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Cette page sert surtout à situer Paul McCarthy dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né en 1945 à Salt Lake City, Paul McCarthy est un artiste américain que le Centre Pompidou classe parmi les sculpteurs, mais dont l’œuvre a d’abord été un corps en action: performances extrêmes, puis vidéos, installations et sculptures monumentales.
Paul McCarthy naît en 1945 à Salt Lake City, dans l’Utah.
Cette page sert surtout à situer Paul McCarthy dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Paul McCarthy naît en 1945 à Salt Lake City, dans l’Utah. Sa formation se déroule ensuite en trois temps documentés par le curriculum vitae publié par le Moderna Museet de Stockholm: l’université de l’Utah de 1966 à 1968, le San Francisco Art Institute en 1969, puis l’université de Californie du Sud à Los Angeles en 1973. Cette trajectoire l’installe durablement en Californie, où il vit et travaille depuis, entre Los Angeles et Altadena. Electronic Arts Intermix rappelle que, dès ses années d’études, il se jette d’une fenêtre du premier étage dans une action rejouant le « Saut dans le vide » d’Yves Klein — un geste inaugural qui dit déjà le rapport frontal au corps et au risque physique.
Avant toute reconnaissance internationale, McCarthy est pendant des années une figure influente de la scène de la performance en Californie du Sud. Electronic Arts Intermix décrit des actions de la fin des années 1970 explorant les rituels d’initiation dionysiaques et chamaniques, le corps et la sexualité; c’est l’intensité même de ces performances, et la représentation crue de sujets tabous qu’elles impliquent, qui le conduit à faire de la vidéo et de l’installation ses médias principaux. Le Centre Pompidou conserve plusieurs jalons de cette période, dont les « Black and White Tapes » (1970-1975), « Heinz Ketchup Sauce » (1974) et « Class Fool » (1976).
La Pinault Collection résume l’enjeu du travail: une mise en cause des valeurs de la société de consommation et, plus largement, des tabous et des hiérarchies du monde occidental, avec une charge particulière contre la violence de la société américaine. McCarthy s’empare pour cela d’icônes issues de l’univers Disney et de l’imagerie populaire — Blanche-Neige, le Père Noël — qui incarnent précisément le monde qu’il parodie. Figure centrale de la scène californienne depuis les années 1970, proche de Mike Kelley avec qui il signe « Heidi » (1992) et « Fresh Acconci » (1995), il est marqué par Robert Rauschenberg, Bruce Nauman et les films de Bruce Conner.
À partir des années 2000, le format change d’échelle: aux plateaux filmés succèdent des sculptures et des structures gonflables conçues pour la rue et la place publique. L’épisode parisien de « Tree », haute de 24 mètrès, en donne la mesure: dressée place Vendôme en octobre 2014, l’œuvre est critiquée dès son apparition, son auteur est frappé au visage, puis la structure est détériorée dans la nuit du 17 au 18 octobre. McCarthy renonce alors à la regonfler, expliquant ne pas vouloir « être mêlé à ce type de confrontation et à la violence physique ». L’épisode déplace le débat de l’œuvre vers la liberté de création.
À plus de quatre-vingts ans, McCarthy n’a rien abandonné de ses motifs. Son exposition parisienne « SS EE Saint Santa Eva Elf Drawing Sessions 2025 with Lilith Stangenberg », présentée du 21 mars au 31 mai 2026 chez Hauser & Wirth, réunit de grands dessins et une installation vidéo à six canaux. Les œuvres prolongent le projet A&E mené avec l’actrice allemande Lilith Stangenberg, les deux artistes endossant les rôles du Père Noël et de l’Elfe; les dessins ont été produits lors de séances performées improvisées dans son atelier de Los Angeles, où est reconstitué l’intérieur de sa maison d’enfance. The Art Newspaper y voit le retour à l’un de ses motifs les plus tenaces, mis au service d’un examen du capitalisme et du spectre du fascisme.
Médiums: performance, vidéo, film, sculpture, installation, dessin, photographie, peinture, animatronique.
Techniques: performances filmées sur plateaux reconstitués, installation vidéo multi-écrans, sculpture gonflable monumentale pour l’espace public, production en direct d’objets moulés (chocolat) devant le public, dessin exécuté au cours de séances performées improvisées, collaboration avec d’autres artistes et avec des interprètes.
Motifs récurrents: critique de la société de consommation, détournement des icônes Disney et de l’imagerie populaire, famille, enfance et violence domestique, corps, pulsions et tabous sexuels, pouvoir, hiérarchies et autorité, grotesque, excès et humour noir.
En 2014, la Monnaie de Paris rouvre ses espaces d’exposition rénovés et confie l’ouverture de sa programmation d’art contemporain à Paul McCarthy. « Chocolate Factory », présentée du 25 octobre 2014 au 4 janvier 2015 au 11 quai de Conti, est sa première exposition personnelle d’envergure dans une institution française; le commissariat est assuré par Chiara Parisi, alors directrice des programmes culturels. Le parcours commence dans le grand escalier, envahi par une forêt de sapins gonflables géants, avant d’atteindre le Salon d’Honneur transformé en usine à chocolat en état de marche, où des confiseurs produisent devant le public des effigies de Père Noël et de sapins. En exposant la chaîne de production complète, l’artiste met à nu les mécanismes de la fabrication et de la vente.
