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Cette page sert surtout à situer Lucio Fontana dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Fils d’un sculpteur de monuments funéraires, né en Argentine et formé à Milan, Lucio Fontana (1899-1968) a fait de la blessure du support un langage.
Lucio Fontana naît le 19 février 1899 à Rosario de Santa Fe, en Argentine, d’un père italien et d’une mère argentine.
Cette page sert surtout à situer Lucio Fontana dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Lucio Fontana naît le 19 février 1899 à Rosario de Santa Fe, en Argentine, d’un père italien et d’une mère argentine. Il vit à Milan de 1905 à 1921, puis repart en Argentine où il travaille comme sculpteur dans l’atelier de son frère et participe en 1926 à la première exposition du groupe Nexus, réuni à Rosario. De retour à Milan en 1928, il entre à l’Accademia di Belle Arti di Brera, qu’il fréquente deux ans dans l’atelier d’Adolfo Wildt, et tient en 1930 sa première exposition personnelle à la Galleria Il Milione.
Dans les années 1930, Fontana commence sa carrière en sculpteur et produit des œuvres tantôt abstraites tantôt figuratives à partir de deux matériaux principaux, la terre cuite et la céramique. Il participe très vite à la Triennale de Milan, à la Biennale de Venise et à la Quadriennale de Rome, développe sa maîtrise de la céramique à Albisola et rejoint à Paris, en 1935, le groupe Abstraction-Création. Cette pratique de la matière, apprise auprès d’un père sculpteur de monuments funéraires, ne sera jamais abandonnée: elle irrigue jusqu’aux années 1960 ses recherches spatialistes.
En 1940, Fontana quitte l’Europe en guerre pour l’Argentine, où il fonde avec ses élèves une école privée, l’Académie Altamira. C’est là qu’il élabore en 1946 le « Manifesto blanco », texte qui énonce les règles d’un art à venir articulé autour du temps et de l’espace et tourne le dos, selon ses termes, à l’usage des formes connues de l’art. Rentré à Milan en avril 1947, il signe avec un groupe d’écrivains et de philosophes le « Primo manifesto dello Spazialismo », socle théorique de tout ce qu’il produira ensuite.
1949 marque le tournant: Fontana perce ses premières toiles, les « Buchi », et conçoit un premier environnement spatial associant sculptures informes, peintures fluorescentes et lumière noire dans une salle obscure — ce qui le conduira bientôt à employer le tube de néon. Travaillant la peinture en sculpteur, il s’engage contre la planéité du tableau et donne à ces œuvres, déclinées aussi en volumes, le titre générique de « Concetto spaziale ». À partir de 1951, il complexifie ces surfaces en y insérant des couleurs puis des fragments de verre coloré.
La consécration vient à la fin des années 1950 avec les « Concetto spaziale. Attesa/e », toiles monochromes ouvertes d’une ou plusieurs fentes nettes. Entre 1963 et 1964, Fontana réalise trente-huit peintures monochromes ovoïdes aux couleurs voyantes, criblées d’entailles et de trous, la série « La fine di Dio ». Suivent les « Teatrini », où une toile perforée est encadrée d’un bois laqué découpé comme une scène. Il meurt le 7 septembre 1968 à Comabbio, près de Varèse, après avoir consacré ses dernières années à la mise en espace de son œuvre et à une série de toiles blanches.
Médiums: peinture à l’huile sur toile, peinture vinylique sur toile, terre cuite et céramique, sculpture, verre coloré incrusté, bois laqué, néon et lumière, environnements (ambienti spaziali).
Techniques: buchi: perforation de la toile, tagli: entaille au cutter d’une toile monochrome, insertion de fragments de verre coloré (« pietre ») dans les perforations, huile et craie sur toile pour obtenir une matière friable, découpe et laquage de cadres de bois (Teatrini), modelage et cuisson de la terre cuite polychrome.
Motifs récurrents: l’espace et la troisième dimension du tableau, l’infini et le cosmos, le geste comme trace d’énergie, le refus de la planéité picturale, la représentation impossible du divin, l’alliance de l’art et des techniques nouvelles.
Le premier Paris de Fontana n’est pas celui du peintre mais celui du céramiste et du sculpteur. En 1935, il rejoint dans la capitale le groupe Abstraction-Création; la même année, il perfectionne sa céramique à Albisola puis à la manufacture de Sèvres, aux portes de Paris. Le Centre national des arts plastiques précise qu’en 1937 il travaille à Sèvres et présente ses céramiques lors d’une exposition personnelle à la galerie Jeanne Bucher-Myrbor, à Paris. C’est donc par la terre, et non par la toile fendue, que la France découvre son travail.
Les toiles ovoïdes de la série « La fine di Dio » sont montrées à Paris en 1964 à la galerie Iris Clert sous le titre « Les Œufs célestes ». La notice du Centre Pompidou rappelle que cette présentation suscite alors des commentaires assimilant Dieu à l’absolue infinité spatiale, le titre renvoyant au débat sur l’impossibilité de représenter le divin. Cet épisode ancre Fontana dans le Paris des galeries d’avant-garde du début des années 1960, celui-là même qui accueille Yves Klein.
