Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Pierre Soulages dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Pierre Soulages a passé soixante-quinze ans à faire du noir une source de lumière.
Attiré très jeune par l’art roman et la préhistoire, Soulages commence à peindre dans une province que les courants artistiques contemporains n’ont pas atteinte.
Cette page sert surtout à situer Pierre Soulages dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Attiré très jeune par l’art roman et la préhistoire, Soulages commence à peindre dans une province que les courants artistiques contemporains n’ont pas atteinte. À dix-huit ans il monte à Paris préparer le professorat de dessin et le concours de l’École nationale supérieure des beaux-arts; reçu, il juge l’enseignement médiocre, renonce à y entrer et repart aussitôt pour Rodez. De ce court séjour il retient le musée du Louvre et deux révélations, Cézanne et Picasso. Conques, qu’il connaît depuis l’enfance, est le lieu de ses premières émotions artistiques — il le dira lui-même à l’historien Jacques Le Goff.
Mobilisé en 1940, démobilisé en 1941, il gagne Montpellier et fréquente assidûment le musée Fabre, avant une période de clandestinité pour échapper au STO pendant laquelle il cesse de peindre. C’est seulement en 1946 qu’il peut se consacrer entièrement à la peinture: il s’installe en banlieue parisienne, puis trouve un atelier rue Schoelcher, près de Montparnasse. Ses toiles où le noir domine sont abstraites et sombres, et sont aussitôt remarquées tant elles diffèrent de la peinture demi-figurative et très colorée de l’après-guerre. Dès 1946 il explore parallèlement le brou de noix sur papier, aux traces larges et affirmées.
En 1948 il participe à « Französische abstrakte Malerei », présentée dans plusieurs musées allemands, où il est de très loin le plus jeune aux côtés de Kupka, Domela ou Herbin — l’affiche reprend l’une de ses peintures en noir et blanc. Sa première exposition personnelle a lieu à Paris en 1949, galerie Lydia Conti, l’année même où il expose en groupe à New York, Londres, São Paulo et Copenhague. Dès le début des années 1950 ses œuvres entrent à la Phillips Gallery, au Guggenheim, au MoMA, à la Tate et au Musée national d’art moderne. En 1966, au Museum of Fine Arts de Houston, il tend pour la première fois ses toiles entre sol et plafond avec des câbles d’acier.
À l’automne 1979, le Centre Pompidou présente « Soulages, peintures récentes »: le peintre y montre ses premières peintures monopigmentaires, fondées non plus sur le contraste du noir et du blanc mais sur la réflexion de la lumière par les états de surface du noir. Cette lumière picturale née de la différence entre deux obscurités sera appelée « noir-lumière », puis « outrenoir » — un mot que Soulages ne fixe qu’en 1996. Le Musée national d’art moderne achète l’année suivante le diptyque « Peinture 202 x 453 cm, 29 juin 1979 », emblématique de ce basculement.
« Je ne voulais pas faire de vitraux. Et puis on m’a proposé Conques »: Soulages accepte en 1986 la commande officielle de l’État pour l’abbatiale Sainte-Foy, chef-d’œuvre d’art roman qu’il fréquente depuis l’enfance. Le chantier s’achève en avril 1994 et livre 104 verrières. Le musée Soulages de Rodez conserve les cartons préparatoires ainsi que les essais de verres qui ont jalonné la mise au point du matériau. Les vitraux relèvent d’une commande publique, et l’artiste contemporain y côtoie sans rivaliser l’harmonie de l’architecture romane.
En 2005, Pierre et Colette Soulages donnent 250 œuvres et 250 documents à la communauté d’agglomération du Grand Rodez: la plus importante donation jamais consentie en France par un artiste vivant. Une deuxième suit en décembre 2012, deux autres après l’ouverture du musée Soulages en mai 2014 (2020 et 2023). La même année 2005, le couple donne vingt toiles à Montpellier, où les salles Soulages du musée Fabre, inaugurées en 2007, déploient 600 m². Le peintre meurt en 2022 à Nîmes, à 102 ans, et est inhumé au cimetière du Montparnasse le vendredi 4 novembre.
Médiums: huile sur toile, brou de noix sur papier, encre sur papier, gouache sur papier, goudron sur verre, eau-forte et œuvre imprimé, vitrail.
Techniques: peinture monopigmentaire jouant sur les états de surface du noir, raclage et stries produisant une lumière réfléchie, polyptyques suspendus entre sol et plafond par des câbles d’acier, verre translucide non coloré mis au point pour les verrières de Conques, cartons préparatoires et essais de verres pour le vitrail.
Motifs récurrents: le noir comme source de lumière, l’outrenoir, la réflexion de la lumière par la matière, l’abstraction non figurative, rythme, espace et lumière.
Le premier contact de Soulages avec Paris est un renoncement: admis à l’École nationale supérieure des beaux-arts vers dix-huit ans, il refuse d’y entrer et rentre en Aveyron, non sans avoir arpenté le Louvre et vu Cézanne et Picasso. Il ne revient qu’en 1946, d’abord en banlieue, puis dans un atelier de la rue Schoelcher, près de Montparnasse. En mars 1960, le photographe japonais Shotaro Akiyama le photographie dans un autre atelier parisien, rue Galande; ces quatorze images, restées inédites, ont été tirées et publiées par ses archives en 2026.
