commune limitrophe de Roubaix, et passe par l’institut Saint-Luc de Tournai, en Belgique, après son baccalauréat. En 1999 elle rejoint Londres et le Central Saint Martins College of Art and Design, puis poursuit sa formation au Goldsmiths College. C’est là qu’elle devient l’assistante de John Latham, figure de l’art conceptuel britannique, une proximité qui la place très tôt du côté d’un art où le document, le geste et le langage comptent autant que l’objet fini. Le Tate l’enregistre dans ses collections sous la mention «  born 1978 », et le Centre Pompidou la désigne comme née en 1978 en France.

Le prix Max Mara puis le prix Turner 2013

Sa reconnaissance vient d’abord du Royaume-Uni. En 2010, la Tate Britain lui consacre un Art Now Lightbox autour de It, heat, hit, présenté du 6 mars au 2 mai. En 2011, elle remporte le prix Max Mara destiné aux femmes artistes, qui lui vaut une résidence en Italie, à la British School at Rome et à la fondation Pistoletto de Biella. En 2013, elle est nommée au prix Turner pour Wantee, œuvre commandée avec Grizedale Arts pour l’exposition «  Schwitters in Britain » à la Tate Britain, et pour l’installation en deux volets issue du prix Max Mara, montrée avec la Whitechapel Gallery. Le jury la distingue en décembre 2013, à la surprise d’une partie de la critique.

Une reconnaissance française tardive, de Rochechouart au Palais de Tokyo

Longtemps mieux identifiée outre-Manche que dans son pays natal, l’artiste ne reçoit sa première exposition monographique française qu’en 2015, au musée départemental d’Art contemporain de Rochechouart, avec «  On ira loin ». Le tournant parisien intervient en 2018: le Palais de Tokyo lui confie «  Ring, Sing and Drink for Trespassing », du 22 juin au 9 septembre, présentée par l’institution comme sa première exposition personnelle dans un lieu parisien. Entretemps, le New Museum de New York avait accueilli sa première présentation muséale personnelle aux États-Unis, «  For Forgetting », du 12 février au 13 avril 2014.

Venise 2019: la France sous les eaux

En 2019, elle est choisie pour occuper le pavillon français de la 58e Biennale de Venise, aux Giardini, avec Deep See Blue Surrounding You / Vois ce bleu profond te fondre. Le projet est porté par l’Institut français avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture, sur un commissariat de Martha Kirszenbaum. Dans un espace sculptural et liquide, un film suit un groupe de personnages traversant la France — Nanterre, Roubaix, le Palais idéal du facteur Cheval — pour rejoindre Venise. La même année, elle est faite officier de l’ordre des Arts et des Lettres, après avoir été nommée chevalier de l’ordre national du Mérite en 2016.

Bruxelles, base de travail et terrain d’expérimentation

Après Londres et un passage par Anvers, Laure Prouvost s’installe à Molenbeek-Saint-Jean et vit désormais à Bruxelles. La Belgique devient son laboratoire d’œuvres pérennes: Touching To Sea You Through Our Extremities est installée en 2021 sur la plage de La Panne pour la triennale Beaufort, et une commande du festival Europalia prend place la même année à la gare de Bruxelles-Midi. En 2023, elle figure parmi les artistes retenus pour habiller la façade du futur musée Kanal pendant sa rénovation. Côté France, la Triennale Art & Industrie de Dunkerque accueille en 2023 Oui Will Become One Another.

La pratique en bref

Médiums: film et vidéo, installation immersive, sculpture cinétique, tapisserie, objets trouvés et assemblages, son, odeur, lumière, texte et signalétique peinte.

Techniques: montage rapide et coupes brutales, adresse directe au spectateur par la voix off, détournement volontaire de la langue anglaise et des sous-titres, scénographie enveloppante qui remplace l’accrochage frontal, dissémination de messages écrits hors de l’espace d’exposition, collaboration avec des chercheurs (philosophie, informatique quantique).

