Exposition Paris

Exposition Olafur Eliasson

Olafur Eliasson fabrique du temps qu’il fait.

Qui est Olafur Eliasson ?

Olafur Eliasson naît en 1967 et grandit entre l’Islande et le Danemark. De 1989 à 1995, il étudie à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Olafur Eliasson dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une formation danoise, un atelier berlinois

Olafur Eliasson naît en 1967 et grandit entre l’Islande et le Danemark. De 1989 à 1995, il étudie à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark. En 1995, il s’installe à Berlin et y fonde le Studio Olafur Eliasson, qui n’a rien d’un atelier de peintre solitaire: la structure rassemble aujourd’hui une équipe étendue d’artisans, d’architectes, d’archivistes, de chercheurs, d’administrateurs, de cuisiniers, de programmeurs, d’historiens de l’art et de techniciens spécialisés. Cette organisation collective explique la nature de sa production, où l’ingénierie optique et la fabrication sur mesure comptent autant que le geste artistique.

2003, l’année du soleil artificiel

L’année 2003 fait basculer sa carrière à deux reprises. Eliasson représente d’abord le Danemark à la 50e Biennale de Venise. Quelques mois plus tard, il installe dans le Turbine Hall de la Tate Modern «  The weather project », quatrième commande de la série Unilever, visible du 16 octobre 2003 au 21 mars 2004: un immense soleil artificiel noyé de brume, sous un plafond entièrement miroité. La Tate présente l’œuvre comme une exploration de l’expérience, de la médiation et de la représentation à partir du sujet le plus banal qui soit — la conversation sur le temps qu’il fait. Le musée chiffre plus tard à plus de deux millions le nombre de visiteurs venus s’allonger sous ce soleil.

Sortir du musée: fleuves verts, chutes d’eau et blocs de glace

Une part importante du travail d’Eliasson se déploie hors les murs. «  Green river », teinture verte non toxique déversée dans des cours d’eau, est réalisé dans plusieurs villes entre 1998 et 2001. Il conçoit avec l’architecte Kjetil Thorsen le pavillon 2007 de la Serpentine Gallery, puis installe en 2008 «  The New York City Waterfalls », chutes d’eau artificielles dressées le long des rives new-yorkaises. En 2014, avec le géologue Minik Rosing, il fait remorquer des icebergs à la dérive depuis un fjord au large de Nuuk, au Groenland, jusqu’à une place publique de Copenhague: c’est la première occurrence d’«  Ice Watch », reprise à Paris en 2015 puis à Londres en 2018.

L’art comme laboratoire et comme entreprise sociale

Eliasson a doublé sa pratique d’institutions à part entière. De 2009 à 2014, il dirige l’Institut für Raumexperimente, projet expérimental d’enseignement et de recherche rattaché à l’Université des arts de Berlin, mené avec les codirecteurs Christina Werner et Eric Ellingsen, et financé par le Sénat de Berlin; depuis janvier 2015, une association à but non lucratif en maintient l’archive en ligne. En 2012, il fonde avec l’ingénieur Frederik Ottesen l’entreprise sociale Little Sun, dont la lampe solaire portable, au dessin inspiré de motifs décoratifs éthiopiens, vise à donner accès à une lumière fiable et abordable aux populations non reliées à un réseau électrique.

Rétrospectives et expositions récentes

En 2019, «  In real life » ouvre à la Tate Modern — l’exposition y est visible jusqu’au 5 janvier 2020 — avant de voyager au Guggenheim Bilbao en 2020; elle inclut «  The glacier melt series 1999/2019 », qui confronte les photographies de trente glaciers islandais prises à vingt ans d’intervalle. Suivent «  Symbiotic seeing » au Kunsthaus Zürich, «  Sometimes the river is the bridge » au Musée d’art contemporain de Tokyo, «  Life » à la Fondation Beyeler en 2021, «  Nel tuo tempo » au Palazzo Strozzi et «  Orizzonti tremanti » au Castello di Rivoli en 2022, puis «  The curious desert » au Qatar en 2023. En 2026, l’exposition itinérante «  Your curious journey » s’ouvre au Museum MCAD de Manille le 9 juillet, tandis que «  Presence » est présentée au QAGOMA de Brisbane.

