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Cette page sert surtout à situer Prune Nourry dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Paris en 1985 et formée à l’École Boulle, Prune Nourry sculpte des corps pour interroger la façon dont les sociétés les fabriquent, les trient et les réparent.
Prune Nourry naît en 1985 à Paris et sort de l’École Boulle en 2006.
Cette page sert surtout à situer Prune Nourry dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Prune Nourry naît en 1985 à Paris et sort de l’École Boulle en 2006. Ses premières pièces, réunies sous le titre Les Bébés domestiques, sont montrées dès 2007 à la galerie Max Lang à New York et, la même année, dans une animalerie du quai de la Mégisserie à Paris — un choix de lieu qui dit déjà son goût pour l’exposition hors des murs de l’art. Elle y hybride le nourrisson et l’animal de compagnie pour discuter la frontière entre l’humain et le vivant domestiqué, un sujet qu’elle porte ensuite en conférence à l’université de Tokyo en 2008. Suivent Le Dîner procréatif (Laboratory Studio, Paris, 2009) et Spermbar, performance new-yorkaise commandée en 2011 par la French Institute Alliance Française dans le cadre du festival Crossing the Line.
À partir de 2010, l’artiste déplace son enquête en Inde puis en Chine, sur la question des avortements sélectifs et du déséquilibre des sexes à la naissance. Holy Daughters est présentée en performance à New Delhi en 2010, puis discutée au India Habitat Center avec la sociologue Ravinder Kaur et la commissaire Alka Pande; la performance Holy River suit au Calcutta Arts Club en 2011. En 2013 naît Terracotta Daughters, une armée de fillettes en terre cuite grandeur nature inspirée des guerriers de Xi’an: cent seize sculptures qui circulent de Shanghai à Paris, Zurich, New York et Mexico entre 2013 et 2015, avant d’être enfouies en Chine dans un lieu tenu secret. Elles ne doivent être exhumées qu’en 2030, année où les effets de la politique démographique restrictive doivent culminer selon les sociologues consultés par l’artiste.
Soignée pour un cancer du sein à partir de 2016, Prune Nourry cesse de tenir son sujet à distance et devient, selon ses propres termes, sculpture aux mains des médecins. En 2018, elle érige à New York The Amazon, figure de près de quatre mètrès inspirée d’un marbre antique du Metropolitan Museum of Art représentant une amazone blessée, recouverte de milliers de bâtons d’encens brûlés lors d’une performance publique à Manhattan. Le film documentaire Serendipity, qu’elle réalise et qui est écrit et produit par Alastair Siddons avec Angelina Jolie, Sol Guy et Darren Aronofsky en producteurs exécutifs, est présenté au MoMA Doc Fortnight, à la Berlinale 2019 et au Tribeca Film Festival. L’exposition Catharsis, en 2019 chez Templon à Paris, place ces nouvelles sculptures dans la lignée des ex-voto.
En 2021, Prune Nourry invite huit personnes déficientes visuelles à poser dans son atelier et sculpte leurs bustes les yeux bandés, sans jamais les voir, en travaillant par le toucher et l’écoute. Les portraits, modelés à l’argile puis tirés en terre de feu, sont cuits selon la technique japonaise du raku, qui exige de plonger la pièce brûlante dans la cendre à la sortie du four: d’où le nom de Phénix. L’exposition, présentée chez Templon à Paris du 4 septembre au 23 octobre 2021, plonge le public dans le noir absolu et l’invite à découvrir les œuvres avec les mains, guidé par des bandes podotactiles et une corde. Sur les cimaises, des gaufrages réalisés avec un imprimeur spécialisé en braille représentent les lignes de vie des mains des modèles.
Depuis 2022, l’artiste développe Statues Also Breathe avec l’université d’Ilé-Ifé au Nigeria, à partir du mythe yoruba selon lequel l’humanité fut sculptée dans l’argile d’Ifé; en 2023 elle inaugure au Château La Coste l’installation permanente Mater Earth, dont le titre joue sur les racines latines de la mère et de la matière. En parallèle, elle conçoit avec l’architecte Kengo Kuma Les Vénus dionysiennes pour la gare Saint-Denis – Pleyel du Grand Paris Express, commande soutenue par la Société des Grands Projets sous la direction artistique de José-Manuel Gonçalvès avec le CENTQUATRE-PARIS. Pour la préparer, elle installe son atelier à Saint-Denis d’avril à juillet 2024, à la Villa D., et modèle les bustes de huit femmes rencontrées à la Maison des Femmes, à la manière des Vénus paléolithiques.
