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Cette page sert surtout à situer Marcel Duchamp dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Marcel Duchamp (1887-1968) est né à Blainville, en Normandie, dans une famille d’artistes: il est le cadet du peintre Jacques Villon et du sculpteur cubiste Raymond Duchamp-Villon.
Marcel Duchamp naît en 1887 à Blainville, en Normandie; il est fils de notaire et frère cadet de deux artistes déjà installés, le peintre Jacques Villon et le sculpteur cubiste Raymond Duchamp-Villon.
Cette page sert surtout à situer Marcel Duchamp dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Marcel Duchamp naît en 1887 à Blainville, en Normandie; il est fils de notaire et frère cadet de deux artistes déjà installés, le peintre Jacques Villon et le sculpteur cubiste Raymond Duchamp-Villon. Cette fratrie lui ouvre très tôt les cercles d’avant-garde. Il suit l’enseignement de l’Académie Julian, à Paris, en 1904-1905. Ses premières figures peintes portent la marque de Matisse et du fauvisme, avant qu’il ne mette au point, vers 1911, une version très personnelle du cubisme faite de couleurs terreuses, de formes à la fois mécaniques et viscérales, et d’une représentation du mouvement qui doit autant au futurisme qu’au cubisme lui-même.
Le « Nu descendant un escalier (n° 2) » de 1912 dépouille le nu de sa beauté convenue, de sa chair et jusqu’à son sexe identifiable, pour élargir la perception du corps humain en mouvement. L’œuvre exemplifie l’engagement singulier de Duchamp avec le cubisme, mais elle précipite aussi sa rupture avec les cubistes: quand il la présente à Paris en 1912, ses pairs siégeant au comité d’accrochage cherchent à l’écarter — peut-être à cause de l’idée même de peindre le mouvement, du sujet inhabituel d’un nu dans un escalier, ou du titre inscrit en capitales dans la marge basse. À l’automne 1912, Duchamp abandonne la peinture conventionnelle et entreprend d’inventer d’autres manières de travailler.
Dès 1913, Duchamp crée les premiers de ses « readymades »: des objets d’usage courant, parfois légèrement modifiés, désignés œuvres d’art par le seul fait de l’artiste. Parmi les tout premiers, la « Roue de bicyclette » (1913), une roue montée sur un tabouret de bois, et une pelle à neige intitulée « In Advance of the Broken Arm ». En 1917, il propose à l’exposition de la Society of Independent Artists de New York un urinoir de faïence acheté dans un magasin de plomberie et signé « R. Mutt »: le comité le refuse. Membre du jury, Duchamp éprouvait ainsi la cohérence d’un salon qui se voulait sans prix ni jury; le scandale éclate lorsque l’objet est finalement exposé et photographié par Alfred Stieglitz.
En 1915, Duchamp entame le processus de huit années qui donnera « La Mariée mise à nu par ses célibataires, même », dit Le Grand Verre, achevé — ou plutôt abandonné — en 1923: huile, vernis, feuille et fil de plomb et poussière sur deux panneaux de verre. L’œuvre condense ses obsessions: sexualité, hasard, machines, humour, jeux de langage et mécanique de l’illusion picturale. Dans la moitié haute, la Mariée, hybride de machine et d’insecte, se dévêt et exhale un parfum érotique; en bas, définitivement séparés d’elle, neuf Célibataires en forme de mannequins produisent leurs propres gaz, traités par un assortiment de dispositifs mécaniques.
À une date indéterminée, à la fin des années 1920 ou au début des années 1930, la pièce fragile se brise partiellement pendant un transport. Duchamp la restaure en 1936 et déclarera plus tard que le réseau symétrique de fêlures constituait une amélioration: le hasard, thème de l’œuvre, avait fini par la signer. En 1954, il supervise lui-même son installation permanente au Philadelphia Museum of Art, où elle avait rejoint le musée par le legs de Katherine S. Dreier, en 1952. Le Grand Verre y voisine depuis les autres pièces majeures de l’artiste.
En 1923, après avoir abandonné Le Grand Verre, Duchamp laisse entendre qu’il a cessé de faire de l’art pour se consacrer à son passe-temps favori, les échecs. L’annonce, après sa mort en 1968, qu’il avait en réalité passé les deux dernières décennies de sa vie à travailler en secret à un ultime projet fut accueillie par une surprise générale. « Étant donnés: 1° la chute d’eau, 2° le gaz d’éclairage… » (1946-1966), accompagné du seul manuel d’installation soigneusement compilé par l’artiste, conserva son mystère tandis que son réalisme cru heurtait autant ses défenseurs que ses détracteurs. Conformément à ses dernières volontés, l’œuvre fut acquise par la Cassandra Foundation et offerte au Philadelphia Museum of Art, où elle prit place en 1969.
