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Cette page sert surtout à situer Marina Abramović dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Marina Abramović a fait de son propre corps la matière première de l’art.
Marina Abramović naît à Belgrade le 30 novembre 1946, dans la Yougoslavie d’après-guerre.
Cette page sert surtout à situer Marina Abramović dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Marina Abramović naît à Belgrade le 30 novembre 1946, dans la Yougoslavie d’après-guerre. Elle étudie à l’Académie des beaux-arts de Belgrade et commence sa carrière au tout début des années 1970, à un moment où la performance n’est pas encore reconnue comme forme visuelle. C’est là qu’elle produit la série des « Rhythm » — « Rhythm 10 » en 1973, puis « Rhythm 2 », « Rhythm 4 », « Rhythm 5 » et « Rhythm 0 » en 1974 — dont le MoMA conserve les tirages réunis sous le titre « Performance Edition 1973-1994 ». Avec « Rhythm 0 », elle abandonne son corps aux décisions du public pendant toute la durée de la pièce; l’un des spectateurs finit par braquer sur elle une arme chargée.
À partir du milieu des années 1970, Abramović travaille en duo avec l’artiste allemand Ulay (Uwe Laysiepen): le MoMA classe leurs pièces communes comme des performances collaboratives, et conserve notamment « City of Angels » (1983). Cette association de douze ans, aujourd’hui présentée sous le titre « ART VITAL — 12 Years of Ulay / Marina Abramović », déplace le dispositif de la performance vers la relation, la tension et l’endurance partagée entre deux corps. La photographie « The Lovers (Seated Figure) », datée de 1988 et retirée en 1996 avec un dessin unique de l’artiste, appartient à ce cycle et en garde la trace après la séparation du duo.
Abramović participe à la Biennale de Venise en 1976 puis en 1997, et à trois éditions de la Documenta de Cassel (VI en 1977, VII en 1982, IX en 1992). En 1997, le Lion d’or du meilleur artiste lui est décerné à Venise pour « Balkan Baroque ». En 2002, « The House with the Ocean View » la fait vivre douze jours durant dans une maison construite dans la galerie, quelques mois après les attentats du 11 septembre; la pièce reçoit un New Media Bessie Award en 2003. En 2005, la série « Seven Easy Pieces » est présentée au Solomon R. Guggenheim Museum de New York, qui l’honore lors de son gala international de 2006.
Du 14 mars au 31 mai 2010, le Museum of Modern Art consacre à Abramović une rétrospective de performance réunissant une cinquantaine d’œuvres sur plus de quatre décennies. L’exposition inaugure les premières reprises en direct de ses performances historiques par d’autres interprètes dans un musée, et présente une pièce inédite: assise en silence face aux visiteurs, l’artiste tient là sa plus longue performance solo, plus de sept cents heures au total, un dispositif qui bat les records de fréquentation de l’institution. La transmission devient ensuite un axe de travail: elle fonde en 2012 le Marina Abramović Institute, consacré à la performance de longue durée et aux collaborations interdisciplinaires.
Nommée professeure de performance à la Hochschule für Bildende Künste de Brunswick en 1994, Abramović y enseigne sept ans et développe une méthode de préparation du performeur qui structure aujourd’hui les programmes de son institut. Sa première grande rétrospective européenne, « The Cleaner », s’ouvre au Moderna Museet de Stockholm du 18 février au 21 mai 2017 avant de circuler en Europe. En 2023, elle est la première artiste femme à occuper l’ensemble des Main Galleries de la Royal Academy of Arts de Londres, du 23 septembre 2023 au 1er janvier 2024, où ses pièces sont rejouées par une génération de performeurs formés à sa méthode.
Médiums: performance en direct, performance de longue durée, vidéo, installation, photographie, sculpture, œuvre sonore, opéra.
Techniques: usage du corps propre comme sujet et comme médium, épreuve de l’endurance physique et mentale (douleur, épuisement, immobilité prolongée), participation directe du public, jusqu’à la remise de l’initiative aux spectateurs, reperformance: reprise en direct de pièces historiques par d’autres interprètes, documentation photographique et vidéo éditée en éditions d’artiste, méthode Abramović de préparation des performeurs.
Motifs récurrents: limites du corps, endurance et durée, présence et face-à-face, rituel, érotisme et mort, mémoire des Balkans, relation à l’autre et au public, transformation spirituelle.
Le lien parisien le mieux établi de Marina Abramović n’est pas muséal mais lyrique. Créé en 2020 au Bayerische Staatsoper de Munich, son opéra « 7 Deaths of Maria Callas » est présenté par l’Opéra national de Paris au Palais Garnier du 1er au 4 septembre 2021, dans une version de 1 h 15 sans entracte. L’institution le programme comme un spectacle d’opéra à part entière, signé de l’artiste, et non comme une performance d’arts visuels invitée: c’est à ce titre que le nom d’Abramović entre au répertoire d’une des grandes scènes parisiennes, après Munich et avant l’Opéra national de Grèce à Athènes la même année.
