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Cette page sert surtout à situer Lubaina Himid dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Zanzibar en 1954 et installée à Preston, Lubaina Himid peint ce que la peinture européenne a longtemps relégué au second plan: les figures noires réduites au rôle de faire-valoir dans les tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles.
Lubaina Himid naît en 1954 à Zanzibar, alors protectorat britannique, et gagne le Royaume-Uni encore enfant.
Cette page sert surtout à situer Lubaina Himid dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Lubaina Himid naît en 1954 à Zanzibar, alors protectorat britannique, et gagne le Royaume-Uni encore enfant. Sa mère est créatrice textile: la Tate rapporte que l’artiste attribue à cette enfance passée à regarder « de belles choses » dans les navires et les musées l’évidence précoce de devenir artiste elle-même. Selon la notice encyclopédique de référence, le départ pour la Grande-Bretagne suit de peu la mort de son père, survenue alors qu’elle avait quelques mois. Elle vit et travaille aujourd’hui à Preston, dans le Lancashire, loin des circuits londoniens qui l’ont longtemps tenue à distance.
Avant la toile, il y a le plateau. Himid est d’abord formée à la scénographie de théâtre au Wimbledon College of Art, puis achève un master au Royal College of Art de Londres — un parcours que confirme le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne. La Tate Modern souligne que cette origine théâtrale irrigue toute son œuvre: ses découpes de bois quittent le mur pour se dresser au sol, et les personnages de l’histoire semblent circuler parmi les visiteurs. Son exposition londonienne de 2021 était elle-même conçue comme une succession de scènes plaçant le public au centre du plateau, puis en coulisses.
Dans l’Angleterre des années 1980, Himid est l’une des premières artistes du Black Art movement britannique, un mouvement qui ouvre un espace de parole aux artistes noirs sur l’histoire et l’identité. Le Capc de Bordeaux la décrit comme une « figure de proue » de ce courant. Son action ne se limite pas à son atelier: elle organise des expositions consacrées aux artistes femmes noires — Five Black Women et Black Woman Time Now en 1983, Into the Open en 1984, The Thin Black Line à l’Institute of Contemporary Arts en 1985 — que la littérature de référence tient pour fondatrices de la génération des artistes noirs britanniques.
Himid situe elle-même le basculement critique en 2013, lorsque la galerie londonienne Hollybush Gardens commence à montrer son travail; jusque-là elle exposait au Royaume-Uni, mais ni à l’international ni dans les plus grandes institutions britanniques. En 2017, la Tate rappelle qu’elle « entre dans l’histoire » en devenant la première femme noire, et l’artiste la plus âgée, à recevoir le Turner Prize. Suivent le titre de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2018, une vaste exposition à la Tate Modern en 2021-2022, le prix Maria Lassnig en 2023, puis le pavillon britannique de la Biennale de Venise en 2026.
Le cœur du projet tient en une opération simple et implacable: extraire les serviteurs africains des tableaux européens où ils servaient de marqueurs de richesse, et leur restituer un corps, un nom, une capacité d’agir. C’est le principe de Naming the Money (2004), une centaine de silhouettes de contreplaqué peintes que le Capc a présentées à Bordeaux. Le Festival d’Automne résume la méthode: recours constant à la narration et à la recherche historique pour contester les récits eurocentriques, exposer le coût humain des empires et affirmer la centralité des sujets noirs.
Médiums: peinture acrylique sur lin et sur toile, installation à l’échelle d’un bâtiment, silhouettes de contreplaqué découpé et peint, gravure, textile, son (en collaboration avec Magda Stawarska).
Techniques: acrylique et fusain sur lin, en grands formats, découpe et peinture de figures grandeur nature en contreplaqué, disposées au sol, dispositif scénographique héritant de la formation théâtrale de l’artiste, relecture directe d’œuvres du canon européen (tradition satirique anglaise à la William Hogarth).
Motifs récurrents: représentation historique des populations de la diaspora africaine, traite atlantique et esclavage domestique européen, critique du canon eurocentrique de l’histoire de l’art, féminisme et créativité des femmes noires, mémoire culturelle et identité, théâtre, opéra et mise en scène, moments ordinaires de la vie quotidienne.
Paris accueille Lubaina Himid à l’automne 2026, sur deux sites et dans deux registres. Au Musée d’Art Moderne, 11 avenue du Président Wilson, le Festival d’Automne présente A Fashionable Marriage (1986) du 16 octobre au 10 janvier, en accès libre et au sein même des collections permanentes. En parallèle, la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière — où le Festival fait son retour — accueille du 6 novembre au 20 décembre Attendre ensemble, installation inédite conçue à l’échelle du bâtiment avec Magda Stawarska, réunissant peintures, son, textiles et gravures. Les deux volets sont gratuits.
Le choix de l’œuvre montrée avenue du Président Wilson n’est pas anodin: quarante ans après sa création, A Fashionable Marriage reste selon le Festival d’Automne emblématique de la méthode de l’artiste, par l’articulation entre relecture de l’histoire de l’art — ici la tradition satirique anglaise à la William Hogarth, dont les personnages de l’installation sont directement inspirés — et commentaire contemporain sur l’état de la société britannique. Présentée parmi les collections permanentes, elle entre en dialogue direct avec l’accrochage du musée plutôt que d’occuper une salle d’exposition temporaire isolée.
