Exposition Paris

Exposition Mark Bradford

Mark Bradford, né en 1961 à South Central Los Angeles, compose des tableaux monumentaux à partir de papiers ramassés autour de son atelier: affiches publicitaires arrachées, tracts de rue et papiers de permanente hérités du salon de coiffure de sa mère.

Qui est Mark Bradford ?

Mark Bradford naît en 1961 à Los Angeles et grandit, selon la notice du Broad, dans une famille de coiffeurs.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Mark Bradford dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Le salon de coiffure comme premier atelier

Mark Bradford naît en 1961 à Los Angeles et grandit, selon la notice du Broad, dans une famille de coiffeurs. À la fin des années 1990, il travaille dans le salon de sa mère à South Central Los Angeles et y remarque les fines bandes translucides de papier de permanente employées par les coiffeuses. Il les emporte à l’atelier et en fait un matériau de composition. Bobby pins, teintures et rectangles de papier de salon constituent ainsi son premier vocabulaire plastique, avant même que les affiches de rue n’entrent dans ses tableaux.

Une formation d’artiste commencée à trente ans

Bradford entre au California Institute of the Arts en 1991, à une trentaine d’années, et y obtient un Bachelor of Fine Arts en 1995 puis un Master of Fine Arts en 1997, d’après la notice de la Fondation Louis Vuitton. Ce parcours tardif explique en partie l’ampleur du champ qu’il embrasse ensuite: son travail prend aussi bien la forme du collage que de la vidéo, de l’estampe, de l’installation et de la performance, sans hiérarchie déclarée entre ces registres.

La consécration: MacArthur, puis le pavillon américain de Venise

En 2009, à 47 ans, Bradford reçoit une bourse MacArthur, la fondation saluant sa manière d’incorporer les rebuts de l’environnement urbain à des compositions abstraites d’une grande richesse de texture. Huit ans plus tard, il représente les États-Unis à la 57e Biennale de Venise avec «  Tomorrow Is Another Day ». Le Baltimore Museum of Art indique que la commande a été portée par son directeur d’alors Christopher Bedford, commissaire du pavillon, et co-organisée avec Katy Siegel, en partenariat avec le Rose Art Museum et le Bureau of Educational and Cultural Affairs du département d’État.

Pickett’s Charge: retourner un panorama de la guerre de Sécession

Le 8 novembre 2017, le Hirshhorn Museum inaugure «  Pickett’s Charge », l’une des plus vastes réalisations de Bradford: près de 400 pieds linéaires qui ceinturent les galeries circulaires du troisième niveau. L’artiste part du cyclorama peint au XIXe siècle par le Français Paul Philippoteaux, conservé au Gettysburg National Military Park, et le décompose en huit peintures abstraites de plus de quarante-cinq pieds chacune, obtenues en coupant, déchirant et raclant des reproductions mêlées à du papier de couleur.

Scorched Earth et la mémoire des émeutes de 1992

Le Hammer Museum présente du 20 juin au 20 septembre 2015 «  Scorched Earth », première exposition personnelle de Bradford dans un musée de Los Angeles. Le musée relie explicitement ce corpus aux soulèvements de 1992, que l’artiste a vécus depuis son atelier de Leimert Park, et à sa pratique de cartographie psychogéographique de la ville. L’ensemble comprend l’installation multimédia «  Spiderman » (2015), qui puise dans les codes du stand-up afro-américain.

Art + Practice, la part sociale du travail

En 2014, Bradford fonde Art + Practice, fondation privée installée dans le quartier de Leimert Park, au sud de Los Angeles. Sur un campus de près de 20 000 pieds carrés, la structure accompagne les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance en âge de transition, avec les opérateurs First Place for Youth et Nest Global, et ouvre gratuitement un espace d’exposition programmé par le California African American Museum. L’accès à toute la programmation artistique est libre.

«  Keep Walking », une rétrospective itinérante

Du 6 septembre 2024 au 18 mai 2025, le Hamburger Bahnhof de Berlin réunit une vingtaine d’œuvres de deux décennies sous le titre «  Keep Walking », dans une scénographie signée par ses directeurs Sam Bardaouil et Till Fellrath qui marque la réouverture des Rieckhallen. On y voit la sculpture suspendue «  Spoiled Foot » venue de Venise, l’installation «  Pinocchio Is On Fire » et la peinture au sol praticable «  Float ». L’exposition gagne ensuite Séoul, à l’Amorepacific Museum of Art, où elle constitue la plus vaste présentation de l’artiste en Asie.

La pratique en bref

Médiums: papier trouvé, affiches publicitaires arrachées, papier de permanente de salon de coiffure, papier carbone, peinture, résine synthétique, vidéo, sculpture, estampe, béton armé de fibre de verre.

Techniques: stratification de papiers collés puis unification de la surface au vernis, à la laque et à la peinture, déchirure, creusement, ponçage et abrasion des couches jusqu’à révéler les strates inférieures, insertion de ficelle, de fil et de corde pour perturber le plan, coulée sous une couche épaisse de résine synthétique, découpe et raclage de reproductions imprimées (procédé de Pickett’s Charge).

Motifs récurrents: abstraction sociale, cartographie et psychogéographie de Los Angeles, économies informelles de la rue, épidémie de sida, émeutes raciales et soulèvements de 1992, catastrophes climatiques, dont l’ouragan Katrina, relecture des récits nationaux américains.

