Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Philippe Parreno dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né en 1964 à Oran et installé à Paris, Philippe Parreno a fait de l’exposition elle-même son matériau: plutôt que d’accrocher des objets, il écrit une partition où lumières, sons, films et automates s’appellent et se répondent dans la durée.
Philippe Parreno naît en 1964 à Oran, en Algérie; il est de nationalité française et vit et travaille à Paris.
Cette page sert surtout à situer Philippe Parreno dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Philippe Parreno naît en 1964 à Oran, en Algérie; il est de nationalité française et vit et travaille à Paris. Il sort diplômé de l’École des beaux-arts de Grenoble en 1990, dans une promotion qui compte notamment Philippe Perrin, Pierre Joseph et Dominique Gonzalez-Foerster — une génération qui reformulera ensemble, au cours de la décennie, la question de ce que peut être une exposition. Le Centre Pompidou le désigne comme plasticien de nationalité française, né en 1964 à Oran, résidant et travaillant à Paris, et le rattache par ailleurs au collectif M/M.
Au début des années 1990, Parreno s’impose en France par un travail qui explore les possibilités de l’exposition comme médium: plus intéressé par les situations que par leur résolution, il conçoit son art comme un processus plutôt que comme une production d’objets. « Snow Dancing », au Consortium à Dijon en 1995, fait figure de jalon. Le Centre Pompidou conserve d’ailleurs des pièces qui datent de ces débuts, comme « No More Reality II (la manifestation) » de 1991 et « Snaking », réalisé en 1992 avec Pierre Joseph.
En 1999, Parreno et Pierre Huyghe acquièrent auprès de l’agence japonaise Kworks les droits d’un personnage de manga nommé Annlee, une silhouette bon marché dépourvue de traits de caractère et donc promise à disparaître très vite de l’industrie. Le projet « No Ghost Just a Shell » consiste à offrir gratuitement cette coquille vide à d’autres artistes invités, qui lui écrivent chacun une histoire. La Kunsthalle Zürich en présente un chapitre en 2002; le film « Annlee: No ghost just a shell » de 2000 figure aujourd’hui dans une collection publique australienne.
Théoricien autant que plasticien, Parreno a développé en trois décennies une démarche expérimentale qui saisit des images iconiques du XXe siècle — Marilyn Monroe, Zinédine Zidane, Annlee — et les soumet à des dispositifs techniques inédits. En 2006, il coréalise avec Douglas Gordon le long métrage « Zidane, un portrait du XXIe siècle », qui suit en temps réel les gestes du footballeur pendant un match entier. Son film « Invisible Boy », réalisé en 2010, raconte quant à lui l’histoire d’un enfant chinois entré illégalement sur le territoire américain.
À partir des années 2010, Parreno enchaîne les expositions personnelles conçues comme des environnements immersifs où le son, la lumière et l’image sont synchronisés: « Hypothesis » au Pirelli HangarBicocca de Milan en 2015, « Anywhen » dans le Turbine Hall de la Tate Modern à Londres en 2016, « Synchronicity » au Rockbund Art Museum de Shanghai et « A Time Coloured Space » à la Fondation Serralves de Porto en 2017, puis le Gropius Bau de Berlin en 2018 et l’Espace Louis Vuitton Venezia en 2019 avec « Elsewhen ».
Médiums: installation environnementale, film et long métrage, sculpture lumineuse, son et musique, dessin, texte, performance.
Techniques: synchronisation d’éléments scénographiques dans une boucle temporelle, pilotage de l’exposition comme un automate évolutif, captation filmique multicaméra en temps réel, acquisition et transfert de droits d’un personnage comme geste artistique, recours aux intelligences artificielles et à la réalité virtuelle.
Motifs récurrents: l’exposition comme médium et comme objet à part entière, la spectralité et l’apparition/disparition de la lumière, le temps, la durée et la boucle, les figures iconiques du XXe siècle, le statut d’auteur et la propriété d’une image.
Paris n’est pas pour Parreno un simple lieu d’exposition: c’est sa base de travail. Le Centre Pompidou enregistre Paris comme lieu de résidence et d’activité de l’artiste, et sa galerie parisienne, Mennour, comme sa galerie berlinoise Esther Schipper, indiquent l’une et l’autre qu’il vit et travaille à Paris. C’est à la Galerie Air de Paris qu’il présente en 2000 « No Ghost Just a Shell: Anywhere Out of the World », l’un des premiers chapitres publics du projet Annlee, et Mennour lui a consacré des expositions personnelles, notamment en 2022.
Du 22 octobre 2013 au 11 janvier 2014, Parreno répond à une carte blanche du Palais de Tokyo par une exposition qui absorbe l’architecture entière: il est le premier artiste à occuper ainsi la totalité des espaces agrandis du lieu. « Anywhere, Anywhere Out of the World » orchestre une dramaturgie où la présence spectrale des objets, la musique, les lumières et les films guident le parcours, transformant le bâtiment en un organisme en perpétuelle évolution, en un automate dont le mécanisme ne cesse de se reconfigurer.
Le Centre Pompidou a consacré à Parreno une exposition personnelle du 3 juin au 7 septembre 2009, intitulée « 8 juin 1968 - 7 septembre 2009 », et l’avait présenté en 2007 dans les expositions collectives « Airs de Paris » et « Ateliers ». Le musée conserve plusieurs de ses œuvres, parmi lesquelles « No More Reality II (la manifestation) » (1991), « Snaking » (1992, avec Pierre Joseph), « L’homme public » (1995), « El Sueño de una cosa » (2001-2011), « Marquee » (2008), « Puppets » (2009, avec Rirkrit Tiravanija) et « A Time Coloured Space » (2018).
