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Cette page sert surtout à situer Martial Raysse dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Martial Raysse est né en 1936 à Golfe-Juan, dans les Alpes-Maritimes, et signe en 1960 le manifeste du Nouveau Réalisme.
Martial Raysse naît le 12 février 1936 à Golfe-Juan, sur la commune de Vallauris, dans une famille d’artisans céramistes.
Cette page sert surtout à situer Martial Raysse dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Martial Raysse naît le 12 février 1936 à Golfe-Juan, sur la commune de Vallauris, dans une famille d’artisans céramistes. Il écrit des poèmes avant d’exposer des tableaux: la Bibliothèque nationale de France conserve un recueil intitulé « Poèmes », publié à Nice sous son propre nom en 1958. Ses premiers objets sont des assemblages de rebuts et de bricoles enfermés dans des boîtes. En 1960, il réalise avec Arman une boîte laquée blanche contenant un kaléidoscope, un binoculaire et vingt-deux plaques de verre peintes, portant sous le couvercle l’inscription « Hygiène de la vision »: l’objet est aujourd’hui au Musée national d’art moderne.
En 1960, Raysse figure parmi les signataires du manifeste du Nouveau Réalisme, aux côtés d’Yves Klein, d’Arman et de Tinguely, sous l’impulsion du critique Pierre Restany. Il puise alors sa matière dans les rayons des magasins à prix unique et fait du plastique neuf, coloré et sans passé, le matériau d’un art volontairement aseptisé. Cette période culmine avec « Raysse Beach », environnement balnéaire de 1962 assemblant photographies de baigneuses rehaussées de couleur, serviettes éponge, jouets gonflables, fruits en cire et un juke-box, entré dans la collection du Centre Pompidou par donation en 2008.
Installé à New York en 1961, Raysse y conçoit la série « Made in Japan ». Entre 1963 et 1965, il détourne des tableaux anciens: dans « Made in Japan – La grande odalisque » (1964), un détail du nu d’Ingres est photographié, agrandi, marouflé sur toile, repeint à l’aérosol en couleurs acidulées, puis affublé d’une mouche de verre et d’une passementerie synthétique. Le Centre Pompidou y lit une mise en cause des images stéréotypées de la femme dans la publicité. Il introduit aussi le néon dans la peinture, geste que la Collection Pinault décrit comme pionnier à propos de « Peinture à haute tension ».
Après Mai 68, Raysse rompt avec le succès pop et avec la marchandisation de l’œuvre. Il passe au cinéma: le Musée national d’art moderne conserve « Jesus-Cola ou L’Hygiène de la vision » (1966-1967), film 35 mm de dix minutes montré au festival de Knokke-le-Zoute en 1967, et « Le Grand Départ » (1970), long métrage de soixante et onze minutes tourné en 16 mm avec Anne Wiazemsky et Sterling Hayden. La peinture revient ensuite par le dessin d’après nature et la détrempe: « Ceux du maquis », grande toile de 1992 (205 × 319,5 cm), a été achetée par l’État en 1994 puis attribuée au musée.
Dès octobre 1965, le Stedelijk Museum d’Amsterdam lui consacre une exposition intitulée « Maître et esclave de l’imagination ». Les rétrospectives se succèdent ensuite: Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris en 1992-1993, IVAM de Valence et Museum moderner Kunst Stiftung Ludwig de Vienne en 1993, Centre Pompidou en 2014, Palazzo Grassi à Venise en 2015 sous le commissariat de Caroline Bourgeois. En 2014, la Japan Art Association lui décerne le Praemium Imperiale de peinture. En 2024, le Conseil départemental de la Dordogne réunit au château de Biron ses peintures, statues et poèmes de 1974 à 2024.
Médiums: peinture (acrylique, aérosol, détrempe sur toile), photographie marouflée et repeinte, assemblage et installation, néon et lumière, vidéo en circuit fermé, film 16 mm et 35 mm, dessin (mine graphite sur papier), sculpture.
