Exposition Paris

Exposition Paul Signac

Né à Paris le 11 novembre 1863 et mort dans la même ville le 15 août 1935, Paul Signac est le peintre qui a fait du néo-impressionnisme une doctrine et un mouvement.

Qui est Paul Signac ?

Issu d’une famille de marchands selliers installée à Asnières, Signac quitte le lycée à seize ans passés pour peindre.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Paul Signac dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Montmartre, 1880: un autodidacte entre en peinture

Issu d’une famille de marchands selliers installée à Asnières, Signac quitte le lycée à seize ans passés pour peindre. Il loue un atelier à Montmartre au début des années 1880 et se forme seul, au contact des impressionnistes qu’il découvre dans leurs expositions. La National Gallery de Londres le décrit sans détour comme un artiste autodidacte. De ces premières années date «  Le moulin de la Galette, à Montmartre », toile de 1884 aujourd’hui au musée Carnavalet sous le numéro d’inventaire P1938: un motif de butte encore impressionniste, peint avant toute théorie.

Seurat, la division du ton et les tableaux numérotés en «  Opus »

Sa rencontre avec Georges Seurat en 1884 bascule tout. Dès 1886, la série des Andelys, sur les bords de Seine, inaugure sa manière divisée: l’Art Institute of Chicago y voit sa première série peinte «  en points et en tirets de couleurs contrastées », où un triangle de bleu suffit à faire tourner la rivière. Signac pousse ensuite la logique jusqu’au titre: «  La Jetée de Cassis, Opus 198 » en 1889, «  Evening Calm, Concarneau, Opus 220 (Allegro maestoso) » en 1891, deux toiles conservées au Metropolitan Museum of Art, empruntent leur nomenclature à la musique.

Fénéon, l’anarchisme et la peinture comme démonstration

En 1890, Signac peint son ami Félix Fénéon — éditeur, traducteur, marchand et militant anarchiste — de profil, canne et fleur à la main, sur un fond de spirale colorée: c’est l’«  Opus 217 » du Museum of Modern Art, dont la notice rappelle que Fénéon est le critique qui a forgé le terme de néo-impressionnisme. Deux ans plus tôt, la lithographie du cercle chromatique tirée pour Charles Henry, conservée à l’Art Institute of Chicago, avait déjà transformé une théorie de la couleur en image. Chez Signac, la démonstration est un genre pictural.

Saint-Tropez, le Midi et le rôle de passeur

À partir des années 1890, le peintre s’installe durablement dans le Midi: la lithographie «  Saint-Tropez: le port », datée 1897-98 par le Cleveland Museum of Art, dit assez ce que le petit port devient pour lui. La palette s’éclaircit, la touche s’élargit, et «  Notre-Dame de la Garde (La Bonne Mère), Marseille », peinte en 1905-06 et aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art, montre un divisionnisme devenu mosaïque lumineuse. Théoricien devenu chef d’école, il publie en 1899 «  D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme », l’ouvrage par lequel il diffuse le mouvement après la mort de Seurat.

Le président des Indépendants et l’aquarelliste des ports

Élu à la tête de la Société des artistes indépendants en 1908, Signac préside pendant plus d’un quart de siècle le seul salon parisien sans jury ni récompense, et y fait entrer les générations suivantes. Nommé peintre officiel de la Marine en 1915, il consacre ses dernières années à l’aquarelle: «  Ships near the Trieux River », feuille de 1925 au Cleveland Museum of Art, montre cette technique de crayon noir rehaussé d’eau qui lui sert ensuite pour la campagne des ports de France, menée de 1929 à 1931 avec le mécène Gaston Lévy.

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, aquarelle, lithographie en couleurs, dessin au crayon et au fusain, peinture décorative de grand format, écrit théorique.

Techniques: division du ton en petites taches de couleurs pures juxtaposées (divisionnisme), pointillisme: points et tirets de couleurs contrastées, mélange optique opéré par l’œil du spectateur, construction géométrique du motif (triangles, trapèzes) sous la touche divisée, aquarelle posée sur un trait de crayon ou de fusain, lithographie en couleurs à plusieurs pierres ou plaques de zinc.

Motifs récurrents: ports et rades, la Seine et ses berges, voile et navigation, Montmartre et les motifs parisiens, lumière méditerranéenne, harmonie sociale et utopie, portrait d’ami et de critique, théorie de la couleur mise en image.

Un Parisien de bout en bout

La notice du musée Carnavalet est explicite: «  Signac, Paul (Paris, 11-11-1863 - Paris, 15-08-1935), peintre ». Le Metropolitan Museum of Art le catalogue de la même façon, «  French, Paris 1863-1935 Paris ». La ville n’est donc pas un décor de passage mais le point de départ et le point d’arrivée: c’est à Montmartre qu’il loue son premier atelier au début des années 1880, et c’est à Paris qu’il meurt en 1935, avant d’être inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Le Salon des Indépendants, sa tribune

Signac participe en 1884 au premier Salon des Indépendants et prend part à la fondation de la Société des artistes indépendants, dont il devient président en 1908. Ce salon parisien sans jury est le lieu où le néo-impressionnisme se montre et se discute: c’est aux Indépendants que le portrait de Félix Fénéon fait scandale en 1891, ce même «  Opus 217 » que conserve aujourd’hui le Museum of Modern Art de New York.