La pratique en bref

Médiums: installation lumineuse, sculpture en verre et miroir, photographie en série, aquarelle et peinture, film, objet de design, intervention en espace public.

Techniques: projecteurs et filtres monofréquence produisant une lumière colorée saturée, brume et humidificateurs comme support de projection, disques de verre coloré et miroirs entraînés par moteurs, géométries sphériques et structures en spirale insérées de triangles de verre, photogravure pour les séries photographiques éditées, déplacement de matériaux naturels réels (glace de fjord, eau) dans l’espace urbain.

Motifs récurrents: perception et point de vue du spectateur, lumière et couleur, phénomènes atmosphériques et météorologiques, urgence climatique et fonte des glaces, géométrie et modèles scientifiques, accès à l’énergie et justice sociale, espace public comme lieu d’expérience partagée.

Quatre œuvres dans la collection du Centre Pompidou

Paris conserve Eliasson dans sa collection publique majeure d’art moderne et contemporain: la recherche «  Olafur Eliasson » dans la base des œuvres du Centre Pompidou renvoie quatre notices. «  Your concentric welcome » (2004), installation lumineuse composée de trois disques de verre suspendus — magenta, jaune et miroir à motif de cible — actionnés par moteurs et éclairés par un projecteur HMI, est entrée par achat en 2004 sous l’inventaire AM 2004-435. «  Pedestrian vibes studies » (2004), ensemble de seize photogravures de 31,4 × 42 cm, a été acquis en 2006 sous l’inventaire AM 2006-75 (1-16). S’y ajoutent la sphère de verre «  Cold wind sphere » (2012) et la lampe Little Sun (2012), cosignée avec Frederik Ottesen et rattachée au domaine Objet/Design.

«  Contact » à la Fondation Louis Vuitton

L’exposition «  Contact » a été conçue pour la Fondation Louis Vuitton, à Paris, en 2014: les vues d’installation publiées par le Studio Olafur Eliasson, photographiées par Iwan Baan, sont toutes légendées «  Fondation Louis Vuitton, Paris ». Elles documentent plusieurs pièces créées ou présentées à cette occasion, parmi lesquelles l’œuvre éponyme «  Contact » (2014), «  Bridge from the future » (2014), «  Map for unthought thoughts » (2014), «  Double infinity » (2014) et «  Big Bang Fountain » (2014). C’est à ce jour la présentation monographique parisienne la plus ample de l’artiste, dans le bâtiment de Frank Gehry au bois de Boulogne.

Ice Watch, place du Panthéon, 2015

Eliasson a aussi occupé la rue parisienne. Après Copenhague en 2014, «  Ice Watch » a été installé à Paris en 2015: les vues officielles de l’œuvre diffusées par le studio, prises par Martin Argyroglo, sont légendées «  Place du Panthéon, Paris, 2015 ». Des blocs de glace remorqués depuis un fjord groenlandais y ont fondu à ciel ouvert devant les passants, avant que le dispositif ne soit repris à Londres en 2018. L’œuvre a par ailleurs été accrochée au Centre Pompidou dès 2006 dans un autre registre: la légende de la notice de «  Pedestrian vibes studies » précise une vue d’ensemble prise lors de l’accrochage «  Mouvement des Images ».

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou (Musée national d’art moderne) (Paris) — Conserve quatre œuvres d’Olafur Eliasson en collection, acquises notamment en 2004 et 2006; l’artiste y a été accroché dans «  Mouvement des Images » (2006).

Fondation Louis Vuitton (Paris) — A accueilli en 2014 l’exposition monographique «  Contact », documentée par les vues d’installation officielles du studio.

Place du Panthéon (Paris) — Site de l’installation en espace public «  Ice Watch » en 2015, d’après les légendes des vues officielles de l’œuvre.

Tate Modern (Londres) — Turbine Hall pour «  The weather project » (2003-2004) puis rétrospective «  In real life » (2019-2020).

Repères chronologiques

1967 — Naissance d’Olafur Eliasson, qui grandit entre l’Islande et le Danemark.

1989-1995 — Études à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark.