Médiums: peinture à l’huile, readymade (objet manufacturé désigné), construction sur verre, installation-diorama, film et photographie, imprimé, édition et boîte, disques et machines optiques.
Techniques: désignation d’un objet manufacturé comme œuvre, avec ou sans modification légère, inscription et signature détournée (« R. Mutt »), huile, vernis, feuille de plomb, fil de plomb et poussière sur panneaux de verre, collotypie et réplique miniature pour l’édition de la Boîte-en-valise, rotation mécanique produisant une illusion de relief (optique de précision).
Motifs récurrents: refus de l’art « rétinien » au profit d’une provocation proto-conceptuelle, sexualité et machine célibataire, hasard et accident intégrés à l’œuvre, humour et jeux de langage, mécanique de l’illusion picturale, corps en mouvement, échecs, identité et alter ego féminin (Rrose Sélavy).
C’est à Paris que Duchamp reçoit sa seule formation artistique suivie: il étudie à l’Académie Julian en 1904-1905. La banlieue ouest de la capitale est ensuite le lieu de son travail de peintre: le tableau « Landscape », conservé au Museum of Modern Art par legs de Katherine S. Dreier, est daté par le musée de janvier-février 1911 et localisé à Neuilly. Plus tard, en 1925, c’est encore à Paris qu’il réalise la « Rotative demi-sphère », l’une de ses machines optiques aujourd’hui conservée à New York. La ville n’est donc pas seulement un décor biographique: elle est le lieu de fabrication d’une partie de l’œuvre.
L’épisode parisien le plus décisif est un rejet. Lorsque Duchamp présente à Paris, en 1912, son « Nu descendant un escalier (n° 2) », ses pairs cubistes siégeant au comité d’accrochage tentent de l’écarter, et c’est de cette mise à l’écart que naît sa distance envers le milieu artistique. Le tableau connaîtra sa notoriété ailleurs: exposé à l’Armory Show de New York en 1913, il y déclenche une réaction publique hostile qui installe durablement la réputation de provocateur de son auteur. Paris a donc produit la rupture, New York le scandale.
Le Centre Pompidou conserve l’une des versions de « Fontaine », datée 1917/1964, mesurant 38 × 48 × 63,5 cm et entrée dans la collection du Musée national d’art moderne en 1986. C’est la pièce parisienne emblématique de l’artiste. Elle n’est toutefois pas visible actuellement: le bâtiment de Beaubourg a fermé ses portes à l’automne 2025 pour une rénovation dont la fin est annoncée pour 2030, la collection moderne ayant cessé d’être présentée avant cette fermeture. Le fonds documentaire parisien reste, lui, accessible en ligne.
À Paris, le nom de Duchamp désigne aussi, depuis 2000, le prix créé par l’ADIAF et organisé dès l’origine en partenariat avec le Centre Pompidou. Doté de 90 000 euros, dont 35 000 euros pour l’artiste lauréat, il compte parmi les grands prix de référence de l’art contemporain. Les travaux du bâtiment historique du Centre Pompidou ayant imposé de trouver un lieu « en constellation », les expositions du prix se tiennent au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’en 2029: c’est aujourd’hui l’adresse parisienne où le nom de Duchamp est le plus régulièrement visible.
Le Duchamp Research Portal réunit les fonds numérisés du Philadelphia Museum of Art, de l’Association Marcel Duchamp et du Centre Pompidou, dont la Bibliothèque Kandinsky est co-fondatrice du projet. Les collections André Breton et Constantin Brancusi conservées à Paris y côtoient les Alexina and Marcel Duchamp Papers et les archives Arensberg. Le portail documente en particulier l’installation d’Étant donnés en 1969 et la rétrospective de 1973-1974 coorganisée par le Museum of Modern Art et le Philadelphia Museum of Art. Les fonds parisiens conservent par exemple la photographie de l’affiche d’une exposition Duchamp à la Galerie Givaudan, à Paris, en 1967.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve « Fontaine » (1917/1964), entrée en collection en 1986. Bâtiment fermé depuis l’automne 2025 pour rénovation, réouverture annoncée en 2030.
Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — Accueille les expositions du Prix Marcel Duchamp jusqu’en 2029, en partenariat avec le Centre Pompidou; l’édition 2026 y est présentée du 2 octobre 2026 au 7 février 2027, en accès libre.
Grand Palais (Paris) — Lieu annoncé pour l’étape parisienne de la rétrospective, en 2027, dans une présentation coproduite par le Centre Pompidou et le Grand Palais, le Centre Pompidou étant fermé pour travaux.
