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Cette page sert surtout à situer Mona Hatoum dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Beyrouth en 1952 dans une famille palestinienne, Mona Hatoum se trouve bloquée à Londres en 1975 lorsque la guerre civile libanaise lui interdit le retour: elle y étudie à la Byam Shaw School of Art puis à la Slade School of Art, et fait de l’exil la matière même de son travail.
Mona Hatoum naît en 1952 à Beyrouth, dans une famille palestinienne. Elle étudie au Beirut University College de 1970 à 1972, puis vient en Grande-Bretagne au milieu des années 1970.
Cette page sert surtout à situer Mona Hatoum dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Mona Hatoum naît en 1952 à Beyrouth, dans une famille palestinienne. Elle étudie au Beirut University College de 1970 à 1972, puis vient en Grande-Bretagne au milieu des années 1970. Un séjour de courte durée à Londres en 1975 se transforme en installation définitive: la guerre civile éclate au Liban et rend son retour impossible. Elle poursuit alors sa formation à la Byam Shaw School of Art de 1975 à 1979, puis à la Slade School of Art de 1979 à 1981. L’exil et la séparation d’avec la famille restée à Beyrouth deviennent la matière première de ses vidéos et de ses installations.
Jusqu’en 1988, Mona Hatoum travaille principalement la performance et la vidéo. Ces pièces mettent en jeu son statut d’exilée et de femme, la place d’une culture orientale au sein de la culture occidentale, l’errance et la violence — la guerre du Liban en toile de fond. Son propre corps y est exposé, parfois jusqu’à la limite de ses forces, et devient une zone de conflit. Durant toute la décennie, elle enchaîne les résidences d’artiste en Grande-Bretagne, au Canada et aux États-Unis. Deux titres résument cette période: Don’t Smile, You’re on Camera! (1980) et Measures of Distance (1988), où la voix et les lettres de sa mère disent la guerre et ce qui a été perdu.
À partir de 1989, Mona Hatoum concentre son travail sur l’installation; le premier ensemble est montré en 1992 à la Chapter Gallery de Cardiff, où elle est alors Senior Fellow du Cardiff Institute of Higher Education. Elle met au point des dispositifs de grilles métalliques qui évoquent la violence physique et l’enfermement, dont Light Sentence (1992), et décline ces thèmes dans des sculptures de plus petit format dérivées de meubles, comme Incommunicado (1993). L’électricité, le magnétisme, la température, le son et la vidéo s’ajoutent aux dispositifs et placent le spectateur au cœur de la scène plutôt que devant elle.
La rétrospective organisée par le Centre Pompidou en 2015 circule ensuite à la Tate Modern en 2016 puis au musée d’art contemporain Kiasma d’Helsinki. Les distinctions se succèdent: prix de la fondation Roswitha Haftmann à Zurich en 2004, prix Joan Miró de la Fundació Joan Miró de Barcelone en 2011, Hiroshima Art Prize décerné par le Hiroshima City Museum of Contemporary Art en 2017, Praemium Imperiale de sculpture remis par la Japan Art Association en 2019, puis prix Julio González de l’IVAM de Valence en 2020. En 2025 elle est faite docteure honoris causa de la KU Leuven, et reçoit en 2026 le Hamburger Bahnhof Lifetime Achievement Award.
Depuis les années 2000, les monographies s’enchaînent hors de Londres et de Paris: Kunstmuseum de Bonn et Hamburger Kunsthalle en 2004, Museum of Contemporary Art Australia à Sydney en 2005, Fondazione Querini Stampalia à Venise en 2009, Arter à Istanbul en 2012, Pinacoteca do Estado de São Paulo en 2014, Menil Collection de Houston en 2017, IVAM de Valence en 2021, Georg Kolbe Museum et KINDL à Berlin en 2022, Barbican de Londres en 2025, Fondazione Prada à Milan en 2026. Elle a également participé à la Documenta 11 en 2002 et à la Biennale de Venise en 2005.
Médiums: installation, sculpture, vidéo, performance, photographie, œuvres sur papier.
Techniques: grilles et structures métalliques, mobilier domestique électrifié, vidéo endoscopique projetée au sol, matières organiques (cheveux, fluides corporels), objets trouvés et matériaux industriels, changement d’échelle d’ustensiles domestiques.
Motifs récurrents: exil et déplacement des populations, corps comme zone de conflit, surveillance, contrôle social et politique, domestique rendu menaçant, désir et répulsion, peur et fascination, frontières et restrictions de circulation.
C’est à Paris que Mona Hatoum entre au musée. Le Centre Pompidou lui consacre en 1994 la première exposition muséale dédiée à son travail — le musée le rappelle lui-même vingt ans plus tard, en présentant sa rétrospective de 2015 comme une suite à cette exposition inaugurale. C’est également en 1994 qu’elle renoue avec la vidéo en l’incorporant à l’installation Corps étranger, montrée au Centre Georges-Pompidou: des images endoscopiques de son propre corps projetées à même le sol, sur un disque d’un mètre de diamètre.
