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Cette page sert surtout à situer Pierre Paul Rubens dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Pierre Paul Rubens (Siegen, 1577 — Anvers, 1640) domine le baroque flamand par l’ampleur d’une production que le KMSKA chiffre à quelque 2 500 compositions et 10 000 œuvres, peintures, dessins, illustrations et modèles de tapisserie confondus.
Rubens naît à Siegen le 28 juin 1577, de parents qui avaient dû quitter Anvers pour des motifs politiques et religieux; la famille regagne la ville après la mort du père.
Cette page sert surtout à situer Pierre Paul Rubens dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Rubens naît à Siegen le 28 juin 1577, de parents qui avaient dû quitter Anvers pour des motifs politiques et religieux; la famille regagne la ville après la mort du père. Le KMSKA rapporte qu’à douze ans il étudiait les classiques latins mais dut interrompre ses études faute d’argent, et qu’il fut placé comme page auprès d’une duchesse — la National Gallery situe ce premier emploi à treize ans, auprès d’une comtesse. Sa mère lui obtient ensuite un apprentissage chez Tobias Verhaecht, parent éloigné, avant qu’il ne passe par plusieurs autres maîtrès anversois.
À vingt-trois ans, Rubens part pour l’Italie, où il vit et travaille pendant huit ans. Il y sert comme peintre de cour du duc de Mantoue et découvre à Venise et à Rome la sculpture antique et la peinture contemporaine. La National Gallery insiste sur la nature délibérée de ce séjour: il voulait voir de ses yeux les grandes œuvres de la Renaissance et de l’Antiquité qu’il ne connaissait que par des copies, et il passa ces années à copier puis à s’approprier leurs procédés. C’est ce capital visuel qu’il ramène à Anvers en 1608, à l’annonce de la maladie de sa mère.
Nommé en 1609 peintre de cour des archiducs Albert et Isabelle, Rubens épouse Isabella Brandt l’année suivante et achète une vaste demeure anversoise. Il y bâtit lui-même, dans un goût italien, un atelier assez grand pour ses élèves et ses assistants — il recevait bien trop de commandes pour tout exécuter seul — et une salle de sculpture circulaire inspirée du Panthéon. Les retables monumentaux constituent alors son activité principale. La National Gallery décrit un homme méthodique, levé à quatre heures, peignant jusqu’à dix-sept heures pendant qu’on lui lisait des auteurs classiques, et collectionneur de gemmes, de monnaies et d’antiques.
Après la mort de sa première femme, Rubens accepte des missions diplomatiques pour l’infante Isabelle-Claire-Eugénie, gouvernante des Pays-Bas méridionaux. Le KMSKA rappelle qu’il fréquenta les souverains européens et contribua à négocier un traité de paix entre l’Espagne et l’Angleterre, ce qui lui valut deux titres aristocratiques et des commandes prestigieuses. Cette double carrière explique la nature des cycles qu’on lui confie: des programmes politiques, où l’allégorie sert à raconter un règne. Le Rubenshuis souligne un troisième métier, moins connu: celui d’architecte, dont son portique, son pavillon de jardin et sa maison d’artiste sont, selon le musée, les seuls témoins conservés au monde.
Remarié en 1630 à Hélène Fourment, qui a seize ans quand lui en a cinquante-trois, Rubens aura cinq enfants de cette union, après trois du premier mariage. Il acquiert le château du Steen à Elewijt et se tourne alors vers le paysage. Le Louvre conserve un témoignage direct de cette vie familiale: le portrait d’Hélène Fourment avec Clara Johanna et Frans, peint vers 1636, où les bras à peine esquissés d’une troisième enfant née en 1635 subsistent en repentirs — preuve que le peintre avait envisagé d’agrandir la toile et l’a laissée partiellement inachevée. Miné par la goutte, il meurt à Anvers le 30 mai 1640, à soixante-deux ans, et est inhumé dans une crypte de l’église Saint-Jacques.
