Exposition Paris

Exposition Peter Doig

Né à Édimbourg en 1959 et élevé entre Trinidad et le Canada, Peter Doig a rendu à la peinture figurative une puissance d’évocation que l’art contemporain lui refusait.

Qui est Peter Doig ?

Peter Doig naît à Édimbourg en 1959. De 1962 à 1979, il vit avec sa famille à Trinidad puis au Canada: ce sont ces deux territoires, et non l’Écosse, qui fourniront l’essentiel de son répertoire d’images.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Peter Doig dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une enfance partagée entre Trinidad et le Canada

Peter Doig naît à Édimbourg en 1959. De 1962 à 1979, il vit avec sa famille à Trinidad puis au Canada: ce sont ces deux territoires, et non l’Écosse, qui fourniront l’essentiel de son répertoire d’images. À vingt ans, il rentre en Grande-Bretagne et s’installe à Londres. Le Canada reste présent dans son œuvre bien après son départ, y compris dans les tableaux peints en Europe: étangs gelés, lisières de forêt, stations de sports d’hiver.

Trois écoles londoniennes et un retour tardif aux études

Doig étudie à la Wimbledon School of Art de 1979 à 1980, puis à la Saint Martin’s School of Art de 1980 à 1983. Après un séjour de trois ans au Canada, il reprend des études en 1989 à la Chelsea School of Art, où il prépare un master. C’est là, vers 1990, que se situe sa percée de peintre: à trente ans passés, avec un vocabulaire déjà constitué, il s’écarte à la fois de l’héritage expressionniste abstrait américain et de la figuration alors dominante.

Whitechapel, John Moores, Turner Prize: la décennie 1990

La reconnaissance vient vite. Une exposition personnelle à la Whitechapel Art Gallery en 1991 impose son nom sur la scène britannique. En 1993, «  Blotter » remporte le John Moores Painting Prize, un tournant que le musée conservateur de l’œuvre décrit comme décisif dans sa carrière; l’année suivante, Doig figure parmi les artistes sélectionnés pour le Turner Prize 1994, avec notamment «  Ski Jacket » et «  Concrete Cabin West Side ».

Le départ pour Trinidad en 2002

En 2002, Doig quitte l’Europe pour s’installer à Trinidad, l’île de son enfance. Sa peinture change de température: lumière tropicale, figures isolées au bord de l’eau, formats amples. La rétrospective de la Tate Britain en 2008 réunissait précisément beaucoup de pièces jamais montrées au Royaume-Uni, réalisées depuis ce déménagement. Cette période trinidadienne dure près de vingt ans et constitue le cœur de son œuvre de maturité.

Le retour à Londres et le chapitre du Courtauld

En 2021, Peter Doig quitte Trinidad pour Londres. Deux ans plus tard, la Courtauld Gallery lui consacre du 10 février au 29 mai 2023 une exposition d’œuvres nouvelles et récentes — la première consacrée à un artiste contemporain depuis la réouverture du lieu en novembre 2021. Doig y reprenait des toiles commencées à Trinidad et à New York, aux côtés de tableaux entièrement neufs dont un sujet londonien, en dialogue avec les impressionnistes et post-impressionnistes de la collection.

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, sérigraphie sur papier, aquarelle sur papier, dessin.

Techniques: peinture d’après photographies personnelles et images de films, imprégnation de la couleur dans la toile (procédé revendiqué par l’artiste pour «  Blotter »), surfaces enchevêtrées offrant des vues interrompues, notamment dans les toiles du début des années 1990, palette acide et facture lâche, reprise de tableaux sur plusieurs années, un même sujet pouvant être daté de deux années distinctes.

Motifs récurrents: le rapport de l’homme à son environnement, le paysage comme souvenir ou comme rêve, l’eau: étang gelé, lac, mer des Caraïbes, le canoë et la dérive, l’architecture moderniste absorbée par la végétation, les loisirs contemporains, ski et stations de montagne.

2008: sa première grande exposition parisienne

Du 30 mai au 7 septembre 2008, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente la première grande exposition parisienne consacrée à Peter Doig. Une centaine de peintures et de dessins, regroupés par thèmes, y retracent son parcours du début des années 1990 jusqu’à cette date. L’exposition prend la suite de la rétrospective montée à la Tate Britain du 5 février au 11 mai 2008, qui réunissait plus de cinquante peintures et œuvres sur papier.