Médiums: terre cuite, argile, bronze, plâtre, verre de laboratoire, béton, estampe et lithographie, gaufrage braille, film documentaire, installation in situ, performance.
Techniques: modelage à l’argile puis moulage et tirage, cuisson raku (immersion de la pièce brûlante dans la cendre), moulage à partir des collections de l’Atelier de moulage du GrandPalaisRmn à Saint-Denis, bronze patiné à l’aspect terre, sculpture les yeux bandés, par le toucher et l’écoute, gaufrage réalisé avec un imprimeur spécialisé en braille, lithographie tirée sur papier BFK Rives.
Motifs récurrents: bioéthique et procréation médicalement assistée, sélection du sexe à la naissance et déséquilibre démographique, corps féminin, maladie et guérison, ex-voto et rituels de transfert, mythes de création et argile originelle, figure de l’amazone, handicap visuel et perception tactile, archéologie et temps long.
Prune Nourry est née à Paris et y a été formée à l’École Boulle, dont elle sort en 2006. Sa première exposition in situ se tient dès 2007 dans une animalerie du quai de la Mégisserie; en 2009, Le Dîner procréatif est montré au Laboratory Studio. Le Centquatre-Paris accueille en 2014 les Terracotta Daughters ainsi que le Dîner archéologique, performance menée avec le chef étoilé Jean-François Piège. La galerie Templon lui consacre trois expositions personnelles rue du Grenier-Saint-Lazare — Catharsis en 2019, Projet Phenix en 2021, Vénus en 2025. À l’automne 2026, le Petit Palais l’invite à investir l’ensemble du musée pour Visionnaires.
Le Musée national des arts asiatiques – Guimet lui donne carte blanche en 2017 pour l’exposition Holy, accompagnée du livre Serendipity coédité avec le musée; le Guimet figure depuis parmi les collections publiques qui conservent son travail. En janvier 2021, en plein confinement, l’atrium du Bon Marché Rive Gauche accueille L’Amazone Érogène et ses 888 flèches suspendues. En 2023, le musée de La Poste présente Ligne de vie, l’année où La Poste édite un timbre d’artiste conçu par elle. La Bibliothèque nationale de France conserve pour sa part ses estampes, dont la série des huit lithographies Terracotta Daughters tirées chez Idem Paris.
Le nord de la métropole occupe une place particulière dans son travail récent. Pour Les Vénus dionysiennes, commande destinée à la gare Saint-Denis – Pleyel du Grand Paris Express et conçue avec l’architecte Kengo Kuma, l’artiste déplace son atelier à Saint-Denis d’avril à juillet 2024, en résidence à la Villa D., ancien foyer de jeunes filles appelé à devenir un centre d’art. Elle y modèle les bustes de huit femmes rencontrées à la Maison des Femmes, structure d’accompagnement des victimes de violences. Trente moulages issus de l’Atelier de moulage du GrandPalaisRmn, installé à Saint-Denis, complètent le projet. Le musée d’art et d’histoire Paul Éluard de Saint-Denis a présenté Vénus en 2025.
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — Exposition personnelle Visionnaires du 20 octobre 2026 au 24 janvier 2027, entrée libre, commissariat de Sixtine de Saint-Léger: dix-huit portraits sculptés de femmes sculptrices de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
Musée national des arts asiatiques – Guimet (Paris) — Carte blanche à l’artiste en 2017 pour l’exposition Holy; le musée conserve son travail dans ses collections.
Bibliothèque nationale de France (Paris) — Conserve ses estampes, dont la série des huit lithographies Terracotta Daughters et les planches de L’Amazone Érogène.
Gare Saint-Denis – Pleyel, Grand Paris Express (Saint-Denis) — Commande pérenne Les Vénus dionysiennes, conçue avec l’architecte Kengo Kuma, soutenue par la Société des Grands Projets avec le CENTQUATRE-PARIS.
