Exposition Paris

Exposition Neïl Beloufa

Né à Paris en 1985, Neïl Beloufa est un plasticien et vidéaste franco-algérien dont les installations transforment la salle d’exposition en plateau de tournage.

Qui est Neïl Beloufa ?

Neïl Beloufa naît en 1985 à Paris et possède la double nationalité algérienne et française.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Neïl Beloufa dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une formation partagée entre Paris, la Californie et Le Fresnoy

Neïl Beloufa naît en 1985 à Paris et possède la double nationalité algérienne et française. Il étudie à l’École nationale supérieure des beaux-arts puis à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, toutes deux à Paris, avant de poursuivre aux États-Unis au California Institute of the Arts, à Valencia, et à la Cooper Union, à New York. Il achève ce parcours au Fresnoy — Studio national des arts contemporains, à Tourcoing, où il appartient à la promotion Pina Bausch, de 2009 à 2011. Cet enchaînement entre écoles d’art plastique, école de design et studio de production audiovisuelle explique la nature hybride de son travail, qui n’appartient tout à fait ni au cinéma ni à la sculpture.

Kempinski, premier film et entrée dans les collections publiques

Réalisé en 2007, Kempinski est le film qui fait connaître Beloufa. Tourné au Mali, il donne la parole à des habitants d’un village invités à décrire leur vision de l’avenir; ceux-ci parlent de leur présent au présent tout en énonçant des récits ouvertement futuristes — hommes s’accouplant aux vaches, voitures qui parlent, fusées qui espionnent — filmés de nuit. Le Centre Pompidou décrit l’œuvre comme un documentaire de science-fiction défiant toute logique. Elle figure aujourd’hui dans la collection du Musée national d’art moderne, aux côtés de Sans titre (2010), Brune Renault (2010), Tonight and the People (2013) et Bottles on brown (2018).

Le Palais de Tokyo, deux fois

En 2012, le Palais de Tokyo lui confie sa première grande exposition monographique dans une institution française: Les Inoubliables prises d’autonomie, présentée du 16 octobre 2012 au 10 février 2013 dans la Galerie Basse, sur un commissariat de Daria de Beauvais et Gaël Charbau. Avant l’ouverture, l’artiste a transformé l’espace en trois lieux de tournage; les décors, mis en scène puis démolis, sont recyclés en œuvres qui servent ensuite de supports de diffusion aux trois vidéos réalisées sur place. Six ans plus tard, du 16 février au 13 mai 2018, il revient dans la même institution avec L’Ennemi de mon ennemi, deuxième exposition personnelle au Palais de Tokyo.

L’Ennemi de mon ennemi: une exposition déplacée par des robots

Conçu à l’invitation du Palais de Tokyo, L’Ennemi de mon ennemi est un dispositif scénographique qui figure de façon chaotique et parcellaire la manière dont l’Histoire s’écrit et dont les pouvoirs se légitiment. Beloufa y emprunte à la communication officielle, aux mémoriaux, aux musées de guerre, à la propagande politique, mais aussi à l’actualité, à la publicité et aux jeux vidéo, pour mettre en scène l’interchangeabilité des stratégies et des discours. Œuvres, documents, artefacts, reproductions et objets réels y sont déplacés en permanence par des robots suivant un scénario de type algorithmique: les associations et les significations se défont à mesure que l’on regarde.

Distinctions, circulation internationale et pratique élargie

Lauréat du prix StudioCollector remis par Agnès b. en 2010, des Audi Talent Awards en 2011 puis du Prix Meurice pour l’art contemporain en 2013, Beloufa est nommé au prix Marcel Duchamp en 2015, ainsi qu’aux prix Artes Mundi (Cardiff) et Nam June Paik (Essen) en 2016. Ses expositions personnelles ont notamment eu lieu au Hammer Museum de Los Angeles (2013), à l’ICA de Londres (2014), au Schinkel Pavillon de Berlin (2015), au MoMA de New York et à K11 à Shanghai (2016), au Pirelli HangarBicocca de Milan (2021) et à la Kunsthalle de Bâle (2024). Il a par ailleurs créé un lieu d’art autogéré à Villejuif, en banlieue sud de Paris.

La pratique en bref

Médiums: installation vidéo, film et vidéo monobande, sculpture et assemblage, environnement scénographié, dispositif robotisé et algorithmique.

Techniques: tournage réalisé dans l’espace d’exposition avant son ouverture au public, recyclage des décors de tournage en œuvres servant de supports de diffusion, jeu de rôle et parole recueillie auprès de participants non professionnels, déplacement automatisé des objets exposés selon un scénario algorithmique, assemblage d’objets réels, de reproductions et de documents dans un même dispositif.

Motifs récurrents: frontière poreuse entre documentaire et fiction, stéréotypes culturels et imageries exotiques, fabrication et hiérarchie de l’information, écriture de l’Histoire et légitimation des pouvoirs, place de l’artiste entre désir d’autonomie, servitude et propagande, vision fragmentée et mémoire du spectateur.

Un artiste parisien de naissance et de formation

Le lien de Neïl Beloufa avec Paris n’est pas anecdotique: il y naît en 1985 et y accomplit l’essentiel de sa formation, d’abord à l’École nationale supérieure des beaux-arts, puis à l’École nationale supérieure des arts décoratifs. Les notices du Palais de Tokyo et de sa galerie le disent installé à Paris, où il vit et travaille; le Centre Pompidou situe pour sa part son lieu d’activité à Villejuif, commune limitrophe du sud parisien, où il a créé un lieu d’art autogéré. Cette double implantation — capitale et banlieue immédiate — accompagne une pratique qui a besoin de volumes d’atelier et de moyens de tournage.

