Exposition Paris

Exposition Mickalene Thomas

Mickalene Thomas peint des femmes noires en majesté, sur des panneaux saturés de strass, d’acrylique et d’émail, dans des intérieurs à motifs qui rejouent les poses du portrait occidental.

Qui est Mickalene Thomas ?

Née le 28 janvier 1971 à Camden, dans le New Jersey, Mickalene Thomas s’est d’abord orientée vers une carrière juridique avant de bifurquer vers la peinture.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Mickalene Thomas dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Du New Jersey à Brooklyn: une formation tardive et décidée

Née le 28 janvier 1971 à Camden, dans le New Jersey, Mickalene Thomas s’est d’abord orientée vers une carrière juridique avant de bifurquer vers la peinture. Elle obtient un Bachelor of Fine Arts en peinture au Pratt Institute de Brooklyn en 2000, puis un Master of Fine Arts à la Yale University School of Art en 2002. Elle prolonge cette formation par une résidence au Studio Museum in Harlem, à New York, achevée en 2003. Elle vit et travaille depuis à Brooklyn, où son atelier alimente une pratique qui n’a jamais cessé de déborder le tableau.

Le strass, l’acrylique et l’émail comme grammaire

Thomas construit ses tableaux à partir de ses propres photographies, qu’elle transpose ensuite en strass, collage, acrylique et émail. Le strass, matériau signature, ne sert pas seulement à faire briller: il module les ombres, souligne un regard ou un pli d’étoffe, et fonctionne comme métaphore de l’artifice, interrogeant frontalement ce qui est réputé féminin. Ses protagonistes afro-américaines empruntent parfois les poses réservées aux nus blancs de la tradition occidentale, mais elles les tiennent dans des intérieurs aux motifs exubérants, et elles regardent celui qui les regarde.

Une pratique élargie: film, commissariat, scène

Le musée de l’Orangerie présente Mickalene Thomas comme une artiste visuelle qui est aussi réalisatrice, commissaire d’expositions et coproductrice de spectacles nommée aux Tony Awards. Cette polyvalence se lit dans ses œuvres elles-mêmes: sa vidéo-sculpture Me As Muse, datée de 2016, a servi de cœur à l’installation immersive conçue pour les Tuileries. Elle a également expérimenté l’image institutionnelle avec FBI/Serial Portraits en 2008, série élaborée à partir de photographies signalétiques de femmes afro-américaines.

Reconnaissance internationale et itinérance d’All About Love

En 2012, Mickalene Thomas: Origin of the Universe, sa première grande exposition monographique en musée, ouvre au Santa Monica Museum of Art puis voyage jusqu’au Brooklyn Museum; son titre renvoie à L’Origine du monde de Gustave Courbet. Douze ans plus tard, The Broad, à Los Angeles, inaugure le 25 mai 2024 All About Love, première tournée internationale d’ampleur de son travail, avec plus de quatre-vingt-dix œuvres réunies sur vingt ans de production. L’itinérance passe ensuite par la Barnes Foundation à Philadelphie, la Hayward Gallery à Londres, puis la France. En 2025, le magazine Time la range parmi les cent personnalités les plus influentes de l’année.

Modèles, muses et mémoire familiale

Les femmes qu’elle peint sont ses amies, ses amantes, sa famille et des figures publiques: Eartha Kitt, Whitney Houston, Oprah Winfrey, Condoleezza Rice. Sa mère, Sandra Bush, dite «  Mama Bush », mannequin dans les années 1970, occupe une place centrale dans cette galerie de muses. Son portrait de Michelle Obama fut le premier portrait individuel réalisé de la première dame et fut montré dans l’exposition Americans Now de la National Portrait Gallery. Thomas cite Carrie Mae Weems et Faith Ringgold parmi ses déclencheurs, et revendique son point de vue de femme noire lesbienne comme ce qui déplace le regard.

La pratique en bref

Médiums: peinture technique mixte (strass, acrylique, émail), collage, photographie couleur, vidéo, installation immersive.

Techniques: transposition en peinture de ses propres prises de vue photographiques, incrustation de strass servant d’ombre et d’accent, assemblage d’images d’archives découpées et remontées, montage sur dibond de collages photographiques, installation d’intérieurs domestiques reconstitués en salle.

Motifs récurrents: représentation et visibilité des femmes noires, beauté, féminité et autonomie du corps, esthétique queer noire et art érotique noir, amour comme force de libération et de joie, réécriture des codes du portrait classique occidental, loisir, repos et intérieurs domestiques.

Avec Monet, à l’Orangerie: le contrepoint de 2022

Du 13 octobre 2022 au 6 février 2023, le musée de l’Orangerie, dans le jardin des Tuileries, a confié à Mickalene Thomas son cycle «  Contrepoint contemporain ». Pour cette invitation, l’artiste a produit trois grands collages inédits, un tableau monumental et une installation immersive in situ organisée autour de sa vidéo-sculpture Me As Muse de 2016. Le musée relie explicitement cet ensemble à la résidence que l’artiste avait effectuée en 2011 dans la maison de Claude Monet à Giverny. L’un des collages exposés, Le Jardin d’Eau de Monet, associe photographie couleur, papiers imprimés et strass sur papier montés sur dibond.

