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Cette page sert surtout à situer Nobuyoshi Araki dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Tokyo en 1940, Nobuyoshi Araki a fait de l’appareil photo un instrument de tenue de journal.
Araki achève ses études au département de photographie, d’imprimerie et d’ingénierie de l’université de Chiba, où il se consacre au cinéma et à la photographie.
Cette page sert surtout à situer Nobuyoshi Araki dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Araki achève ses études au département de photographie, d’imprimerie et d’ingénierie de l’université de Chiba, où il se consacre au cinéma et à la photographie. Sa série « Satchin », consacrée à des enfants du quartier populaire de Tokyo où il a grandi, lui vaut le prix Taiyō en 1964, peu après son entrée à l’agence de publicité Dentsū, où il restera employé jusqu’en 1972. C’est là qu’il rencontre Yōko Aoki, qui deviendra sa femme et le sujet central de ses premiers livres. Cette double appartenance — technique publicitaire d’un côté, chronique de son propre quartier de l’autre — installe très tôt le régime de son travail.
En 1971, Araki publie à compte d’auteur le récit photographique de son voyage de noces avec Yōko: « Voyage sentimental ». Le livre, et non le tirage encadré, devient son unité de travail. Le musée Guimet a résumé cette matrice en présentant, en 2016, le « Voyage sentimental » de 1971 suivi du « Voyage d’hiver » de 1990, année de la mort de son épouse: la même forme diaristique enregistre le bonheur conjugal puis le deuil. Le MoMA conserve des épreuves issues de « Sentimental Journey, Winter Journey » datées de 1971 et de 1990, ainsi que des tirages des ensembles « My Love Yoko » et « Nostalgic Night ».
Le musée Guimet décrit un artiste mondialement identifié à ses photographies de femmes ligotées selon les règles du kinbaku, l’art japonais du ligotage dont les origines remontent au XVe siècle, et rappelle que son œuvre articule les fleurs, l’érotisme, le désir et l’évocation de la mort. Le Centre Pompidou conserve quatre pièces de la série « Vaginal Flowers » (1997), qui condense ce passage constant du végétal au corps. La scène de rue tokyoïte forme le troisième pan de ce vocabulaire, qu’Araki retravaille en intervenant directement sur ses négatifs ou en recouvrant ses images de calligraphies et de peinture.
Depuis la fin des années 1990, le polaroid est devenu chez Araki un geste quasi quotidien: le musée Guimet parle d’un usage « frénétique », au service d’une pulsion scopique et érotique qui alimente le journal permanent autour duquel s’articule l’ensemble de l’œuvre. Les épreuves instantanées réunies à Paris ont été réalisées entre 1997 et 2024. La galerie Yvon Lambert a montré en 2026 une sélection de polaroids pris entre 2006 et 2016, où le corps féminin dialogue avec des fleurs, des insectes et des éléments organiques — signe d’une continuité thématique jusque dans le format le plus immédiat.
Araki est distingué par la décoration autrichienne d’honneur pour la science et l’art en 2008 puis par le 54e prix d’art Mainichi en 2012, et expose au Barbican de Londres, à la Wiener Secession, au Musée d’art contemporain de Tokyo ou au Stedelijk Museum voor Actuele Kunst de Gand. En avril 2018, la danseuse KaoRi, qui a posé pour lui de 2001 à 2016, publie un texte l’accusant de ne pas l’avoir payée pour certaines prestations, de l’avoir poussée à poser nue devant des tiers et d’avoir diffusé des images d’elle sans son accord; elle n’allègue aucune agression sexuelle. Le débat sur le consentement des modèles accompagne depuis les présentations de son travail.
Médiums: photographie argentique noir et blanc, photographie couleur, polaroid, livre de photographie, diaporama sonorisé (Arakinema).
Techniques: intervention manuelle sur les négatifs, recouvrement des tirages par calligraphie ou peinture, production en flux continu, montée en séquences de livre, instantané polaroid assemblé en installation murale.
Motifs récurrents: journal intime et autofiction, éros et thanatos, kinbaku, fleurs, Tokyo et sa vie nocturne, deuil de Yōko, le chat Chiro.
La Fondation Cartier pour l’art contemporain a présenté Araki du 30 avril au 11 juin 1995, autour de la série « Journal intime » datée de 1994. L’exposition est répertoriée dans le programme de l’institution comme une exposition parisienne à part entière, et la galerie qui représente l’artiste la cite parmi ses expositions personnelles de référence. C’est par ce rendez-vous que le public français découvre à grande échelle la photographie-journal d’Araki, avant les présentations institutionnelles des décennies suivantes.
Du 13 avril au 5 septembre 2016, le musée national des arts asiatiques – Guimet a retracé cinquante années de travail en plus de 400 photographies, de la série « Théâtre de l’amour » (1965) à des œuvres inédites, dont « Tokyo-Tombeau », créée en 2015 spécialement pour le musée. Le parcours mêlait les tirages d’Araki à des estampes, photographies et livres anciens issus des collections du MNAAG, et s’accompagnait d’un catalogue coédité avec Gallimard sous la direction de Jérôme Neutres. Le musée signalait explicitement que les œuvres présentées pouvaient heurter un public jeune ou non averti.