Du 24 juin au 28 septembre 2015, le Centre Pompidou réunit une centaine d’œuvres couvrant la période 1977-2015 pour la première grande monographie de l’artiste. L’accrochage refuse la chronologie et fonctionne comme une « cartographie »: les performances des années 1980, documentées en photographies, dessins et vidéos, dialoguent avec les installations, sculptures et objets postérieurs. L’exposition, organisée par le Musée national d’art moderne, poursuit ensuite sa route à la Tate Modern du 4 mai au 21 août 2016, puis au musée Kiasma d’Helsinki.
Au milieu des années 1990, Mona Hatoum enseigne à l’École des beaux-arts de Paris. Elle est représentée dans la capitale par la Galerie Chantal Crousel, installée 10 rue Charlot dans le 3e arrondissement, qui montrait déjà ses travaux récents en janvier 2008, au moment où le Centre Pompidou l’invitait à commenter sa production. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans plusieurs collections publiques d’Île-de-France: le Musée national d’art moderne, le MAC VAL à Vitry-sur-Seine et la Cité nationale de l’histoire de l’immigration à Paris.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Premier musée à l’exposer en 1994, organisateur de la rétrospective de 2015, détenteur d’œuvres de l’artiste dans ses collections
Galerie Chantal Crousel (Paris) — Galerie qui représente l’artiste à Paris, 10 rue Charlot (3e), et qui présentait ses travaux récents en janvier 2008
MAC VAL, Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine) — Collection publique francilienne conservant des œuvres de l’artiste
Tate Modern (Londres) — Étape londonienne de la rétrospective, du 4 mai au 21 août 2016; conserve quatorze œuvres de l’artiste
1952 — Naissance à Beyrouth, au Liban, dans une famille palestinienne
1970-1972 — Études au Beirut University College, avant le départ pour la Grande-Bretagne
1975 — Bloquée à Londres par la guerre civile libanaise, elle s’y installe et entre à la Byam Shaw School of Art
1979-1981 — Formation à la Slade School of Art, à Londres
1988 — Measures of Distance, vidéo construite sur les lettres et la voix de sa mère restée à Beyrouth
1992 — Premier ensemble d’installations exposé à la Chapter Gallery de Cardiff, dont Light Sentence
1994 — Première exposition muséale de son travail, au Centre Pompidou, et présentation de Corps étranger
1995 — Sélectionnée pour le prix Turner après ses expositions du Centre Pompidou et de White Cube
2015 — Rétrospective au Centre Pompidou, du 24 juin au 28 septembre, avec une centaine d’œuvres
2016 — Étape londonienne de la rétrospective à la Tate Modern, du 4 mai au 21 août
2019 — Praemium Imperiale de sculpture, décerné par la Japan Art Association
2026 — Hamburger Bahnhof Lifetime Achievement Award, remis par Frances Morris
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Mona Hatoum à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Née à Beyrouth en 1952 dans une famille palestinienne, elle se trouvait à Londres pour un séjour de courte durée en 1975 lorsque la guerre civile a éclaté au Liban. Le retour lui étant devenu impossible, elle s'est installée en Grande-Bretagne, où elle a repris ses études d'art à la Byam Shaw School of Art puis à la Slade School of Art.
Réalisée en 1994, Corps étranger est une installation dans laquelle Mona Hatoum revient à la vidéo : une caméra endoscopique filme l'intérieur de son propre corps, et les images sont projetées au sol sur un disque d'un mètre de diamètre. Elle a été montrée cette année-là au Centre Georges-Pompidou et prolonge sa performance Don't Smile, You're on Camera! de 1980.
Du 24 juin au 28 septembre 2015. Cette première grande monographie réunissait une centaine d'œuvres produites entre 1977 et 2015, présentées sans ordre chronologique, comme une cartographie de son parcours. Le Centre Pompidou avait déjà organisé, vingt ans plus tôt, la toute première exposition muséale consacrée à son travail.
Elle associe des matières organiques — cheveux, fluides corporels — à des matériaux industriels comme les grillages et les panneaux vitrés, et détourne du mobilier et des ustensiles de cuisine. L'électricité, le magnétisme, la température, le son et la vidéo complètent souvent ces dispositifs et placent le spectateur à l'intérieur de la scène.
Le prix de la fondation Roswitha Haftmann à Zurich en 2004, le prix Joan Miró de la Fundació Joan Miró à Barcelone en 2011, le Hiroshima Art Prize en 2017, le Praemium Imperiale de sculpture décerné par la Japan Art Association en 2019, le prix Julio González de l'IVAM en 2020, un doctorat honoris causa de la KU Leuven en 2025 et le Hamburger Bahnhof Lifetime Achievement Award en 2026.
Ses œuvres sont conservées par plusieurs institutions d'Île-de-France : le Musée national d'art moderne du Centre Pompidou, le MAC VAL à Vitry-sur-Seine et la Cité nationale de l'histoire de l'immigration à Paris. Leur présentation dépend des accrochages en cours, aucune de ces institutions ne les exposant en permanence.