Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Odilon Redon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Bordeaux en 1840 et mort à Paris en 1916, Odilon Redon a d’abord bâti son œuvre en noir: des fusains et des lithographies peuplés d’yeux flottants, de têtes ailées et de créatures nées de la lecture de Baudelaire, de Poe et de Flaubert.
Odilon Redon naît à Bordeaux en 1840 et grandit dans la région, où il étudie le dessin, l’architecture et le violon.
Cette page sert surtout à situer Odilon Redon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Odilon Redon naît à Bordeaux en 1840 et grandit dans la région, où il étudie le dessin, l’architecture et le violon. Son amitié avec le botaniste et philosophe bordelais Armand Clavaud nourrit son goût pour l’art et la littérature romantiques. En 1864, après un passage bref et décourageant dans l’enseignement de Jean-Léon Gérôme à Paris, il rentre à Bordeaux et apprend la gravure auprès de Rodolphe Bresdin (1825-1885). Rejetant l’empire du visible imposé par l’art académique et naturaliste, il se tourne alors vers la peinture de Delacroix, les estampes de Goya et la poésie de Baudelaire.
En 1870, au sortir de son service durant la guerre franco-prussienne, Redon s’établit à Paris et exécute ses premiers « Noirs ». Ces images visionnaires — yeux en suspension, têtes coupées portées par des ailes — traduisent sa conviction que l’imagination, « messagère de l’inconscient », prime sur l’observation. Il découvre en 1876 un procédé de report de ses dessins sur la pierre lithographique et fait du fusain, de l’eau-forte et de la lithographie ses outils principaux durant toute la décennie 1880. Le Cleveland Museum of Art décrit ainsi une série de dessins des années 1870 où le relief escarpé et l’horizon sans fin de son paysage natal servent à évoquer la solitude, comme dans le graphite « Melancholy » (vers 1868).
La parution en 1879 de son premier album lithographique, « Dans le rêve », puis sa première exposition personnelle en 1881, lui valent l’admiration de Joris-Karl Huysmans, qui glisse des images de Redon dans son roman « À rebours » (1884) — le Victoria and Albert Museum conserve d’ailleurs une estampe intitulée « Des Esseintes », datée de 1888, du nom du héros du livre. Redon noue au même moment une relation suivie avec Stéphane Mallarmé, participe en 1884 à la fondation de la Société des Artistes Indépendants, prend part en 1886 à la dernière exposition impressionniste et commence à exposer avec Les XX à Bruxelles. En 1892, le critique Albert Aurier fait de lui le chef de file de la nouvelle tendance « idéaliste », tandis que Maurice Denis le salue comme « notre Mallarmé ».
Passé 1890, Redon déplace son activité du dessin monochrome vers le pastel, travaillé en couches de craie vive. Il expose en 1900 aux Galeries Durand-Ruel des pastels et des peintures dont l’éclat colorié séduira Henri Matisse et les fauves. Il multiplie alors les portraits commandés de femmes entourées de fleurs, tel « Violette Heymann » (1910), qui représente la jeune nièce du collectionneur parisien Marcel Kapferer. La mythologie s’installe durablement dans son répertoire: la tête flottante d’« Orpheus » (vers 1903-1910), à laquelle il revient à plusieurs reprises et dans plusieurs techniques, ou l’« Andromeda » peinte à l’huile sur panneau vers 1905.
Décoré de la Légion d’honneur en 1903, Redon devient en 1904 membre fondateur du Salon d’Automne et conserve jusqu’au bout un rôle d’aîné pour l’avant-garde. En 1913, quarante de ses œuvres sont retenues pour l’Armory Show de New York: aucun autre artiste n’y est aussi largement représenté. Il meurt à son domicile parisien durant l’été 1916, l’année même du pastel « Vase of Flowers » conservé à Cleveland, dont le musée souligne qu’il fut prêté en 1939 à l’Exposition universelle de New York pour y représenter l’artiste.
