Exposition Paris

Exposition Phyllida Barlow

Sculptrice britannique née à Newcastle upon Tyne en 1944 et morte le 12 mars 2023, Phyllida Barlow a bâti une œuvre encombrante, faite de contreplaqué, de polystyrène, de ciment, de toile et de peinture appliquée sans ménagement.

Qui est Phyllida Barlow ?

Née à Newcastle upon Tyne le 4 avril 1944, où son père psychiatre était alors affecté, Phyllida Barlow grandit dans un Londres qui se relève de la Seconde Guerre mondiale.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Phyllida Barlow dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une enfance dans un Londres en ruines

Née à Newcastle upon Tyne le 4 avril 1944, où son père psychiatre était alors affecté, Phyllida Barlow grandit dans un Londres qui se relève de la Seconde Guerre mondiale. La famille s’installe à Richmond, à l’ouest de la capitale, et l’artiste a souvent rattaché à ces paysages de bombardements et de chantiers son goût pour les matériaux abîmés, les empilements instables et les volumes en train de s’effondrer. Elle vivra et travaillera à Londres jusqu’à sa mort.

Chelsea, la Slade et le refus du métier bien fait

Barlow étudie la sculpture à la Chelsea School of Arts de 1960 à 1963, sous l’autorité de George Fullard, puis à la Slade School of Art de 1963 à 1966. Elle y reçoit une formation traditionnelle — modelage de la terre et du plâtre, fonte des métaux, construction d’armatures, assemblage du bois — qu’elle décrira comme «  un rituel plutôt sinistre » d’initiation à un monde spécialisé et élitiste. L’exposition New Generation à la Whitechapel Gallery, en 1965, lui ouvre d’autres possibles, avant que son attention ne se déplace vers l’Europe et l’Amérique post-minimalistes.

Quarante ans d’enseignement à la Slade

Entrée dans l’équipe de la Slade School of Fine Art à la fin des années 1960, Barlow y enseigne pendant plus de quarante ans avant de se retirer en 2009 avec le titre de professeure émérite. Rachel Whiteread et Ángela de la Cruz comptent parmi ses étudiantes. Fiona Bradley souligne que des générations d’artistes ont appris auprès d’elle à regarder, fabriquer et penser la sculpture: le professorat n’a jamais été chez elle un à-côté de l’atelier, mais l’autre versant de la même pratique.

Une reconnaissance venue tard

Le prix Paul Hamlyn Foundation Awards for Artists, obtenu en 2007, lui rend confiance au moment où elle quitte l’enseignement; sa carrière s’accélère alors. L’exposition partagée avec Nairy Baghramian à la Serpentine de Londres en 2010 marque un tournant, suivie de son élection comme Royal Academician en 2011, du Kunstpreis Aachen en 2012 et d’une commande du Ludwig Forum für Internationale Kunst. Faite CBE en 2015 puis DBE en 2021, elle meurt subitement le 12 mars 2023, à soixante-dix-huit ans.

Des Duveen Galleries au pavillon britannique

En 2014, la Tate Britain lui confie sa commande annuelle: dock occupe du 31 mars au 19 octobre les cent mètrès de galeries voûtées des Duveen, premières salles publiques d’Angleterre conçues pour montrer de la sculpture. Trois ans plus tard, elle représente la Grande-Bretagne à la 57e Biennale de Venise avec folly, au pavillon britannique. Entre-temps, set occupe le Fruitmarket d’Édimbourg en 2015 et prop s’installe sur la High Line new-yorkaise de mai 2018 à mars 2019.

La pratique en bref

Médiums: contreplaqué et bois de charpente, polystyrène et mousse polyuréthane, ciment, plâtre et enduit, toile, tarpaulin, scrim et textiles, carton, corde, grillage, peinture et acétate de polyvinyle, acier.

Techniques: empilement et accumulation de couches, juxtaposition d’éléments hétérogènes, enveloppement et pliage de matières souples, suspension et mise en porte-à-faux, installation conçue pour un lieu donné, peinture appliquée à même la structure.

Motifs récurrents: la masse et l’échelle contre l’espace d’exposition, la précarité et l’effondrement des structures, l’obstruction du parcours du visiteur, les matériaux pauvres et de chantier, la tension entre monumentalité et fragilité, l’absurdité d’ajouter des objets au monde.

Hurly-burly, sa dernière exposition, rue de Ponthieu

Le lien de Phyllida Barlow avec Paris tient à une exposition et une seule, mais c’est la dernière de sa vie: Hurly-burly, présentée par Gagosian rue de Ponthieu, dans le 8e arrondissement, du 19 janvier au 4 mars 2023 — l’artiste meurt huit jours après la fermeture. Elle y partage l’espace avec Rachel Whiteread, qu’elle avait eue comme étudiante à la Slade, et Alison Wilding, avec qui elle avait enseigné. Le titre emprunte à la scène d’ouverture de Macbeth.

