Exposition Paris

Exposition Matthew Barney

Né en 1967 à San Francisco, Matthew Barney conduit depuis les années 1990 une œuvre qui refuse de choisir entre le film, la sculpture, la performance, la photographie et le dessin.

Qui est Matthew Barney ?

Le SFMOMA rappelle que Barney, né à San Francisco en 1967, a grandi entre la baie de San Francisco et Boise, dans l’Idaho, et qu’il s’était d’abord inscrit en études prémédicales à l’université Yale avant de basculer vers le département d’art.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Matthew Barney dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De la médecine à l’atelier: les années Yale

Le SFMOMA rappelle que Barney, né à San Francisco en 1967, a grandi entre la baie de San Francisco et Boise, dans l’Idaho, et qu’il s’était d’abord inscrit en études prémédicales à l’université Yale avant de basculer vers le département d’art. C’est là qu’il met au point des installations à base de performance et de vidéo, nourries autant par son expérience de sportif de lycée que par son intérêt pour la biologie et le corps humain. Ces premières pièces mettent en scène les entraves imposées au corps — le sien en particulier — et sa capacité à les dépasser. Il obtient son bachelor à Yale en 1989.

Les années 1990: le corps mis à l’épreuve

Le musée Astrup Fearnley d’Oslo décrit l’art de Barney comme un exemple paradigmatique du basculement entre la scène des années 1980 et celle des années 1990: là où la décennie précédente cultivait une image glamour de rock star, Barney devient au début des années 1990 la figure de l’«  outsider ». Fort d’un passé d’athlète, de mannequin et d’étudiant en médecine, et se réclamant des artistes conceptuels et performeurs des années 1970 — Nauman, Beuys, Burden, Acconci —, il explore les limites de l’endurance physique tout en bâtissant une cosmologie peuplée de figures modernes et magiques. La notice de Paris-Art signale qu’il est distingué en 1993 à la Biennale de Venise par le prix Europa 2000.

Le cycle CREMASTER, 1994-2002

Le Centre national des arts plastiques restitue la chronologie exacte du projet: le cycle est initié en 1994 par le film CREMASTER 4, suivi successivement de CREMASTER 1, 5 puis 2, et se conclut en 2002 avec CREMASTER 3, dont la première française a lieu lors de l’exposition parisienne. Barney s’y consacre alors exclusivement depuis plus de huit ans. Le communiqué rapproche explicitement l’entreprise de l’idée utopique du Gesamtkunstwerk, l’œuvre d’art totale, et précise que l’exposition internationale et itinérante réunissant les pièces majeures du cycle a été organisée par la Solomon R. Guggenheim Foundation en collaboration avec le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et le Museum Ludwig de Cologne.

Redoubt, le mythe de Diane transposé dans l’Idaho

En 2019, la Yale University Art Gallery accueille la première grande exposition de Barney dans son alma mater et y dévoile Redoubt, un long métrage tourné dans la chaîne des Sawtooth Mountains, dans l’Idaho. Le film adapte librement le mythe de Diane, déesse de la chasse, et d’Actéon, le chasseur qui la surprend et en est puni; comme la plupart des films de l’artiste, il se passe de dialogues, les personnages communiquant par la chorégraphie. L’exposition, ouverte du 1er mars 2019 au 12 janvier 2020, présentait aussi quatre sculptures monumentales tirées de troncs d’arbres brûlés récoltés par l’artiste, des gravures sur plaque de cuivre réalisées pendant le tournage et une série de reliefs de cuivre obtenus par électrodéposition.