Médiums: fusain, mine de plomb, lithographie, eau-forte, pastel, huile sur toile, huile sur panneau, huile sur carton.
Techniques: fusains superposés retravaillés à l’estompe, à la gomme, au grattage et à l’éponge, rehaussés de craie blanche, report du dessin sur la pierre lithographique, procédé adopté à partir de 1876, pastel appliqué en couches sur papier teinté ou vergé de couleur, parfois par-dessus un dessin au fusain, usage du crayon Conté noir en appoint du pastel.
Motifs récurrents: le rêve et l’imaginaire comme sources supérieures à l’observation, yeux flottants, têtes coupées et créatures ailées, mythologie grecque: Orphée, Andromède, Pégase, figures spirituelles et religieuses: Bouddha, saint Antoine, Isis, fleurs, bouquets et natures mortes lumineuses, mélancolie, solitude et paysage escarpé, illustration littéraire d’après Flaubert, Poe, Baudelaire et Huysmans.
Le premier contact de Redon avec Paris est un échec assumé: en 1864, un bref passage dans l’enseignement de Jean-Léon Gérôme le décourage et le renvoie à Bordeaux, auprès de Rodolphe Bresdin. Ce n’est qu’en 1870, une fois son service accompli dans la guerre franco-prussienne, qu’il s’installe véritablement à Paris. La ville devient alors le lieu où naissent ses premiers « Noirs » et où il restera jusqu’à sa mort, survenue à son domicile parisien durant l’été 1916.
Redon n’a pas seulement exposé à Paris: il a contribué à y fabriquer les cadres d’exposition de son temps. Il participe en 1884 à la mise sur pied de la Société des Artistes Indépendants, figure en 1886 parmi les exposants de la dernière manifestation impressionniste, montre en 1900 aux Galeries Durand-Ruel les pastels et peintures qui frapperont Matisse, reçoit la Légion d’honneur en 1903, puis devient en 1904 l’un des membres fondateurs du Salon d’Automne.
Le portail des collections de Paris Musées recense 85 notices rattachées à l’auteur « Redon, Odilon (1840 - 1916) ». Le Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, en conserve l’essentiel, dont des lithographies parues dans la revue parisienne « L’Estampe originale » — « Le Buddha » dans la livraison de clôture de 1895, « La cellule auriculaire » dans la deuxième livraison de 1893 — ainsi qu’une planche de 1896 identifiée par son numéro au catalogue Mellerio. S’y ajoute un fonds documentaire: les lettres de Redon publiées par sa famille pour les années 1878-1916, la monographie qu’André Mellerio lui consacre en 1913, l’édition allemande de ses carnets 1867-1915 et les archives d’une exposition Odilon Redon.
L’historique d’exposition tenu par l’Art Institute of Chicago pour son fusain de 1878 documente deux passages parisiens majeurs de l’œuvre après la mort de l’artiste: la rétrospective « Odilon Redon » présentée à l’Orangerie des Tuileries d’octobre 1956 à janvier 1957, où la feuille figurait sous le titre « Génie sur les eaux », puis son prêt au musée du Louvre pour l’exposition « La peinture comme crime ou la part maudite de la réalité », d’octobre 2001 à janvier 2002.
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — conserve des lithographies d’Odilon Redon parues dans « L’Estampe originale » ainsi qu’un fonds documentaire le concernant
The Cleveland Museum of Art (Cleveland) — détient un ensemble de pastels et dessins de Redon, dont « Violette Heymann », « Orpheus », « Vase of Flowers » et « Melancholy »
The Art Institute of Chicago (Chicago) — conserve notamment le fusain « Guardian Spirit of the Waters » (1878) et le pastel « Flower Clouds »
The National Gallery (Londres) — expose « Ophelia among the Flowers » en salle 42
Victoria and Albert Museum (Londres) — conserve des estampes de Redon, dont plusieurs planches de l’album « Songes » (1891) et des lithographies de 1896 d’après « La Tentation de saint Antoine »
1840 — Naissance d’Odilon Redon à Bordeaux; il grandit dans la région et y étudie le dessin, l’architecture et le violon.