Le lien avec la Bourse de Commerce — Pinault Collection, au 2 rue de Viarmes dans le 1er arrondissement, est durable. En 2022, Parreno investit la Rotonde coiffée par l’intervention de Tadao Ando avec « Echo2 », décrite comme une œuvre d’art totale. Il figure aujourd’hui parmi les vingt-sept artistes contemporains réunis par la commissaire Emma Lavigne dans « Clair-obscur », l’exposition présentée dans le bâtiment du 4 mars au 24 août 2026 autour de l’héritage du chiaroscuro.
Bourse de Commerce — Pinault Collection (Paris) — Œuvre « Echo2 » dans la Rotonde en 2022; artiste présent dans l’exposition « Clair-obscur » en 2026.
Palais de Tokyo (Paris) — Carte blanche « Anywhere, Anywhere Out of the World », 22 octobre 2013 - 11 janvier 2014, occupation de la totalité des espaces.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Exposition personnelle en 2009; plusieurs œuvres en collection, dont « Marquee » (2008).
Mennour (Paris) — Galerie parisienne représentant l’artiste; expositions personnelles, notamment en 2022.
Esther Schipper (Berlin) — Galerie représentant l’artiste depuis les années 1990; expositions personnelles régulières.
1964 — Naissance de Philippe Parreno à Oran, en Algérie; il est de nationalité française.
1990 — Diplômé de l’École des beaux-arts de Grenoble, aux côtés de Philippe Perrin, Pierre Joseph et Dominique Gonzalez-Foerster.
1991 — Réalisation de « No More Reality II (la manifestation) », aujourd’hui dans la collection du Centre Pompidou.
1995 — Exposition « Snow Dancing » au Consortium, à Dijon, jalon de son travail sur l’exposition comme médium.
1999 — Avec Pierre Huyghe, acquisition des droits du personnage de manga Annlee auprès de l’agence japonaise Kworks.
2000 — Présentation de « No Ghost Just a Shell: Anywhere Out of the World » à la Galerie Air de Paris.
2006 — Coréalisation avec Douglas Gordon du long métrage « Zidane, un portrait du XXIe siècle »; premières « Marquees ».
2009-06-03 — Ouverture au Centre Pompidou de son exposition personnelle « 8 juin 1968 - 7 septembre 2009 », visible jusqu’au 7 septembre.
2013-10-22 — Début de la carte blanche « Anywhere, Anywhere Out of the World » au Palais de Tokyo, jusqu’au 11 janvier 2014.
2016 — « Anywhen », commande pour le Turbine Hall de la Tate Modern, à Londres.
2022 — Investissement de la Rotonde de la Bourse de Commerce — Pinault Collection avec l’œuvre totale « Echo2 ».
2026-03-04 — Ouverture de « Clair-obscur » à la Bourse de Commerce, exposition collective où figure Parreno, jusqu’au 24 août 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Philippe Parreno à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'il ne conçoit pas l'exposition comme un accrochage d'objets mais comme l'œuvre elle-même : depuis le début des années 1990, il s'intéresse davantage aux situations qu'à leur résolution et considère son art comme un processus plutôt que comme une production d'objets. Au Palais de Tokyo en 2013, lumières, musique et films composaient une dramaturgie faisant du bâtiment un organisme en perpétuelle évolution.
Annlee est un personnage de manga dont Parreno et Pierre Huyghe ont acquis les droits en 1999 auprès de l'agence japonaise Kworks. Sa faible valeur tenait à son absence de traits de caractère, qui la condamnait à disparaître rapidement de l'industrie. Les deux artistes l'ont offerte gratuitement à d'autres artistes invités pour qu'ils lui écrivent des histoires, sous le titre « No Ghost Just a Shell ».
Ce sont des marquises lumineuses inspirées des enseignes qui surplombent l'entrée des cinémas américains. Réalisées à partir de 2006, de tailles et de dessins variés, elles sont placées au-dessus de l'entrée des salles comme des fantômes du passé lumineux de Broadway et peuvent être synchronisées avec d'autres œuvres ou éléments scénographiques, dans une boucle où la lumière apparaît et disparaît.
Oui. Le Centre Pompidou conserve plusieurs de ses œuvres, notamment « No More Reality II (la manifestation) » (1991), « Snaking » (1992, avec Pierre Joseph), « L'homme public » (1995), « El Sueño de una cosa » (2001-2011), « Marquee » (2008), « Puppets » (2009, avec Rirkrit Tiravanija) et « A Time Coloured Space » (2018). Leur présentation dépend toutefois des accrochages en cours.
Il en est le coréalisateur avec Douglas Gordon, en 2006. Le long métrage suit en temps réel les faits et gestes de Zinédine Zidane pendant un match, plongeant le spectateur dans la réalité du joueur, ses états discontinus et ses chocs physiques. Le film s'inscrit dans son intérêt plus large pour les images iconiques du XXe siècle, aux côtés de Marilyn Monroe et d'Annlee.
Il est diplômé de l'École des beaux-arts de Grenoble en 1990, dans une promotion qui comptait notamment Philippe Perrin, Pierre Joseph et Dominique Gonzalez-Foerster. Né en 1964 à Oran, en Algérie, il vit et travaille depuis à Paris, où le Centre Pompidou enregistre son lieu de résidence et d'activité et où sa galerie Mennour le représente.