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Cette page sert surtout à situer Laurent Grasso dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Laurent Grasso, né en 1972, est un artiste français qui fabrique des images capables de brouiller la date de leur propre création.
La fiche de pensionnaire établie par l’Académie de France à Rome résume un parcours volontairement éclaté: études au Fresnoy, aux Beaux-Arts de Paris, à la Cooper Union School de New York et à Saint Martins à Londres.
Cette page sert surtout à situer Laurent Grasso dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
La fiche de pensionnaire établie par l’Académie de France à Rome résume un parcours volontairement éclaté: études au Fresnoy, aux Beaux-Arts de Paris, à la Cooper Union School de New York et à Saint Martins à Londres. Elle précise qu’il était alors représenté en France par la galerie Chez Valentin. Avant Rome, Grasso avait été retenu en 2001 parmi les résidents du Pavillon, le laboratoire de création que le Palais de Tokyo consacre aux jeunes artistes; il figure dans la liste publiée par l’institution pour la décennie 2001-2011. Le Collège des Bernardins, en 2022, le présente à son tour comme diplômé de l’École nationale des beaux-arts de Paris.
L’Académie de France à Rome l’accueille comme pensionnaire pour la période 2004-2005, sous la mention de profession « plasticien ». Ce séjour romain s’inscrit dans une décennie où l’artiste enchaîne les résidences plutôt que les accrochages de galerie: le Pavillon du Palais de Tokyo en 2001, puis l’International Studio & Curatorial Program de New York en 2007 selon la notice encyclopédique de référence. C’est de cette période que datent les premiers dispositifs où une donnée scientifique — ondes, rayonnement, observation du ciel — sert de matériau plutôt que d’illustration.
L’ADIAF, qui décerne le prix, le range parmi ses lauréats avec la mention « prix Marcel Duchamp 2008 ». Le catalogue de l’exposition des artistes nommés cette année-là — Michel Blazy, Stéphane Calais, Laurent Grasso, Didier Marcel — est référencé par la BnF comme accompagnant une exposition au Grand Palais en 2008. La récompense ouvre au lauréat les portes du Centre Pompidou: les Éditions du Centre Pompidou publient en 2009 un volume intitulé « Laurent Grasso: prix Marcel Duchamp 2008 », dix-huitième livre de la collection « 315 », avec des textes de Jean-Pierre Bordaz et Michel Gauthier.
Du 22 mai au 23 septembre 2012, le Jeu de Paume lui confie ses espaces. L’institution décrit une exposition bâtie sur quatre idées — l’observation du ciel, la surveillance, les « fantômes politiques » et la beauté trompeuse — et sur la volonté de modifier l’architecture du lieu qui l’accueille. Le texte de salle cite l’artiste: créer « une fausse mémoire historique », de sorte que dans un siècle il soit impossible de situer l’époque de fabrication de ses œuvres, produisant une fausse archéologie du futur. Le film « On Air » (2009), tourné en 35 mm et projeté en boucle, y figurait.
Du 14 octobre 2022 au 18 février 2023, la nef du Collège des Bernardins accueille « Anima ». L’institution présente l’exposition comme le fruit d’échanges avec l’équipe de recherche de sa chaire Laudato si’, consacrée aux questions écologiques, et la formule comme « une nouvelle exploration de la Terre ». Le rapprochement est significatif: un artiste dont le vocabulaire vient des sciences de l’observation est invité par un lieu de recherche théologique, dans une nef cistercienne du XIIIe siècle. Un ouvrage homonyme paraît chez Gallimard la même année.
Le ministère de la Culture inscrit « M. GRASSO Laurent, artiste plasticien » dans sa promotion de l’ordre des Arts et des Lettres de janvier 2015. Sa galerie new-yorkaise, Sean Kelly, mentionne également le Meru Art*Science Award décerné à Bergame, et recense plusieurs commandes parisiennes récentes: une installation sur le boulevard périphérique, un ensemble de sculptures pour le village olympique de 2024 et un plafond conçu pour la nouvelle gare de Châtillon-Montrouge. Rizzoli a publié en 2024 une monographie intitulée « Time Travel ».
Médiums: film 35 mm, vidéo, peinture, sculpture, dessin, néon, installation lumineuse monumentale, micro-architecture.
Techniques: projection en boucle de films tournés en 35 mm et transférés en vidéo, manipulation délibérée de la perspective pour imposer un point de vue inhabituel au sujet, dispositifs d’exposition qui modifient l’architecture du lieu d’accueil, programmation lumineuse de façades et de volumes bâtis à l’échelle urbaine.
Motifs récurrents: observation du ciel et instruments astronomiques, surveillance, « fantômes politiques », beauté trompeuse et méfiance envers ce que l’on voit, énergie électromagnétique, ondes radio et phénomènes naturels, fausse mémoire historique et archéologie du futur.