Deux œuvres au Centre Pompidou

Le Musée national d’art moderne conserve «  100 Years Ago (Carrera) », huile sur toile de 2001 mesurant 229 × 359 cm, acquise par achat en 2002: la notice y décrit une photographie de prison insulaire au large de Trinidad, la mémoire de «  L’Île des morts » d’Arnold Böcklin et la figure du bassiste Berry Oakley isolée sur un immense canoë. Il détient aussi la sérigraphie «  Canoe-island » (2000), donnée par l’artiste en 2003.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve deux œuvres de l’artiste: la peinture «  100 Years Ago (Carrera) » (achat 2002) et la sérigraphie «  Canoe-island » (don de l’artiste, 2003).

Musée d’Art Moderne de Paris (Paris) — A présenté du 30 mai au 7 septembre 2008 la première grande exposition parisienne de Peter Doig, une centaine de peintures et dessins.

Abbaye Saint-Germain (Auxerre) — Accueille en prêt la sérigraphie «  Canoe-island » du Centre Pompidou dans l’exposition «  La mer est ton miroir », du 20 juin au 1er novembre 2026.

Repères chronologiques

1959 — Naissance de Peter Doig à Édimbourg, en Écosse.

1962-1979 — Il vit avec sa famille à Trinidad puis au Canada, avant de rentrer en Grande-Bretagne.

1979 — Installation à Londres et entrée à la Wimbledon School of Art (1979-1980).

1980-1983 — Études à la Saint Martin’s School of Art, à Londres.

1989 — Reprise des études à la Chelsea School of Art après trois ans passés au Canada.

1991 — Exposition personnelle à la Whitechapel Art Gallery, qui impose son nom à Londres.

1993 — «  Blotter » remporte le John Moores Painting Prize; l’œuvre entre au Walker Art Gallery.

1994 — Doig figure parmi les artistes sélectionnés pour le Turner Prize à la Tate.

2002 — Il quitte l’Europe pour s’installer à Trinidad, île de son enfance.

2008-02-05 — Ouverture de sa rétrospective à la Tate Britain, plus de cinquante peintures et œuvres sur papier (jusqu’au 11 mai).

2008-05-30 — Première grande exposition parisienne au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (jusqu’au 7 septembre).

2021 — Il quitte Trinidad et s’installe à Londres.

2023-02-10 — Exposition d’œuvres nouvelles et récentes à la Courtauld Gallery, jusqu’au 29 mai 2023.

Peter Doig & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Peter Doig à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi le canoë revient-il si souvent dans les tableaux de Peter Doig ?

Le canoë sert de véhicule à un motif que le Centre Pompidou décrit comme central chez Doig : la dérive dans un espace infini, à la fois pictural et temporel. Dans « 100 Years Ago (Carrera) », l'artiste isole sur une embarcation immense une figure empruntée à une pochette de disque, et l'estampe « Canoe-island » reprend le même sujet.

Que signifie le titre « Blotter » et pourquoi ce tableau compte-t-il ?

« Blotter » est peint d'après une photographie du frère de l'artiste debout sur un étang gelé au Canada. Doig explique que le titre renvoie à l'absorption dans un lieu et au procédé même du tableau, la couleur imprégnant la toile. L'œuvre remporte le John Moores Painting Prize en 1993, tournant reconnu de sa carrière.

Peter Doig a-t-il remporté le Turner Prize ?

Il figure parmi les artistes sélectionnés pour le Turner Prize 1994, l'année suivant son John Moores Painting Prize. La page consacrée par la Tate à cette sélection retient « Ski Jacket » (1994, collection Tate) et « Concrete Cabin West Side » (1994). Les sources institutionnelles consultées ne précisent pas l'issue du prix.

Où voir une œuvre de Peter Doig à Paris ?

Le Centre Pompidou conserve deux pièces : la grande huile sur toile « 100 Years Ago (Carrera) » (2001, 229 × 359 cm) et la sérigraphie « Canoe-island » (2000). Attention, cette dernière est prêtée jusqu'au 1er novembre 2026 à l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre pour l'exposition « La mer est ton miroir ».

Qu'est-ce que « Concrete Cabin » représente exactement ?

La Tate décrit dans ces toiles une vue lumineuse à travers des arbres sombres sur l'Unité d'Habitation de Le Corbusier à Briey-en-Forêt, en France. Le bâtiment moderniste y est enveloppé d'un mystère presque païen : la végétation avale le monument, et le spectateur n'accède jamais à une vue dégagée.

Peter Doig peint-il d'après nature ou d'après photographie ?

D'après images. La Tate souligne qu'il travaille souvent à partir de photographies et de films, et il a montré aux caméras du musée, en 2008, sa collection privée de photographies servant de point de départ à ses tableaux. « Blotter » naît ainsi d'un cliché familial pris sur un étang gelé.