Exposition Paris

Exposition Loris Gréaud

Loris Gréaud, né le 7 février 1979 à Eaubonne, est un artiste français qui préfère parler de «  projets » plutôt que d’expositions: chacun de ses ensembles se déploie d’un lieu à l’autre pendant des années, comme le cycle Cellar Door parti du Palais de Tokyo en 2008 pour s’achever à la Kunsthalle Wien en 2011.

Qui est Loris Gréaud ?

Loris Gréaud naît le 7 février 1979 à Eaubonne, dans le Val-d’Oise, ville où il installera plus tard son studio et ses ateliers.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Loris Gréaud dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Eaubonne, Le Plateau et les premiers projets

Loris Gréaud naît le 7 février 1979 à Eaubonne, dans le Val-d’Oise, ville où il installera plus tard son studio et ses ateliers. La Bibliothèque nationale de France, qui tient sa notice d’autorité, le décrit comme «  artiste vidéaste, installationniste » et retient 2005 comme date de sa première publication, Endextend. Formé à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, il expose dès 2004 à la galerie gb agency avec Ending Introduction, puis se fait remarquer de la critique internationale en 2005 avec Silence goes more quickly when played backwards, projet monographique présenté au Plateau, le site parisien du Frac Île-de-France.

Cellar Door, un cycle de cinq ans né au Palais de Tokyo

En février 2008, à vingt-neuf ans, Loris Gréaud devient le premier artiste à occuper la totalité du Palais de Tokyo: Le Figaro décrit alors 4 000 m² livrés à «  une utopie », expérience hybride entre l’exposition, le concert, le jeu et le brainstorming, où l’artiste a rejoué son propre atelier à l’intérieur du musée. Le projet, intitulé Cellar Door, ne s’arrête pas là: il se poursuit à l’Institute of Contemporary Arts de Londres du 25 avril au 22 juin 2008 sous le titre Cellar Door (Once is Always Twice), avec trois salles presque identiques, puis à la Kunsthalle Sankt Gallen, au musée La Conservera de Murcia, et s’achève à la Kunsthalle Wien du 15 avril au 7 juin 2011, où le guitariste de Sonic Youth Lee Ranaldo contribue à de nouvelles pièces.

Le double projet [I] au Louvre et au Centre Pompidou

En 2013, le musée du Louvre et le Centre Pompidou invitent conjointement Loris Gréaud à concevoir une exposition en deux volets, portant le même titre: [I]. Le Petit Palais rappelle dix ans plus tard que ce double projet est resté, jusqu’en 2023, la proposition la plus ambitieuse de l’artiste en France. Il donne lieu à un ouvrage coédité par Louvre éditions et le Centre Pompidou, signé notamment par Alain Seban, Marie-Laure Bernadac, Michel Gauthier et Jean-Luc Martinez. La même année, Gréaud présente à Punta della Dogana, à Venise, le projet intitulé «  Does the Angle Between Two Walls Have a Happy Ending ».

Des musées américains à la Biennale de Venise

À partir de 2015, la trajectoire de Loris Gréaud se déplace vers les grandes institutions américaines: il investit l’ensemble des espaces du Dallas Contemporary avec The Unplayed Notes Museum, puis conçoit en 2016 le projet Sculpt spécialement pour le LACMA, à Los Angeles, sa première grande exposition sur la côte ouest. En 2017, il attire l’attention de la 57e Biennale de Venise avec The Unplayed Notes Factory, installée dans une verrerie de Murano. La deuxième phase du projet Sculpt, sous-titrée Grumpy Bear, the Great Spinoff, est accueillie par le Tel Aviv Museum of Art.

L’atelier d’Eaubonne et le dernier bâtiment de Claude Parent

Depuis 2008, Loris Gréaud mène un travail d’architecture indissociable de sa pratique artistique. À Eaubonne, il conçoit un atelier-laboratoire pensé comme un lieu de vie, de recherche et d’expérimentation. En 2014, il invite l’architecte Claude Parent à réaliser avec lui un second atelier, un volume de béton surmonté d’un toit de verre, souvent décrit comme une œuvre testamentaire de Parent. Le studio publie aujourd’hui l’adresse de ses implantations: Gréaudstudio et Gréaudworkshop rue de Verdun à Eaubonne, l’espace [I] rue Louis Fiévet dans la même commune, un entrepôt à Kallo en Belgique et les archives Meander Island à Dienné, dans la Vienne.

