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Cette page sert surtout à situer Lygia Clark dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Peintre et sculptrice brésilienne née en 1920 à Belo Horizonte et morte en 1988 à Rio de Janeiro, Lygia Clark a fait passer l’abstraction géométrique du tableau à la main du spectateur.
Mariée à dix-huit ans, Lygia Clark mène d’abord une vie bourgeoise et ne s’engage dans une carrière artistique qu’après son divorce, en 1947, quand elle s’installe à Rio de Janeiro.
Cette page sert surtout à situer Lygia Clark dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Mariée à dix-huit ans, Lygia Clark mène d’abord une vie bourgeoise et ne s’engage dans une carrière artistique qu’après son divorce, en 1947, quand elle s’installe à Rio de Janeiro. Sa formation picturale commence auprès de l’architecte paysagiste Roberto Burle Marx, puis se poursuit à Paris entre 1950 et 1952, aux côtés de Fernand Léger et d’Árpád Szenes. Ce séjour la met au contact direct de l’abstraction européenne d’après-guerre, au moment où l’art concret, héritier du constructivisme, domine la scène sud-américaine.
Rentrée au Brésil, Clark travaille les éléments constitutifs de l’espace pictural avec une attention particulière aux interstices entre les plans, et surtout à l’interphase entre la toile et son cadre, qu’elle finit par traiter comme un élément plastique à part entière. Cette recherche produit les séries « Superfície modulada » et « Planos em superfície modulada », dont le Tate conserve deux études de 1957. Le Musée national d’art moderne conserve pour sa part une toile plus ancienne, Elisabeth, datée de 1951.
En 1959, un groupe d’artistes de Rio signe le Manifeste néo-concret, en réaction à l’intransigeance formaliste du concrétisme; Clark en devient l’une des figures centrales, aux côtés d’Amilcar de Castro, Ferreira Gullar, Hélio Oiticica et Lygia Pape. Le mouvement, actif de 1959 à 1961, réclame plus d’expérimentation, de couleur et de sensibilité poétique, et modifie surtout la place du regardeur. Dès 1960 naissent les « Bichos »: des sculptures de plaques métalliques articulées par des charnières, que l’on replie en configurations multiples ou que l’on rabat sur un seul plan.
À partir de 1960, Clark cherche des moyens pour que le public — qu’elle nommera « participants » — agisse physiquement sur l’œuvre. Caminhando, ruban de papier que chacun découpe indéfiniment, formalise cette bascule: l’œuvre n’est plus un objet mais un acte. Suivent des expériences sensorielles et collectives comme les masques et les vêtements de la série O Eu e o Tu (1967), Estruturas Vivas (1966) ou Túnel (1968), présentés en 2025 dans la rétrospective de la Neue Nationalgalerie à Berlin.
Au fil des années 1960 et 1970, Clark développe des dispositifs qui explorent la perception, la mémoire et l’affect, tels les Luvas sensoriais (1968) ou A Casa é o corpo (1968), au point de considérer sa pratique plus proche de la psychanalyse que de l’art. De retour au Brésil en 1976, elle met au point les Objetos relacionais, objets employés en séances individuelles. La reconnaissance internationale s’impose surtout après 1980: le Museum of Modern Art de New York lui consacre du 10 mai au 24 août 2014 une rétrospective majeure, Lygia Clark: The Abandonment of Art, 1948–1988.
Médiums: peinture (huile, acrylique, gouache), métal (aluminium, tôle articulée), papier et collage, textile et matériaux souples, objets manipulables.
Techniques: plaques métalliques assemblées par charnières, dépliables par le participant, modulation de plans peints et exploitation de la « ligne organique » entre toile et cadre, propositions à exécuter par le public (découpe, manipulation, port de vêtements), objets relationnels appliqués au corps en séance individuelle.
Motifs récurrents: le corps et sa perception, la participation du spectateur, abstraction géométrique et sa dissolution, psyché, mémoire et affect, critique du statut d’objet de l’œuvre.
Le premier ancrage parisien de Lygia Clark est celui de l’apprentissage: entre 1950 et 1952, après avoir débuté sa formation auprès de Roberto Burle Marx à Rio, elle travaille à Paris aux côtés de Fernand Léger et d’Árpád Szenes. Ces deux années la placent au centre du débat européen sur l’abstraction au moment précis où elle commence à interroger les bords du tableau. C’est de ce déplacement que naîtront, une fois rentrée au Brésil, les recherches sur les plans modulés et sur la frontière entre la toile et son cadre.
Le second ancrage est pédagogique et bien plus décisif pour son œuvre tardive. Lygia Clark a enseigné de 1972 à 1976 à l’UER d’arts plastiques de l’université Paris I, où sa pratique évolue considérablement au contact de ses étudiants; ses expérimentations y articulent étroitement travail plastique et approche clinique du corps. La notice de l’association AWARE situe plus largement entre 1970 et 1975 la conduite de séminaires à l’université Paris 1. Cette période parisienne est aujourd’hui un objet de recherche à part entière: l’École des arts de la Sorbonne et le CRAL lui ont consacré une journée d’étude le 21 février 2025.
