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Cette page sert surtout à situer Luc Tuymans dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Luc Tuymans, né le 14 juin 1958 à Mortsel près d’Anvers, peint l’histoire à partir d’images déjà vues: photographies de presse, arrêts sur image, captures glanées en ligne.
Luc Tuymans naît le 14 juin 1958 à Mortsel, aux portes d’Anvers, d’un père flamand et d’une mère néerlandaise.
Cette page sert surtout à situer Luc Tuymans dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Luc Tuymans naît le 14 juin 1958 à Mortsel, aux portes d’Anvers, d’un père flamand et d’une mère néerlandaise. Les deux branches de la famille n’ont pas traversé la Seconde Guerre mondiale du même côté: celle de sa mère aurait rejoint la résistance néerlandaise et caché des réfugiés, tandis que certains membres de la famille paternelle auraient sympathisé avec l’idéologie nazie. Ce désaccord, ressassé dans les conversations familiales, installe très tôt chez l’enfant un mélange de fascination et de peur qui restera le socle moral de son œuvre peinte.
Sa formation commence à dix-huit ans au Sint-Lukasinstituut de Bruxelles, entre 1976 et 1979, puis se poursuit à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, toujours à Bruxelles, en 1979-1980. Il rejoint ensuite la Koninklijke Academie voor Schone Kunsten d’Anvers de 1980 à 1982, avant de revenir à Bruxelles pour un diplôme universitaire d’histoire de l’art à la Vrije Universiteit, de 1982 à 1986. Ce détour académique par l’histoire de l’art distingue Tuymans de la plupart des peintres de sa génération et éclaire son usage réfléchi de la tradition picturale.
Entre 1980 et 1985, Tuymans cesse de peindre et se consacre à l’expérimentation filmique: il réalise notamment Feu d’artifice et prépare un long métrage semi-documentaire jamais tourné, dont certains fragments nourriront plus tard ses tableaux. Sa première exposition personnelle a lieu en 1985 au Palais des Thermes d’Ostende. C’est à ce retour à la peinture qu’il fixe la contrainte qui ne le quittera plus: chaque toile est achevée en une seule journée, l’huile étant travaillée mouillée sur mouillée, ce qui interdit le repentir et impose une préparation dessinée considérable.
Ses premières présentations muséales importantes se tiennent en 1990 au Provinciaal Museum voor Moderne Kunst d’Ostende et à la Vereniging voor het Museum van Hedendaagse Kunst de Gand. En 1992, il participe à la Documenta IX de Cassel et obtient une exposition personnelle à la Kunsthalle de Berne, deux étapes qui asseoient sa réputation européenne. L’exposition itinérante Superstition, ouverte en 1994 au Portikus de Francfort, le fait connaître outre-Atlantique. En 2001, il représente la Belgique à la Biennale de Venise avec la série Mwana Kitoko, consacrée à la visite d’État du roi Baudouin au Congo.
Tuymans travaille par ensembles, chaque image en engendrant une autre. Heimat, montrée en 1995 à la Zeno X Gallery d’Anvers puis au musée des Beaux-Arts de Nantes, vise le nationalisme flamand et rassemble The Flag, A Flemish Village, la tour de l’Yser ou encore A Flemish Intellectual. Heritage, présentée en 1996 chez David Zwirner, décline dix toiles nées du climat américain d’après l’attentat d’Oklahoma City, du mont Rushmore à un portrait du membre du Ku Klux Klan Joseph Milteer. Mwana Kitoko, en 2000, aborde frontalement le passé colonial belge.
Depuis 1999, Tuymans conçoit régulièrement des expositions. Il ouvre avec Trouble Spot: Painting au Museum van Hedendaagse Kunst d’Anvers et au NICC, réunissant une cinquantaine d’artistes dont Gerhard Richter, Ellsworth Kelly, Raoul De Keyser, Marlene Dumas et Andy Warhol. Suivent The Forbidden Empire au BOZAR de Bruxelles en 2007, co-signée avec Yu Hui et reprise au Palace Museum de la Cité interdite, puis The State of Things: Brussels/Beijing en 2010 et, la même décennie, une relecture des collections du Städel de Francfort. Son principe déclaré: faire primer le visuel pour installer un dialogue entre les œuvres.
Médiums: huile sur toile, dessin (stylo-bille, feutre, mine graphite), aquarelle sur papier, peinture murale et fresque in situ, tentures textiles, estampe et mosaïque.
Techniques: peinture d’après une image préexistante: photographie de presse, arrêt sur image, capture vidéo trouvée en ligne, toile achevée en une seule journée, huile posée mouillée sur mouillée, flou obtenu par la touche peinte elle-même, jamais par un essuyage, préparation par séries de dessins, de photocopies et d’aquarelles avant la toile, palette volontairement pauvre et désaturée, contredisant la gravité du sujet, titre allégorique employé comme couche de sens supplémentaire, fresque peinte directement sur le mur, vouée au recouvrement (Louvre, 2024).
Motifs récurrents: mémoire et trauma de la Seconde Guerre mondiale, coexistence du bien et du mal, complexité morale, nationalisme flamand et extrême droite, passé colonial belge au Congo, imagerie politique et médiatique américaine, banalité domestique: papier peint, décorations de Noël, objets ordinaires, polarisation politique et visualisation de données, disparition, effacement, image qui s’efface.
