Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Nan Goldin dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Washington en 1953, Nan Goldin a fait de sa vie privée une matière d’exposition: depuis 1979, elle assemble ses milliers d’instantanés en diaporamas sonores qu’elle appelle des « films faits d’images fixes ».
Benjamine d’une fratrie de quatre, Nan Goldin grandit à Silver Spring, dans le Maryland, aux portes de Washington.
Cette page sert surtout à situer Nan Goldin dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Benjamine d’une fratrie de quatre, Nan Goldin grandit à Silver Spring, dans le Maryland, aux portes de Washington. Elle est très proche de sa sœur aînée Barbara, qui se suicide alors que Nan a onze ans: ce deuil, longtemps tu dans la famille, deviendra la matière explicite du diaporama Sœurs, Saintes et Sibylles en 2004. À quatorze ans, elle quitte le domicile familial, puis s’installe à Boston où elle suit l’enseignement de la School of the Museum of Fine Arts.
C’est à Boston que s’amorce le projet qui la rendra célèbre. Nan Goldin photographie sa bande d’amis et la scène gay de Provincetown à la fin des années 1970, sans distance ni pose, dans une couleur saturée héritée du flash direct. Le diaporama accompagné de musique grossit jusqu’à dépasser neuf cents images. En 1986, Aperture en publie une version livre présentée comme un journal visuel des luttes pour l’intimité menées par celles et ceux qu’elle nomme sa « tribu ».
De 1979 à aujourd’hui, l’artiste ne cesse de remonter ses archives en pièces projetées. Six ensembles majeurs structurent ce corpus: The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022), The Other Side (1992-2021), hommage à ses amies trans photographiées entre 1972 et 2010, Sisters, Saints, Sibyls (2004-2022), Memory Lost (2019-2021) sur le sevrage, Sirens (2019-2020) sur l’ivresse chimique, enfin Stendhal Syndrome (2024). Chaque pièce associe image, son et récit.
En 1996, le Whitney Museum of American Art lui consacre la rétrospective « Nan Goldin: I’ll Be Your Mirror », du 3 octobre 1996 au 5 janvier 1997, sous le commissariat d’Elisabeth Sussman. Cinq ans plus tard, le Centre Pompidou réunit plus de quatre cents tirages dans la Galerie Sud. Les collections publiques suivent: la Tate conserve notamment l’autoportrait Nan one month after being battered, réalisé en 1984 après les coups de son compagnon d’alors.
Rescapée d’une dépendance aux antidouleurs, Nan Goldin porte le combat contre la crise des opioïdes jusque dans les musées financés par la famille Sackler, propriétaire de Purdue Pharma. Son collectif P.A.I.N. multiplie les actions spectaculaires: début juillet 2019, une manifestation exige que le Louvre débaptise ses salles. Le documentaire de Laura Poitras All the Beauty and the Bloodshed, qu’elle coproduit, suit cette bataille et concourt à la Mostra de Venise en 2022.
Médiums: photographie couleur, diaporama sonore multi-écrans, installation vidéo, livre de photographies.
Techniques: instantané couleur au flash direct, projection de photographies montées en séquences narratives, association image, son et voix dans un dispositif d’installation, remontage successif d’un même corpus sur plusieurs décennies.
Motifs récurrents: intimité et vie affective, familles choisies, communautés LGBTQIA+, nuit et fête, addictions et sevrage, violences conjugales, sida, deuil et perte, suicide et tabou familial.
Du 11 octobre au 31 décembre 2001, la Galerie Sud du Centre Pompidou accueille « Nan Goldin, le feu follet », exposition monographique réunissant plus de quatre cents photographies réalisées depuis le début des années 1970. Le commissariat est assuré par Alfred Pacquement et Catherine Lampert, à l’initiative du Mnam-CCI. La notice de l’institution signale qu’une musique fut spécialement enregistrée par Björk pour l’événement, accompagné d’un cycle de conférences sur les images du corps.
Après Jenny Holzer, Alain Séchas et Gérard Garouste, le Festival d’Automne à Paris et le ministère de la Culture, via le Centre national des arts plastiques, invitent Nan Goldin à investir la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, 83 boulevard de l’Hôpital, du 16 septembre au 1er novembre 2004. Elle y crée Sœurs, Saintes et Sibylles, installation pensée pour le chœur, qui tresse la vie de sainte Barbe et celle de sa sœur Barbara.
Douze salles de l’aile des antiquités orientales du Louvre portaient le nom des Sackler, à la suite d’un don unique de dix millions de francs, soit un million et demi d’euros. Début juillet 2019, des membres du collectif P.A.I.N. lancé par Nan Goldin manifestent au musée pour exiger que l’aile soit débaptisée. À partir du mercredi 17 juillet 2019, les plaques disparaissent progressivement, puis les mentions du site internet.
