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Cette page sert surtout à situer Nairy Baghramian dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Ispahan en 1971 dans une famille arménienne d’Iran, Nairy Baghramian a quitté le pays adolescente et vit à Berlin depuis 1984.
Nairy Baghramian naît en 1971 à Ispahan, en Iran, benjamine d’une famille arménienne d’Iran. En 1984, à treize ans, elle quitte le pays avec sa mère et gagne Berlin, où la famille se reconstitue; elle y vit et y travaille depuis.
Cette page sert surtout à situer Nairy Baghramian dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Nairy Baghramian naît en 1971 à Ispahan, en Iran, benjamine d’une famille arménienne d’Iran. En 1984, à treize ans, elle quitte le pays avec sa mère et gagne Berlin, où la famille se reconstitue; elle y vit et y travaille depuis. La notice française d’AWARE relie ce départ, au milieu des années 1980, à des raisons politiques après la révolution iranienne. Ce déplacement précoce n’est pas anecdotique dans son œuvre: les questions de statut instable, de provisoire et d’objet privé de lieu propre y reviendront explicitement, jusqu’à structurer son exposition « nameless » présentée au WIELS de Bruxelles.
Elle se forme à Berlin, à l’Universität der Künste puis à la Freie Universität, et passe également par le Goldsmiths College à Londres, en menant de front histoire de l’art, arts visuels, théâtre, cinéma, danse et architecture. Cet éventail explique la porosité assumée de son travail: elle emprunte autant à la statuaire classique et aux avant-gardes modernistes qu’au design, à l’artisanat, à la mode ou aux arts de la scène. Sa pratique artistique proprement dite s’engage au tournant des années 2000, la sculpture s’imposant très vite comme médium principal, aussitôt pris comme objet de questionnement.
Le Nasher Sculpture Center résume ainsi son projet: elle fait de la création et de la présentation de la sculpture son sujet de fait. Depuis trois décennies, elle explore modelage, moulage et coulée — la circulation entre formes positives et négatives — et humanise ce processus largement mécanique par des renvois plus ou moins voilés au corps. « Formage de tête » (2011), présenté à la 54e Biennale de Venise, en donne la formule: des feuilles de silicone tendues sur des tables portent les creux laissés par des objets retirés, empreintes qui pourraient à leur tour servir de moules, et dont le titre joue sur le « fromage de tête ».
Ses volumes suggèrent des articulations, des gestes, des membres, une peau, des dents, sans jamais figurer un corps entier. « Retainer » (2012) suspend des plaques de silicium coulé à une armature métallique, comme des lambeaux de chair fixés sur des broches orthopédiques; la série « Maintainers » (2018) serre des volumes colorés entre les mâchoires d’un étau. La série « Misfits », rassemblée à la South London Gallery sous le titre « Jumbled Alphabet », détourne le jeu de construction pour enfants dont les pièces s’emboîtent parfaitement et célèbre au contraire ce qui ne s’ajuste pas.
Sa présence aux Biennales de Venise de 2011 et 2019, à la documenta 14 d’Athènes et Cassel en 2017 et aux Skulptur Projekte de Münster en 2007 et 2017 installe son travail dans les grands rendez-vous de la sculpture. En 2021, le Nasher Sculpture Center de Dallas lui décerne le Nasher Prize 2022, avant qu’elle ne siège elle-même dans les jurys ultérieurs. Suivent la commande de façade du Metropolitan Museum of Art à New York en 2023 avec « Scratching the Back », l’exposition « Jupon de Corps » à l’Aspen Art Museum la même année, puis « nameless » au WIELS.
Présentée au WIELS à Bruxelles du 25 octobre 2025 au 1er mars 2026, « nameless » déploie sur plusieurs niveaux du bâtiment Blomme des ensembles inédits, en dialogue avec une architecture post-industrielle. L’artiste s’y réfère aux avant-gardistes exilés d’Europe dans les années 1930 — Katarzyna Kobro, Jean Arp, Isamu Noguchi, Wols — qui continuèrent de produire privés d’atelier, d’outils et de langue. L’exposition interroge les forces qui rendent les sculptures et les objets déplacés, voire apatrides, et la condition précaire de ces œuvres.
Médiums: Sculpture, Installation in situ, Photographie, Dessin.
Techniques: Moulage et coulée (cire, silicone, résine, polyuréthane), Aluminium coulé, peint ou laqué, Verre soufflé et plaques de verre peintes, Assemblage sur structures d’acier et armatures métalliques, Marbre, bois ciré, cuir, liège.
Motifs récurrents: Le corps fragmenté et ses articulations, La prothèse, l’appareillage, la correction orthopédique, Les conditions de production et de présentation de la sculpture, Le rapport de l’objet à l’architecture qui l’accueille, Le provisoire, le déplacement, l’apatridie des objets, Les emprunts au design, à la danse, au théâtre et à la mode.
Le Centre Pompidou conserve deux œuvres de l’artiste. « Jupon Suspendu » (2016), structure de trente-deux moulages de cire montés sur tiges d’acier et suspendue au plafond, mêle cire, résine, acier et aluminium laqué pour 320 × 140 × 270 cm; elle a été achetée en 2017 avec la participation du Cercle International — Groupe Moyen-Orient de la Société des Amis du Musée national d’art moderne, et porte le numéro d’inventaire AM 2017-358. « Dwindler_Sludge » (2018), assemblage de plaques de verre couvertes d’une couche brune de pigments à la peinture vitrail et tenues par une structure métallique, mesure 327 × 57 × 71 cm; achetée en 2022, elle porte le numéro AM 2022-967. Les deux pièces relèvent du secteur Arts plastiques — Création contemporaine et prospective.