1864 — Passage bref et décourageant dans l’enseignement de Gérôme à Paris, puis retour à Bordeaux et apprentissage de la gravure auprès de Rodolphe Bresdin.
1870 — Après son service durant la guerre franco-prussienne, Redon s’installe à Paris et exécute ses premiers « Noirs ».
1876 — Il découvre le procédé permettant de reporter ses dessins sur la pierre lithographique.
1879 — Publication de son premier album lithographique, « Dans le rêve ».
1881 — Première exposition personnelle, qui attire l’attention de Joris-Karl Huysmans.
1884 — Il participe à la mise sur pied de la Société des Artistes Indépendants; Huysmans place ses images dans « À rebours ».
1886 — Il figure parmi les exposants de la dernière manifestation impressionniste et commence à montrer son travail avec Les XX à Bruxelles.
1891 — Parution à Paris de l’album lithographique « Songes », dont le Victoria and Albert Museum conserve plusieurs planches.
1900 — Il expose aux Galeries Durand-Ruel des pastels et des peintures dont la couleur sera admirée par Henri Matisse et les fauves.
1903 — Odilon Redon est décoré de la Légion d’honneur.
1904 — Il devient membre fondateur du Salon d’Automne, à Paris.
1913 — Quarante de ses œuvres sont retenues pour l’Armory Show de New York, le plus fort contingent accordé à un artiste.
1916 — Mort de Redon à son domicile parisien durant l’été; le pastel « Vase of Flowers » date de cette même année.
1956-1957 — Rétrospective « Odilon Redon » à l’Orangerie des Tuileries, à Paris, d’octobre 1956 à janvier 1957.
1994 — Rétrospective « Odilon Redon: Prince of Dreams » à l’Art Institute of Chicago, ensuite présentée à Amsterdam puis à Londres.




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Odilon Redon à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Un artiste français né à Bordeaux en 1840 et mort à Paris en 1916, tenu par la National Gallery de Londres pour l'une des figures dirigeantes du symbolisme français aux côtés de Gustave Moreau. Il s'est illustré d'abord par le dessin et l'estampe, puis par le pastel et la peinture.
Le corpus monochrome qu'il entame à Paris en 1870 : fusains, eaux-fortes et lithographies aux motifs d'yeux en suspension et de têtes ailées, où il place l'imagination — qu'il tenait pour la « messagère de l'inconscient » — au-dessus du réel observable. Il y ajoute la lithographie après avoir découvert en 1876 comment reporter ses dessins sur la pierre.
Le basculement s'opère après 1890, quand il abandonne progressivement le dessin monochrome pour le pastel travaillé en couches. L'éclat obtenu aux Galeries Durand-Ruel en 1900 lui vaut l'admiration de Matisse et des fauves ; il enchaîne dès lors les portraits commandés de femmes environnées de fleurs, comme « Violette Heymann » en 1910.
Le portail Paris Musées recense 85 notices à son nom, conservées pour l'essentiel au Petit Palais : des lithographies parues dans « L'Estampe originale », dont « Le Buddha » (1895) et « La cellule auriculaire » (1893), accompagnées d'un fonds documentaire réunissant ses lettres publiées, ses carnets et la monographie d'André Mellerio de 1913.
Un lien de nourriture réciproque : formé à la lecture de Baudelaire, il attire dès 1879 l'attention de Joris-Karl Huysmans, qui insère ses images dans « À rebours » en 1884, et il se lie à Stéphane Mallarmé. Son fusain de 1878 conservé à Chicago a été exposé en 1941 parmi des feuilles faites pour « La Tentation de saint Antoine » de Flaubert.
Oui. Dès 1886 il expose avec le cercle Les XX à Bruxelles, et en 1913 quarante de ses œuvres sont retenues pour l'Armory Show de New York, soit le contingent le plus important accordé à un artiste dans cette manifestation fondatrice pour la réception de l'art moderne aux États-Unis.