Du 18 mars au 21 juin 2026, le Grand Palais a présenté « This Will Not End Well », première rétrospective française consacrée à ses vidéos et diaporamas. L’architecte Hala Wardé y a conçu un ensemble de bâtiments, chacun répondant à la pièce qu’il abritait, formant un village d’exposition. Ce parcours se prolongeait à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, où Sisters, Saints, Sibyls retrouvait l’espace pour lequel l’œuvre avait été imaginée.
Grand Palais (Paris) — Rétrospective « This Will Not End Well », 18 mars - 21 juin 2026, scénographie d’Hala Wardé
Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (Paris) — Création de Sœurs, Saintes et Sibylles en 2004, reprise du 18 mars au 21 juin 2026
Centre Pompidou (Paris) — Exposition monographique « Nan Goldin, le feu follet », Galerie Sud, 11 octobre - 31 décembre 2001
Musée du Louvre (Paris) — Cible de l’action de P.A.I.N. en juillet 2019; retrait du nom Sackler de douze salles
Tate (Londres) — Conserve l’autoportrait Nan one month after being battered (1984)
Whitney Museum of American Art (New York) — Rétrospective « I’ll Be Your Mirror », 3 octobre 1996 - 5 janvier 1997
1953 — Naissance de Nan Goldin à Washington D.C.; elle grandit à Silver Spring, dans le Maryland.
1979 — Point de départ, selon le Grand Palais, de la production continue de diaporamas tirés de ses archives.
1984 — Réalisation de l’autoportrait Nan one month after being battered, aujourd’hui conservé à la Tate.
1986 — Publication chez Aperture du livre The Ballad of Sexual Dependency, journal visuel de sa « tribu ».
1996-10-03 — Ouverture au Whitney Museum de la rétrospective « I’ll Be Your Mirror », commissariat d’Elisabeth Sussman.
2001-10-11 — Ouverture de « Nan Goldin, le feu follet » dans la Galerie Sud du Centre Pompidou, à Paris.
2004-09-16 — Création de Sœurs, Saintes et Sibylles à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Festival d’Automne à Paris.
2019-07-17 — Le Louvre commence à retirer le nom Sackler après la manifestation du collectif P.A.I.N.
2022-10-29 — Ouverture au Moderna Museet de Stockholm de la rétrospective « This Will Not End Well ».
2026-03-18 — Ouverture de « This Will Not End Well » au Grand Palais et à la chapelle de la Salpêtrière.
2026-06-21 — Clôture de la rétrospective parisienne « This Will Not End Well » au Grand Palais.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Nan Goldin à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Photographe américaine née à Washington en 1953, Nan Goldin est reconnue par les institutions comme une artiste majeure ayant transformé la photographie contemporaine. Depuis 1979, elle tire de ses milliers d'images de la vie quotidienne, de ses proches et de leur intimité, des diaporamas qu'elle considère comme des films composés d'images fixes.
C'est l'œuvre-matrice de Goldin : un diaporama commencé à Boston à la fin des années 1970, nourri de la scène gay de Provincetown, qui a dépassé les neuf cents photographies accompagnées de musique. Aperture en a publié en 1986 une version livre, décrite comme le journal visuel des quêtes d'intimité de celles et ceux qu'elle appelle sa tribu.
Parce que la rétrospective « This Will Not End Well » était la première en France à porter non sur ses tirages mais sur ses vidéos et ses diaporamas. Six ensembles couvrant cinquante ans de travail y étaient installés dans des bâtiments dessinés par Hala Wardé, chacun conçu en réponse à la pièce qu'il abritait, du 18 mars au 21 juin 2026.
L'installation entrelace deux récits biographiques, celui de sainte Barbe et celui de Barbara, la sœur aînée de l'artiste, morte à l'adolescence. Elle a été conçue pour le chœur de la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, où le Festival d'Automne à Paris et le Centre national des arts plastiques l'ont créée du 16 septembre au 1er novembre 2004.
Son collectif P.A.I.N., mobilisé contre la crise des opioïdes, a manifesté au Louvre début juillet 2019 pour exiger que soient débaptisées les douze salles des antiquités orientales portant le nom de la famille Sackler, donatrice de dix millions de francs. Les plaques ont commencé à être retirées le mercredi 17 juillet 2019.
Ses tirages figurent dans de grandes collections publiques internationales : la Tate, à Londres, conserve par exemple l'autoportrait Nan one month after being battered réalisé en 1984. Le Whitney Museum of American Art, à New York, lui avait consacré dès 1996 la rétrospective « I'll Be Your Mirror », sous le commissariat d'Elisabeth Sussman.