Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Pierre et Gilles dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Pierre Commoy, né en 1950 à La Roche-sur-Yon, et Gilles Blanchard, né en 1953 au Havre, se rencontrent à Paris en septembre 1976, lors de l’inauguration de la boutique Kenzo de la place des Victoires.
Pierre Commoy, photographe né en 1950 à La Roche-sur-Yon, et Gilles Blanchard, né en 1953 au Havre et diplômé de l’École des beaux-arts, se rencontrent lors de l’inauguration de la boutique Kenzo de la place des Victoires, à Paris, en septembre 1976.
Cette page sert surtout à situer Pierre et Gilles dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Pierre Commoy, photographe né en 1950 à La Roche-sur-Yon, et Gilles Blanchard, né en 1953 au Havre et diplômé de l’École des beaux-arts, se rencontrent lors de l’inauguration de la boutique Kenzo de la place des Victoires, à Paris, en septembre 1976. Compagnons à la ville, ils cessent presque aussitôt de signer séparément: dès la fin des années 1970, ils développent une œuvre commune mêlant art du portrait et de la mise en scène, élaboration de décors et d’ornements en studio, photographie et peinture.
Leur procédé tient en une phrase: la photographie est imprimée sur toile, puis rehaussée à la peinture. Il n’existe donc ni tirage multiple ni série numérotée — chaque pièce est unique, ce que le Jeu de Paume souligne dès 2007. Les artistes eux-mêmes décrivent une démarche restée artisanale, fondée sur la conception d’un décor en studio « comme au théâtre ou au cinéma », sur la prise de vue en argentique et sur un travail de peinture qui demande plusieurs semaines, confrontant l’instantanéité photographique à la lenteur du pinceau.
Le casting du duo mêle sans hiérarchie les vedettes de la variété, du rock, de la mode, de l’art, du cinéma et du monde de la nuit, et les inconnus croisés au fil d’une vie; ils se sont aussi abondamment autoportraiturés. Le Musée de la musique a détaillé cette galerie en 2019: d’Étienne Daho à Stromae, de Sheila à Eddy de Pretto, de Sylvie Vartan à Nina Hagen, en passant par Claude François, Marilyn Manson, Boy George, Madonna, Lio et Michael Jackson. Chaque image, note le Jeu de Paume, raconte une histoire avec la tendresse souvent cruelle des contes pour enfants.
Leur travail se fabrique dans des appartements-ateliers successifs: d’abord le quartier des Blancs-Manteaux, dans le Marais, puis les abords de la place de la Bastille, et aujourd’hui Le Pré Saint-Gervais, aux portes de la capitale. Les archives déposées à la Bibliothèque Kandinsky documentent ces séances: classeurs de planches-contact en couleur et en noir et blanc, polaroïds, croquis préparatoires de Pierre Commoy, accessoires, fabrication des décors, et jusqu’au mannequin servant à fixer la posture définitive du modèle.
Le Jeu de Paume leur consacre en 2007 une rétrospective de trente ans, « Double je, 1976-2007 », avec cent vingt œuvres. Dix ans plus tard, le MuMa du Havre — ville natale de Gilles — leur donne carte blanche pour le second volet d’une grande rétrospective conçue avec le Musée d’Ixelles à Bruxelles. Suivent la Philharmonie de Paris en 2019, Les Franciscaines de Deauville en 2025 et le Mucem en 2026. Leurs œuvres figurent notamment dans les collections du Centre Pompidou, du Getty Museum et de la Pinault Collection.
L’imagerie du duo n’est pas toujours reçue paisiblement. En 2012, leur œuvre « Vive la France » — trois footballeurs nus, noir, arabe et blanc, figurant la composition multiethnique de la société française — sert d’affiche de rue à l’exposition « Nackte Männer » du Leopold Museum de Vienne et provoque une controverse publique en Autriche; les artistes choisissent alors de modifier les plus grandes affiches en dissimulant les sexes derrière des rubans de couleur.
Médiums: photographie argentique rehaussée à la peinture, tirage photographique imprimé sur toile, peinture acrylique appliquée sur le tirage, cadres et ornements fabriqués par les artistes, installation d’exposition mêlant images, objets et bande sonore.
