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Cette page sert surtout à situer ORLAN dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
ORLAN, née en 1947 à Saint-Étienne, écrit son nom en capitales pour refuser, dit-elle, qu’on la fasse « rentrer dans les rangs ».
Née en 1947 à Saint-Étienne, ORLAN se forme au conservatoire d’art dramatique et à l’école des beaux-arts de sa ville natale, devenue depuis l’ESADSE.
Cette page sert surtout à situer ORLAN dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née en 1947 à Saint-Étienne, ORLAN se forme au conservatoire d’art dramatique et à l’école des beaux-arts de sa ville natale, devenue depuis l’ESADSE. Elle commence à se produire en performance dès l’âge de dix-sept ans, citant et rejouant des œuvres classiques sous forme de tableaux vivants. Un cliché de 1965, Corps-sculpture avec masque n° 5, témoigne de cette période où le corps de l’artiste devient déjà support plastique. En 1967, elle reçoit le premier prix de la Bourse du travail de Saint-Étienne, première distinction d’une carrière qui en comptera de nombreuses.
Avec Étude documentaire: le drapé, le baroque, chantier mené de 1974 à 1984, ORLAN mêle performances, photographies et sculptures autour de l’iconographie judéo-chrétienne et des plis baroques. Les draps de son trousseau, détournés de leur vocation matrimoniale, deviennent la matière même d’œuvres provocatrices qui superposent la figure de la madone et celle de la femme-objet. La série voyage hors de France: en 1979, l’artiste en donne une version au Palazzo Grassi, à Venise. Le Centre Pompidou conserve de cette veine Vierge blanche au nuage de plastique bulle, daté de 1984.
Au tournant des années 1990, ORLAN s’assure le concours de chirurgiens et engage une série d’« opérations-chirurgicales-performances »: le bloc opératoire est transformé en atelier, le corps opéré et modifié sous la direction de l’artiste, certaines interventions étant filmées puis retransmises en direct par satellite vers des lieux d’art, comme pour Omniprésence en 1993. Son manifeste définit l’Art charnel comme « un travail d’autoportrait au sens classique, mais avec des moyens technologiques qui sont ceux de son temps »; il se distingue explicitement du body art en refusant la douleur et en revendiquant l’anesthésie. Le site de l’artiste date ce manifeste de 1989, la notice AWARE de 1992.
À partir de 1998, la série Reconfigurations-Self-hybridations applique les technologies numériques de traitement de l’image au visage de l’artiste, mêlé à des canons esthétiques empruntés à l’art précolombien, à la sculpture africaine, aux portraits d’Autochtones peints par George Catlin puis à l’opéra de Pékin. ORLAN prolonge ensuite l’exploration du côté du vivant: Le Manteau d’Arlequin, en 2007, associe projections vidéo, boîtes de Pétri et bioréacteur permettant la culture in vitro de ses propres cellules combinées à d’autres souches humaines et animales. L’œuvre est née d’un travail mené avec le laboratoire SymbioticA, en Australie.
ORLAN revendique de n’être assujettie à aucun matériau ni à aucune technologie: sculpture, photographie, vidéo, jeu vidéo, réalité augmentée, robotique — elle a fait fabriquer un robot à son image, qui parle avec sa voix — et biotechnologies ne sont pour elle que des médiums, « l’idée prime, la matérialité suit ». En 2025, elle hybride la peinture et l’intelligence artificielle dans un corpus d’autoportraits conçus comme des manifestes, aux yeux exorbités et à la bouche hurlante, prolongeant Les Femmes qui pleurent sont en colère (2019), où elle se mêlait aux portraits de Dora Maar peints par Picasso. Elle se rattache au mouvement de l’augmentisme, ou peinture augmentée.
Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2003, puis chevalier de l’ordre national du Mérite en 2010, ORLAN a reçu en 2013 le grand prix de l’E-réputation, remis chez Christie’s à Paris, et en 2018 le prix des Hundred Heroines of Photography de la Royal Photographic Society, décerné pendant Paris Photo; elle préside cette organisation londonienne depuis 2020. Elle a enseigné à l’Art Center College of Design de Pasadena et a été professeure à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy. Ses œuvres figurent notamment dans les collections du Centre Pompidou, de la Maison européenne de la photographie et du musée d’Art moderne de Saint-Étienne.