Philadelphia Museum of Art (Philadelphie) — Présentation permanente du Grand Verre et d’Étant donnés dans les galeries 281-283; rétrospective « Marcel Duchamp » du 10 octobre 2026 au 31 janvier 2027.
The Museum of Modern Art (New York) — Conserve notamment « Fresh Widow » (1920), « Monte Carlo Bond » (1924) et la « Rotative demi-sphère » réalisée à Paris en 1925, et coorganise la rétrospective avec le Philadelphia Museum of Art.
1887 — Naissance à Blainville, en Normandie, fils de notaire et frère cadet de Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon.
1904-1905 — Études à l’Académie Julian, à Paris: sa seule formation artistique suivie.
1911 — Peint « Landscape » à Neuilly, en janvier-février, tableau aujourd’hui conservé au Museum of Modern Art.
1912 — Le « Nu descendant un escalier (n° 2) » est écarté par le comité d’accrochage cubiste à Paris; à l’automne, Duchamp abandonne la peinture conventionnelle.
1913 — Premiers readymades, dont la « Roue de bicyclette »; le Nu fait sensation à l’Armory Show de New York.
1915-1923 — Fabrication du Grand Verre, « La Mariée mise à nu par ses célibataires, même », entreprise sur huit années.
1917 — Un urinoir de faïence signé « R. Mutt » est refusé par le comité de la Society of Independent Artists à New York.
1936 — Duchamp restaure le Grand Verre brisé en transport et juge le réseau de fêlures comme une amélioration.
1946-1966 — Travail secret sur « Étant donnés: 1° la chute d’eau, 2° le gaz d’éclairage… », révélé après sa mort.
1952 — Le Grand Verre entre au Philadelphia Museum of Art par le legs de Katherine S. Dreier.
1954 — Duchamp supervise l’installation permanente du Grand Verre au Philadelphia Museum of Art.
1968 — Mort de Marcel Duchamp; on découvre alors l’existence d’Étant donnés, tenue secrète pendant vingt ans.
1969 — Étant donnés, acquis par la Cassandra Foundation, est installé au Philadelphia Museum of Art selon les volontés de l’artiste.
1986 — « Fontaine » (1917/1964) entre dans la collection du Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou.
2000 — Création du Prix Marcel Duchamp par l’ADIAF, en partenariat avec le Centre Pompidou.
2026-10-02 — Ouverture au Musée d’Art Moderne de Paris de l’exposition des nommés du Prix Marcel Duchamp 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Marcel Duchamp à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
L'œuvre s'est partiellement brisée pendant un transport, à une date indéterminée située à la fin des années 1920 ou au début des années 1930. Duchamp l'a restaurée en 1936, puis a déclaré que le réseau symétrique de fêlures constituait une amélioration : le hasard, l'un des sujets mêmes de la pièce, avait fini par s'y inscrire.
Il l'a laissé croire. Après avoir abandonné Le Grand Verre en 1923, il fit savoir qu'il cessait de faire de l'art pour se consacrer aux échecs. On découvrit après sa mort, en 1968, qu'il avait en réalité consacré ses deux dernières décennies à un ultime projet secret, Étant donnés, mené entre 1946 et 1966.
Quand Duchamp présenta le tableau à Paris en 1912, ses pairs cubistes siégeant au comité d'accrochage tentèrent de l'écarter : ils pouvaient objecter l'idée de peindre le mouvement, le sujet inhabituel d'un nu dans un escalier, ou le titre inscrit en capitales dans la marge basse. L'épisode précipita sa rupture avec les cubistes.
Non. La version conservée au Musée national d'art moderne, datée 1917/1964 et entrée en collection en 1986, se trouve au Centre Pompidou, dont le bâtiment a fermé à l'automne 2025 pour une rénovation qui doit s'achever en 2030. La collection moderne n'est plus présentée à Beaubourg pendant cette période.
Non : c'est un prix d'art contemporain créé en 2000 par l'ADIAF, organisé dès l'origine en partenariat avec le Centre Pompidou et doté de 90 000 euros, dont 35 000 euros pour l'artiste lauréat. Ses expositions se tiennent au Musée d'Art Moderne de Paris jusqu'en 2029, en raison des travaux de Beaubourg.
C'est l'alter ego féminin sous lequel Duchamp a signé une partie de son œuvre : le titre complet de la Boîte-en-valise est « De ou par Marcel Duchamp ou Rrose Sélavy », et sa rétrospective de 1965 s'intitulait « Not seen and/or less seen 1904-1964 of/by Marcel Duchamp or Rrose Sélavy ». Le nom fait partie intégrante des œuvres.