Techniques: construction d’un décor grandeur nature en studio, « comme au théâtre ou au cinéma », prise de vue argentique après repérages, croquis préparatoires et polaroïds, utilisation d’un mannequin pour arrêter la composition et la posture du modèle, peinture au pinceau sur le tirage marouflé, sur plusieurs semaines, qui rend chaque pièce unique, pas de tirage multiple ni d’édition numérotée.
Motifs récurrents: portrait de star et fabrique des idoles, imagerie religieuse et pèlerinage pop, mythologie et féerie, érotisme et corps masculin, figure du marin et monde portuaire, burlesque et kitsch assumé, autoportrait du couple, maternité et Vierge à l’enfant.
Tout commence place des Victoires: c’est à l’inauguration de la boutique Kenzo, en septembre 1976, que les deux hommes se croisent. La ville reste ensuite leur base de fabrication. Leurs appartements-ateliers successifs se sont tenus d’abord dans le quartier des Blancs-Manteaux, puis près de la place de la Bastille, avant l’installation actuelle au Pré Saint-Gervais. C’est là que se montent les décors, que se prennent les polaroïds de repérage et que s’exécutent les longues séances de peinture sur tirage.
Deux grands rendez-vous parisiens ont fixé leur réception publique. Le Jeu de Paume les expose du 26 juin au 23 septembre 2007 sous le titre « Double je, 1976-2007 », avec cent vingt œuvres et, pour la première fois, l’ensemble complet de leurs autoportraits. Douze ans plus tard, le Musée de la musique – Cité de la musique leur ouvre ses salles du 20 novembre 2019 au 23 février 2020 pour « La fabrique des idoles », sous le commissariat de Milan Garcin, exposition pensée comme un pèlerinage pop où les saints-musiciens voisinent avec reliques, objets liturgiques et produits dérivés.
Le Centre Pompidou répertorie quatre de leurs œuvres — « Allyson et la colombe » (1981/1983), « Christian et Vincent » (1983), « Etienne Daho » (1984) et « Autoportrait 78 » (2014), acquis en 2015 pour le Cabinet de la photographie sous le numéro AM 2015-72. À cette présence en collection s’ajoute, depuis 2022, un premier don d’archives à la Bibliothèque Kandinsky: un fonds ouvert couvrant plus de quatre décennies de travail en duo, dont l’ensemble numérisé coté PG 1.
Le duo est représenté par la galerie Templon, dont les espaces parisiens accueillent périodiquement ses nouvelles séries: « Le temps imaginaire », du 13 janvier au 10 mars 2018, réunissait ainsi des photographies imprimées sur toile et rehaussées à l’acrylique, parmi lesquelles « Douce France (Nicolas Dax) », « Opération Sentinelle (Guillaume Thor) » ou « Fujiyama mon amour (Sylvie Vartan) », faisant se côtoyer visions paradisiaques et menaces plus sombres.
Centre Pompidou (Paris) — Conserve quatre œuvres du duo au Musée national d’art moderne, dont « Autoportrait 78 » (AM 2015-72), ainsi que leurs archives de travail à la Bibliothèque Kandinsky.
Jeu de Paume (Paris) — Rétrospective « Pierre et Gilles. Double je, 1976-2007 », du 26 juin au 23 septembre 2007, cent vingt œuvres.
Musée de la musique – Cité de la musique, Philharmonie de Paris (Paris) — Exposition « La fabrique des idoles », du 20 novembre 2019 au 23 février 2020, commissariat de Milan Garcin.
MuMa – musée d’art moderne André Malraux (Le Havre) — Carte blanche « Clair-obscur », du 27 mai au 20 août 2017, plus de quatre-vingts œuvres, second volet d’une rétrospective menée avec le Musée d’Ixelles à Bruxelles.
Les Franciscaines (Deauville) — Exposition « Mondes marins », du 24 mai 2025 au 4 janvier 2026, commissariat des artistes avec Annie Madet-Vache.