Techniques: détournement et agrandissement photographique d’un détail de tableau ancien, peinture à l’aérosol sur photographie marouflée sur toile, application d’objets manufacturés neufs sur le support peint, tube de néon intégré au tableau, dispositif caméra-moniteur en circuit fermé impliquant le spectateur, détrempe sur toile de grand format, dessin d’après nature.
Motifs récurrents: l’imagerie publicitaire et le stéréotype féminin, le plastique neuf et la société de consommation, le loisir balnéaire et la plage, le pastiche des maîtrès anciens, l’identité et le regard du spectateur, le retour aux genres traditionnels de la peinture après 1968.
Le fonds parisien de Martial Raysse est celui du Musée national d’art moderne: la recherche par artiste dans la collection du Centre Pompidou renvoie trente-sept œuvres à son nom. Elles couvrent toute la trajectoire, de l’objet « Hygiène de la vision » réalisé avec Arman en 1960 à la détrempe « Ceux du maquis » de 1992, en passant par « America America » (néon et métal peint, achat de 1977), « Raysse Beach » et les deux films acquis en 1991 et 1992. Les modes d’entrée disent l’histoire de ce fonds: achats de l’État, dons de fondations, donation de la Centre Pompidou Foundation.
Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France permet de suivre ses expositions parisiennes. La galerie Alexandre Iolas lui consacre une exposition du 10 juin au 10 juillet 1965, préfacée par Otto Hahn. La Galerie nationale du Jeu de Paume l’expose du 26 novembre 1992 au 31 janvier 1993, avant une reprise au Carré d’art de Nîmes. En 1997, la Galerie d’art graphique du Musée national d’art moderne montre ses dessins sous le titre « Chemin faisant, frère crayon et sainte gomme ». Plus récemment, la galerie Kamel Mennour a présenté un ensemble de dessins, études et modellos du 16 mars au 22 avril 2017.
Du 14 mai au 22 septembre 2014, le Centre Pompidou consacre à Martial Raysse une rétrospective dans la Galerie 1 du Musée national d’art moderne, sous la direction de Catherine Grenier; le catalogue publié par le Centre Pompidou réunit des textes de Françoise Viatte, Dimitri Salmon et Anaël Pigeat, et un album accompagne l’exposition. La Japan Art Association, qui lui remet la même année le Praemium Imperiale de peinture, mentionne cette rétrospective ouverte à Paris au mois de mai comme l’événement majeur de son année.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve trente-sept œuvres de l’artiste et lui a consacré une rétrospective en 2014; le bâtiment est fermé au public pour rénovation depuis 2025, avec une réouverture annoncée en 2030.
Bourse de Commerce — Pinault Collection (Paris) — Présente « Made in Japan » (1963) dans l’exposition collective « Clair-obscur », visible jusqu’au 24 août 2026.
Galerie nationale du Jeu de Paume (Paris) — A accueilli sa rétrospective du 26 novembre 1992 au 31 janvier 1993, reprise ensuite au Carré d’art de Nîmes.
Tate (Londres) — Conserve « Necropolis I » (1960).
The Museum of Modern Art (New York) — Conserve des œuvres de l’artiste et l’a inclus dans « Pop Impressions Europe/USA » (1999) et « In & Out of Amsterdam » (2009).
Stedelijk Museum (Amsterdam) — Première exposition personnelle de musée, « Maître et esclave de l’imagination », du 15 octobre au 28 novembre 1965.