Médiums: peinture à l’huile sur toile, peinture à l’huile sur panneau, dessin, modèles de tapisserie, illustration de livre, architecture.
Techniques: esquisse peinte préparatoire (modello) précédant la grande toile — le Louvre en signale à Munich pour plusieurs épisodes du cycle Médicis, atelier organisé avec élèves et assistants, conçu dès la construction de la maison d’Anvers, toiles monumentales entièrement autographes lorsque la commande l’exige, comme le précise le Louvre pour la galerie Médicis, repentirs laissés visibles sous les glacis, révélant un changement de format en cours d’exécution.
Motifs récurrents: allégorie politique et dynastique, retable et sujet religieux de grand format, mythologie antique et divinités marines, portrait de famille, fête paysanne d’inspiration brueghélienne, paysage, abordé tardivement au Steen.
Le lien de Rubens avec Paris tient d’abord à un chantier: les vingt-quatre toiles illustrant « sur un mode héroïque » la vie de Marie de Médicis, peintes de 1622 à 1625 pour la galerie occidentale du premier étage du palais du Luxembourg, édifié entre 1615 et 1622 et devenu le Sénat. Le Louvre précise que ces grandes toiles, « ouvrages hors du commun car entièrement autographes contrairement à ce qui est souvent affirmé », meublaient les entrefenêtrès d’une galerie éclairée de neuf baies côté cour et neuf côté jardin, et se lisaient depuis l’entrée, dix tableaux de chaque côté, trois portraits sur le mur d’entrée et une grande toile au fond.
Un second ensemble devait faire pendant au premier dans l’aile orientale du même palais, consacré cette fois à Henri IV, à ses hauts faits et aux victoires de son règne. Le Louvre indique que le travail fut « à peine commencé, entre 1628 et 1631, et bientôt abandonné à cause de l’exil de Marie de Médicis hors de France ». Il n’en subsiste qu’une demi-douzaine d’esquisses et deux grandes toiles plus ou moins achevées, conservées aux Offices à Florence. Cette commande interrompue est le seul grand programme parisien de Rubens resté inabouti.
L’historique dressé par le Louvre suit le cycle pas à pas: galerie ouverte au public de 1750 à 1779; cession du palais au comte de Provence en 1779, les toiles exceptées; transfert au Louvre envisagé dès cette date mais effectué en 1790; deux tableaux seulement exposés à l’ouverture du Muséum en 1793; retour de la série au Luxembourg de 1802 à 1815, dans la galerie orientale; transfert définitif au Louvre et présentation dans la Grande Galerie en 1816; salle spéciale en 1900, trop petite; remaniement en 1953, les trois portraits d’entrée étant alors déposés à Versailles faute de place; installation intégrale dans une nouvelle salle de l’aile Richelieu en 1993.
Le Louvre lui consacre une seconde salle, la 855 « Pierre Paul Rubens (1577-1640) », dans la même aile Richelieu. On y trouve notamment La Kermesse, peinte vers 1635-1638, dont le titre courant ne remonte qu’à Villot en 1852 et que le musée rattache à une inspiration « manifestement brueghélienne », et le portrait d’Hélène Fourment avec deux de leurs enfants, vers 1636. Ces deux toiles proviennent de l’ancienne collection royale. La recherche « Rubens » sur le site des collections rend par ailleurs 1 162 notices, dont 598 rattachées au nom de l’artiste — œuvres autographes, copies et gravures d’après confondues.
Musée du Louvre — aile Richelieu, salle 801 (Galerie Médicis) (Paris) — Présentation intégrale depuis 1993 des vingt-quatre toiles du cycle de Marie de Médicis peintes pour le palais du Luxembourg.
Musée du Louvre — aile Richelieu, salle 855 « Pierre Paul Rubens » (Paris) — Salle monographique où sont notamment accrochées La Kermesse et le portrait d’Hélène Fourment et de ses enfants.