Château La Coste (Le Puy-Sainte-Réparade) — Installation permanente Mater Earth, inaugurée en 2023.
1985 — Naissance de Prune Nourry à Paris.
2006 — Sortie de l’École Boulle, à Paris.
2007 — Les Bébés domestiques, galerie Max Lang à New York et exposition in situ dans une animalerie du quai de la Mégisserie, à Paris.
2010 — Performance Holy Daughters à New Delhi, point de départ de son enquête sur les avortements sélectifs en Inde.
2014 — Terracotta Daughters et Dîner archéologique avec le chef Jean-François Piège au Centquatre-Paris.
2015 — The Earth Ceremony: enfouissement en Chine de l’armée des Terracotta Daughters jusqu’en 2030.
2017 — Holy, carte blanche à Prune Nourry au Musée national des arts asiatiques – Guimet, à Paris.
2018 — The Amazon, sculpture monumentale et performance à New York; nomination dans l’ordre des Arts et des Lettres.
2019 — Sortie du documentaire Serendipity (Berlinale, Tribeca) et exposition Catharsis chez Templon à Paris.
2021 — L’Amazone Érogène au Bon Marché Rive Gauche, Projet Phenix chez Templon et publication d’Aux amazones chez Marabout.
2023 — Inauguration de l’installation permanente Mater Earth au Château La Coste et exposition Ligne de vie au musée de La Poste.
2024 — Résidence à la Villa D. de Saint-Denis, d’avril à juillet, pour préparer Les Vénus dionysiennes de la gare Saint-Denis – Pleyel.
2025 — Exposition Vénus chez Templon à Paris, du 11 janvier au 1er mars, et au musée Paul Éluard de Saint-Denis.
2026-10-20 — Ouverture de Visionnaires, carte blanche au Petit Palais, jusqu’au 24 janvier 2027.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Prune Nourry à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
L'armée de 116 fillettes en terre cuite a voyagé de Shanghai à Paris, Zurich, New York et Mexico entre 2013 et 2015, avant d'être enfouie en Chine dans un lieu tenu secret. La date de 2030 correspond à l'année où les effets de la politique démographique restrictive doivent atteindre leur point culminant selon les sociologues consultés par l'artiste : l'œuvre fonctionne ainsi comme une capsule archéologique à retardement.
Elle a invité huit personnes déficientes visuelles à poser dans son atelier et a modelé leurs bustes les yeux bandés, sans jamais les voir avant, pendant ni après les séances, en procédant uniquement par le toucher et l'écoute. Les portraits, tirés en terre de feu, sont cuits selon la technique japonaise du raku, qui impose de plonger la pièce brûlante dans la cendre dès la sortie du four.
La figure mythologique des Amazones, ces chasseresses dont la légende dit qu'elles se coupaient un sein pour mieux tirer à l'arc, entre dans son travail après son cancer du sein en 2016. Elle donne notamment The Amazon, sculpture de près de quatre mètrès réalisée à New York en 2018, puis L'Amazone Érogène et ses 888 flèches suspendues dans l'atrium du Bon Marché Rive Gauche en janvier 2021.
Ce sont huit femmes rencontrées lors des ateliers de la Maison des Femmes de Saint-Denis, une structure qui accompagne les victimes de violences. Elles ont accepté de poser nues, debout et statiques, à la manière des Vénus paléolithiques ; leurs récits de vie, livrés pendant les séances de pose, ont nourri les sculptures autant que les particularités de leurs corps.
Invitée à investir l'ensemble du musée du 20 octobre 2026 au 24 janvier 2027, Prune Nourry y présente les portraits sculptés de dix-huit femmes sculptrices de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, parmi lesquelles Käthe Kollwitz, Hélène Bertaux, Jane Poupelet, Nancy Elizabeth Prophet ou Sarah Bernhardt. Trois historiennes de l'art ont mené un an de recherches en amont ; l'entrée est libre.
Oui : c'est son premier long métrage documentaire, qu'elle a réalisé. Il a été écrit et produit par Alastair Siddons, monté par Paul Carlin, avec Angelina Jolie, Sol Guy et Darren Aronofsky comme producteurs exécutifs. Il a été présenté au festival Doc Fortnight du MoMA à New York, à la Berlinale 2019 et au Tribeca Film Festival la même année.