Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Michel-Ange dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Michel-Ange (1475, Caprese – 1564, Rome) se disait sculpteur avant tout, et c’est bien par le marbre que Paris le rencontre: le Louvre conserve l’« Esclave mourant » et l’« Esclave rebelle », taillés à Rome entre 1513 et 1515 pour le soubassement du tombeau de Jules II, écartés du monument définitif, puis offerts par l’artiste lui-même à son ami Roberto Strozzi en 1546.
Né à Caprese en 1475, Michel-Ange grandit dans l’orbite florentine des Buonarroti.
Cette page sert surtout à situer Michel-Ange dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Caprese en 1475, Michel-Ange grandit dans l’orbite florentine des Buonarroti. La Casa Buonarroti, palais du XVIIe siècle situé via Ghibellina 70 à Florence, conserve deux reliefs de marbre du jeune artiste, la « Madone à l’escalier » et la « Bataille des Centaures », ainsi qu’un ensemble de deux cent cinq feuilles de sa main, présentées par rotations. Ces marbres de jeunesse disent déjà l’essentiel de sa méthode: la figure humaine arrachée au bloc, sans décor ni anecdote.
L’ouvrage est confié à Michel-Ange par les ouvriers de la cathédrale de Florence le 16 août 1501, pour une rémunération de quatre cents ducats. Le 25 janvier 1504, une commission réunissant notamment Léonard de Vinci, Botticelli, Filippino Lippi et le Pérugin décide de placer la statue à l’entrée du Palazzo Vecchio comme symbole de la force et de l’indépendance des Florentins; elle est dévoilée à la ville le 8 septembre 1504. Le marbre blanc mesure 517 centimètrès avec sa base sculptée et pèse 5 560 kilos.
En 1508, Jules II della Rovere, pontife de 1503 à 1513, décide de modifier en partie le décor de la chapelle bâtie par son oncle Sixte IV et confie la voûte à Michel-Ange; le travail s’achève en octobre 1512. Vingt ans plus tard, vers la fin de 1533, Clément VII de Médicis lui commande le Jugement dernier sur le mur d’autel; l’artiste commence cette œuvre en 1536, sous le pontificat de Paul III, et la termine à l’automne 1541. La restauration du Jugement dernier sera célébrée le 8 avril 1994.
Le monument funéraire de Jules II est commandé en 1505 pour la basilique Saint-Pierre de Rome. Michel-Ange taille à Rome, entre 1513 et 1515, deux figures d’esclaves destinées au soubassement du deuxième projet, disposition connue par les dessins préparatoires; elles sont finalement abandonnées dans la version définitive mise en place en 1545. L’artiste en fait don à son ami Roberto Strozzi en 1546. Le Louvre les conserve sous les numéros MR 1590 et MR 1589, l’« Esclave rebelle » mesurant 2,15 mètrès de haut.
Michel-Ange n’a laissé qu’un seul tableau de chevalet achevé: la Sainte Famille dite Tondo Doni, peinte en 1505-1506 à la tempera grassa sur bois, d’un diamètre de 120 centimètrès, conservée aux Offices sous l’inventaire 1890 n. 1456. Elle fut réalisée pour le marchand florentin Agnolo Doni, en lien avec son mariage de 1504 avec Maddalena Strozzi. Ce tondo, contemporain des premières commandes romaines, reste la seule peinture sur panneau que l’on puisse lui attribuer avec certitude.
Michel-Ange meurt à Rome en 1564. Dans la basilique Santa Croce de Florence, sa tombe monumentale est réalisée par Battista Lorenzi entre 1564 et 1576, avec le buste qui la surmonte. Après sa mort, de nombreux dessins restent à Florence entre les mains de la famille; son neveu Leonardo récupère à Rome d’autres feuilles et en offre plusieurs au duc de Toscane vers 1566. C’est ce partage précoce qui explique la dispersion actuelle du corpus graphique entre Florence, Paris et Londres.
Médiums: marbre, fresque, dessin, peinture sur bois, architecture.
Techniques: sculpture en marbre, taillée en ronde-bosse et en relief, fresque monumentale sur voûte et sur mur d’autel, pierre noire, parfois sur traits de sanguine, avec traces d’incision au stylet, tempera grassa sur panneau de bois.
Motifs récurrents: le nu masculin comme unique vocabulaire expressif, figures bibliques et prophétiques, Vierge à l’Enfant et Pietà, tombeaux princiers et papaux, la figure captive, entravée ou prisonnière du bloc.
La notice du Louvre retrace une chaîne de propriétaires exceptionnellement documentée. Donnés par l’artiste à Roberto Strozzi en 1546, les deux esclaves sont offerts peu après au roi de France, puis donnés avant 1550 par Henri II au connétable Anne de Montmorency, qui les installe dans les niches de la façade orientale de son château d’Écouen. Le 30 octobre 1632, Henri II de Montmorency les offre au cardinal de Richelieu, pour les niches du château de Richelieu en Poitou. Le maréchal de Richelieu les transporte à Paris en 1741.
À Paris, les marbres passent du jardin de la « petite maison » du maréchal à celui de l’ancien hôtel d’Antin acquis en 1756, sous une pergola, de part et d’autre du Bacchus antique dit « Bacchus Richelieu ». Saisis en 1792 comme biens d’émigré, ils sont « réservés pour la Nation » lors de la vente du 28 janvier 1793, déposés aux Petits-Augustins, puis transférés au Louvre par le Conservatoire du Muséum le 11 fructidor an II, soit le 28 août 1794. Présentés dans la galerie d’Apollon entre 1814 et 1817, ils rejoignent ensuite la galerie d’Angoulême.