Rubenshuis (Anvers) — Maison, atelier, portique et pavillon de jardin conçus par Rubens; le musée les présente comme les seuls témoins conservés de son activité d’architecte.
KMSKA — Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Anvers) — Grand ensemble de retables et de tableaux religieux, dont la collection provient en partie de la guilde de Saint-Luc dont Rubens fut doyen honoraire.
The National Gallery (Londres) — Collection de peintures de Rubens accompagnée d’une notice biographique de référence publiée par le musée.
1577-06-28 — Naissance à Siegen, de parents ayant fui Anvers pour des raisons politiques et religieuses.
1600 — Départ pour l’Italie à vingt-trois ans; il y servira le duc de Mantoue comme peintre de cour.
1608 — Retour à Anvers à l’annonce de la maladie de sa mère; il décide d’y rester.
1609 — Nomination comme peintre de cour des archiducs Albert et Isabelle, souverains des Pays-Bas.
1610 — Mariage avec Isabella Brandt, suivi de l’achat de la grande maison anversoise et de son atelier.
1615-1622 — Construction à Paris du palais du Luxembourg, destiné à Marie de Médicis, futur écrin du cycle.
1622-1625 — Exécution des vingt-quatre toiles de la vie de Marie de Médicis pour la galerie occidentale.
1628-1631 — Chantier du cycle de la vie de Henri IV à peine entamé, puis abandonné après l’exil de la reine.
1630 — Second mariage avec Hélène Fourment, mère de cinq de ses huit enfants.
1640-05-30 — Mort à Anvers à soixante-deux ans, après de graves crises de goutte; inhumation à l’église Saint-Jacques.
1790 — Transfert au Louvre des toiles du cycle Médicis, envisagé depuis 1779 seulement.
1993 — Installation intégrale du cycle dans une nouvelle salle de l’aile Richelieu du Louvre.




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Pierre Paul Rubens à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Au musée du Louvre, dans deux salles de l'aile Richelieu : la salle 801, dite Galerie Médicis, qui réunit depuis 1993 les vingt-quatre toiles de la vie de Marie de Médicis, et la salle 855 « Pierre Paul Rubens (1577-1640) », où figurent notamment La Kermesse et le portrait d'Hélène Fourment avec deux de ses enfants.
C'est la salle qui présente une suite de vingt-quatre tableaux illustrant sur un mode héroïque la vie de Marie de Médicis, reine de France. Le Louvre les date de 1622 à 1625 et précise qu'ils furent peints pour la galerie occidentale du palais du Luxembourg, aujourd'hui le Sénat, bâti entre 1615 et 1622.
Le palais fut cédé en 1779 au comte de Provence sans les tableaux ; leur transfert au Louvre, envisagé dès cette date, n'eut lieu qu'en 1790. La série revint au Luxembourg de 1802 à 1815 avant un transfert définitif au Louvre en 1816, puis plusieurs réaccrochages jusqu'à l'installation complète en aile Richelieu en 1993.
Oui selon le musée du Louvre, qui qualifie ces grandes toiles d'« ouvrages hors du commun car entièrement autographes contrairement à ce qui est souvent affirmé ». La précision compte, car Rubens confiait couramment une part de l'exécution à l'atelier d'élèves et d'assistants qu'il avait bâti dans sa maison d'Anvers.
Il devait occuper l'aile orientale du palais du Luxembourg, mais le Louvre indique que le travail fut à peine commencé entre 1628 et 1631 puis abandonné après l'exil de Marie de Médicis hors de France. Il n'en reste qu'une demi-douzaine d'esquisses et deux grandes toiles inachevées conservées aux Offices, à Florence.
Le KMSKA avance le chiffre de 2 500 compositions et d'environ 10 000 œuvres au total, en comptant les peintures, les dessins, les illustrations de livres et jusqu'aux modèles de tapisserie. Ce volume s'explique par une organisation d'atelier que la National Gallery décrit comme une véritable entreprise.