Du 22 mai 2024 au 26 mai 2025, le musée du Louvre a présenté L’Orphelin dans la rotonde Valentin de Boulogne, salle 830, à la jonction des ailes Sully et Richelieu, au cœur des peintures françaises et à proximité des écoles flamandes. Le musée présente l’opération comme le retour de l’acte de peindre dans ses murs et comme le premier projet de Luc Tuymans dans un musée parisien. L’œuvre, composée de quatre panneaux peints in situ, assemble trois images trouvées montrant le nettoyage d’une palette de peintre chargée de pigments; l’artiste y lit un écoulement sanguinolent, une scène de crime en train d’être effacée. Le musée souligne que l’architecture octogonale de la rotonde évoque la forme même d’une palette et que l’espace accueillait auparavant Les Quatre Saisons de Poussin.
Le Musée national d’art moderne conserve quinze œuvres de Luc Tuymans, toutes du domaine du dessin: un Autoportrait de 1976, le carnet Diary de 1975, des feuilles sans titre de 1979, 1985, 1987 et 1994, Sintenklaus (1990), Clowns (1994), cinq études intitulées Yzer-Tower datées de 1995, G.I. Joe (1996) et The Heritage 1 (1996). Plusieurs de ces feuilles ont été acquises par achat en 1997 et documentent directement les séries Heimat et Heritage: la tour de l’Yser est le mémorial flamand que Tuymans a peint pour interroger le nationalisme de sa région. Paris détient ainsi non pas ses grandes toiles mais l’atelier de papier qui les précède.
La première visibilité parisienne de Tuymans passe par le Centre Georges Pompidou: plusieurs toiles de la série Heimat sont montrées en 1996-1997 dans Face à l’histoire, exposition consacrée aux réponses des artistes modernes aux grands événements politiques des soixante années précédentes. Vingt-cinq ans plus tard, en 2022, l’artiste tient sa première exposition personnelle dans l’antenne parisienne de la galerie David Zwirner, avec un ensemble sur la polarisation politique dont la toile Eternity, qui évoque l’instant précédant l’explosion d’une bombe nucléaire à partir d’un dispositif de laboratoire.
Musée du Louvre (Paris) — A accueilli L’Orphelin, peinture temporaire in situ de Luc Tuymans, du 22 mai 2024 au 26 mai 2025, rotonde Valentin de Boulogne (salle 830).
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve quinze œuvres graphiques de Luc Tuymans, dont plusieurs acquises par achat en 1997.
David Zwirner Paris, 108 rue Vieille du Temple (Paris) — Galerie représentant l’artiste, où il a tenu sa première exposition personnelle parisienne en 2022.
Tate (Londres) — Conserve treize œuvres de l’artiste, dont The Shore (2014) et Issei Sagawa (2014).
1958-06-14 — Naissance de Luc Tuymans à Mortsel, près d’Anvers, en Belgique.
1976-1979 — Études d’art au Sint-Lukasinstituut de Bruxelles, premier cycle de sa formation.
1982-1986 — Diplôme d’histoire de l’art à la Vrije Universiteit de Bruxelles.
1985 — Première exposition personnelle au Palais des Thermes d’Ostende et retour à la peinture.
1992 — Participation à la Documenta IX de Cassel et exposition personnelle à la Kunsthalle de Berne.
1995 — Exposition Heimat à la Zeno X Gallery d’Anvers puis au musée des Beaux-Arts de Nantes.
1996-1997 — Des toiles de Heimat sont montrées dans Face à l’histoire au Centre Georges Pompidou, à Paris.
1997 — Le Centre Pompidou achète plusieurs dessins et aquarelles de l’artiste, dont The Heritage 1.
2001 — Luc Tuymans représente la Belgique au pavillon national de la Biennale de Venise.
2016 — The Shore (2014) entre dans la collection de la Tate, offert par l’artiste et David Zwirner.
2024-05-22 — Ouverture de L’Orphelin, peinture temporaire in situ dans la rotonde Valentin de Boulogne, au Louvre.
2025-05-26 — Dernier jour de présentation de L’Orphelin au musée du Louvre, avant recouvrement.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Luc Tuymans à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Luc Tuymans est un peintre belge né le 14 juin 1958 à Mortsel, près d'Anvers, où il vit et travaille. Formé à Bruxelles et à Anvers, puis diplômé en histoire de l'art, il est l'une des figures majeures du retour de la peinture figurative en Europe depuis les années 1980.
Le Centre Pompidou conserve quinze œuvres sur papier de l'artiste, mais elles relèvent du cabinet d'art graphique et ne sont pas exposées en permanence. La peinture murale L'Orphelin, réalisée au Louvre, était temporaire et n'était visible que jusqu'au 26 mai 2025.
C'est une peinture temporaire en quatre panneaux réalisée directement dans la rotonde Valentin de Boulogne, salle 830 du Louvre. Elle assemble trois images trouvées montrant le nettoyage d'une palette chargée de pigments, que l'artiste compare à une scène de crime en cours d'effacement.
Le flou est un effet peint, pas un accident : il est obtenu par la touche elle-même, et non par un essuyage de la matière. Il rappelle que le tableau vient d'une image de seconde main, photographie de presse ou arrêt sur image, dont Tuymans conserve délibérément l'imprécision.
Depuis son retour à la peinture en 1985, chaque tableau est achevé en une seule journée. Cette contrainte impose en revanche un long travail préparatoire : dessins, photocopies et aquarelles s'accumulent avant que la toile ne soit peinte d'un trait, sans repentir possible.
Heimat, en 1995, s'attaque au nationalisme flamand ; Heritage, en 1996, part du climat américain qui suit l'attentat d'Oklahoma City ; Mwana Kitoko, en 2000, revient sur la visite du roi Baudouin au Congo et sera montrée au pavillon belge de la Biennale de Venise en 2001.