Le Musée national d’art moderne conserve une œuvre de Lygia Clark, Elisabeth, datée de 1951, et le Centre Pompidou l’a montrée dans l’exposition « Art d’Amérique latine 1911-1968 », présentée du 12 novembre 1992 au 11 janvier 1993. Le catalogue de sa rétrospective itinérante de 1997-1998, passée par Barcelone, Marseille, Porto et Bruxelles, a par ailleurs été publié à Paris par la Réunion des musées nationaux en 1998. La visibilité parisienne de l’artiste reste toutefois contrainte depuis la fermeture complète du Centre Pompidou, intervenue le 22 septembre 2025 pour une rénovation courant jusqu’en 2030.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve Elisabeth (1951) et a exposé l’artiste en 1992-1993; bâtiment fermé pour rénovation depuis le 22 septembre 2025 jusqu’en 2030.
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne — École des arts de la Sorbonne (Paris) — Lieu de son enseignement à l’UER d’arts plastiques de 1972 à 1976 et cadre de la journée d’étude qui lui a été consacrée le 21 février 2025.
Tate Modern (Londres) — Conserve plusieurs œuvres, dont deux études de Planes on Modulated Surface (1957), Creature-Maquette (320) (1964) et Sensorial Mask (1967).
The Museum of Modern Art (New York) — Conserve notamment Sundial (1960) et lui a consacré la rétrospective The Abandonment of Art, 1948–1988, du 10 mai au 24 août 2014.
Neue Nationalgalerie (Berlin) — A présenté en 2025 une rétrospective réunissant O Eu e o Tu (1967), Estruturas Vivas (1966) et Túnel (1968).
1920 — Naissance de Lygia Pimentel Lins, dite Lygia Clark, à Belo Horizonte, au Brésil.
1947 — Après son divorce, elle s’installe à Rio de Janeiro et embrasse une carrière artistique.
1950-1952 — Séjour de formation à Paris auprès de Fernand Léger et d’Árpád Szenes.
1951 — Peint Elisabeth, œuvre aujourd’hui conservée au Musée national d’art moderne, à Paris.
1959 — Signature du Manifeste néo-concret à Rio de Janeiro, dont elle devient une figure centrale.
1960 — Premiers Bichos, sculptures de plaques métalliques articulées, dont Sundial, conservé au MoMA.
1964 — Caminhando, ruban de papier découpé par le participant, référencé dans l’acervo de l’association.
1972-1976 — Enseigne à l’UER d’arts plastiques de l’université Paris I, à Paris.
1976 — Retour au Brésil, où elle développe les Objetos relacionais employés en séances individuelles.
1988 — Mort de l’artiste à Rio de Janeiro, à l’âge de soixante-sept ou soixante-huit ans.
1992-1993 — Exposition « Art d’Amérique latine 1911-1968 » au Centre Pompidou, du 12 novembre au 11 janvier.
2014 — Rétrospective Lygia Clark: The Abandonment of Art au MoMA, du 10 mai au 24 août.
2025 — Rétrospective à la Neue Nationalgalerie de Berlin, avec Túnel et Estruturas Vivas.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Lygia Clark à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Un Bicho — « bestiole » en portugais — est une sculpture faite de plaques métalliques reliées par des charnières, que le public replie en configurations multiples ou rabat sur un seul plan. Le MoMA décrit ainsi Sundial (1960) : strictement géométrique mais imprévisible dès qu'on l'active.
Le Musée national d'art moderne conserve Elisabeth, peinture de 1951, mais le Centre Pompidou est entièrement fermé depuis le 22 septembre 2025 pour une rénovation qui court jusqu'en 2030 : aucune présentation permanente de cette œuvre n'est donc accessible à Paris pendant les travaux.
Oui, à deux reprises et pour des raisons différentes : elle se forme à Paris entre 1950 et 1952 auprès de Fernand Léger et d'Árpád Szenes, puis y enseigne de 1972 à 1976 à l'UER d'arts plastiques de l'université Paris I, avant de rentrer au Brésil en 1976.
La formule vient du titre de la rétrospective du MoMA, Lygia Clark: The Abandonment of Art, 1948–1988, présentée du 10 mai au 24 août 2014. Elle renvoie au moment où l'artiste juge sa pratique plus proche de la psychanalyse que de l'art et conçoit les Objetos relacionais pour des séances individuelles.
Le néo-concrétisme est un mouvement brésilien actif de 1959 à 1961, né du refus des limites de l'art concret et de son abstraction géométrique non figurative. Clark en est une figure centrale aux côtés d'Amilcar de Castro, Ferreira Gullar, Hélio Oiticica et Lygia Pape, qui réclament expérimentation, couleur et participation du public.
Caminhando est une proposition et non un objet fini : un ruban de papier que chaque participant découpe à son tour, indéfiniment. L'archive de l'Associação Cultural Lygia Clark date la pièce de 1964 ; d'autres institutions la situent en 1963. Elle marque le passage de l'objet d'art à l'acte.