L’Opéra national de Paris décrit le spectacle comme un objet situé à la croisée du théâtre lyrique, de la performance et de l’art vidéo: Abramović y traite le rapport à la mort d’amour de Maria Callas comme un double d’elle-même, et réunit des arias tirés des rôles marquants de la soprano gréco-américaine, sur des scènes d’opéras de Vincenzo Bellini, Georges Bizet, Gaetano Donizetti, Giacomo Puccini et Giuseppe Verdi. Le public parisien a donc découvert l’artiste non par ses pièces fondatrices des années 1970, mais par ce travail tardif sur la voix, le mélodrame et les figures féminines sacrifiées du XIXe siècle.
Palais Garnier — Opéra national de Paris (Paris) — A présenté « 7 Deaths of Maria Callas » du 1er au 4 septembre 2021, seul rendez-vous parisien documenté de l’artiste.
Museum of Modern Art (New York) — Rétrospective « The Artist Is Present » (14 mars - 31 mai 2010) et 57 œuvres en ligne dans la collection.
Royal Academy of Arts (Londres) — Exposition monographique dans les Main Galleries du 23 septembre 2023 au 1er janvier 2024.
Moderna Museet (Stockholm) — Première grande rétrospective européenne, « The Cleaner », du 18 février au 21 mai 2017.
Gropius Bau (Berlin) — Exposition « Balkan Erotic Epic. The Exhibition », à l’affiche jusqu’au 30 août 2026.
Serpentine South Gallery (Londres) — Création de la performance de durée « 512 Hours », du 11 juin au 25 août 2014.
1946-11-30 — Naissance à Belgrade, en Yougoslavie, de Marina Abramović.
1973 — « Rhythm 10 » ouvre la série des « Rhythm », premières performances majeures de l’artiste.
1974 — « Rhythm 0 »: l’artiste abandonne son corps aux décisions du public.
1988 — « The Lovers (Seated Figure) », œuvre issue des douze années de duo avec Ulay.
1994 — Nommée professeure de performance à la Hochschule für Bildende Künste de Brunswick.
1997 — Lion d’or du meilleur artiste à la Biennale de Venise pour « Balkan Baroque ».
2005 — Série de performances « Seven Easy Pieces » au Solomon R. Guggenheim Museum de New York.
2010-03-14 — Ouverture de la rétrospective « The Artist Is Present » au MoMA, jusqu’au 31 mai.
2012 — Fondation du Marina Abramović Institute, dédié à la performance de longue durée.
2014-06-11 — Création de « 512 Hours » à la Serpentine South Gallery de Londres, jusqu’au 25 août.
2017-02-18 — « The Cleaner », première grande rétrospective européenne, au Moderna Museet de Stockholm.
2021-09-01 — « 7 Deaths of Maria Callas » au Palais Garnier, Opéra national de Paris, jusqu’au 4 septembre.
2023-09-23 — Exposition monographique dans les Main Galleries de la Royal Academy of Arts, à Londres.
2025 — Réception du Praemium Imperiale dans la catégorie sculpture.
2026 — « Balkan Erotic Epic. The Exhibition » au Gropius Bau de Berlin, jusqu’au 30 août.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Marina Abramović à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Marina Abramović remet son corps aux décisions du public pour toute la durée de la performance. L'expérience va si loin qu'un spectateur finit par braquer sur elle une arme chargée. C'est cette pièce qui lui vaut une attention internationale et qui reste, aujourd'hui encore, la plus commentée de son travail des années 1970.
Du 14 mars au 31 mai 2010, l'artiste est restée assise en silence face aux visiteurs qui prenaient place devant elle, pendant plus de sept cents heures cumulées : sa plus longue performance solo. Autour de cette pièce, la rétrospective réunissait une cinquantaine d'œuvres et les premières reprises en direct de ses performances par d'autres interprètes dans un musée.
Ulay, de son nom Uwe Laysiepen, est l'artiste allemand avec lequel elle a formé un duo pendant douze ans : le MoMA conserve leurs pièces communes, dont « City of Angels » (1983), et la photographie « The Lovers (Seated Figure) » de 1988 appartient à ce cycle. Leur collaboration a déplacé la performance vers la relation entre deux corps.
Oui, mais à l'opéra plutôt qu'au musée : l'Opéra national de Paris a présenté « 7 Deaths of Maria Callas » au Palais Garnier du 1er au 4 septembre 2021, pour un spectacle de 1 h 15 sans entracte mêlant théâtre lyrique, performance et art vidéo. Aucune rétrospective parisienne de son travail visuel n'a pu être documentée.
Fondé en 2012 par l'artiste, l'institut — désigné par le sigle MAI — explore, soutient et présente la performance, en particulier les formes de longue durée et les collaborations interdisciplinaires. Il conduit aussi la transmission de la méthode Abramović, notamment à travers les ateliers « Cleaning the House ».
Le Lion d'or du meilleur artiste lui est remis à la Biennale de Venise de 1997 pour « Balkan Baroque », et un New Media Bessie Award en 2003 pour « The House with the Ocean View ». Elle a également reçu plusieurs doctorats honoris causa, ainsi que le Praemium Imperiale de sculpture en 2025.