Le Grand Palais, hiver 2025-2026: All About Love

Du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026, le Grand Palais a accueilli All About Love, rétrospective couvrant plus de deux décennies de création et mêlant peinture, collage, photographie, vidéo et installation. Le titre reprend celui de l’essai de bell hooks paru en 1999, qui envisage l’amour comme force de transformation. Le musée souligne que l’accrochage entrait en dialogue avec des moments clés de l’histoire de l’art européenne, et singulièrement française, l’artiste replaçant les femmes noires au centre du récit. Time Out Paris a présenté l’exposition comme la célébration de vingt ans de carrière.

Une représentation parisienne au Faubourg Saint-Honoré

Mickalene Thomas est représentée à Paris par la galerie Nathalie Obadia, qui lui a consacré du 19 octobre 2025 au 24 janvier 2026 l’exposition «  je t’adore deux » dans son espace du Faubourg Saint-Honoré. Onze œuvres inédites y étaient réunies, issues de séries nourries par les publications JET et Nus Exotiques, connues pour leurs représentations de nus dits «  exotiques »: l’artiste y démonte l’imagerie d’archive pour la remonter en collages critiques. La galerie situe cette exposition dans le prolongement de sa reconnaissance institutionnelle européenne croissante.

Où voir ses œuvres

Grand Palais (Paris) — A présenté la rétrospective All About Love du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026.

Musée de l’Orangerie (Paris) — A invité l’artiste pour le contrepoint contemporain «  Avec Monet », du 13 octobre 2022 au 6 février 2023.

Galerie Nathalie Obadia (Paris) — Galerie qui représente l’artiste à Paris et a montré «  je t’adore deux » à l’automne 2025.

Les Abattoirs, Musée Frac Occitanie (Toulouse) — Première exposition d’envergure consacrée à l’artiste en France, du 13 juin au 9 novembre 2025.

The Broad (Los Angeles) — Point de départ de l’itinérance internationale d’All About Love, du 25 mai au 29 septembre 2024.

Repères chronologiques

1971-01-28 — Naissance de Mickalene Thomas à Camden, dans le New Jersey.

2000 — Bachelor of Fine Arts en peinture obtenu au Pratt Institute, à Brooklyn.

2002 — Master of Fine Arts en peinture à la Yale University School of Art.

2003 — Résidence d’artiste au Studio Museum in Harlem, à New York.

2011 — Résidence à Giverny, dans la maison de Claude Monet, via le programme Munn Artists de la Versailles Foundation.

2012 — Origin of the Universe, première grande monographie en musée, ouvre au Santa Monica Museum of Art puis rejoint le Brooklyn Museum.

2022-10-13 — Ouverture du contrepoint contemporain «  Avec Monet » au musée de l’Orangerie, à Paris.

2024-05-25 — The Broad, à Los Angeles, inaugure All About Love avec plus de quatre-vingt-dix œuvres.

2025-06-13 — All About Love ouvre aux Abattoirs de Toulouse, première étape française de l’itinérance.

2025-10-19 — Ouverture de «  je t’adore deux » à la galerie Nathalie Obadia, Faubourg Saint-Honoré, à Paris.

2025-12-17 — Le Grand Palais ouvre la rétrospective All About Love, présentée jusqu’au 5 avril 2026.

Mickalene Thomas & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Mickalene Thomas à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Peut-on voir une exposition de Mickalene Thomas à Paris en ce moment ?

Non. La rétrospective All About Love s'est achevée au Grand Palais le 5 avril 2026, et le programme en cours du Grand Palais n'affiche plus son nom. L'exposition « je t'adore deux » à la galerie Nathalie Obadia a pris fin le 24 janvier 2026. Aucune date parisienne n'est annoncée à ce jour par ces deux lieux.

Pourquoi ses tableaux sont-ils recouverts de strass ?

Le strass est son matériau signature. Il ne sert pas seulement d'ornement : il module les ombres et accentue des éléments précis de chaque composition, tout en jouant comme métaphore de l'artifice. En saturant ses figures de fausses pierres, l'artiste interroge ce que l'on tient pour féminin et ce qui est censé définir une femme.

D'où vient le titre All About Love ?

Il reprend celui d'All About Love: New Visions, ouvrage publié en 1999 par l'autrice afro-féministe bell hooks, qui présente l'amour comme une force de transformation et d'émancipation. Le Grand Palais reprend explicitement cette filiation pour une rétrospective où l'amour devient affirmation de soi, joie et geste politique.

Quel lien Mickalene Thomas entretient-elle avec Claude Monet ?

En 2011, elle a séjourné dans la maison de Claude Monet à Giverny grâce au programme Munn Artists de la Versailles Foundation. Onze ans plus tard, le musée de l'Orangerie a bâti sur cette expérience un contrepoint contemporain, avec notamment le collage Le Jardin d'Eau de Monet, réalisé en 2022 en photographie, papiers imprimés et strass.

Quelles œuvres de l'histoire de l'art réinterprète-t-elle ?

Sa peinture Le déjeuner sur l'herbe : Les Trois Femmes Noires répond directement au tableau d'Édouard Manet de 1863. Le titre de son exposition Origin of the Universe renvoie pour sa part à L'Origine du monde de Gustave Courbet, peinte en 1866. Ingres, Picasso et Matisse figurent aussi parmi ses points d'appui déclarés.

Mickalene Thomas est-elle uniquement peintre ?

Non. Le musée de l'Orangerie la décrit comme artiste visuelle, mais aussi réalisatrice, commissaire d'expositions et coproductrice de spectacles nommée aux Tony Awards. Son œuvre comprend des vidéos, des installations de grande envergure et des photographies, comme la vidéo-sculpture Me As Muse présentée à Paris en 2022.