Deux expositions au Palais de Tokyo, en 2012 et 2018

L’institution parisienne qui a le plus compté dans sa trajectoire est le Palais de Tokyo, avenue du Président-Wilson. C’est là qu’il présente en 2012 sa première grande exposition monographique dans une institution française, Les Inoubliables prises d’autonomie, du 16 octobre 2012 au 10 février 2013, avec Daria de Beauvais et Gaël Charbau au commissariat. Il y revient en 2018 avec L’Ennemi de mon ennemi, du 16 février au 13 mai, un projet commandé par le lieu. Aucune autre institution parisienne ne lui a consacré deux expositions personnelles de cette ampleur.

Cinq œuvres dans la collection du Musée national d’art moderne

Le Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, conserve cinq œuvres de l’artiste: Kempinski (2007), Sans titre (2010), Brune Renault (2010), Tonight and the People (2013) et Bottles on brown (2018). Brune Renault, vidéo de 17 minutes et 38 secondes rattachée au secteur nouveaux médias, a été acquise par achat en 2013 sous le numéro d’inventaire AM 2013-282. La présence de ce petit ensemble dans une collection publique parisienne est ce qui rend l’artiste durablement visible depuis Paris, indépendamment du calendrier des expositions temporaires.

Où voir ses œuvres

Palais de Tokyo (Paris) — Deux expositions personnelles: Les Inoubliables prises d’autonomie (2012-2013) et L’Ennemi de mon ennemi (2018).

Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve cinq œuvres de l’artiste, dont Kempinski (2007) et Brune Renault (achat 2013, AM 2013-282).

Mennour (Paris) — Galerie qui représente l’artiste et lui a consacré une exposition à Paris en 2019.

Le Fresnoy — Studio national des arts contemporains (Tourcoing) — Établissement de formation et de production où il achève son parcours au sein de la promotion Pina Bausch (2009-2011).

Repères chronologiques

1985 — Naissance à Paris; il possède la double nationalité algérienne et française.

2007 — Réalisation de Kempinski, vidéo tournée au Mali, aujourd’hui dans la collection du Musée national d’art moderne.

2009-2011 — Cursus au Fresnoy — Studio national des arts contemporains, à Tourcoing, au sein de la promotion Pina Bausch.

2010 — Vidéo Brune Renault (17 min 38 s) et attribution du prix StudioCollector remis par Agnès b.

2012-10-16 — Ouverture des Inoubliables prises d’autonomie au Palais de Tokyo, première grande monographie dans une institution française.

2013 — Prix Meurice pour l’art contemporain, participation à la 55e Biennale de Venise et achat de Brune Renault par le Musée national d’art moderne.

2015 — Nomination au prix Marcel Duchamp et exposition personnelle au Schinkel Pavillon, à Berlin.

2016 — Expositions personnelles au MoMA de New York et à K11 à Shanghai; nominations aux prix Artes Mundi et Nam June Paik.

2018-02-16 — Ouverture de L’Ennemi de mon ennemi au Palais de Tokyo, seconde exposition personnelle dans le lieu.

2021 — Exposition monographique au Pirelli HangarBicocca, à Milan, et conférence à l’ESAD TALM de Tours le 1er décembre.

2024 — Exposition personnelle à la Kunsthalle de Bâle, mentionnée par sa galerie parmi ses jalons institutionnels.

Neïl Beloufa & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Neïl Beloufa à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Neïl Beloufa ?

Neïl Beloufa est un plasticien et vidéaste franco-algérien né en 1985 à Paris. Il conçoit des installations où des films oscillant entre documentaire et fiction sont diffusés au milieu de sculptures et de décors, souvent fabriqués pour le tournage puis intégrés à l'exposition elle-même.

Qu'est-ce que Kempinski, son film le plus connu ?

Kempinski est une vidéo de 2007 tournée de nuit dans un village du Mali, où des habitants décrivent leur vision du futur au présent : voitures qui parlent, fusées qui espionnent, hommes s'accouplant aux vaches. Le Centre Pompidou, qui conserve l'œuvre, la présente comme un documentaire de science-fiction défiant toute logique.

Où voir ses œuvres à Paris ?

Cinq œuvres appartiennent à la collection du Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou : Kempinski (2007), Sans titre (2010), Brune Renault (2010), Tonight and the People (2013) et Bottles on brown (2018). Leur présentation dépend des accrochages temporaires ; aucune n'est exposée en permanence.

Qu'était l'exposition L'Ennemi de mon ennemi au Palais de Tokyo ?

Présentée du 16 février au 13 mai 2018, elle réunissait œuvres, documents, artefacts et objets réels déplacés en permanence par des robots suivant un scénario de type algorithmique. Le projet interrogeait la façon dont l'Histoire s'écrit et dont les pouvoirs se légitiment, en empruntant aux mémoriaux comme à la publicité.

Quels prix Neïl Beloufa a-t-il reçus ?

Il est lauréat du prix StudioCollector d'Agnès b. en 2010, des Audi Talent Awards en 2011 et du Prix Meurice pour l'art contemporain en 2013. Il a également été nommé au prix Marcel Duchamp en 2015, puis aux prix Artes Mundi de Cardiff et Nam June Paik d'Essen en 2016.

Où a-t-il été formé ?

Aux Beaux-Arts de Paris et à l'École nationale supérieure des arts décoratifs, puis au California Institute of the Arts à Valencia et à la Cooper Union à New York. Il termine son parcours au Fresnoy — Studio national des arts contemporains, à Tourcoing, dans la promotion Pina Bausch de 2009 à 2011.