Motifs récurrents: le langage comme malentendu et comme promesse, l’émancipation et le féminisme, la mondialisation et le déplacement, l’écologie et la reprise du vivant sur le construit, l’eau, la fluidité et l’immersion, la perception au-delà du visible.

Le Palais de Tokyo, première institution parisienne à lui ouvrir ses salles

Du 22 juin au 9 septembre 2018, le Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson, présente «  Ring, Sing and Drink for Trespassing », que l’institution décrit comme la première exposition personnelle de l’artiste dans un lieu parisien. Un couloir incurvé, d’abord tendu de tapisseries puis mué en treillis métallique mêlé de branchages, de rétroviseurs et de coupures de presse, remplace l’entrée habituelle. Une fontaine occupe le cœur du parcours, et des messages peints débordent hors de la zone d’exposition — «  IDEALLY HERE WOULD BE A SMALL CRACK IN THE WALL YOU COULD PASS THROUGH ».

Une œuvre au Musée national d’art moderne

Paris conserve une pièce majeure de l’artiste: Feu que, I was born to be here…, datée de 2019, entrée par achat en 2021 dans les collections du Centre Pompidou sous le numéro d’inventaire AM 2021-809. La notice la classe en installation mixte, mesurant 250 sur 960 centimètrès, associant tapisserie, fil, algues, coquillages, métal, plastique, coquilles d’œufs, papier, aluminium, lampes à LED, bois, résine, terre, herbe séchée, miroir et une projection vidéo de deux minutes quarante-trois. C’est le point d’ancrage patrimonial parisien de son travail.

2026: la Nef du Grand Palais transformée en paysage quantique

Du 10 juin au 26 juillet 2026, l’artiste occupe la Nef du Grand Palais avec «  Nous, frissons d’étoiles », fruit de deux années de recherches sur la physique quantique menées avec le philosophe Tobias Rees et le scientifique Hartmut Neven, avec accès à un ordinateur quantique. Sous la verrière, un tunnel conduit à The Beginning, sculpture cinétique aux six membres déployés, animée par le son et la lumière; en son centre est projetée la vidéo We Felt A Star Dying. L’ensemble mêle images, sons, odeurs et lumières.

Paris comme place de marché et comme commanditaire

L’artiste est représentée par la galerie Nathalie Obadia, implantée à Paris et à Bruxelles, qui l’a montrée dans la capitale avec «  Looking at you looking at us » en 2017 puis «  Nest in you » en 2024. Sa participation vénitienne de 2019 a par ailleurs été commissionnée depuis Paris: l’Institut français, avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture, figure comme commissioner du pavillon français. La capitale joue donc pour elle un double rôle, marchand et institutionnel.

Où voir ses œuvres

Grand Palais (Paris) — A accueilli «  Nous, frissons d’étoiles » dans la Nef, du 10 juin au 26 juillet 2026.

Palais de Tokyo (Paris) — A présenté «  Ring, Sing and Drink for Trespassing » du 22 juin au 9 septembre 2018, première exposition personnelle de l’artiste dans une institution parisienne.

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve Feu que, I was born to be here… (2019), inventaire AM 2021-809, acquis par achat en 2021.

Galerie Nathalie Obadia (Paris) — Galerie qui représente l’artiste et l’a exposée à Paris en 2017 puis en 2024.

Pavillon français, Giardini (Venise) — Pavillon national occupé par l’artiste lors de la 58e Biennale de Venise en 2019.

Tate Britain (Londres) — A présenté It, heat, hit dans le cadre d’Art Now Lightbox en 2010 et accueilli Wantee dans «  Schwitters in Britain » en 2013.

New Museum (New York) — A organisé «  For Forgetting », première présentation muséale personnelle de l’artiste aux États-Unis, en 2014.

Repères chronologiques

1978 — Naissance à Croix, dans le Nord, à proximité de Lille et de Roubaix.

