Exposition Paris

Exposition Paul Gauguin

Né à Paris en 1848 et mort à Atuona, aux îles Marquises, le 8 mai 1903, Paul Gauguin fut d’abord commis d’agent de change avant de tout abandonner pour la peinture.

Qui est Paul Gauguin ?

Le musée d’Orsay résume ses débuts en une phrase sans indulgence: Gauguin commence comme commis d’agent de change, brille à la Bourse, et ne peint d’abord que sur son temps libre.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Paul Gauguin dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De la Bourse à l’atelier

Le musée d’Orsay résume ses débuts en une phrase sans indulgence: Gauguin commence comme commis d’agent de change, brille à la Bourse, et ne peint d’abord que sur son temps libre. La rencontre décisive est celle de Camille Pissarro, qui lui ouvre une première exposition en 1876 puis la compagnie des impressionnistes en 1881. L’accueil critique lui suffit pour trancher: il quitte la finance et se consacre entièrement à son art.

Pont-Aven et la décision de «  tout oser »

En 1886, Gauguin présente dix-neuf toiles à la huitième exposition impressionniste, puis gagne Pont-Aven, où il rencontre Émile Bernard. La Belle Angèle, peinte là en 1889, montre ce que devient sa peinture: le portrait de l’hôtelière Marie-Angélique Satre est découpé dans un cercle emprunté à l’estampe japonaise, posé sur un fond décoratif, et flanqué d’une céramique anthropomorphe d’inspiration péruvienne. Le modèle, horrifié, refusa la toile.

Arles, l’atelier à deux qui échoue

Après un aller-retour en Martinique dont il revient malade, Gauguin rejoint Vincent van Gogh à Arles. Le Van Gogh Museum conserve le témoignage le plus parlant de cet automne 1888: La Chaise de Gauguin, peinte par Van Gogh en novembre, où des romans modernes et une bougie allumée tiennent lieu de portrait du peintre absent. Elle a pour pendant la chaise paysanne de Van Gogh lui-même; les deux hommes se brouillent peu après et se séparent.

Tahiti, et le retour manqué de 1893

En avril 1891, Gauguin part une première fois pour Tahiti chercher les traces d’une vie qu’il croit primitive. Il y peint des scènes où l’observation se mêle aux récits locaux et aux traditions religieuses anciennes, comme Arearea en 1892. Il rentre en 1893 sans un sou, selon le musée d’Orsay, et expose ses toiles tahitiennes à Paris en novembre de la même année: les titres en tahitien et le chien rouge d’Arearea provoquent l’ironie plutôt que l’enthousiasme espéré.

Le second départ et les Marquises

Gauguin repasse par Pont-Aven, puis repart définitivement pour la Polynésie et s’installe finalement aux îles Marquises, où il achève sa vie. C’est au cours de ce second séjour tahitien qu’il peint en 1898 Le Cheval blanc, vision entièrement recomposée d’un paysage insulaire. Il meurt à Atuona le 8 mai 1903; le centenaire de cette mort donnera lieu, en 2003, à la grande rétrospective polynésienne organisée par le musée d’Orsay.

La pratique en bref

Médiums: peinture à l’huile, souvent sur toile de jute pendant la période polynésienne, céramique, gravure sur bois, zincographie et lithographie, sculpture.

Techniques: cloisonnement: silhouettes soulignées d’un trait plus sombre, aplats de couleur superposés en plans, jusqu’à supprimer le ciel, découpe circulaire du motif empruntée à l’estampe japonaise, rupture volontaire de la perspective et de l’unité spatiale, impression de zincographies sur papier jaune vif.

Motifs récurrents: la Bretagne de Pont-Aven et ses figures, la Polynésie rêvée plutôt que décrite, les croyances et divinités maories, la dévotion et le sacré païen, l’animal symbolique (chien rouge, cheval blanc), la reprise et la variation d’un même motif d’une œuvre à l’autre.

Un Parisien qui a fait carrière en partant

Gauguin naît à Paris en 1848: la notice d’autorité du musée d’Orsay et la base Joconde le donnent l’une et l’autre né dans la capitale et mort aux Marquises. C’est à Paris qu’il gagne sa vie comme commis d’agent de change, qu’il peint le dimanche, qu’il rencontre Pissarro et qu’il expose pour la première fois en 1876. C’est aussi à Paris qu’il se lie à Émile Schuffenecker et à Georges-Daniel de Monfreid, et qu’il approche les milieux symbolistes.

1889: le coup de force du café Volpini

Écarté de la section artistique officielle de l’Exposition universelle de 1889, Gauguin monte sa propre exposition dans un café du champ de foire tenu par un certain Volpini. Le Cleveland Museum of Art, qui possède la série complète des onze zincographies imprimées sur papier jaune vif pour l’occasion, rappelle que cette centaine d’œuvres accrochées en marge de la manifestation officielle est aujourd’hui tenue pour la première exposition symboliste de l’histoire.

Novembre 1893: Tahiti accroché aux murs parisiens

De retour de son premier séjour polynésien, Gauguin montre à Paris, en novembre 1893, l’ensemble de ses toiles tahitiennes, Arearea comprise. Il espérait justifier son voyage devant le public de la capitale; le musée d’Orsay note que l’accueil ne fut pas celui qu’il attendait, les titres en tahitien et le chien rouge du premier plan ayant surtout suscité des sarcasmes. Il repartira peu après, cette fois sans retour.

Paris, laboratoire de sa postérité

Le musée d’Orsay conserve un noyau majeur de son œuvre — La Belle Angèle, Arearea, Le Cheval blanc, le Portrait de l’artiste de 1896. Deux grandes rétrospectives parisiennes ont fait date: «  Gauguin – Tahiti, l’atelier des tropiques » aux Galeries nationales du Grand Palais du 3 octobre 2003 au 19 janvier 2004, pour le centenaire de sa mort, puis «  Gauguin l’alchimiste » au même endroit, jusqu’au 22 janvier 2018, consacrée à son travail de la matière.