Mucem (Marseille) — Exposition collective « Bonnes Mères », du 18 mars au 31 août 2026: leur « Vierge à l’enfant, Hafsia Herzi et Loric » (2009) en est l’image d’affiche.
Galerie Templon (Paris) — Galerie représentant le duo; y a notamment présenté « Le temps imaginaire », du 13 janvier au 10 mars 2018.
1950 — Naissance de Pierre Commoy à La Roche-sur-Yon; il se destinera à la photographie.
1953 — Naissance de Gilles Blanchard au Havre; il sortira diplômé de l’École des beaux-arts.
1976-09 — Rencontre à l’inauguration de la boutique Kenzo de la place des Victoires, à Paris.
1983 — « Christian et Vincent », œuvre aujourd’hui répertoriée dans la collection du Centre Pompidou.
1984 — « Etienne Daho », portrait entré depuis à la collection du Musée national d’art moderne.
2007 — Rétrospective « Double je, 1976-2007 » au Jeu de Paume, du 26 juin au 23 septembre, cent vingt œuvres.
2012 — Controverse à Vienne autour de « Vive la France », affiche de l’exposition « Nackte Männer ».
2015 — Achat d’« Autoportrait 78 » par le Centre Pompidou, inventaire AM 2015-72, Cabinet de la photographie.
2017 — Carte blanche « Clair-obscur » au MuMa du Havre, du 27 mai au 20 août, plus de quatre-vingts œuvres.
2018 — Exposition « Le temps imaginaire » à la galerie Templon, à Paris, du 13 janvier au 10 mars.
2019 — Ouverture de « La fabrique des idoles » au Musée de la musique, le 20 novembre, jusqu’au 23 février 2020.
2022 — Premier don d’archives à la Bibliothèque Kandinsky, base d’un fonds ouvert sur quatre décennies.
2025 — « Mondes marins » aux Franciscaines de Deauville, du 24 mai 2025 au 4 janvier 2026.
2026 — Leur « Vierge à l’enfant » de 2009 en affiche de « Bonnes Mères », au Mucem, jusqu’au 31 août.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Pierre et Gilles à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Pierre Commoy, photographe né en 1950 à La Roche-sur-Yon, et Gilles Blanchard, né en 1953 au Havre et passé par l'École des beaux-arts, forment un couple d'artistes qui travaille sous une signature unique depuis leur rencontre à Paris en septembre 1976, à l'inauguration de la boutique Kenzo de la place des Victoires.
Le décor est bâti grandeur nature en atelier, la prise de vue se fait en argentique, puis la photographie est imprimée sur toile et rehaussée au pinceau. Ce travail de peinture demande plusieurs semaines et fait de chaque image une pièce unique : il n'existe ni tirage multiple ni édition numérotée.
Le Centre Pompidou répertorie quatre de leurs œuvres : « Allyson et la colombe » (1981/1983), « Christian et Vincent » (1983), « Etienne Daho » (1984) et « Autoportrait 78 » (2014), ce dernier acquis en 2015 pour le Cabinet de la photographie sous le numéro d'inventaire AM 2015-72. Leur présentation dépend toutefois des accrochages en cours.
Présentée au Musée de la musique du 20 novembre 2019 au 23 février 2020 sous le commissariat de Milan Garcin, elle était conçue comme une installation musicale et visuelle conduisant le visiteur dans un pèlerinage pop, où les portraits de chanteurs voisinaient avec des reliques, des objets liturgiques et des produits dérivés issus de l'atelier des artistes.
En 2022, Pierre et Gilles ont fait un premier don d'archives à la Bibliothèque Kandinsky, centre de recherche du Musée national d'art moderne. Ce fonds ouvert, portant sur plus de quatre décennies, comprend notamment l'ensemble numérisé coté PG 1 : planches-contact couleur et noir et blanc, polaroïds et croquis préparatoires.
« Pierre et Gilles. Double je, 1976-2007 », au Jeu de Paume du 26 juin au 23 septembre 2007, réunissait cent vingt œuvres couvrant trente ans de collaboration, dont l'ensemble complet de leurs autoportraits présenté pour la première fois, ainsi que de nombreuses créations de la décennie précédente.