Médiums: performance, photographie argentique et numérique, vidéo, sculpture, installation, bio-art, robotique, intelligence artificielle, peinture.
Techniques: action publique de mesure d’un bâtiment avec son propre corps (MesuRage), tableau vivant et citation d’œuvres classiques, opération chirurgicale conduite comme performance, filmée et retransmise par satellite, morphing et traitement numérique de l’image pour l’hybridation du visage, culture cellulaire in vitro en boîtes de Pétri et bioréacteur, génération d’autoportraits par intelligence artificielle hybridée à la peinture.
Motifs récurrents: corps comme lieu de débat public, féminisme et canons de beauté imposés aux femmes, identité et hybridation, critique de la chirurgie esthétique, iconographie chrétienne détournée, mesure et grandeur des institutions, métissage culturel et refus de la ségrégation.
Moins d’un an après l’ouverture du bâtiment de Beaubourg, ORLAN y conduit le 2 décembre 1977 une action intitulée MesuRage du Centre Georges Pompidou: vêtue de son trousseau, elle mesure l’édifice à l’aide de son propre corps, trace des repères à la craie, puis fait constater et certifier l’opération. L’ensemble entré au Musée national d’art moderne est déclaré indissociable: photographies, objets, documents, certificat sur papier jaune et film Mesurage d’institution: Le Centre Georges Pompidou. Dans une certaine mesure, la mesure est comble. Le certificat a été donné par l’artiste dès 1977.
La même année, ORLAN investit la Foire internationale d’art contemporain de Paris avec Le Baiser de l’artiste: assise derrière une photographie grandeur nature de son buste nu transformée en distributeur automatique, elle vend des baisers aux visiteurs ou les invite à offrir un cierge à son image en madone. L’installation, qui superpose la sainte et la femme-objet, fait scandale et lui vaut d’être renvoyée de son poste d’éducatrice. Le Centre Pompidou a acquis le triptyque en 2009; le musée a retenu l’œuvre pour son ouvrage consacré aux cent chefs-d’œuvre du XXe siècle.
Paris a accueilli deux relectures d’ensemble de l’œuvre. En 2004, le Centre national de la photographie présente ORLAN 1964-2004… Méthodes de l’artiste, rétrospective dont le commissariat revient à Régis Durand; le catalogue paraît chez Flammarion. En 2017, la Maison européenne de la photographie consacre à l’artiste ORLAN en capitales, du 20 avril au 18 juin, sous le commissariat de Jérôme Neutres. La MEP a également montré son travail sous l’angle des Self-hybridations, l’artiste y expliquant que le numérique n’est pour elle « qu’une manière différente de construire les images ».
ORLAN est représentée à Paris par la galerie Ceysson & Bénétière, qui l’a montrée en 2025 dans l’exposition collective Le Plis et sur son stand d’Art Paris. La même année, elle figure au Club du Jeu de Paume dans Vagabond Art Club, Mouvement 2. Côté enseignement, elle a été professeure à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et est régulièrement invitée par l’École nationale supérieure des beaux-arts, la Sorbonne et Sciences Po. Ses œuvres ont par ailleurs été exposées au Palais de Tokyo, au musée d’Orsay et au musée Bourdelle.
Centre Pompidou (Paris) — Conserve trente-sept œuvres d’ORLAN, dont les ensembles indissociables du MesuRage du Centre Georges Pompidou (1977) et du Baiser de l’artiste.
Maison européenne de la photographie (Paris) — A consacré à l’artiste la rétrospective ORLAN en capitales (20 avril – 18 juin 2017) et une présentation de la série Self-hybridations.
MAC VAL — Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine) — ORLAN figure parmi les artistes de l’accrochage Le genre idéal, ouvert le 21 mars 2025 et annoncé jusqu’en janvier 2028.
Galerie Ceysson & Bénétière (Paris) — Galerie qui représente ORLAN et l’a exposée en 2025 dans l’exposition collective Le Plis ainsi que sur son stand d’Art Paris.
Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (Saint-Étienne) — A présenté en 2007 la rétrospective Le Récit dans la ville natale de l’artiste et conserve des œuvres dans sa collection.
1947 — Naissance d’ORLAN à Saint-Étienne, en France.
1965 — Corps-sculpture avec masque n° 5, photographie en noir et blanc des débuts.
1967 — Premier prix de la Bourse du travail de Saint-Étienne.
1974-1984 — Chantier Étude documentaire: le drapé, le baroque, mêlant performance, photographie et sculpture.
1977 — Le Baiser de l’artiste à la FIAC de Paris; l’artiste est renvoyée de son poste d’éducatrice.
1977-12-02 — MesuRage du Centre Georges Pompidou: l’artiste mesure le bâtiment avec son corps et en fait certifier le constat.
1984 — Vierge blanche au nuage de plastique bulle, aujourd’hui au Cabinet de la photographie du Centre Pompidou.
1989 — L’Origine de la guerre, parodie de L’Origine du monde de Gustave Courbet.
1993 — Omniprésence: opération-chirurgicale-performance retransmise en direct par satellite.
1998 — Début de la série Reconfigurations-Self-hybridations, à partir de l’art précolombien.
2004 — Rétrospective ORLAN 1964-2004… Méthodes de l’artiste au Centre national de la photographie, à Paris.
2007 — Le Manteau d’Arlequin, installation de bio-art avec bioréacteur et cultures cellulaires.
2010 — ORLAN est faite chevalier de l’ordre national du Mérite.
2017 — Rétrospective ORLAN en capitales à la Maison européenne de la photographie, du 20 avril au 18 juin.
2020 — ORLAN est nommée présidente de l’organisation Hundred Heroines, à Londres.
2025 — Nouveau corpus d’autoportraits hybridant peinture et intelligence artificielle.
2026 — Expositions personnelles à la Muffathalle de Munich, à la galerie Glaab de Berne et à la Maison Elsa Triolet.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier ORLAN à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
L'artiste l'explique elle-même en tête de sa biographie officielle : « Je suis ORLAN, entre autre et dans la mesure du possible. Mon nom s'écrit chaque lettre en capitale car je ne veux pas qu'on me fasse rentrer dans les rangs, je ne veux pas qu'on me fasse rentrer dans la ligne. » La typographie fait donc partie de l'œuvre.
Son manifeste le définit comme « un travail d'autoportrait au sens classique, mais avec des moyens technologiques qui sont ceux de son temps », oscillant entre défiguration et refiguration. Il se distingue du body art parce qu'il ne recherche pas la douleur : ORLAN revendique l'anesthésie et le refus de l'automutilation, et fait du corps modifié un lieu de débat public.
Dans les années 1990, ORLAN s'assure le concours de médecins et transforme le bloc opératoire en atelier : son corps y est opéré et modifié sous sa propre direction. Certaines interventions ont été filmées et retransmises en direct par satellite vers des lieux d'art, comme Omniprésence en 1993, et ont donné lieu ensuite à des vidéos, des photographies, des dessins et des reliquaires.
ORLAN y a réalisé le MesuRage du Centre Georges Pompidou : elle a mesuré le bâtiment avec son propre corps, tracé des repères à la craie et fait rédiger un constat, matérialisé par un certificat imprimé sur papier jaune. Le musée conserve l'ensemble comme indissociable, avec le film Dans une certaine mesure, la mesure est comble.
Engagée à partir de 1998 sous le titre Reconfigurations-Self-hybridations, cette série numérique mêle le visage de l'artiste à des canons corporels empruntés à l'art précolombien, à la sculpture africaine, aux portraits d'Autochtones peints par George Catlin puis à l'opéra de Pékin, produisant des figures mutantes qui brouillent les distinctions ethniques, sexuelles et temporelles.
Le Centre Pompidou conserve trente-sept œuvres de l'artiste, dont le triptyque du Baiser de l'artiste et l'ensemble du MesuRage de 1977. En Île-de-France, ORLAN figure parmi les artistes de l'accrochage Le genre idéal du MAC VAL à Vitry-sur-Seine, ouvert depuis le 21 mars 2025. Elle est représentée à Paris par la galerie Ceysson & Bénétière.