SECONDARY: la violence du football américain rejouée

Filmée dans l’atelier de sculpture de l’artiste à Long Island City, à New York, où elle a été dévoilée au printemps 2023, l’installation SECONDARY réunit cinq vidéos tournées sur un terrain de football américain reconstitué. Pendant soixante minutes, onze performeurs — principalement des danseurs aux corps vieillissants, dont l’artiste lui-même — rejouent l’action. L’intrigue gravite autour de l’incident survenu lors d’un match professionnel le 12 août 1978: le choc entre le défenseur des Oakland Raiders Jack Tatum et le receveur des New England Patriots Darryl Stingley, qui laisse ce dernier paralysé à vie. Barney, alors jeune quarterback débutant, a grandi avec ces images rediffusées en boucle.

La pratique en bref

Médiums: Film et installation vidéo, Sculpture, Performance, Photographie, Dessin, Installation.

Techniques: Installation vidéo multi-écrans, Électrodéposition du cuivre, Gravure sur plaque de cuivre, Sculpture taillée dans des troncs d’arbres brûlés, Moulage et fonte de matériaux plastiques, Performance filmée in situ.

Motifs récurrents: Les limites physiques du corps humain, La contrainte comme moteur de la créativité, Biologie et différenciation sexuelle, Mythologies classiques et cosmologies personnelles, Sport, spectacle et violence, Paysage et géographie de l’Ouest américain, L’échec des corps et des matériaux.

La Fondation Cartier, trente ans de compagnonnage

La Fondation Cartier indique avoir été la première institution française à accueillir une exposition personnelle de Matthew Barney en Europe, en 1994, à l’occasion de la coproduction de CREMASTER 4. Trente ans plus tard, du 8 juin au 8 septembre 2024, elle présente au 261 boulevard Raspail SECONDARY, décrite comme la première exposition institutionnelle de l’artiste en France depuis plus de dix ans. L’accrochage mettait en regard ce film récent et les premières vidéos de la série DRAWING RESTRAINT, pour retracer les rapports entre résistance et créativité. Pour l’occasion, Barney a créé la dernière vidéo de la série, DRAWING RESTRAINT 27, performance qu’il a filmée in situ dans les espaces de la Fondation.

L’automne 2002 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Du 10 octobre 2002 au 5 janvier 2003, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris a montré «  Matthew Barney: The Cremaster Cycle », présentation du cycle complet à travers un ensemble de films, d’installations, de sculptures, de photographies et de dessins. Le Centre national des arts plastiques qualifie l’événement d’«  tout à fait inédit » et précise que la première française de CREMASTER 3 y a eu lieu. L’exposition itinérante était organisée par la Solomon R. Guggenheim Foundation en collaboration avec le musée parisien et le Museum Ludwig de Cologne; pour l’étape parisienne, l’artiste a travaillé avec l’équipe de l’ARC à une présentation adaptée aux salles du musée.

Une œuvre dans les collections publiques parisiennes

Le Centre Pompidou consacre une fiche d’autorité à Matthew Barney, qu’il décrit comme plasticien, cinéaste, photographe et sculpteur, de nationalité américaine, né en 1967 à San Francisco et travaillant à New York. La notice signale une œuvre de l’artiste dans les ressources du musée, De Lama Lamina (2004), et rattache son nom à l’exposition «  Hors limites. L’art et la vie, 1952-1994 », tenue au Centre Pompidou du 9 novembre 1994 au 23 janvier 1995. Le marché parisien accompagne aussi son travail: en juin et juillet 2024, la Galerie Max Hetzler a montré à Paris «  SECONDARY: object impact », volet parisien d’une série d’expositions simultanées.

Où voir ses œuvres

Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — Coproductrice de CREMASTER 4 en 1994 et première institution française à lui consacrer une exposition personnelle en Europe; a présenté SECONDARY en 2024 et conserve son travail dans sa Collection.

Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — A présenté «  Matthew Barney: The Cremaster Cycle » du 10 octobre 2002 au 5 janvier 2003, avec la première française de CREMASTER 3.

Centre Pompidou (Paris) — Fiche d’autorité consacrée à l’artiste et œuvre De Lama Lamina (2004) répertoriée dans ses ressources de collection.