Une œuvre éditée, collectionnée et entrée dans les fonds publics

L’édition est chez Loris Gréaud une part entière de l’œuvre: la Bibliothèque Kandinsky du Centre Pompidou a fait entrer dans ses fonds l’intégralité des ouvrages et publications produits par l’artiste, un premier don ayant été effectué en 2012 à l’occasion de l’exposition The Unplayed Notes à la galerie Yvon Lambert. L’exposition The Original, The Translation, présentée en 2019, a matérialisé cette entrée par une structure modulaire conçue pour l’espace de consultation de la bibliothèque, désormais réutilisée pour présenter les ouvrages de Gréaudstudio Editions. Ses œuvres figurent par ailleurs dans de nombreuses collections publiques, dont celles du Centre Pompidou, du Musée d’Art Moderne de Paris, de la Fondation Louis Vuitton, du LACMA, du Tel Aviv Museum of Art et du Hirshhorn Museum.

La pratique en bref

Médiums: installation immersive, sculpture, film et vidéo, son et musique composée, parfum et dispositif olfactif, organismes vivants, architecture, livre d’artiste et édition.

Techniques: conception in situ d’œuvres inédites pour un lieu donné, diffusion de rumeurs et dispositifs d’accès contrôlé (infoline, indices), collaboration avec des musiciens et des compositeurs, collaboration avec des scientifiques (bioacoustique, biologie), reprise et déplacement d’un même projet d’institution en institution, publication systématique des projets sous forme d’ouvrages.

Motifs récurrents: le projet plutôt que l’exposition, la frontière poreuse entre fiction et réalité, l’invisible et l’immatériel, la rumeur et le secret comme matériaux, la trajectoire de l’œuvre dans le temps considérée comme une sculpture, l’infiltration clandestine d’une institution.

Le Palais de Tokyo, un précédent parisien

Le lien de Loris Gréaud avec Paris se noue d’abord au Plateau, l’espace parisien du Frac Île-de-France, où il présente en 2005 Silence goes more quickly when played backwards, puis End Extend en 2006. Deux ans plus tard, le Palais de Tokyo lui confie l’intégralité de ses espaces pour Cellar Door: Le Figaro souligne à l’époque qu’un artiste de vingt-neuf ans s’empare de 4 000 m², une première pour l’institution, et que Gréaud y a recréé son atelier à l’intérieur du musée. C’est ce précédent qui installe durablement son nom dans le paysage parisien.

Les musées de la Ville de Paris: MAM puis Petit Palais

Le Musée d’Art Moderne de Paris acquiert MACHINE en 2018 grâce à ses Amis, puis invite l’artiste à concevoir Glorius Read, présentée du 11 octobre 2019 au 9 février 2020 dans les salles des collections permanentes, sous le commissariat de Julia Garimorth. En 2023, le Petit Palais poursuit ce dialogue: Les Nuits Corticales, exposition gratuite conçue in situ, s’y tient du 4 octobre 2023 au 14 janvier 2024, avenue Winston-Churchill, sous le commissariat d’Annick Lemoine, directrice du musée, et de Juliette Singer, conservatrice en chef chargée des projets d’art contemporain.

Le Centre Pompidou et le Théâtre du Châtelet

La Bibliothèque Kandinsky du Centre Pompidou a fait entrer dans ses fonds documentaires l’intégralité des ouvrages produits par l’artiste et lui a consacré en 2019 l’exposition The Original, The Translation, avec la participation de Didier Schulmann, Aurélien Bernard et Mica Gherghescu, en parallèle d’une intervention à la librairie Yvon Lambert. Le second chapitre du projet corticale, The Cortical Palace, a quant à lui pris la forme d’un concert du groupe The Residents au Théâtre du Châtelet, un vendredi 18 octobre, en collaboration avec Art Basel Paris et avec 1 200 places offertes au public.

Où voir ses œuvres

Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — Exposition monographique Les Nuits Corticales, du 4 octobre 2023 au 14 janvier 2024, avenue Winston-Churchill.

Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — Acquisition de MACHINE (2018) puis exposition Glorius Read dans les collections permanentes, du 11 octobre 2019 au 9 février 2020.

Centre Pompidou — Bibliothèque Kandinsky (Paris) — Entrée dans les fonds de l’intégralité des publications de l’artiste et exposition The Original, The Translation en 2019.

Palais de Tokyo (Paris) — Premier artiste à occuper la totalité des espaces, avec Cellar Door, en 2008.

Musée du Louvre (Paris) — Volet du double projet [I] conçu en 2013 avec le Centre Pompidou.

Le Plateau — Frac Île-de-France (Paris) — Projet monographique Silence goes more quickly when played backwards en 2005, puis End Extend en 2006.