Quelques jours avant l’ouverture de la Monnaie de Paris, McCarthy investit la place Vendôme avec « Tree », sculpture gonflable de 24 mètrès présentée dans le programme hors les murs de la FIAC. L’œuvre est aussitôt contestée pour sa forme équivoque; l’artiste est frappé au visage sur la place, puis la structure est détériorée dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 octobre 2014 — l’alimentation électrique de la soufflerie est coupée et les sangles défaites. Le 18 octobre, McCarthy annonce renoncer à la regonfler. L’épisode a durablement associé son nom, en France, à la question de la place de l’art contemporain dans l’espace public.
Au-delà de l’événement, Paris conserve son travail. Le Centre Pompidou lui consacre une notice d’artiste et détient plusieurs œuvres, parmi lesquelles « Painter » (1995), acquise par achat en 1996 sous le numéro d’inventaire AM 1996-453, ainsi que « Heinz Ketchup Sauce », « Black and White Tapes », « Bossy Burger » ou « Class Fool ». Il figure aussi dans la Pinault Collection, qui présente ses œuvres depuis l’exposition « Post-Pop » de 2006 au Palazzo Grassi. Enfin, la galerie Hauser & Wirth lui a consacré une exposition dans son espace parisien du printemps 2026.
Monnaie de Paris (Paris) — A présenté « Chocolate Factory » du 25 octobre 2014 au 4 janvier 2015, première exposition personnelle d’envergure de l’artiste dans une institution française, pour la réouverture de ses espaces d’exposition.
Centre Pompidou (Paris) — Conserve plusieurs œuvres de l’artiste, dont la vidéo « Painter » (1995) achetée en 1996.
Place Vendôme (Paris) — Site de l’installation éphémère « Tree » en octobre 2014, dans le programme hors les murs de la FIAC.
Hauser & Wirth Paris (Paris) — Galerie qui représente l’artiste et a présenté « SS EE Saint Santa Eva Elf Drawing Sessions 2025 with Lilith Stangenberg » du 21 mars au 31 mai 2026.
1945 — Naissance de Paul McCarthy à Salt Lake City, dans l’Utah, aux États-Unis.
1966-1968 — Études à l’université de l’Utah, premier temps de sa formation artistique.
1969 — Passage par le San Francisco Art Institute, en Californie du Nord.
1973 — Fin de son cursus à l’université de Californie du Sud, à Los Angeles.
1974 — Réalisation de « Heinz Ketchup Sauce », aujourd’hui conservée au Centre Pompidou.
1992 — « Heidi », œuvre réalisée avec Mike Kelley et conservée au Centre Pompidou.
1996 — Le Centre Pompidou achète la vidéo « Painter » (1995), inventoriée AM 1996-453.
2001 — Expositions personnelles au New Museum de New York, à la Tate Liverpool et à la Villa Arson à Nice.
2003 — Exposition personnelle « Paul McCarthy at Tate Modern » à Londres.
2014-10-18 — Après le vandalisme de « Tree » place Vendôme, McCarthy renonce à regonfler la sculpture.
2014-10-25 — Ouverture de « Chocolate Factory » à la Monnaie de Paris, jusqu’au 4 janvier 2015.
2026-03-21 — Ouverture de « SS EE Saint Santa Eva Elf » chez Hauser & Wirth Paris, jusqu’au 31 mai 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Paul McCarthy à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Artiste américain né en 1945 à Salt Lake City et installé en Californie, Paul McCarthy est répertorié comme sculpteur par le Centre Pompidou mais travaille aussi la performance, la vidéo, l'installation, le dessin et la photographie. Son œuvre, développée depuis les années 1970, s'attaque aux valeurs de la société de consommation et aux tabous du monde occidental.
Installée le jeudi 16 octobre 2014 dans le cadre du programme hors les murs de la FIAC, cette sculpture gonflable de 24 mètrès a été aussitôt contestée pour sa forme équivoque. L'artiste a été frappé au visage sur la place, puis l'œuvre a été détériorée dans la nuit du 17 au 18 octobre. McCarthy a renoncé à la regonfler, refusant de « faire prendre des risques à cette œuvre ».
Présentée du 25 octobre 2014 au 4 janvier 2015 au 11 quai de Conti, elle transformait le Salon d'Honneur en usine à chocolat en fonctionnement, où des confiseurs produisaient devant le public des Pères Noël et des sapins en chocolat, après un grand escalier envahi de sapins gonflables. Le commissariat était assuré par Chiara Parisi.
Le Centre Pompidou détient plusieurs de ses pièces, notamment la vidéo « Painter » (1995), acquise par achat en 1996 sous le numéro d'inventaire AM 1996-453, ainsi que « Heinz Ketchup Sauce », « Bossy Burger » ou « Class Fool ». Leur présentation dépend toutefois de la programmation du musée : elle n'est jamais permanente.
« Painter » est une vidéo de 49 minutes et 58 secondes, tournée en Betacam SP PAL au format 4/3, en couleur, sonore et en anglais. Conservée au Centre Pompidou dans le domaine des nouveaux médias, elle a été achetée par le musée en 1996 et porte le numéro d'inventaire AM 1996-453.
Il poursuit le projet A&E avec l'actrice allemande Lilith Stangenberg, dans lequel tous deux incarnent le Père Noël et l'Elfe. Son exposition parisienne du printemps 2026 rassemblait de grands dessins réalisés lors de séances performées improvisées dans son atelier de Los Angeles et une installation vidéo à six canaux.