Exposition Paris

Exposition Lynette Yiadom-Boakye

Peintre et autrice britannique née à Londres en 1977 de parents ghanéens, Lynette Yiadom-Boakye construit à l’huile, sur toile ou sur lin grossier, des figures noires qui n’ont jamais posé: elle les appelle des «  suggestions de personnes ».

Qui est Lynette Yiadom-Boakye ?

Lynette Yiadom-Boakye naît à Londres en 1977 dans une famille originaire du Ghana.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Lynette Yiadom-Boakye dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Londres, le Ghana et le tournant de Falmouth

Lynette Yiadom-Boakye naît à Londres en 1977 dans une famille originaire du Ghana. Elle apprend d’abord à peindre d’après nature, puis change très tôt d’approche pendant ses études à la Falmouth School of Art, sur la côte des Cornouailles: elle comprend alors qu’elle s’intéresse moins à la ressemblance d’une personne qu’à l’acte de peindre lui-même. Elle poursuit sa formation aux Royal Academy Schools de Londres, dont l’exposition de fin d’études date de 2003, et se consacre entièrement à la peinture à partir de 2006.

Des personnages imaginés, jamais des modèles

Ses tableaux ne représentent personne. Chaque figure naît d’une archive composite: images trouvées, carnets, souvenirs, dessins, auxquels s’ajoute l’invention de l’artiste. La Collection Pinault rappelle qu’elle nomme ces figures des «  suggestions de personnes » et cite sa formule: «  Les gens me demandent: Qui sont-ils, où sont-ils Ce qu’ils devraient demander est: Que sont-ils ». Les personnages émergent d’un fond le plus souvent sombre, détachés de toute époque et de tout lieu identifiables, et leur récit reste à la charge du spectateur.

De Harlem à la Chisenhale: la reconnaissance institutionnelle

Sa première exposition personnelle en musée est organisée par le Studio Museum in Harlem, à New York, du 11 novembre 2010 au 13 mars 2011, sous le commissariat de Naomi Beckwith, avec des toiles comme «  Any Number of Preoccupations » (2010). En 2013, elle est nommée au Turner Prize pour son exposition «  Extracts and Verses » à la Chisenhale Gallery de Londres; la Tate souligne alors que ses tableaux d’apparence traditionnelle posent en réalité la question de la manière dont on lit une image, en particulier lorsque le sujet est noir. Le prix revient cette année-là à Laure Prouvost.

La Serpentine, puis une rétrospective interrompue par la pandémie

En 2015, la Serpentine South Gallery de Londres présente «  Verses After Dusk » du 2 juin au 13 septembre: un panorama de travaux récents où l’ambiguïté des titres prolonge celle des figures. La rétrospective «  Fly In League With The Night », conçue par la Tate Britain, y ouvre en 2020 mais se trouve interrompue par le confinement national; elle tourne ensuite en Europe, notamment au Moderna Museet de Stockholm du 3 juillet au 19 septembre 2021, avec environ quatre-vingts tableaux couvrant toute la carrière depuis l’exposition de fin d’études de 2003.

Reprise à la Tate, Bilbao, puis le commissariat

La Tate Britain redonne «  Fly In League With The Night » du 24 novembre 2022 au 26 février 2023: plus de soixante-dix tableaux couvrant deux décennies, dont des œuvres de son exposition de fin d’études et trois peintures inédites, parmi lesquelles «  Nightjar » (2022). Le musée Guggenheim Bilbao lui consacre ensuite «  No Twilight Too Mighty », du 31 mars au 10 septembre 2023. En 2025, elle passe de l’autre côté et signe le commissariat de l’exposition collective itinérante «  To Improvise A Mountain », produite par la Hayward Gallery.

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, huile sur lin grossier, œuvres sur papier, écriture.

Techniques: touche libre et fluide posée sur des fonds sombres et dramatiques, travail du geste, de la couleur, de l’échelle et de la composition comme langage propre, construction des figures à partir d’images trouvées, de dessins et de photographies.

Motifs récurrents: figures noires représentées pour elles-mêmes, hors de tout regard extérieur, temporalité suspendue: des personnages sans époque ni lieu, ambiguïté narrative entretenue par des titres énigmatiques, moments ordinaires de solitude, de complicité et de bonheur, critique implicite de la lecture des images et de la tradition du portrait.

Sept toiles dans la Collection Pinault

La Collection Pinault, dont le musée parisien est la Bourse de Commerce, conserve sept peintures de Lynette Yiadom-Boakye: «  Highpower » (2008), «  The Twitcher » (2009), «  No Pleasure from Machinery » (2013), «  Complication » (2013), «  Uncle Of The Garden » (2014), «  Resurrect the Oracle » (2015) et «  Light of The Lit Wick » (2017). La collection précise que ces œuvres ont été montrées pour la première fois lors de l’exposition «  Debout! » au Couvent des Jacobins, à Rennes, en 2018.

Bourse de Commerce, l’exposition «  Corps et âmes » en 2025

Du 5 mars au 25 août 2025, la Bourse de Commerce a présenté «  Corps et âmes », exposition réunissant une quarantaine d’artistes de la Collection Pinault autour des liens entre le corps et l’esprit, sous la direction d’Emma Lavigne. Lynette Yiadom-Boakye figure nommément dans la liste des artistes exposés, aux côtés notamment de Kerry James Marshall, Marlene Dumas, Deana Lawson et Zanele Muholi. C’est à ce jour l’accrochage parisien le mieux documenté de son travail.