Le Musée national d’art moderne conserve plusieurs jalons du parcours de Fontana, entrés par donation: le « Concetto spaziale (56-P.3) » de 1956, huile sur toile et fragments de verre, offert par Teresita Fontana en 1977 (AM 1977-215), et le « Concetto spaziale, Teatrino (65-TE.76) » de 1965, peinture vinylique sur toile et bois laqué de 200 x 200 cm, donné par Alexander Iolas en 1978 (AM 1978-374). S’y ajoutent notamment un « Concetto spaziale » de 1957 à l’huile et à la craie et le « Concetto spaziale, La fine di Dio (63-FD.17) ».
Du 25 avril au 24 août 2014, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre à Fontana l’une des plus importantes rétrospectives jamais réunies: plus de 200 sculptures, toiles, céramiques et environnements, présentés chronologiquement de la fin des années 1920 à 1968, et couvrant tous les grands cycles — sculptures primitives, céramiques polychromes, Tagli, Nature, Fine di Dio, Venezie, Metalli, Teatrini. Le musée souligne qu’il s’agissait de la première rétrospective en France depuis 1987, et qu’elle a été réalisée avec la Fondazione Lucio Fontana.
Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (Paris) — Conserve plusieurs Concetti spaziali de Fontana, dont le Teatrino de 1965 et La fine di Dio de 1963.
Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — A présenté la rétrospective Lucio Fontana du 25 avril au 24 août 2014, première en France depuis 1987.
Galerie Karsten Greve (Paris) — Présente en 2026 une exposition consacrée aux céramiques de Fontana, prolongée jusqu’au 5 septembre.
Manufacture de Sèvres (Sèvres) — Lieu où Fontana travaille la céramique au milieu des années 1930, aux portes de Paris.
1899-02-19 — Naissance à Rosario de Santa Fe, en Argentine, d’un père italien et d’une mère argentine.
1928 — Retour à Milan et entrée à l’Accademia di Belle Arti di Brera, dans l’atelier d’Adolfo Wildt.
1930 — Première exposition personnelle à la Galleria Il Milione, à Milan.
1935 — À Paris, Fontana rejoint le groupe Abstraction-Création et se forme à la céramique à Albisola.
1937 — Il travaille à Sèvres et expose ses céramiques à la galerie Jeanne Bucher-Myrbor, à Paris.
1946 — Élaboration du « Manifesto blanco » à Buenos Aires, au sein de l’Académie Altamira.
1947 — Retour à Milan en avril et signature du « Primo manifesto dello Spazialismo ».
1949 — Premiers Buchi et premier environnement spatial associant lumière noire et sculptures informes.
1963-1964 — Réalisation des trente-huit toiles ovoïdes de la série « La fine di Dio ».
1964 — Présentation à Paris, à la galerie Iris Clert, sous le titre « Les Œufs célestes ».
1968-09-07 — Mort à Comabbio, près de Varèse, en Italie, à l’âge de soixante-neuf ans.
2014-04-25 — Ouverture de la rétrospective du Musée d’Art moderne de Paris, jusqu’au 24 août 2014.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Lucio Fontana à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'il refuse la planéité du tableau et veut le travailler en sculpteur. Il l'a formulé lui-même : il ne cherche pas à faire un tableau mais à ouvrir l'espace et à créer pour l'art une nouvelle dimension, rattachée au cosmos au-delà de la surface plate de l'image. Les trous puis les entailles sont les traces de cette énergie.
« Concept spatial » : c'est le titre générique que Fontana donne, à partir de la fin des années 1940, aux œuvres issues de sa recherche spatiale, peintures percées comme sculptures. Ces titres sont ensuite précisés par un code d'atelier (56-P.3, 63-FD.17, 65-TE.76) et parfois par un sous-titre de cycle, comme Attesa, La fine di Dio ou Teatrino.
C'est le texte élaboré par Fontana à Buenos Aires, au sein de l'Académie Altamira qu'il vient de fonder avec ses élèves. Il y énonce les principes d'un art à naître articulé autour du temps et de l'espace, en tournant le dos aux formes connues de l'art. Ce manifeste est considéré comme le texte fondateur du mouvement spatialiste.
Au Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, qui conserve plusieurs Concetti spaziali entrés par donation, dont le Teatrino de 1965 offert par Alexander Iolas et le Concetto spaziale de 1956 donné par Teresita Fontana. En 2026, la Galerie Karsten Greve présente par ailleurs à Paris un ensemble de ses céramiques.
Les deux : né en 1899 à Rosario de Santa Fe d'un père italien et d'une mère argentine, il vit à Milan de 1905 à 1921, repart en Argentine, revient à Milan en 1928, retourne à Buenos Aires en 1940 puis se réinstalle définitivement en Italie en 1947. Il meurt en 1968 à Comabbio, près de Varèse.
Entre 1963 et 1964, Fontana peint trente-huit toiles monochromes de forme ovoïde, aux couleurs voyantes — rouge, vert, violet, jaune, blanc, or —, constellées d'entailles et de trous laissant apercevoir la cimaise. Le titre renvoie au débat sur l'impossibilité de représenter le divin ; l'ensemble fut montré à Paris en 1964 chez Iris Clert.