La relation commence en 1952, avec l’entrée d’une première œuvre au Musée national d’art moderne à la suite d’un achat de l’État décidé en 1951 à l’initiative de Jean Cassou. Vingt-cinq œuvres datées de 1948 à 2002 y sont aujourd’hui conservées: dix achats et quinze dons, dont cinq de l’artiste et sept œuvres léguées en 2018 par la peintre Pierrette Bloch, son amie depuis 1949. L’institution lui consacre sa première exposition personnelle dans un musée français en 1967, l’accrochage fondateur de l’automne 1979, puis une rétrospective pour ses quatre-vingt-dix ans, vue par plus de 500 000 visiteurs.
Pour son centenaire, le musée du Louvre lui ouvre du 11 décembre 2019 au 9 mars 2020 le Salon carré de l’aile Denon, entre la galerie d’Apollon et la Grande Galerie: avant lui, seuls Chagall et Picasso avaient reçu pareil hommage, pour leurs quatre-vingt-dix ans. Le Musée du Luxembourg a prolongé ce fil du 17 septembre 2025 au 11 janvier 2026 avec 130 peintures sur papier prêtées par le musée Soulages, dont 25 inédites. Soulages repose au cimetière du Montparnasse, à quelques rues de son premier atelier parisien.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve vingt-cinq œuvres de 1948 à 2002; bâtiment de Beaubourg fermé depuis l’automne 2025 pour une rénovation jusqu’en 2030, ses œuvres circulant entre-temps chez des partenaires.
Musée du Louvre (Paris) — A présenté « Soulages au Louvre » dans le Salon carré de l’aile Denon, du 11 décembre 2019 au 9 mars 2020, pour le centenaire du peintre.
Musée du Luxembourg (Paris) — A présenté « Soulages, une autre lumière. Peintures sur papier » du 17 septembre 2025 au 11 janvier 2026, avec 130 œuvres prêtées par le musée Soulages.
Musée Soulages (Rodez) — Né des donations de Pierre et Colette Soulages à partir de 2005, ouvert en mai 2014; conserve notamment 118 peintures sur papier et les cartons des vitraux de Conques.
Musée Fabre (Montpellier) — Salles Soulages inaugurées en 2007 sur 600 m², issues des dons et dépôts de l’artiste, qui fréquentait le musée depuis 1941.
Abbatiale Sainte-Foy de Conques (Conques) — Abrite les 104 verrières conçues par Soulages dans le cadre d’une commande publique acceptée en 1986 et achevée en avril 1994.
1919-12-24 — Naissance de Pierre Soulages à Rodez, dans l’Aveyron.
1946 — Il se consacre entièrement à la peinture et s’installe en région parisienne.
1949 — Première exposition personnelle à Paris, à la galerie Lydia Conti.
1952 — Entrée de sa première œuvre au Musée national d’art moderne, après un achat de l’État décidé en 1951.
1967 — Première exposition personnelle consacrée à l’artiste dans un musée français.
1979 — Exposition « Soulages, peintures récentes » au Centre Pompidou: premières peintures monopigmentaires.
1986-1994 — Commande publique puis réalisation des 104 vitraux de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques.
2005 — Donation de 250 œuvres et 250 documents au Grand Rodez par Pierre et Colette Soulages.
2014-05-30 — Inauguration du musée Soulages à Rodez, sa ville natale.
2019-12-11 — Ouverture de « Soulages au Louvre » dans le Salon carré, pour son centenaire.
2022 — Mort du peintre à Nîmes, à l’âge de 102 ans, et inhumation au cimetière du Montparnasse.
2025-09-17 — Ouverture de « Soulages, une autre lumière » au Musée du Luxembourg, à Paris.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Pierre Soulages à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
C'est le nom que Soulages fixe en 1996 pour désigner les peintures monopigmentaires commencées en 1979 : la toile est entièrement recouverte de noir, et la lumière naît de la façon dont les états de surface la réfléchissent. Le peintre parlait aussi de « noir-lumière », une clarté produite par la différence entre deux obscurités.
Le principal ensemble parisien est celui du Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, avec vingt-cinq œuvres datées de 1948 à 2002. Attention toutefois : le bâtiment de Beaubourg est fermé depuis l'automne 2025 pour une rénovation annoncée jusqu'en 2030, et la collection circule pendant ce temps chez des institutions partenaires.
Monté à Paris vers dix-huit ans pour préparer le professorat de dessin et le concours d'entrée, il y est admis, mais renonce à s'y inscrire, convaincu de la médiocrité de l'enseignement dispensé, et repart immédiatement pour Rodez. Ce séjour lui laisse surtout le Louvre et la découverte de Cézanne et de Picasso.
Cent quatre verrières pour l'abbatiale Sainte-Foy. Soulages répond en 1986 à une commande officielle de l'État — « Je ne voulais pas faire de vitraux. Et puis on m'a proposé Conques », raconte-t-il à Jacques Le Goff — et le chantier ne s'achève qu'en avril 1994. Le musée Soulages de Rodez en conserve les cartons préparatoires et les essais de verres.
Les notices du Musée national d'art moderne enregistrent ses œuvres sous des intitulés purement descriptifs, du type « Peinture 202 x 453 cm, 29 juin 1979 » ou « Brou de noix sur papier 65 x 50 cm, 1954 », l'ancien titre donné par l'artiste étant conservé à part. Ces énoncés désignent la technique, le format et la date, sans aucun sujet.
Il est né de la donation de 250 œuvres et 250 documents faite en 2005 par Pierre et Colette Soulages au Grand Rodez, la plus importante alors consentie en France par un artiste vivant, complétée en décembre 2012 puis en 2020 et 2023. On y trouve notamment 118 peintures sur papier et les cartons des vitraux de Conques.