Avant Paris, c’est en région que le public français a rencontré cette œuvre. Le Musée régional d’art contemporain Occitanie, à Sérignan, a consacré à l’artiste l’exposition Gifts to Kings du 7 avril au 16 septembre 2018. Le Capc musée d’art contemporain de Bordeaux a ensuite clôturé sa programmation 2019 avec Naming the Money, du 30 octobre 2019 au 23 février 2020, dans un commissariat d’Alice Motard. Nos recherches n’ont fait apparaître aucune exposition parisienne antérieure à celle du Festival d’Automne 2026.
Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — Présente A Fashionable Marriage (1986) au sein de ses collections permanentes, du 16 octobre au 10 janvier, dans le cadre du Festival d’Automne 2026. Accès libre.
Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (Paris) — Accueille Attendre ensemble, installation inédite de Lubaina Himid avec Magda Stawarska, du 6 novembre au 20 décembre, gratuite.
Tate Modern (Londres) — A organisé du 25 novembre 2021 au 2 octobre 2022 une vaste exposition de l’artiste, en collaboration avec le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.
Capc musée d’art contemporain de Bordeaux (Bordeaux) — A présenté Naming the Money du 30 octobre 2019 au 23 février 2020, sous le commissariat d’Alice Motard.
Musée régional d’art contemporain Occitanie (Sérignan) — A présenté l’exposition personnelle Gifts to Kings du 7 avril au 16 septembre 2018.
Pavillon britannique, Biennale de Venise (Venise) — Accueille en 2026 l’exposition personnelle Predicting History: Testing Translation pour la 61e Exposition internationale d’art.
1954 — Naissance à Zanzibar, alors protectorat britannique; elle rejoint le Royaume-Uni enfant.
1976 — Obtient sa licence de scénographie de théâtre au Wimbledon College of Arts.
1983 — Organise Five Black Women à l’Africa Centre et Black Woman Time Now au Battersea Arts Centre, à Londres.
1984 — Achève son master au Royal College of Art; peint Freedom and Change, aujourd’hui dans la collection Tate.
1985 — Assure le commissariat de The Thin Black Line à l’Institute of Contemporary Arts de Londres.
1986 — Réalise A Fashionable Marriage, installation inspirée de la satire à la William Hogarth.
2004 — Crée Naming the Money, installation d’une centaine de silhouettes peintes en contreplaqué.
2017 — Reçoit le Turner Prize: première femme noire et artiste la plus âgée à l’obtenir.
2018 — Faite Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique pour services rendus aux arts, et élue à la Royal Academy.
2018 — Le Mrac Occitanie de Sérignan lui consacre l’exposition Gifts to Kings, du 7 avril au 16 septembre.
2019 — Le Capc de Bordeaux ouvre Naming the Money le 30 octobre, exposition prolongée jusqu’au 23 février 2020.
2021-11-25 — Ouverture à la Tate Modern d’une vaste exposition de son œuvre, présentée jusqu’au 2 octobre 2022.
2022-11-04 — Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne présente So Many Dreams, jusqu’au 5 février 2023.
2023 — Reçoit le prix Maria Lassnig, après le Suzanne Deal Booth/FLAG Art Foundation Prize obtenu en 2024.
2026 — Occupe le pavillon britannique de la Biennale de Venise avec Predicting History: Testing Translation.
2026-10-16 — Le Musée d’Art Moderne de Paris présente A Fashionable Marriage dans ses collections permanentes.
2026-11-06 — Ouverture d’Attendre ensemble, avec Magda Stawarska, à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Lubaina Himid à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'en le recevant, elle est devenue à la fois la première femme noire et l'artiste la plus âgée à obtenir cette récompense britannique, comme le souligne la Tate. Elle avait alors 63 ans et exposait depuis plus de trente ans.
Une centaine de silhouettes de contreplaqué peintes, grandeur nature, qui donnent corps aux serviteurs africains figurés auprès de leurs maîtrès comme faire-valoir dans la peinture européenne des XVIIe et XVIIIe siècles. L'artiste leur restitue un nom et une capacité d'action collective.
Au Musée d'Art Moderne, 11 avenue du Président Wilson, qui présente A Fashionable Marriage du 16 octobre au 10 janvier en accès libre, et à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, qui accueille Attendre ensemble du 6 novembre au 20 décembre. Les deux sont gratuits.
Formée à la scénographie de théâtre au Wimbledon College of Art avant son master au Royal College of Art, elle conçoit ses expositions comme des scènes. Ses découpes de bois se détachent du mur et se tiennent debout au sol, si bien que les personnages historiques semblent circuler parmi les visiteurs.
Réalisée en 1986, cette installation reprend les personnages de la tradition satirique anglaise à la William Hogarth pour en faire un commentaire sur la société britannique de son temps. Le Festival d'Automne la donne comme œuvre clé des débuts de l'artiste au sein du British Black Arts Movement.
Oui. Elle occupe le pavillon britannique de la 61e Exposition internationale d'art avec une exposition personnelle intitulée Predicting History: Testing Translation, présentée dans les Giardini de Venise en 2026.