Fondation Louis Vuitton, «  Art/Afrique, le nouvel atelier » en 2017

Du 26 avril au 28 août 2017, la Fondation Louis Vuitton a consacré à la création africaine contemporaine l’exposition «  Art/Afrique, le nouvel atelier », déployée en trois volets sur les quatre niveaux du bâtiment de Frank Gehry. Le troisième volet, un nouvel accrochage d’artistes africains issus de la collection de la Fondation, comprenait des œuvres de Lynette Yiadom-Boakye. Le commissariat était assuré par Suzanne Pagé et Angéline Scherf, avec Ludovic Delalande et Claire Staebler.

Où voir ses œuvres

Bourse de Commerce - Pinault Collection (Paris) — Musée parisien de la Collection Pinault, qui conserve sept de ses peintures et les a exposées dans «  Corps et âmes », du 5 mars au 25 août 2025.

Fondation Louis Vuitton (Paris) — A montré ses œuvres issues de sa propre collection dans «  Art/Afrique, le nouvel atelier », du 26 avril au 28 août 2017.

Tate Britain (Londres) — Conserve ses œuvres et a conçu la rétrospective «  Fly In League With The Night », reprise du 24 novembre 2022 au 26 février 2023.

Serpentine South Gallery (Londres) — A présenté l’exposition personnelle «  Verses After Dusk », du 2 juin au 13 septembre 2015.

Studio Museum in Harlem (New York) — Lieu de sa première exposition personnelle en musée, du 11 novembre 2010 au 13 mars 2011; conserve «  Nous Etions » (2007).

Musée Guggenheim Bilbao (Bilbao) — A présenté l’exposition personnelle «  No Twilight Too Mighty », du 31 mars au 10 septembre 2023.

Repères chronologiques

1977 — Naissance à Londres, dans une famille originaire du Ghana.

2003 — Exposition de fin d’études aux Royal Academy Schools de Londres.

2006 — Elle se consacre entièrement à la peinture.

2010-11-11 — Première exposition personnelle en musée au Studio Museum in Harlem, jusqu’au 13 mars 2011.

2013 — Nomination au Turner Prize pour «  Extracts and Verses » à la Chisenhale Gallery.

2015-06-02 — Exposition «  Verses After Dusk » à la Serpentine South Gallery, jusqu’au 13 septembre.

2017-04-26 — Ses œuvres sont exposées à Paris dans «  Art/Afrique, le nouvel atelier », à la Fondation Louis Vuitton.

2021-07-03 — «  Fly In League With The Night » au Moderna Museet de Stockholm, environ quatre-vingts tableaux.

2022-11-24 — Reprise de «  Fly In League With The Night » à la Tate Britain, jusqu’au 26 février 2023.

2023-03-31 — Exposition personnelle «  No Twilight Too Mighty » au musée Guggenheim Bilbao.

2025-03-05 — Ses toiles figurent dans «  Corps et âmes », à la Bourse de Commerce, à Paris.

2026-04-24 — Exposition «  Many A Moonlit Caveat » à la Jack Shainman Gallery, New York.

Lynette Yiadom-Boakye & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Lynette Yiadom-Boakye à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Les personnages peints par Lynette Yiadom-Boakye ont-ils réellement existé ?

Non. La Tate précise que ses sujets humains sont entièrement imaginés par l'artiste : chaque tableau naît d'une archive composite d'images trouvées et de son imagination. Le Moderna Museet parle de personnages construits à partir de souvenirs, de dessins et de photographies, volontairement ambigus.

Peut-on voir ses tableaux à Paris ?

Sept de ses peintures appartiennent à la Collection Pinault, dont le musée parisien est la Bourse de Commerce ; elles y ont été présentées dans « Corps et âmes », du 5 mars au 25 août 2025. La Fondation Louis Vuitton avait montré en 2017 des oeuvres issues de sa propre collection. Aucune de ces présentations n'est permanente.

A-t-elle remporté le Turner Prize ?

Non. Elle a été nommée au Turner Prize 2013 pour son exposition « Extracts and Verses » à la Chisenhale Gallery de Londres. Le prix, dont l'exposition se tenait pour la première fois en Irlande du Nord, à Ebrington, a été décerné cette année-là à Laure Prouvost.

Pourquoi ses figures sont-elles presque toutes noires ?

La Tate rappelle que la quasi-totalité de ses personnages sont noirs et cite l'artiste : la noirceur n'a jamais été pour elle une altérité à expliquer. Le critique Hilton Als y voit un intérêt pour la société noire considérée en elle-même, et non pour ce que le monde blanc en aurait fait.

Pourquoi ses titres sont-ils si énigmatiques ?

La Serpentine explique que l'ambiguïté des titres prolonge celle des figures : peu de références au décor, à l'histoire ou au lieu, de sorte que le spectateur est invité à considérer ces personnages comme des suggestions plutôt que comme des récits explicites ou des portraits identifiables.

Où a-t-elle étudié la peinture ?

Elle a étudié à la Falmouth School of Art, sur la côte des Cornouailles, où son rapport à la peinture a basculé, puis aux Royal Academy Schools de Londres, dont l'exposition de fin d'études date de 2003. Elle se consacre entièrement à la peinture depuis 2006.