Où voir Signac à Paris et sur quels motifs parisiens

Deux entrées parisiennes coexistent. Le motif d’abord: le moulin de la Galette peint en 1884, conservé au musée Carnavalet, et l’aquarelle «  Notre Dame » de 1910 passée dans la collection Alfred Stieglitz de l’Art Institute of Chicago, montrent un Signac attentif à la butte puis à la Seine et à ses ponts. La présence ensuite: jusqu’au 2 août 2026, une de ses œuvres figure au Palais de Chaillot dans l’exposition du musée national de la Marine consacrée à quatre siècles de peinture maritime.

Où voir ses œuvres

Musée Carnavalet – Histoire de Paris (Paris) — conserve «  Le moulin de la Galette, à Montmartre » (1884), inv. P1938

Musée national de la Marine — Palais de Chaillot (Paris) — présente une œuvre de Signac dans l’exposition «  La Marine et les peintres » jusqu’au 2 août 2026

The Museum of Modern Art (New York) — conserve et expose l’«  Opus 217 », portrait de Félix Fénéon (1890)

The Metropolitan Museum of Art (New York) — conserve trois jalons de la manière divisée, dont l’Opus 198 et l’Opus 220

Repères chronologiques

1863-11-11 — Naissance de Paul Signac à Paris, dans une famille de marchands selliers installée à Asnières.

1884 — Premier Salon des Indépendants et participation à la fondation de la Société des artistes indépendants; il peint «  Le moulin de la Galette, à Montmartre ».

1886 — Série des Andelys, sur la Seine: première série peinte en points et tirets de couleurs contrastées.

1888 — Lithographie du cercle chromatique liée aux recherches de Charles Henry sur la couleur.

1889 — Peinture de «  The Jetty at Cassis, Opus 198 », huile sur toile aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art.

1890 — Portrait de Félix Fénéon, «  Opus 217 », conservé au Museum of Modern Art de New York.

1891 — «  Evening Calm, Concarneau, Opus 220 (Allegro Maestoso) », titre emprunté au vocabulaire musical.

1895-1896 — Version lithographiée en couleurs d’«  Au temps d’harmonie », imprimée par Tailliardat.

1899 — Publication de «  D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme », manifeste du mouvement.

1908 — Signac devient président de la Société des artistes indépendants, salon parisien sans jury.

1910 — Aquarelle «  Notre Dame », entrée dans la collection Alfred Stieglitz de l’Art Institute of Chicago.

1915 — Signac est nommé peintre officiel de la Marine, titre qui prolonge sa passion pour la voile.

1929-1931 — Campagne d’aquarelles des ports de France, menée avec le soutien du mécène Gaston Lévy.

1935-08-15 — Mort de Paul Signac à Paris; il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Galerie

Paul Signac & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Paul Signac à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Où voir une œuvre de Paul Signac à Paris ?

Le musée Carnavalet – Histoire de Paris conserve « Le moulin de la Galette, à Montmartre, 18e arrondissement, Paris », huile sur toile de 1884, inventoriée P1938. Par ailleurs, jusqu’au 2 août 2026, Signac figure parmi les peintres réunis par l’exposition « La Marine et les peintres » au musée national de la Marine, au Palais de Chaillot.

Signac a-t-il inventé le pointillisme ?

Non : la technique est due à Georges Seurat, et Signac en devient le praticien le plus convaincu. L’Art Institute of Chicago précise que le pointillisme a été créé par Seurat, ami de Signac, et que ce dernier se l’approprie par une attention particulière à la forme géométrique. La National Gallery de Londres le présente comme un autodidacte influencé par Seurat.

Pourquoi certains tableaux de Signac portent-ils un numéro d’« Opus » ?

Parce qu’il emprunte son vocabulaire à la musique. Le Metropolitan Museum of Art conserve « The Jetty at Cassis, Opus 198 » (1889) et « Evening Calm, Concarneau, Opus 220 (Allegro Maestoso) » (1891) : le numéro d’opus et l’indication de tempo font du tableau l’équivalent d’une partition, où les couleurs jouent le rôle des notes.

Qui était Félix Fénéon, dont Signac a peint le portrait ?

Selon la notice du Museum of Modern Art, Fénéon était éditeur, traducteur, marchand d’art et militant anarchiste, et c’est lui qui a forgé le terme de néo-impressionnisme pour désigner les travaux de Signac et de Seurat à la fin des années 1880. Signac l’a peint de profil en 1890 dans l’« Opus 217 », sur un fond de spirale colorée.

Quel livre Paul Signac a-t-il écrit ?

Il publie en 1899 « D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme ». La National Gallery de Londres indique qu’après la mort de Seurat en 1891, Signac a continué de promouvoir les théories et les techniques du mouvement par ses articles et par cet ouvrage, qui rattache la peinture divisée à l’héritage coloriste de Delacroix.

Qu’est-ce qu’« Au temps d’harmonie » ?

C’est la grande composition utopique de Signac, dont l’Art Institute of Chicago et le Cleveland Museum of Art conservent la version lithographiée en couleurs, datée 1895-1896 et imprimée par Tailliardat. Le tableau lui-même est, depuis 1938, propriété de la mairie de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.