1999 — Départ pour Londres et entrée au Central Saint Martins College of Art and Design.

2010 — Art Now Lightbox à la Tate Britain autour de It, heat, hit, du 6 mars au 2 mai.

2011 — Prix Max Mara pour les femmes artistes, assorti d’une résidence en Italie.

2013-12 — Le prix Turner lui est décerné, après une nomination pour Wantee.

2014-02-12 — Ouverture de «  For Forgetting » au New Museum de New York, jusqu’au 13 avril.

2018-06-22 — Ouverture de «  Ring, Sing and Drink for Trespassing » au Palais de Tokyo, jusqu’au 9 septembre.

2019 — Représente la France au pavillon français de la 58e Biennale de Venise.

2021 — Le Centre Pompidou achète Feu que, I was born to be here…, inventaire AM 2021-809.

2026-06-10 — Ouverture de «  Nous, frissons d’étoiles » dans la Nef du Grand Palais, jusqu’au 26 juillet.

Laure Prouvost & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Laure Prouvost à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Laure Prouvost a-t-elle reçu le prix Turner en 2013 ?

Elle a été nommée pour Wantee, œuvre commandée avec Grizedale Arts pour l'exposition « Schwitters in Britain » à la Tate Britain, et pour son installation en deux volets issue du prix Max Mara, montrée avec la Whitechapel Gallery. Le jury a salué une manière de filmer faite de récits appuyés, de coupes rapides, de montage et de détournement assumé de la langue. La distinction lui a été décernée en décembre 2013.

Que représentait la France à la Biennale de Venise 2019 avec Laure Prouvost ?

Le pavillon français des Giardini accueillait Deep See Blue Surrounding You / Vois ce bleu profond te fondre, sur un commissariat de Martha Kirszenbaum, avec l'Institut français, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture comme commissioner. Au centre d'un espace liquide et tentaculaire, un film suivait un groupe traversant la France, de Nanterre à Roubaix et au Palais idéal du facteur Cheval, jusqu'à Venise.

Peut-on voir une œuvre de Laure Prouvost dans une collection publique parisienne ?

Oui. Le Centre Pompidou conserve Feu que, I was born to be here…, réalisée en 2019 et acquise par achat en 2021 sous le numéro d'inventaire AM 2021-809. Il s'agit d'une installation mixte de 250 sur 960 centimètrès qui associe tapisserie, algues, coquillages, coquilles d'œufs, métal, résine, herbe séchée, miroir et une projection vidéo de deux minutes quarante-trois secondes.

En quoi consistait « Nous, frissons d'étoiles » au Grand Palais ?

Présentée sous la verrière de la Nef du 10 juin au 26 juillet 2026, l'installation naissait de deux ans de recherches sur la physique quantique menées avec le philosophe Tobias Rees et le scientifique Hartmut Neven. Un tunnel menait à The Beginning, sculpture cinétique dotée de six membres animés par le son et la lumière, au centre de laquelle était projetée la vidéo We Felt A Star Dying, dans un environnement d'odeurs et de sons.

Quelle a été la première exposition personnelle de Laure Prouvost à Paris ?

Le Palais de Tokyo présente « Ring, Sing and Drink for Trespassing » du 22 juin au 9 septembre 2018 et la décrit comme sa première exposition personnelle dans une institution parisienne. Le parcours détournait l'accès habituel par un couloir incurvé tapissé puis grillagé, aboutissait à une fontaine centrale et essaimait des phrases peintes ailleurs dans le bâtiment.

Laure Prouvost est-elle française ou belge ?

Elle est française : née en 1978 à Croix, près de Lille, elle est enregistrée comme artiste française par les institutions qui la conservent. Elle vit et travaille toutefois à Bruxelles, après des années londoniennes commencées en 1999 au Central Saint Martins et poursuivies à Goldsmiths, puis un passage par Anvers et une installation à Molenbeek-Saint-Jean.