Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Marlene Dumas dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née au Cap en 1953 et installée à Amsterdam depuis 1976, Marlene Dumas peint des visages et des corps travaillés d’après photographies, entre encre diluée sur papier humidifié et huile sur toile.
Marlene Dumas naît en 1953 au Cap et grandit sur une exploitation viticole, troisième enfant d’Helena Sophia Mans et de Petrus Johannes Dumas, qui meurt lorsqu’elle a douze ans. Entre 1972 et 1975, elle suit un B.
Cette page sert surtout à situer Marlene Dumas dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Marlene Dumas naît en 1953 au Cap et grandit sur une exploitation viticole, troisième enfant d’Helena Sophia Mans et de Petrus Johannes Dumas, qui meurt lorsqu’elle a douze ans. Entre 1972 et 1975, elle suit un B.A. Fine Arts à l’université du Cap, avec l’éthique en matière secondaire, et achète un appareil Polaroid; la législation d’apartheid régit alors le pays. En 1976, elle rejoint les Pays-Bas pour étudier aux Ateliers ’63 de Haarlem, et n’en repartira plus: elle vit et travaille à Amsterdam depuis cette date.
Sa participation à l’exposition collective Atelier 15: 10 Young Artists au Stedelijk Museum d’Amsterdam en 1978 passe presque inaperçue de la critique, qui retient surtout les œuvres de René Daniëls; le musée lui achète pourtant sa première pièce, Don’t Talk to Strangers. Au début des années 1980, elle découvre au Munch Museum la série Alpha and Omega d’Edvard Munch, étudie un an la psychologie à l’université d’Amsterdam puis renonce à devenir art-thérapeute. Rudi Fuchs l’invite à la Documenta 7, où elle figure parmi les plus jeunes artistes; en 1984, le Centraal Museum d’Utrecht lui offre sa première exposition personnelle en musée, Ons land licht lager dan de zee, composée surtout de collages sur papier.
En 1985, l’exposition The Eyes of the Nightcreatures chez Paul Andriesse à Amsterdam ne montre que des peintures: de grands portraits pensés comme des « situations », nourris des gros plans de La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer. Suivent Waiting (for Meaning) à la Kunsthalle zu Kiel en 1988, consacrée à la sémiotique du corps féminin nu, puis The Question of Human Pink à la Kunsthalle de Berne. En 1992, Miss Interpreted au Van Abbemuseum d’Eindhoven circule en Europe et aux États-Unis; en 1994, Not From Here, sa première exposition personnelle new-yorkaise, dévoile The Painter, où sa fille tient lieu d’alter ego de l’artiste. En 1995, elle représente les Pays-Bas à la Biennale de Venise aux côtés de Marijke van Warmerdam et Maria Roosen.
Les séries de têtes réalisées à l’encre et à l’acrylique sur papier préalablement humidifié — dont Mixed Blood, six adolescents métis peints en 1996 pour une exposition à Tokyo — installent l’identité raciale et psychologique au centre de son travail. À partir de 2010, Against the Wall chez David Zwirner puis Forsaken chez Frith Street Gallery abordent les tragédies du Proche-Orient, le mur séparant Israël et la Palestine, des mères en deuil, des pères qui sacrifient leurs fils. Elle reçoit le prix Rolf Schock à Stockholm en 2011, puis le prix Johannes Vermeer qu’elle reverse à de Ateliers. En 2014-2015, la rétrospective The Image as Burden est présentée au Stedelijk Museum, à la Tate Modern et à la Fondation Beyeler.
En 2016 paraît sa traduction illustrée de Venus & Adonis de Shakespeare, avec Hafid Bouazza: c’est la première fois qu’elle illustre un poème. La série Le Spleen de Paris, née de la même collaboration, donne quatorze peintures inspirées de Baudelaire. En 2022-2023, l’exposition personnelle open-end occupe le Palazzo Grassi à Venise; suivent Mourning Marsyas à Londres en 2024 et Cycladic Blues au musée d’Art cycladique d’Athènes en 2025. La même année, à l’invitation du Louvre, elle conçoit Liaisons, neuf toiles destinées au grand mur de l’atrium de la Porte des Lions.
