Exposition Paris

Exposition Vieira da Silva

Née à Lisbonne le 13 juin 1908 et morte à Paris le 6 mars 1992, Maria Helena Vieira da Silva arrive dans la capitale française en 1928 et n’en repartira que contrainte, entre 1940 et 1947.

Qui est Vieira da Silva ?

Maria Helena Vieira da Silva naît à Lisbonne le 13 juin 1908. Elle se forme d’abord au Portugal au dessin, à la peinture et à la sculpture, puis part pour Paris en 1928.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Vieira da Silva dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Lisbonne, puis Paris en 1928

Maria Helena Vieira da Silva naît à Lisbonne le 13 juin 1908. Elle se forme d’abord au Portugal au dessin, à la peinture et à la sculpture, puis part pour Paris en 1928. Elle s’inscrit à l’Académie de la Grande Chaumière, où elle travaille la sculpture auprès d’Antoine Bourdelle, et la peinture auprès de Dufresne, Waroquier et Othon Friesz; elle suit également l’enseignement de Fernand Léger et celui de Roger Bissière. En 1929, elle aborde la gravure dans l’atelier de Stanley William Hayter.

Arpad Szenes, la Villa des Camélias et la galerie Jeanne Bucher

Le 22 février 1930, elle épouse le peintre hongrois Arpad Szenes, rencontré à la Grande Chaumière; le couple s’installe à la Villa des Camélias. Sa première exposition personnelle est organisée en 1933 par la galerie Jeanne Bucher, dont la collaboration avec l’artiste s’ouvre la même année avec l’album «  Kô & Kô ». En 1939, elle figure encore dans une exposition de la galerie parisienne. Cette fidélité à une même enseigne, poursuivie aujourd’hui par la galerie Jeanne Bucher Jaeger, structure toute sa carrière.

L’exil brésilien, 1940-1947

Mariée à un peintre hongrois de confession juive, l’artiste perd sa nationalité portugaise du fait de ce mariage, et le régime de l’Estado Novo refuse de la lui restituer. En juin 1940, le couple quitte l’Europe pour le Brésil et s’établit à Rio de Janeiro. Ces années d’éloignement ne sont pas une parenthèse: elle y peint la mémoire de Lisbonne et de Paris, et sa rencontre avec l’abstraction sud-américaine, notamment Joaquín Torres García, infléchit durablement sa construction de l’espace.

Le retour de 1947 et la consécration

Rentrée à Paris en 1947, elle s’installe boulevard Saint-Jacques et s’impose parmi les figures majeures de l’abstraction d’après-guerre. L’État français acquiert une première œuvre dès 1948; «  Bibliothèque », peinte en 1949, entre dans les collections nationales par achat de l’État en 1951. Elle expose chez Jeanne Bucher à partir de 1949, puis chez Pierre Loeb, et sa réputation gagne l’Europe et les Amériques. En 1956, avec Arpad Szenes, elle obtient la nationalité française et s’installe rue de l’Abbé-Carton.

Distinctions, rétrospectives et legs

Le Grand Prix de la Biennale de São Paulo lui est décerné en 1961; en 1966, elle devient la première femme lauréate du Grand Prix national des arts en France, et elle est faite chevalier de la Légion d’honneur en 1979. La Fondation Calouste Gulbenkian lui consacre une rétrospective à Lisbonne en 1970, les Galeries nationales du Grand Palais une autre en 1988 — reconnaissance alors exceptionnelle pour une femme peintre. En 1990 est créée à Lisbonne la Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva.

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, aquarelle et gouache sur papier, gravure, carton de vitrail, livre illustré.

Techniques: huile sur toile de grand format, aquarelle sur papier japon marouflé sur carton, gravure apprise à l’atelier de Stanley William Hayter, grisaille rehaussée de couleur pour les verrières.

Motifs récurrents: l’espace et la perspective mise en défaut, bibliothèques et intérieurs de travail, la ville comme trame, damiers et échiquiers, proches des azulejos de Lisbonne, le métier à tisser et le réseau de lignes, mémoire de Lisbonne et de Paris.

Un itinéraire d’ateliers, de la Villa des Camélias à la rue de l’Abbé-Carton

Paris est le lieu de travail de l’artiste pendant plus de soixante ans. Après son arrivée en 1928 et son mariage en 1930, le couple Szenes-Vieira da Silva s’installe à la Villa des Camélias. Le retour d’exil, en 1947, se fait boulevard Saint-Jacques. En 1956, l’année où tous deux obtiennent la nationalité française, ils s’établissent rue de l’Abbé-Carton, dans une maison-atelier qui restera leur adresse parisienne. Cet ancrage explique que la ville affleure sans cesse dans ses trames peintes.

Des salles parisiennes: Jeanne Bucher, Pierre Loeb, le Grand Palais

La carrière publique de Vieira da Silva se joue d’abord dans des galeries parisiennes: la galerie Jeanne Bucher lui offre sa première exposition personnelle en 1933 et l’expose à nouveau en 1939, puis à partir de 1949; elle montre ensuite son travail chez Pierre Loeb. La consécration institutionnelle vient en 1988 avec l’exposition des Galeries nationales du Grand Palais, saluée comme une reconnaissance encore rare pour une femme peintre à cette date.