Le «  musée Gauguin » privé de Gustave Fayet

La Fondation Louis Vuitton rappelle dans son dossier de presse que le collectionneur Gustave Fayet avait réuni en plein cœur de Paris un véritable «  musée Gauguin », riche de près de deux cents œuvres, et joué un rôle décisif dans la reconnaissance du peintre. Son exposition présentera soixante-dix-huit œuvres de Gauguin et réunira Le Christ jaune, le Portrait de l’artiste au Christ jaune et Le Calvaire breton, aujourd’hui dispersés.

Où voir ses œuvres

Musée d’Orsay (Paris) — Conserve un ensemble majeur de peintures de Gauguin, dont La Belle Angèle, Arearea, Le Cheval blanc et le Portrait de l’artiste de 1896, et tient sa notice d’autorité.

Galeries nationales du Grand Palais (Paris) — A accueilli les deux grandes rétrospectives parisiennes: «  Gauguin – Tahiti, l’atelier des tropiques » en 2003-2004 et «  Gauguin l’alchimiste » jusqu’au 22 janvier 2018.

Fondation Louis Vuitton (Paris) — Présentera du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027 l’exposition «  Gustave Fayet, collectionneur - créateur », qui comprend soixante-dix-huit œuvres de Gauguin.

Art Institute of Chicago (Chicago) — Conserve plusieurs toiles polynésiennes de premier plan, dont Mahana no atua (1894) et No te aha oe riri (1896).

Cleveland Museum of Art (Cleveland) — Possède la série complète des zincographies de la Suite Volpini imprimées pour l’exposition parisienne de 1889.

Repères chronologiques

1848 — Naissance à Paris d’Eugène Henri Paul Gauguin, futur peintre, céramiste, graveur et sculpteur.

1876 — Première participation à une exposition, rendue possible par sa rencontre avec Camille Pissarro.

1886 — Dix-neuf toiles à la huitième exposition impressionniste, puis premier séjour à Pont-Aven et rencontre d’Émile Bernard.

1888-11 — Séjour auprès de Van Gogh à Arles: La Chaise de Gauguin est peinte en novembre, avant la brouille et la séparation.

1889 — Exposition du groupe impressionniste et synthétiste au Café des Arts de M. Volpini, en marge de l’Exposition universelle de Paris.

1891 — Départ en avril pour un premier séjour à Tahiti, à la recherche des traces d’une vie primitive.

1893 — Retour en France sans argent et présentation des toiles tahitiennes à Paris en novembre, accueillies avec ironie.

1898 — Le Cheval blanc est peint pendant le second séjour tahitien, vision synthétique et non observée d’un paysage insulaire.

1903-05-08 — Mort de Paul Gauguin à Atuona, dans les îles Marquises, après son installation définitive en Polynésie.

2003-10 — Ouverture au Grand Palais de «  Gauguin - Tahiti, l’atelier des tropiques », rétrospective du centenaire de sa mort.

2017-2018 — «  Gauguin l’alchimiste » au Grand Palais, consacrée à sa pratique croisée de la peinture, de la sculpture et de la céramique.

Galerie

Paul Gauguin & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Paul Gauguin à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Paul Gauguin a-t-il abandonné la Bourse pour la peinture ?

Il était commis d'agent de change et peignait sur son temps libre. Sa rencontre avec Camille Pissarro lui vaut d'exposer dès 1876, puis avec les impressionnistes en 1881 ; les bonnes critiques reçues alors le décident, selon le musée d'Orsay, à quitter la finance pour se consacrer entièrement à son art.

Que représente « Arearea », conservé au musée d'Orsay ?

Peinte en 1892 lors du premier séjour tahitien, la toile juxtapose deux femmes assises, un arbre qui barre la composition et un chien rouge, sans ciel, sur des plans verts, jaunes et rouges. À l'arrière-plan, Gauguin agrandit une petite statue maorie aux dimensions d'un grand Bouddha et invente le rite qu'on lui voue.

Qu'est-ce que l'exposition du café Volpini de 1889 ?

Écarté de la section officielle de l'Exposition universelle, Gauguin fait accrocher une centaine d'œuvres, avec ses amis, sur les murs du Café des Arts tenu par M. Volpini. Il y présente onze zincographies sur papier jaune, la Suite Volpini. L'ensemble est aujourd'hui considéré comme la première exposition symboliste.

Comment s'est terminée la cohabitation avec Van Gogh à Arles ?

Van Gogh peint en novembre 1888 La Chaise de Gauguin, portrait indirect de son ami absent : des romans modernes et une bougie allumée sur le siège vide. Le Van Gogh Museum précise que les deux peintres se sont querellés peu après et ont pris des chemins séparés.

Que signifie le cheval blanc de la toile de 1898 ?

Le musée d'Orsay souligne que la scène n'est pas prise sur le vif mais recomposée : le cheval, dont la robe se teinte du vert de la végétation, boit dans un ruisseau vertical. Sa solitude renvoie vraisemblablement aux croyances tahitiennes sur le passage de l'âme, le blanc étant en Polynésie associé à la mort.

Où voir des œuvres de Gauguin à Paris ?

Le musée d'Orsay en conserve le noyau parisien : La Belle Angèle (1889), Arearea (1892), le Portrait de l'artiste (1896) et Le Cheval blanc (1898). Les notices précisent que l'accrochage varie, certaines toiles pouvant être signalées comme non exposées en salle à un moment donné.