Médiums: huile sur toile, encre et peinture acrylique sur papier, dessin de grand format, collage sur papier, texte d’artiste et écrits d’exposition.
Techniques: travail d’après photographies, y compris ses propres Polaroids, séries de têtes peintes à l’encre et à l’acrylique sur un papier préalablement humidifié, cadrage en très gros plan, hérité du cinéma muet et de La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer, panneaux calibrés sur un dispositif architectural existant, comme les neuf toiles de Liaisons alignées sur le format des bas-reliefs qu’elles remplacent, commentaires écrits rédigés par l’artiste pour accompagner ses expositions.
Motifs récurrents: le visage humain traité « avec une certaine égalité », sans hiérarchie entre normalité et folie, identité raciale et héritage de l’apartheid, sémiotique du corps nu et frontière entre érotisme et pornographie, deuil, maternité et martyre politique ou religieux, la peinture nourrie de lectures: Baudelaire, Shakespeare, Ovide, l’image médiatique reprise, ralentie et repeinte.
Le 25 novembre 2025, le Louvre annonce l’entrée dans ses collections de Liaisons, ensemble de neuf toiles peintes commandé à Marlene Dumas pour le vaste mur de l’atrium de la Porte des Lions. Le musée souligne qu’elle est la première femme artiste à rejoindre la tradition de ses grands décors peints et de ses commandes in situ. Les panneaux, calés sur les dimensions des quatre bas-reliefs de marbre néoclassiques qu’ils remplacent, occupent l’entrée de la Galerie des Cinq Continents — l’ancien pavillon des Sessions — et voisinent le département des Peintures et la Grande Galerie. L’une des toiles, Liaisons, Ceramic Silence, huile sur toile de 175 sur 163 centimètrès, est inventoriée RFML.HL.2025.30.1 et localisée aile Denon, niveau 0.
Du 12 octobre 2021 au 30 janvier 2022, le musée d’Orsay consacre à Marlene Dumas une exposition double pour le bicentenaire de la naissance de Charles Baudelaire. « Le Spleen de Paris » réunit quatorze peintures nées de sa collaboration avec l’écrivain et traducteur Hafid Bouazza: portraits de l’auteur et de Jeanne Duval, motifs tirés des poèmes comme le rat ou la bouteille, toiles répondant directement à un texte tel Le joujou du pauvre ou Le désespoir de la vieille. En contrepoint, « Conversations » installe trois œuvres clés de l’artiste au milieu des collections du musée.
Du 11 octobre au 31 décembre 2001, la Galerie d’art graphique du Centre Pompidou présente Marlene Dumas: Nom de personne, exposition monographique conçue par Jonas Storsve. Une centaine de dessins y couvrent toute la carrière de l’artiste, de ses premiers travaux européens aux nus monumentaux, empruntés aux collections du Musée, à des collections privées et à celle de l’artiste. Deux ans plus tard, le musée achète Labelled (Étiquetée), encre et peinture acrylique sur papier de 1998, entrée au Cabinet d’art graphique sous le numéro AM 2003-235.
En 2021, Marlene Dumas figure dans Ouverture, l’exposition inaugurale de la Bourse de Commerce — Collection Pinault à Paris, dont le fonds compte des œuvres de l’artiste; la même collection lui consacrera l’exposition personnelle open-end au Palazzo Grassi. Sa page de collections publiques recense en France le Musée national d’art moderne du Centre Pompidou et la Collection Pinault à Paris, le FRAC Picardie à Amiens et le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg. À venir, la Philharmonie de Paris l’associe à l’exposition collective Billie Holiday. Légende noire, programmée du 22 janvier au 11 juillet 2027.
Musée du Louvre (Paris) — Commanditaire de Liaisons, neuf toiles de 2025 entrées dans ses collections et installées dans l’atrium de la Porte des Lions.
Musée d’Orsay (Paris) — A présenté du 12 octobre 2021 au 30 janvier 2022 « Le Spleen de Paris » et « Conversations », pour le bicentenaire de Baudelaire.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — A organisé la monographie de dessins Nom de personne en 2001 et conserve Labelled (1998) au Cabinet d’art graphique.
Bourse de Commerce — Collection Pinault (Paris) — L’artiste figurait dans Ouverture, exposition inaugurale de 2021; la Collection Pinault détient de ses œuvres.