Ce que les Parisiens ont réellement vu

L’accrochage parisien réunissait plusieurs pièces de chaque artiste, sans qu’aucune des trois n’ait vu le travail des autres pendant la préparation. Côté Barlow, le public découvrait untitled: nibs (2021), assemblage de contreplaqué, panneau dur, mousse polyuréthane, tissu, polystyrène, plâtre, grillage, scrim et peinture d’environ 125 × 55 × 50 cm, et TORSO (1986-1989), petite pièce de verre, polythène et ruban adhésif de 30 × 42,5 × 20 cm: deux formats de table, à rebours des installations écrasantes qui ont fait sa réputation.

Où voir ses œuvres

Gagosian, rue de Ponthieu (Paris) — Lieu de Hurly-burly, du 19 janvier au 4 mars 2023, dernière exposition à laquelle l’artiste a participé de son vivant.

Tate Britain (Londres) — Commande annuelle 2014 pour les Duveen Galleries (dock); la Tate conserve par ailleurs des œuvres de l’artiste.

Pavillon britannique, Giardini (Venise) — Représentation de la Grande-Bretagne à la 57e Biennale de Venise en 2017 avec l’ensemble folly.

Repères chronologiques

1944 — Naissance à Newcastle upon Tyne, le 4 avril, avant une enfance passée à Londres puis à Richmond.

1960 — Entrée à la Chelsea School of Arts, où elle étudie la sculpture auprès de George Fullard.

1963 — Entrée à la Slade School of Art, où elle reçoit une formation classique de sculptrice.

1965 — Première exposition, Young Contemporaries, à l’Institute of Contemporary Arts de Londres.

2007 — Obtention du Paul Hamlyn Foundation Awards for Artists, au moment où elle quitte l’enseignement.

2010 — Exposition à deux avec Nairy Baghramian à la Serpentine, à Londres, qui relance sa carrière.

2011 — Élection comme Royal Academician à la Royal Academy of Arts de Londres.

2014 — dock investit les Duveen Galleries de la Tate Britain du 31 mars au 19 octobre.

2015 — set au Fruitmarket d’Édimbourg, dominée par la sculpture untitled: blockade.

2017 — folly au pavillon britannique de la 57e Biennale de Venise, pour la Grande-Bretagne.

2018 — prop installée sur la High Line à New York, de mai 2018 à mars 2019, à hauteur de la 16e rue.

2023-01-19 — Ouverture de Hurly-burly chez Gagosian, rue de Ponthieu à Paris, avec Whiteread et Wilding.

2023-03-12 — Mort de Phyllida Barlow à soixante-dix-huit ans, huit jours après la clôture de l’exposition parisienne.

Phyllida Barlow & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Phyllida Barlow à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Phyllida Barlow a-t-elle été reconnue si tard ?

Elle a consacré plus de quarante ans à l'enseignement à la Slade School of Fine Art avant de s'en retirer en 2009. Le prix Paul Hamlyn obtenu en 2007 lui a rendu confiance, et sa carrière a pris de la vitesse ensuite : Serpentine en 2010, Royal Academy en 2011, Tate Britain en 2014, Venise en 2017.

Avec quels matériaux Phyllida Barlow travaillait-elle ?

Contreplaqué, bois de charpente, ciment, plâtre, polystyrène, mousse polyuréthane, carton, corde, grillage, scrim et toile, le tout recouvert de peinture appliquée sans souci de finition. Des matériaux de chantier, bon marché et légers, employés à des échelles écrasantes.

Qu'était l'installation dock à la Tate Britain ?

Sept pièces colossales, autonomes mais liées, installées du 31 mars au 19 octobre 2014 dans les Duveen Galleries. Faites de bois, métal, polystyrène, tarpaulin, toile, carton et corde, elles encombraient les cent mètrès de galeries voûtées et opposaient leur allure de ruine à l'architecture néoclassique du lieu.

Phyllida Barlow a-t-elle exposé à Paris ?

Oui : Hurly-burly, avec Rachel Whiteread et Alison Wilding, chez Gagosian rue de Ponthieu dans le 8e arrondissement, du 19 janvier au 4 mars 2023. Ce fut la dernière exposition à laquelle elle participa, huit jours avant sa mort, survenue le 12 mars 2023.

Qui furent ses étudiants à la Slade School ?

Rachel Whiteread et Ángela de la Cruz figurent parmi les artistes qu'elle a formées. Fiona Bradley rappelle que des générations successives ont appris auprès d'elle à regarder, fabriquer et penser la sculpture, ce qui fait de son enseignement une part entière de son influence.

Que représentait-elle à la Biennale de Venise 2017 ?

Elle représentait la Grande-Bretagne à la 57e Biennale avec folly, ensemble installé dans le pavillon britannique des Giardini. Les vues d'installation publiées par la Burlington Contemporary créditent conjointement le British Council et l'atelier de l'artiste.