1995 — Installation à Berlin et fondation du Studio Olafur Eliasson.

2003 — Représente le Danemark à la 50e Biennale de Venise.

2003-10-16 — Ouverture de «  The weather project » dans le Turbine Hall de la Tate Modern, jusqu’au 21 mars 2004.

2004 — Le Centre Pompidou achète «  Your concentric welcome » (inv. AM 2004-435).

2006 — Le Centre Pompidou acquiert les seize photogravures de «  Pedestrian vibes studies ».

2008 — Installation de «  The New York City Waterfalls » le long des rives de New York.

2009-2014 — Direction fondatrice de l’Institut für Raumexperimente, Université des arts de Berlin.

2012 — Fondation de Little Sun avec l’ingénieur Frederik Ottesen.

2014 — Exposition «  Contact » à la Fondation Louis Vuitton, à Paris.

2015 — «  Ice Watch » installé à Paris, place du Panthéon, après Copenhague en 2014.

2020-01-05 — Dernier jour de la rétrospective «  In real life » à la Tate Modern, ouverte en 2019.

2026-07-09 — Ouverture de «  Your curious journey » au Museum MCAD de Manille.

Olafur Eliasson & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Olafur Eliasson à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qu'était « The weather project » à la Tate Modern ?

C'était la quatrième commande de la série Unilever pour le Turbine Hall, présentée du 16 octobre 2003 au 21 mars 2004 : un immense soleil artificiel enveloppé de brume, sous un plafond miroité. La Tate le décrit comme une exploration de l'expérience, de la médiation et de la représentation à partir du sujet le plus ordinaire qui soit, la conversation sur la météo. Le musée indique que l'œuvre a attiré plus de deux millions de personnes.

Que peut-on voir d'Olafur Eliasson à Paris ?

Le Centre Pompidou conserve quatre œuvres de l'artiste : l'installation lumineuse « Your concentric welcome » (2004, achat 2004, inv. AM 2004-435), les seize photogravures de « Pedestrian vibes studies » (2004, achat 2006, inv. AM 2006-75), la sphère « Cold wind sphere » (2012) et la lampe Little Sun (2012) cosignée avec Frederik Ottesen. Leur présentation dépend des accrochages : ces œuvres ne sont pas exposées en permanence.

Qu'est-ce qu'« Ice Watch » et pourquoi Paris ?

« Ice Watch » consiste à transporter des icebergs à la dérive prélevés dans un fjord au large de Nuuk, au Groenland, et à les laisser fondre sur une place publique. L'œuvre, conçue avec le géologue Minik Rosing, est d'abord montrée à Copenhague en 2014, puis à Paris en 2015 — les vues officielles la situent place du Panthéon — avant Londres en 2018. Elle donne à toucher la fonte des glaces plutôt qu'à la lire en courbes.

Olafur Eliasson est-il islandais ou danois ?

Les deux appartiennent à son histoire. Né en 1967, il a grandi entre l'Islande et le Danemark, a étudié à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark de 1989 à 1995 et a représenté le Danemark à la 50e Biennale de Venise en 2003 ; les notices du Centre Pompidou l'identifient comme « 1967, Danemark ». Ses séries photographiques sur les glaciers islandais témoignent de l'autre versant de cette double appartenance.

Comment fonctionne le Studio Olafur Eliasson ?

Fondé à Berlin en 1995, ce n'est pas un atelier individuel mais une structure collective : le studio y réunit artisans, architectes, archivistes, chercheurs, administrateurs, cuisiniers, programmeurs, historiens de l'art et techniciens spécialisés. Cette organisation rend possibles des pièces qui relèvent autant de l'ingénierie optique que de la sculpture, et elle explique la dimension de recherche permanente du travail d'Eliasson.

Qu'est-ce que Little Sun ?

Little Sun est une entreprise sociale fondée en 2012 par Olafur Eliasson et l'ingénieur Frederik Ottesen. Elle a produit une lampe solaire portable, d'abord distribuée en Éthiopie à des personnes vivant sans accès au réseau électrique, et dont le dessin s'inspire de motifs décoratifs éthiopiens. Un exemplaire de la lampe figure dans la collection du Centre Pompidou, au domaine Objet/Design.