Les collections publiques parisiennes et la dation de 1993

Le Musée national d’art moderne conserve un ensemble de référence: une vingtaine de peintures et dessins, les vingt études pour les verrières rémoises, cinq toiles d’Arpad Szenes et trente œuvres anciennes et modernes provenant de la collection personnelle du couple, reçus par l’État en 1993 et présentés au Centre Pompidou du 2 février au 28 mars 1994. Le Musée d’Art Moderne de Paris conserve pour sa part un portrait photographique de l’artiste par André Ostier, daté de 1954.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Principal fonds public français: peintures, dessins et études de vitraux entrés notamment par la dation de 1993. Établissement fermé au public depuis le 22 septembre 2025, réouverture annoncée en 2030; la collection circule pendant les travaux via le programme «  Constellation ».

Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — Conserve un portrait photographique de l’artiste par André Ostier, 1954, inv. AMPH 308.

Musées de Reims (Reims) — Conservent «  Le Carré » et un ensemble lié aux verrières que l’artiste a conçues pour l’église Saint-Jacques.

Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva (Lisbonne) — Fondation et musée consacrés au couple, créés en 1990 à l’initiative de l’artiste.

Repères chronologiques

1908-06-13 — Naissance de Maria Helena Vieira da Silva à Lisbonne.

1928 — Départ pour Paris et inscription à l’Académie de la Grande Chaumière.

1929 — Apprentissage de la gravure dans l’atelier de Stanley William Hayter.

1930-02-22 — Mariage avec le peintre hongrois Arpad Szenes; installation à la Villa des Camélias.

1933 — Première exposition personnelle organisée par la galerie Jeanne Bucher à Paris.

1940 — Départ pour le Brésil en juin; le couple s’installe à Rio de Janeiro.

1947 — Retour à Paris et installation boulevard Saint-Jacques.

1949 — Peinture de «  Bibliothèque », huile sur toile achetée par l’État en 1951.

1956 — Naturalisation française et installation rue de l’Abbé-Carton, à Paris.

1966 — Première femme lauréate du Grand Prix national des arts en France.

1966-1968 — Projets de verrières pour l’église Saint-Jacques de Reims, études conservées au MNAM.

1970 — Rétrospective à la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne.

1988 — Exposition aux Galeries nationales du Grand Palais, à Paris.

1990 — Création à Lisbonne de la Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva.

1992-03-06 — Mort à Paris; elle est inhumée à Yèvre-le-Châtel.

1994 — Présentation de la dation Vieira da Silva au Centre Pompidou, du 2 février au 28 mars.

Vieira da Silva & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Vieira da Silva à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Vieira da Silva était-elle portugaise ou française ?

Les deux successivement. Née portugaise à Lisbonne en 1908, elle perd sa nationalité d'origine du fait de son mariage avec le peintre hongrois Arpad Szenes, l'Estado Novo refusant ensuite de la lui rendre. Elle obtient la nationalité française en 1956, en même temps que son mari.

Pourquoi a-t-elle quitté l'Europe pour le Brésil en 1940 ?

Devenue apatride de fait après avoir perdu son passeport portugais par mariage, et menacée dans un continent en guerre aux côtés d'un mari juif, elle embarque avec Arpad Szenes en juin 1940 pour le Brésil. Le couple vit à Rio de Janeiro jusqu'à son retour parisien de 1947.

Quelle galerie parisienne a lancé sa carrière ?

La galerie Jeanne Bucher, qui organise sa première exposition personnelle en 1933, année où s'ouvre aussi leur collaboration éditoriale avec l'album « Kô & Kô ». La galerie l'expose de nouveau en 1939 puis régulièrement après 1949 ; l'enseigne, devenue Jeanne Bucher Jaeger, suit toujours son œuvre.

Qu'est-ce que la dation Vieira da Silva de 1993 ?

Un ensemble reçu par l'État français en 1993 : une vingtaine de peintures et dessins de l'artiste, vingt études sur papier pour les verrières de Saint-Jacques de Reims, cinq tableaux d'Arpad Szenes et trente œuvres anciennes et modernes de leur collection privée. Le Centre Pompidou l'a présenté du 2 février au 28 mars 1994.

A-t-elle travaillé le vitrail ?

Oui. Entre 1966 et 1968, elle conçoit des projets de verrières pour l'église Saint-Jacques de Reims ; les études, aquarelles sur papier japon marouflées sur carton, sont conservées au Musée national d'art moderne. Les musées de Reims gardent également trace de cette commande.

Quelles distinctions a-t-elle reçues ?

Le Grand Prix de la Biennale de São Paulo en 1961, puis en 1966 le Grand Prix national des arts du gouvernement français, dont elle est la première lauréate femme. Elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1979 et reçoit la Grand-Croix de l'ordre de la Liberté portugais en 1988.