Philharmonie de Paris (Paris) — Exposition collective Billie Holiday. Légende noire annoncée du 22 janvier au 11 juillet 2027, à laquelle l’artiste est associée.
Stedelijk Museum (Amsterdam) — Premier musée acquéreur en 1978 et première étape de la rétrospective The Image as Burden en 2014-2015.
1953 — Naissance au Cap, en Afrique du Sud, dans une famille propriétaire d’une exploitation viticole.
1972-1975 — Études à l’université du Cap: B.A. Fine Arts, avec l’éthique en matière secondaire.
1976 — Départ pour les Pays-Bas et entrée aux Ateliers ’63 de Haarlem; elle s’installe à Amsterdam.
1978 — Première œuvre acquise par un musée: Don’t Talk to Strangers entre au Stedelijk Museum d’Amsterdam.
1984 — Première exposition personnelle en musée, Ons land licht lager dan de zee, au Centraal Museum d’Utrecht.
1995 — Représente les Pays-Bas au pavillon néerlandais de la Biennale de Venise.
1996 — Série Mixed Blood: six adolescents métis à l’encre et à l’acrylique, réalisés pour une exposition à Tokyo.
2001-10 — Ouverture de Marlene Dumas: Nom de personne au Centre Pompidou, Galerie d’art graphique, jusqu’au 31 décembre.
2003 — Le Centre Pompidou achète Labelled (1998) pour le Cabinet d’art graphique, inv. AM 2003-235.
2011 — Prix Rolf Schock à Stockholm, accompagné d’une présentation au Moderna Museet.
2014-2015 — Rétrospective The Image as Burden au Stedelijk Museum, à la Tate Modern et à la Fondation Beyeler.
2021-10-12 — Ouverture au musée d’Orsay de « Le Spleen de Paris » et « Conversations », jusqu’au 30 janvier 2022.
2022-2023 — Exposition personnelle open-end au Palazzo Grassi, Venise, du 27 mars 2022 au 8 janvier 2023.
2025-11-25 — Le Louvre annonce l’entrée dans ses collections de Liaisons, neuf toiles commandées pour la Porte des Lions.
2027 — Exposition collective Billie Holiday. Légende noire à la Philharmonie de Paris, du 22 janvier au 11 juillet.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Marlene Dumas à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Peintre née au Cap en 1953, formée à l'université du Cap puis aux Ateliers '63 de Haarlem, elle vit et travaille à Amsterdam depuis 1976. Elle a représenté les Pays-Bas à la Biennale de Venise en 1995 et compte parmi les figures majeures de la peinture figurative contemporaine.
Au Louvre, où les neuf toiles de Liaisons sont installées depuis décembre 2025 dans l'atrium de la Porte des Lions, aile Denon niveau 0. Le Centre Pompidou conserve par ailleurs Labelled (1998) dans son Cabinet d'art graphique, et la Collection Pinault détient de ses œuvres.
Neuf toiles peintes conçues à l'échelle du mur de l'atrium de la Porte des Lions, calées sur les dimensions des bas-reliefs de marbre qui s'y trouvaient. Le titre, mot commun au français et à l'anglais, désigne selon le musée les liens entre territoires et entre personnes ; chaque panneau conserve son individualité au sein de la série.
Le Centre Pompidou relève que ses visages, travaillés d'après photographies, gardent le caractère d'instantanés et imposent une identité troublante. L'artiste explique traiter ses visages « avec une certaine égalité » : les normaux ont l'air un peu fous, les fous tout à fait normaux, et tous cherchent à séduire.
Avec l'écrivain et traducteur Hafid Bouazza, elle a conçu une série de quatorze peintures inspirées du Spleen de Paris, présentée au musée d'Orsay du 12 octobre 2021 au 30 janvier 2022 pour le bicentenaire du poète : portraits de Baudelaire et de Jeanne Duval, motifs des poèmes, toiles répondant à des textes précis.
Oui : du 11 octobre au 31 décembre 2001, la Galerie d'art graphique a présenté Marlene Dumas : Nom de personne, exposition monographique conçue par Jonas Storsve, réunissant une centaine de dessins couvrant toute sa carrière, des premiers travaux européens aux nus monumentaux.