Théâtre du Châtelet (Paris) — Deuxième chapitre du projet, The Cortical Palace: concert de The Residents avec Art Basel Paris.

Galerie Max Hetzler (Paris) — Galerie représentant l’artiste; expositions Ladi Rogeurs à Paris et Sir Loudrage à Berlin en 2018.

Repères chronologiques

1979-02-07 — Naissance de Loris Gréaud à Eaubonne, dans le Val-d’Oise.

2004 — Première exposition personnelle, Ending Introduction, à la galerie gb agency à Paris.

2005 — Silence goes more quickly when played backwards au Plateau, site parisien du Frac Île-de-France.

2008-02 — Cellar Door au Palais de Tokyo: premier artiste à occuper les 4 000 m² du lieu.

2008-04-25 — Ouverture de Cellar Door (Once is Always Twice), première exposition personnelle au Royaume-Uni, à l’ICA de Londres.

2011-04-15 — Cellar Door à la Kunsthalle Wien, aboutissement du cycle après près de cinq ans.

2013 — Double projet [I] conçu pour le musée du Louvre et le Centre Pompidou.

2015 — The Unplayed Notes Museum occupe l’ensemble des espaces du Dallas Contemporary.

2017 — The Unplayed Notes Factory à Murano, dans le cadre de la 57e Biennale de Venise.

2018 — Acquisition de MACHINE par les Amis du Musée d’Art Moderne de Paris.

2019 — The Original, The Translation à la Bibliothèque Kandinsky du Centre Pompidou.

2019-10-11 — Ouverture de Glorius Read dans les collections permanentes du Musée d’Art Moderne de Paris.

2023-10-04 — Ouverture des Nuits Corticales au Petit Palais, exposition gratuite jusqu’au 14 janvier 2024.

Loris Gréaud & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Loris Gréaud à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Loris Gréaud parle-t-il de « projets » plutôt que d'expositions ?

Il considère que « seule l'idée et le projet en lui-même doivent faire autorité », et envisage la trajectoire d'une œuvre à travers le temps comme une sculpture à part entière. Concrètement, un même ensemble comme Cellar Door change de titre et de forme à chaque étape, de Paris à Londres, Saint-Gall, Murcia puis Vienne, au lieu de se figer en une exposition unique.

Qu'était l'exposition Les Nuits Corticales au Petit Palais ?

Présentée du 4 octobre 2023 au 14 janvier 2024 et gratuite, elle réunissait des œuvres inédites conçues in situ : créatures en expansion, chant de statues, jardin d'ubiquités, fragrance répliquant l'odeur du centre de la Voie lactée, sculpture avançant au rythme de la croissance de la pilosité humaine, et un musée à observer les yeux fermés.

Comment le public accédait-il à Glorius Read au Musée d'Art Moderne de Paris ?

L'installation était conçue comme une infiltration clandestine des collections permanentes : une chambre cachée dont l'existence circulait par rumeur. Une seule information était donnée, une « infoline » téléphonique, procédé emprunté aux organisateurs de soirées illégales des années 1990 ; le voile n'est levé qu'après plusieurs milliers d'appels et d'indices.

Que possède le Centre Pompidou de Loris Gréaud ?

La Bibliothèque Kandinsky a fait entrer dans ses fonds et collections documentaires l'intégralité des ouvrages et publications produits par l'artiste, après un premier don consenti en 2012 lors de l'exposition The Unplayed Notes à la galerie Yvon Lambert. Une structure modulaire conçue par Gréaud sert désormais à présenter les éditions Gréaudstudio dans l'espace de consultation.

Quel rôle joue la musique dans le travail de Loris Gréaud ?

Elle est un matériau à part entière : Cellar Door au Palais de Tokyo était accompagné d'une musique composée par Thomas Roussel, le guitariste de Sonic Youth Lee Ranaldo a contribué aux œuvres montrées à la Kunsthalle Wien en 2011, et le second chapitre du projet corticale a pris la forme d'un concert du groupe The Residents au Théâtre du Châtelet.

Où se trouve l'atelier de Loris Gréaud ?

À Eaubonne, dans le Val-d'Oise, sa ville de naissance : le studio publie les adresses de Gréaudstudio et de Gréaudworkshop rue de Verdun, ainsi que de l'espace [I] rue Louis Fiévet. Un second atelier y a été conçu en 2014 avec l'architecte Claude Parent, bâtiment de béton coiffé d'un toit de verre, considéré comme l'œuvre testamentaire de Parent.