Le versant graphique parisien est moins connu. Le département des Arts graphiques du Louvre conserve sous l’inventaire INV 686 une « Étude d’homme nu, debout » datée vers 1524, à la pierre noire sur traits de sanguine avec traces d’incision au stylet, passée par la collection Jabach et acquise pour le cabinet du Roi en 1671. Une « Étude pour une Pietà » à la pierre noire, INV 716, provient de la succession Buonarroti puis des collections Wicar, Thomas Lawrence et Guillaume II de Hollande, avant son acquisition en 1850.
Les deux marbres ont quitté leurs salles pour le hall Napoléon du 15 avril au 20 juillet 2026, à l’occasion de l’exposition « Rodin, Michel-Ange. Corps vivants », dont le catalogue est dirigé par Chloé Ariot et Marc Bormand et coédité par le musée du Louvre et Gallimard en 2026; l’« Esclave mourant » y figurait au numéro 1 du catalogue. Cette confrontation rappelle que la réception parisienne de Michel-Ange s’est largement jouée au XIXe siècle, par les sculpteurs venus copier ces deux corps au musée.
Musée du Louvre, département des Sculptures (Paris) — Conserve l’« Esclave mourant » (MR 1590) et l’« Esclave rebelle » (MR 1589), entrés dans les collections nationales en 1794.
Musée du Louvre, département des Arts graphiques (Paris) — Conserve des dessins attribués à Michel-Ange, dont INV 686 (cabinet du Roi, 1671) et INV 716 (acquis en 1850).
Galleria dell’Accademia di Firenze (Florence) — Conserve le David, marbre blanc de 517 cm, inv. Scult. n. 1076.
Musées du Vatican, chapelle Sixtine (Cité du Vatican) — Voûte peinte entre 1508 et octobre 1512, Jugement dernier peint de 1536 à l’automne 1541.
Casa Buonarroti (Florence) — Maison de la famille Buonarroti, via Ghibellina 70: deux reliefs de jeunesse et deux cent cinq feuilles.
Gallerie degli Uffizi (Florence) — Conservent le Tondo Doni, 1505-1506, seule peinture sur panneau achevée qui subsiste.
Basilique Santa Croce (Florence) — Tombe monumentale de Michel-Ange réalisée par Battista Lorenzi entre 1564 et 1576.
1475 — Naissance de Michel-Ange à Caprese, selon les dates d’autorité de la notice Louvre.
1501-08-16 — Les ouvriers de la cathédrale de Florence lui confient le David pour 400 ducats.
1504-09-08 — Le David est dévoilé à la ville de Florence, à l’entrée du Palazzo Vecchio.
1505 — Jules II commande son tombeau pour la basilique Saint-Pierre de Rome.
1505-1506 — Exécution du Tondo Doni pour le marchand florentin Agnolo Doni.
1508 — Jules II confie à Michel-Ange la peinture de la voûte de la chapelle Sixtine.
1512 — Achèvement de la voûte de la Sixtine en octobre, après quatre années de chantier.
1513-1515 — Taille à Rome des deux Esclaves destinés au soubassement du tombeau de Jules II.
1536-1541 — Peinture du Jugement dernier sur le mur d’autel, achevée à l’automne 1541.
1546 — Michel-Ange donne les deux Esclaves à son ami Roberto Strozzi.
1632-10-30 — Henri II de Montmorency offre les deux Esclaves au cardinal de Richelieu.
1564 — Mort de Michel-Ange à Rome, d’après les dates d’autorité du musée du Louvre.
1564-1576 — Battista Lorenzi réalise la tombe monumentale de l’artiste à Santa Croce.
1741 — Le maréchal de Richelieu fait transporter les deux marbres à Paris.
1794 — Transfert des Esclaves au Louvre le 11 fructidor an II, soit le 28 août 1794.
2026-04-15 — Ouverture au hall Napoléon de l’exposition « Rodin, Michel-Ange. Corps vivants ».




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Michel-Ange à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Oui. Le musée du Louvre conserve deux marbres autographes, l'« Esclave mourant » (MR 1590) et l'« Esclave rebelle » (MR 1589), entrés dans les collections nationales le 28 août 1794, ainsi que des dessins au département des Arts graphiques, dont l'INV 686 et l'INV 716.
Ils avaient été taillés entre 1513 et 1515 pour le soubassement du deuxième projet de tombeau commandé en 1505 par Jules II. Cette disposition a été abandonnée dans la version définitive mise en place en 1545, et Michel-Ange a offert les deux figures à son ami Roberto Strozzi en 1546.
En deux campagnes très éloignées. La voûte lui est confiée en 1508 par Jules II et achevée en octobre 1512. Le Jugement dernier, commandé fin 1533 par Clément VII, est commencé en 1536 sous Paul III et terminé à l'automne 1541 ; sa restauration est célébrée le 8 avril 1994.
La sculpture de marbre blanc, avec sa base sculptée, mesure 517 centimètrès et pèse 5 560 kilos. Elle est conservée à la Galleria dell'Accademia de Florence sous l'inventaire Scult. n. 1076 et a été dévoilée à la ville le 8 septembre 1504.
Très peu : la Sainte Famille dite Tondo Doni, tempera grassa sur bois de 120 centimètrès de diamètre peinte en 1505-1506 pour Agnolo Doni, est présentée par les Offices comme la seule peinture sur panneau achevée de l'artiste qui nous soit parvenue.
Le corpus est dispersé depuis le XVIe siècle : la Casa Buonarroti de Florence détient deux cent cinq feuilles, présentées par rotations, tandis que le Louvre en conserve plusieurs au département des Arts graphiques, l'INV 686 provenant de la collection Jabach acquise pour le cabinet du Roi en 1671.