La SEMAPA, aménageur de Paris Rive Gauche, décrit SolarWind comme une œuvre monumentale née d’une initiative conjointe de la Mairie de Paris, de la SEMAPA et des Ciments Calcia. Elle habille de couleur les deux silos de béton du centre de distribution Calcia, dans le quartier Bruneseau à l’est du 13e arrondissement: trente-sept mètrès de hauteur, vingt mètrès de diamètre, construits en coffrage glissant par l’agence VIB Architecture. L’aménageur la qualifie de l’une des plus importantes commandes publiques pérennes à l’échelle du Grand Paris et souligne qu’elle est vue chaque jour depuis le périphérique par plus d’un million d’automobilistes.
Le Palais de Tokyo l’a d’abord accueilli comme résident du Pavillon en 2001, avant que la micro-architecture Nomiya ne s’installe sur son toit de 2009 à 2011. Le Grand Palais a montré son travail lors de l’exposition des artistes nommés au prix Marcel Duchamp 2008, et les Éditions du Centre Pompidou lui ont consacré un volume de la collection « 315 » en 2009. Le Jeu de Paume lui a confié une exposition personnelle en 2012, le Collège des Bernardins sa nef en 2022. Sa galerie signale enfin trois commandes récentes ancrées dans le Grand Paris: le boulevard périphérique, le village olympique de 2024 et le plafond de la gare de Châtillon-Montrouge.
Jeu de Paume (Paris) — A présenté l’exposition personnelle « Uraniborg », du 22 mai au 23 septembre 2012.
Collège des Bernardins (Paris) — A accueilli « Anima » dans sa nef, du 14 octobre 2022 au 18 février 2023, avec la chaire Laudato si’.
Palais de Tokyo (Paris) — Résidence au Pavillon en 2001; la micro-architecture Nomiya a occupé son toit de 2009 à 2011.
Silos Calcia, quartier Bruneseau, Paris Rive Gauche (Paris) — Support permanent de SolarWind, commande publique visible depuis le boulevard périphérique.
Espace Fondation groupe EDF (Paris) — Expose une œuvre de l’artiste dans « Moi et les autres » jusqu’au 27 septembre 2026.
2001 — Résident du Pavillon, laboratoire de création du Palais de Tokyo, à Paris.
2004-2005 — Pensionnaire « plasticien » de l’Académie de France à Rome, Villa Médicis.
2008 — Lauréat du prix Marcel Duchamp; exposition des artistes nommés au Grand Palais.
2009 — Les Éditions du Centre Pompidou publient son volume de la collection « 315 ».
2012 — Exposition personnelle « Uraniborg » au Jeu de Paume, du 22 mai au 23 septembre.
2015 — Inscrit dans la promotion de l’ordre des Arts et des Lettres de janvier.
2016 — SolarWind illumine les silos Calcia du quartier Bruneseau, à Paris Rive Gauche.
2022-10-14 — Ouverture d’« Anima » dans la nef du Collège des Bernardins, jusqu’au 18 février 2023.
2026-03-13 — Ouverture de « Moi et les autres » à l’Espace Fondation groupe EDF, avec une œuvre de l’artiste.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Laurent Grasso à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
L'ADIAF, l'association qui décerne le prix, le compte parmi ses lauréats au titre de l'année 2008. Il concourait cette année-là avec Michel Blazy, Stéphane Calais et Didier Marcel, dont les travaux ont été réunis dans une exposition au Grand Palais dont la BnF conserve le catalogue.
SolarWind, qui met en couleur les deux silos de béton du centre Calcia dans le quartier Bruneseau. La SEMAPA précise qu'ils mesurent trente-sept mètrès de haut pour vingt mètrès de diamètre et que plus d'un million d'automobilistes croisent l'œuvre chaque jour.
Une exposition personnelle présentée du 22 mai au 23 septembre 2012, organisée autour de quatre idées énoncées par l'institution : l'observation du ciel, la surveillance, les « fantômes politiques » et la beauté trompeuse. Elle réunissait vidéo, sculpture, peinture et dessin.
Le Jeu de Paume rapporte son goût pour la création d'une « fausse mémoire historique » : ses œuvres sont conçues pour qu'on ne puisse plus, dans un siècle, situer leur époque de fabrication. Le décalage temporel devient ainsi le sujet même du travail.
Le Collège explique qu'« Anima », montrée dans sa nef du 14 octobre 2022 au 18 février 2023, est née d'échanges avec l'équipe de recherche de sa chaire Laudato si'. L'exposition était présentée comme une nouvelle exploration de la Terre menée depuis ce lieu de recherche.
La Villa Médicis, qui l'a accueilli comme pensionnaire en 2004-2005, résume son parcours : Le Fresnoy, les Beaux-Arts de Paris, la Cooper Union School de New York et Saint Martins à Londres. Il avait auparavant été résident du Pavillon du Palais de Tokyo en 2001.