Deux tableaux dans la collection de la Fondation Louis Vuitton

Le lien parisien de Mark Bradford passe par la Fondation Louis Vuitton, qui conserve deux de ses œuvres. «  Constitution IV » (2013) est une pièce en béton armé de fibre de verre, béton, pigments minéraux et acier, de 335,3 × 304,8 cm, produite par MadeIn Company: la fondation y décrit un palimpseste de lettres et de mots rendus opaques, comme une cacophonie de voix simultanées. «  Reports of the Rain » (2014), technique mixte sur toile de 183,5 × 244,2 cm, relève selon la même notice d’une veine plus lyrique, saturée de lignes verticales, de griffures et de morceaux de ruban adhésif.

Accrochages parisiens et présence dans les catalogues de la Fondation

«  Constitution IV » a été accrochée à Paris dans «  A Vision for Painting », exposition de la collection présentée du 20 février au 26 août 2019, qui réunissait une sélection de soixante-dix œuvres autour de la peinture. La notice d’artiste de la Fondation rattache également Bradford à «  In Tune with the World » (11 avril – 27 août 2018) et signale une notice qui lui est consacrée dans le catalogue d’«  Être moderne: le MoMA à Paris », exposition tenue du 11 octobre 2017 au 5 mars 2018. Aucune exposition personnelle de l’artiste à Paris n’apparaît dans les sources institutionnelles consultées.

Où voir ses œuvres

Fondation Louis Vuitton (Paris) — Conserve «  Constitution IV » (2013) et «  Reports of the Rain » (2014); a accroché la première dans «  A Vision for Painting » en 2019.

Hirshhorn Museum and Sculpture Garden (Washington) — Commande «  Pickett’s Charge », installée depuis le 8 novembre 2017 dans les galeries circulaires du troisième niveau.

Art + Practice (Los Angeles (Leimert Park)) — Fondation créée par l’artiste en 2014; expositions gratuites programmées par le California African American Museum.

Hamburger Bahnhof – Nationalgalerie der Gegenwart (Berlin) — Organisateur de la rétrospective itinérante «  Keep Walking » (6 septembre 2024 – 18 mai 2025).

Repères chronologiques

1961 — Naissance à Los Angeles, dans le quartier de South Central.

1991 — Entrée au California Institute of the Arts, où il étudie jusqu’en 1997.

1997 — Obtention du Master of Fine Arts du California Institute of the Arts.

2009 — Lauréat d’une bourse MacArthur, promotion 2009, à l’âge de 47 ans.

2014 — Fondation d’Art + Practice à Leimert Park, au sud de Los Angeles.

2015-06 — Ouverture de «  Scorched Earth » au Hammer Museum, première personnelle en musée à Los Angeles.

2017 — Représente les États-Unis à la 57e Biennale de Venise avec «  Tomorrow Is Another Day ».

2017-11-08 — Dévoilement de «  Pickett’s Charge » au Hirshhorn Museum de Washington.

2018-09-23 — Première américaine de «  Tomorrow Is Another Day » au Baltimore Museum of Art.

2019-02 — «  Constitution IV » accrochée dans «  A Vision for Painting » à la Fondation Louis Vuitton, à Paris.

2024-09 — Ouverture de la rétrospective «  Keep Walking » au Hamburger Bahnhof de Berlin.

2025-08 — «  Keep Walking » à l’Amorepacific Museum of Art de Séoul, première personnelle en Corée.

Mark Bradford & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Mark Bradford à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Mark Bradford peint-il avec des papiers de salon de coiffure ?

Parce qu'il a travaillé comme coiffeur dans le salon de sa mère, à South Central Los Angeles, à la fin des années 1990. Il y a remarqué les fines bandes translucides de papier de permanente et les a introduites dans ses compositions d'atelier, posant le principe de réemploi de matériaux « non artistiques » du quotidien qu'il n'a plus abandonné.

Que veut dire « abstraction sociale » chez Mark Bradford ?

C'est le terme par lequel l'artiste décrit lui-même sa pratique : une abstraction qui puise sa matière dans le monde immédiatement voisin de son atelier et qui traite de culture populaire et de questions sociales. Les affiches, tracts et papiers carbone qu'il stratifie portent la trace des économies de rue dont ils proviennent.

Peut-on voir une œuvre de Mark Bradford à Paris ?

La Fondation Louis Vuitton conserve deux de ses œuvres, « Constitution IV » (2013) et « Reports of the Rain » (2014). Elles ne sont pas visibles en permanence : « Constitution IV » a notamment été accrochée lors de « A Vision for Painting », du 20 février au 26 août 2019. Il faut donc vérifier l'accrochage en cours avant de se déplacer.

Qu'a présenté Mark Bradford au pavillon américain de Venise en 2017 ?

« Tomorrow Is Another Day », un ensemble mêlant peinture, sculpture et vidéo, conçu pour la 57e Biennale. Le pavillon avait pour commissaire Christopher Bedford, alors directeur du Baltimore Museum of Art, avec Katy Siegel, en partenariat avec le Rose Art Museum et le Bureau of Educational and Cultural Affairs du département d'État américain.

Qu'est-ce que Pickett's Charge, son œuvre du Hirshhorn ?

Une commande monumentale dévoilée le 8 novembre 2017, longue de près de 400 pieds linéaires, formée de huit peintures de plus de quarante-cinq pieds chacune qui ceinturent les galeries circulaires du troisième niveau du musée. Bradford y décompose le cyclorama de Gettysburg peint au XIXe siècle par Paul Philippoteaux.

Qu'est-ce qu'Art + Practice, la fondation créée par l'artiste ?

Une fondation privée à but non lucratif implantée à Leimert Park, au sud de Los Angeles, créée en 2014. Sur un campus de près de 20 000 pieds carrés, elle soutient les jeunes de l'aide sociale à l'enfance en âge de transition et propose gratuitement des expositions d'art contemporain programmées par le California African American Museum.