Yale University Art Gallery (New Haven) — A présenté Redoubt du 1er mars 2019 au 12 janvier 2020, première grande exposition de l’artiste dans son ancienne université.

Repères chronologiques

1967 — Naissance à San Francisco, en Californie; il grandit entre la baie de San Francisco et Boise, dans l’Idaho.

1989 — Bachelor of Arts à l’université Yale, après un passage par les études prémédicales.

1993 — Distingué par le prix Europa 2000 à la Biennale de Venise, selon la notice de Paris-Art.

1994 — Première exposition personnelle en Europe à la Fondation Cartier, qui coproduit CREMASTER 4.

1994-2002 — Réalisation du cycle CREMASTER, de CREMASTER 4 en 1994 à CREMASTER 3 en 2002.

2002-10-10 — Ouverture de «  Matthew Barney: The Cremaster Cycle » au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, jusqu’au 5 janvier 2003.

2003-09-13 — Le cycle CREMASTER est montré au musée Astrup Fearnley d’Oslo jusqu’au 12 décembre 2003.

2019-03-01 — Ouverture de «  Matthew Barney: Redoubt » à la Yale University Art Gallery, jusqu’au 12 janvier 2020.

2023 — Première présentation de SECONDARY dans le studio de l’artiste à Long Island City, à New York.

2024-06-08 — Ouverture de SECONDARY à la Fondation Cartier, boulevard Raspail, jusqu’au 8 septembre 2024.

2025-10-25 — Ses œuvres figurent dans Exposition Générale, accrochage de la Collection de la Fondation Cartier.

Matthew Barney & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Matthew Barney à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Matthew Barney ?

Artiste américain né en 1967 à San Francisco, il travaille indifféremment le film, la sculpture, la performance, la photographie et le dessin. Le Centre Pompidou le répertorie comme plasticien, cinéaste, photographe et sculpteur, résidant et travaillant à New York.

Qu'est-ce que le cycle CREMASTER ?

Un ensemble de cinq films accompagnés de sculptures, de photographies et de dessins, initié en 1994 par CREMASTER 4 puis complété par les épisodes 1, 5 et 2, et achevé en 2002 avec CREMASTER 3. Le Cnap rapproche l'entreprise de l'idée de Gesamtkunstwerk, l'œuvre d'art totale.

Peut-on voir une œuvre de Matthew Barney à Paris aujourd'hui ?

La Fondation Cartier pour l'art contemporain, installée 2 place du Palais-Royal, présente jusqu'au 23 août 2026 son accrochage collectif Exposition Générale, ouvert le 25 octobre 2025 ; la galerie représentant l'artiste annonce que des œuvres de Matthew Barney y figurent. Il est prudent de confirmer auprès de la Fondation avant de se déplacer pour lui seul.

Que raconte l'installation SECONDARY ?

Cinq vidéos tournées sur un terrain de football américain reconstitué, où onze performeurs — surtout des danseurs aux corps vieillissants — rejouent pendant une heure le choc du 12 août 1978 entre Jack Tatum et Darryl Stingley, qui laissa ce dernier paralysé à vie.

Quel lien Matthew Barney entretient-il avec la Fondation Cartier ?

Une relation suivie depuis trente ans : l'institution du boulevard Raspail fut la première en France à lui offrir une exposition personnelle en Europe, en 1994, en coproduisant CREMASTER 4, puis lui a consacré SECONDARY du 8 juin au 8 septembre 2024, occasion pour laquelle il a filmé DRAWING RESTRAINT 27 dans ses espaces.

Où le film Redoubt a-t-il été tourné et que met-il en scène ?

Dans la chaîne des Sawtooth Mountains, en Idaho. Le long métrage, sans dialogue, adapte librement le mythe de Diane et d'Actéon ; il était accompagné à la Yale University Art Gallery de sculptures tirées de troncs brûlés et de reliefs de cuivre obtenus par électrodéposition.