1936-02-12 — Naissance à Golfe-Juan, sur la commune de Vallauris, dans une famille de céramistes
1958 — Publication à Nice de son recueil « Poèmes », enregistré au catalogue de la Bibliothèque nationale de France
1960 — Signature du manifeste du Nouveau Réalisme et réalisation avec Arman de l’objet « Hygiène de la vision »
1961 — Installation à New York, où naît la série « Made in Japan »
1962 — Réalisation de l’environnement « Raysse Beach », aujourd’hui au Musée national d’art moderne
1964 — « Made in Japan – La grande odalisque » et le néon « America America », tous deux au Centre Pompidou
1965-06-10 — Exposition personnelle à la galerie Alexandre Iolas à Paris, préfacée par Otto Hahn
1965-10-15 — Exposition « Maître et esclave de l’imagination » au Stedelijk Museum d’Amsterdam
1967 — Installation vidéo en circuit fermé « Identité, maintenant vous êtes un Martial Raysse »
1970 — Sortie de son long métrage « Le Grand Départ », tourné en 16 mm avec Anne Wiazemsky et Sterling Hayden
1992-11-26 — Rétrospective à la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris, jusqu’au 31 janvier 1993
1997-04-09 — Exposition de dessins « Chemin faisant, frère crayon et sainte gomme » à la Galerie d’art graphique du Centre Pompidou
2014-05-14 — Ouverture de la rétrospective du Centre Pompidou, Galerie 1, sous la direction de Catherine Grenier
2014 — Attribution du Praemium Imperiale de peinture par la Japan Art Association
2015-04-12 — Exposition au Palazzo Grassi de Venise, commissariat de Caroline Bourgeois, jusqu’au 30 novembre
2024-07-06 — Exposition « Peintures, statues, poèmes 1974-2024 » au château de Biron, en Dordogne
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Martial Raysse à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Dans « Made in Japan – La grande odalisque » (1964), un détail du visage du nu d'Ingres est photographié, agrandi, marouflé sur toile puis repeint à l'aérosol en couleurs acidulées et garni d'objets de pacotille alors fabriqués au Japon. Le Centre Pompidou y voit une mise en cause des images stéréotypées de la femme dans la publicité, dans une série de détournements de tableaux anciens menée entre 1963 et 1965.
« Raysse Beach » est un environnement balnéaire de 1962, reconstitué en 2007, formé de neuf panneaux de bois où des photographies de baigneuses collées sur Masonite sont rehaussées de peinture vinylique. S'y ajoutent une serviette éponge, un foulard de soie, des jouets de plage, des fruits en cire, un parapluie, des plumes, du sable et un juke-box. L'ensemble est entré au Centre Pompidou par donation en 2008.
Oui, et le Musée national d'art moderne conserve ses films. « Jesus-Cola ou L'Hygiène de la vision » (1966-1967) est un 35 mm couleur de dix minutes et trente-trois secondes, présenté au festival de Knokke-le-Zoute en 1967 puis au festival d'Avignon en 1971. « Le Grand Départ » (1970) est un long métrage de soixante et onze minutes en 16 mm, avec Lucienne Hamon, Anne Wiazemsky et Sterling Hayden.
Réalisée en 1967 et achetée par le Musée national d'art moderne en 1991, c'est une installation en circuit fermé de 199,5 × 150 × 50 cm associant une caméra noir et blanc et un moniteur montés sur une armature de bois, de métal et de plexiglas. Le dispositif est réglé pour que le visiteur qui s'approche à trois ou quatre mètrès se découvre lui-même à l'intérieur du cadre, et devienne donc l'œuvre.
Raysse abandonne l'imagerie pop et le plastique pour le cinéma, puis pour une peinture qui renoue avec les genres anciens et le dessin d'après nature. Le grand format « Ceux du maquis », détrempe sur toile de 205 × 319,5 cm daté de 1992, illustre cette seconde manière : il a été acheté par l'État en 1994 avant d'être attribué au Musée national d'art moderne en 2008.
La Japan Art Association lui a décerné en 2014 le Praemium Imperiale dans la catégorie peinture, lors de la vingt-sixième édition du prix. La fondation le présente comme une figure majeure du Nouveau Réalisme français et cite alors la grande rétrospective ouverte au Centre Pompidou à Paris au mois de mai de la même année, ainsi que la vaste toile « Ici Plage, comme ici-bas » réalisée en 2012.