Le collectionneur Stéphane André a réuni pendant environ vingt-cinq ans, auprès de galeries françaises et japonaises, des polaroids d’Araki réalisés entre 1997 et 2024, avant d’en faire don au musée Guimet le 5 mai 2025. L’installation qu’il avait conçue pour son appartement parisien — 43 colonnes de neuf cadres montés bord à bord du sol au plafond — a été remontée dans la rotonde du quatrième étage du musée sous le titre POLARAKI, du 1er octobre 2025 au 12 janvier 2026, dans un commissariat de Cécile Dazord.
Le Centre Pompidou conserve sept œuvres d’Araki au cabinet de la photographie du Musée national d’art moderne: quatre pièces de « Vaginal Flowers » (1997), deux tirages sans titre de 1985 et un tirage sans titre daté vers 1985, entrés par achat en 1998 et par donation en 2006. À ce fonds s’ajoutent la série « Journal intime » à la Fondation Cartier et l’ensemble de polaroids donné au musée Guimet, qui font de Paris l’un des points d’ancrage européens de son œuvre.
Musée national des arts asiatiques – Guimet (Paris) — Rétrospective « Araki » en 2016, puis exposition POLARAKI (2025-2026); conservateur de la donation Stéphane André de polaroids.
Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — Exposition « Journal intime, 1994 » du 30 avril au 11 juin 1995; œuvre présente dans la collection de la Fondation.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Sept œuvres conservées au cabinet de la photographie, acquises en 1998 et 2006.
Galerie Yvon Lambert (Paris) — Exposition « Instants », polaroids de 2006-2016, du 6 mars au 12 avril 2026.
1940 — Naissance de Nobuyoshi Araki à Tokyo, où il grandit dans la ville basse.
1964 — Le prix Taiyō récompense la série « Satchin », peu après son entrée à l’agence de publicité Dentsū.
1965 — Réalisation de « Théâtre de l’amour », l’une de ses séries les plus anciennes montrées à Paris en 2016.
1971 — Publication de « Voyage sentimental », récit photographique de son voyage de noces avec Yōko.
1972 — Araki quitte l’agence Dentsū, où il travaillait depuis le début des années 1960.
1990 — Mort de son épouse Yōko, année du « Voyage d’hiver » qui prolonge le « Voyage sentimental ».
1995-04-30 — Ouverture de l’exposition « Journal intime » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris.
1998 — Le Centre Pompidou acquiert par achat trois photographies d’Araki pour le cabinet de la photographie.
2016-04-13 — Ouverture de la rétrospective « Araki » au musée Guimet, plus de 400 photographies jusqu’au 5 septembre.
2018-04 — La danseuse KaoRi publie ses accusations de mauvais traitements après quinze ans de collaboration.
2025-05-05 — Donation par Stéphane André au musée Guimet de près de mille polaroids réalisés entre 1997 et 2024.
2025-10-01 — Ouverture de POLARAKI dans la rotonde du musée Guimet, jusqu’au 12 janvier 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Nobuyoshi Araki à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que son unité de travail est le livre daté, pas le tirage isolé. « Voyage sentimental » (1971) documente son voyage de noces, « Voyage d'hiver » (1990) l'année de la mort de son épouse Yōko, et le musée Guimet décrit son usage quotidien du polaroid comme l'alimentation d'un journal permanent autour duquel toute l'œuvre s'articule.
Le kinbaku est l'art japonais du ligotage, dont le musée Guimet situe l'origine au XVe siècle. Araki en a fait l'un de ses motifs les plus identifiables à l'échelle internationale, au point que cette pratique résume à elle seule sa réputation publique, alors qu'elle coexiste chez lui avec les fleurs, la ville et le deuil.
Yōko Aoki, rencontrée à l'agence de publicité Dentsū, épouse Araki en 1971 ; leur voyage de noces devient « Voyage sentimental ». Elle meurt en 1990, année du « Voyage d'hiver ». Le MoMA conserve des épreuves issues de « My Love Yoko » et de « Sentimental Journey, Winter Journey » qui couvrent cet arc de 1971 à 1990.
Oui. Le Centre Pompidou conserve sept œuvres au cabinet de la photographie, dont quatre pièces de « Vaginal Flowers » (1997). La Fondation Cartier possède la série « Journal intime » (1994), et le musée Guimet a reçu le 5 mai 2025 la donation Stéphane André de près de mille polaroids réalisés entre 1997 et 2024.
Présentée du 1er octobre 2025 au 12 janvier 2026 dans la rotonde du quatrième étage, POLARAKI remontait l'accrochage conçu par le collectionneur Stéphane André pour son appartement parisien : 43 colonnes de neuf cadres bord à bord, du sol au plafond, contenant de un à quatre polaroids chacun. Le commissariat était assuré par Cécile Dazord.
En avril 2018, la danseuse KaoRi, modèle d'Araki de 2001 à 2016, a publié un texte affirmant ne pas avoir été payée pour certaines prestations, avoir été poussée à poser nue devant des tiers et avoir vu ses images diffusées sans son accord. Elle n'allègue pas d'agression sexuelle, mais ses déclarations ont ouvert un débat durable sur le consentement et les contrats de modèles.