Nairy Baghramian figure sur la liste des artistes de la Marian Goodman Gallery, enseigne qui exploite trois espaces — New York, Paris et Londres —, l’adresse parisienne étant située 79 rue du Temple, dans le 3e arrondissement. La mention de courtoisie publiée par la documenta 14 en 2017 la rattachait déjà à « Marian Goodman Gallery, New York, Paris, London », aux côtés de kurimanzutto à Mexico et de la Galerie Buchholz. Le programme parisien consultable de la galerie ne fait toutefois apparaître aucune exposition personnelle de l’artiste: son lien effectif avec Paris passe par la collection publique et par cette représentation, non par une exposition de galerie documentée.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve deux sculptures de l’artiste, « Jupon Suspendu » (achat 2017) et « Dwindler_Sludge » (achat 2022).
Galerie Marian Goodman (Paris) — Espace parisien, 79 rue du Temple, de la galerie qui représente l’artiste; aucune exposition personnelle d’elle au programme consultable.
WIELS (Bruxelles) — A présenté l’exposition personnelle « nameless », du 25 octobre 2025 au 1er mars 2026.
Nasher Sculpture Center (Dallas) — Lui a décerné le Nasher Prize 2022 et présenté « Modèle vivant » du 15 octobre 2022 au 8 janvier 2023.
South London Gallery (Londres) — A présenté « Jumbled Alphabet » du 27 septembre 2024 au 12 janvier 2025.
1971 — Naissance à Ispahan, en Iran, benjamine d’une famille arménienne d’Iran.
1984 — À treize ans, elle quitte l’Iran avec sa mère et s’installe à Berlin, où elle vit depuis.
2006 — Exposition personnelle « It is not at home » à la Kunsthalle Basel, en Suisse.
2011 — Présentation de « Formage de tête » à la 54e Biennale de Venise.
2017 — Participation à la documenta 14, à Athènes et à Cassel, avec deux tables en hommage à Jane Bowles.
2017 — Achat de « Jupon Suspendu » (2016) par le Musée national d’art moderne, à Paris (inv. AM 2017-358).
2017-2018 — Rétrospective « Déformation Professionnelle » au Walker Art Center de Minneapolis, du 7 septembre 2017 au 4 février 2018.
2021 — Le Nasher Sculpture Center de Dallas lui décerne le Nasher Prize 2022.
2022-10-15 — Ouverture de « Modèle vivant » au Nasher Sculpture Center, jusqu’au 8 janvier 2023.
2022 — Achat de « Dwindler_Sludge » (2018) par le Musée national d’art moderne, à Paris (inv. AM 2022-967).
2023-06-22 — Ouverture de « Jupon de Corps » à l’Aspen Art Museum, dans le Colorado, jusqu’au 22 octobre 2023.
2023 — Commande de façade « Scratching the Back » pour le Metropolitan Museum of Art, à New York.
2024-09-27 — Ouverture de « Jumbled Alphabet » à la South London Gallery, jusqu’au 12 janvier 2025.
2025-10-25 — Ouverture de « nameless » au WIELS, à Bruxelles, jusqu’au 1er mars 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Nairy Baghramian à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Née en 1971 à Ispahan, en Iran, dans une famille arménienne d'Iran, Nairy Baghramian est une artiste allemande installée à Berlin depuis 1984. Elle travaille la sculpture, l'installation, la photographie et le dessin, et a reçu le Nasher Prize 2022 décerné par le Nasher Sculpture Center de Dallas.
Le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, conserve deux sculptures : « Jupon Suspendu » (2016), achetée en 2017, et « Dwindler_Sludge » (2018), achetée en 2022. Comme pour toute pièce de collection, leur présentation en salle dépend de la programmation et des prêts en cours.
Ce titre de 2011, montré à la 54e Biennale de Venise, désigne littéralement le formage d'une tête, geste de sculpteur, tout en jouant sur « fromage de tête », gelée obtenue en prenant dans l'aspic la chair d'une tête de veau ou de porc. Le calembour rapproche moulage artistique et préparation culinaire.
« Misfits » détourne le principe des jeux de construction pour enfants, dont les pièces s'emboîtent parfaitement, pour célébrer au contraire ce qui ne s'ajuste pas. La South London Gallery en a réuni un ensemble en 2024 sous le titre « Jumbled Alphabet », y voyant un éloge de la marge et de l'imperfection féconde.
Son répertoire va de la cire, du silicone, de la résine et du polyuréthane à l'aluminium coulé ou laqué, au verre soufflé, à l'acier, au marbre, au bois, au cuir et au liège. Elle associe volontiers procédés industriels et éléments d'aspect souple, jusqu'à contredire la fragilité apparente de ses assemblages.
Elle est lauréate du Nasher Prize 2022, annoncé en 2021 par le Nasher Sculpture Center de Dallas, et fut finaliste du Hugo Boss Prize 2020 du musée Solomon R. Guggenheim. Elle a ensuite siégé dans les jurys du Nasher Prize ayant distingué Senga Nengudi, Otobong Nkanga puis Petrit Halilaj.